« Une ère de pénurie énergétique » : le patron de TotalEnergies met en garde contre une persistance du blocage d’Ormuz

25.04.2026

« Une ère de pénurie énergétique » : le patron de TotalEnergies met en garde contre une persistance du blocage d’Ormuz

« La pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique […] mais on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures », a précisé Patrick Pouyanné, qui appelle à de nouveaux investissements dans des oléoducs.

C’est un mot en vogue. Face au blocage du détroit d’Ormuz, Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies, a appelé à la « résilience », rapporte Le Figaro. Il plaide pour des investissements « probablement dans de nouveaux pipelines » pour réduire la dépendance à ce stratégique passage maritime. Pour le pétrolier, il sera difficile de se passer du pétrole provenant du Golfe, car il est « très bon marché ».

« Ce qui est sûr – et nous n’avons pas été très bons dans ce domaine – c’est que si nous investissons au Moyen-Orient, nous devons investir dans la résilience du système », a précisé Patrick Pouyanné, pendant une intervention à la World Policy Conference, sous l’égide de l’Institut français des relations internationales (Ifri), à Chantilly.

« Constituer un réseau de pipelines »

Depuis fin février et le début de la guerre au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz est fermé de facto. Habituellement, 20 % de la production de pétrole et de gaz naturel liquéfié transite par le détroit. Si l’Iran a, à un court moment, décidé de rouvrir la passe stratégique, il l’a refermée à nouveau. De leur côté, les Etats-Unis ont décidé d’un blocus sur les ports iraniens.

« Le fait qu’aujourd’hui, il n’y ait pas assez de voies de sortie du détroit d’Ormuz est un problème majeur […] Nous devons commencer à envisager la résilience comme un investissement, probablement dans de nouveaux pipelines afin de constituer un réseau de pipelines », a ajouté le patron de la major.

Avec la guerre, TotalEnergies a perdu 15 % de sa production au Moyen-Orient

Pour la France, le risque est grand d’un prolongement du conflit. « Nous avons désormais absorbé tout le surplus [des stocks, ndlr]. Si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques », a précisé Patrick Pouyanné, en ajoutant : « La pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique (…) mais on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures ».

Pour le pétrolier, « tout dépend donc de la durée. (…) La résolution du problème du détroit d’Ormuz est un enjeu crucial », a-t-il continué, en soulignant que TotalEnergies avait « perdu 15 % de (sa) production au Moyen-Orient » avec cette guerre.