25.04.2026
« Si la situation perdure encore deux ou trois mois… » : une pénurie de pétrole se profile en Europe, selon TotalEnergies
Il n’y a pas encore de pénurie de pétrole en Europe, contrairement l’Asie, mais la situation est précaire, prévient le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. Mais si le blocage du détroit d’Ormuz se prolonge, la crise frappera d’ici « deux ou trois mois ».
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la navigation dans le détroit d’Ormuz – où transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde – est quasiment paralysée par l’Iran, un blocus auquel s’ajoute celui décidé par le président américain Donald Trump sur les ports iraniens.
Seuls quelques navires, en majorité liés à l’Iran, ont emprunté ce couloir stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe.
« Nous avons désormais absorbé tout le surplus (des stocks, ndlr). Si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques », a prévenu vendredi le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné.
« Tout dépend de la durée »
« La pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique (…) mais on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures », a-t-il dit.
« Tout dépend donc de la durée. (…) La résolution du problème du détroit d’Ormuz est un enjeu crucial », a-t-il poursuivi, rappelant que son entreprise avait « perdu 15 % de (sa) production au Moyen-Orient » avec cette guerre.
Le patron de TotalEnergies a donc appelé à la « résilience » face au blocage du détroit d’Ormuz, évoquant des
investissements « probablement dans de nouveaux pipelines » afin de réduire la dépendance à ce passage maritime stratégique.
Affirmant qu’il sera difficile de se passer du pétrole issu du Golfe, « très bon marché », M.Pouyanné a plaidé pour l’émergence d’alternatives au détroit d’Ormuz.
« Nous n’avons pas été très bons »
« Ce qui est sûr – et nous n’avons pas été très bons dans ce domaine – c’est que si nous investissons au Moyen-Orient, nous devons investir dans la résilience du système », a-t-il affirmé lors d’une intervention à la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri) à Chantilly, près de Paris.
« Le fait qu’aujourd’hui, il n’y ait pas assez de voies de sortie du détroit d’Ormuz est un problème majeur (…) Nous devons commencer à envisager la résilience comme un investissement, probablement dans de nouveaux pipelines afin de constituer un réseau de pipelines », a ajouté le patron de la compagnie pétrolière française.

