{"id":12022,"date":"2019-01-18T17:51:35","date_gmt":"2019-01-18T16:51:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/?p=12022"},"modified":"2019-01-18T17:51:35","modified_gmt":"2019-01-18T16:51:35","slug":"limpuissance-strategique-des-occidentaux-au-moyen-orient","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/limpuissance-strategique-des-occidentaux-au-moyen-orient\/","title":{"rendered":"L\u2019IMPUISSANCE STRAT\u00c9GIQUE DES OCCIDENTAUX AU MOYEN-ORIENT"},"content":{"rendered":"<p>Beyrouth, janvier 2019<\/p>\n<p>Commenc\u00e9 au d\u00e9but de la pr\u00e9sente d\u00e9cennie, le mouvement dit \u00ab des printemps arabes \u00bb a vu, au Moyen-Orient, l\u2019affrontement entre deux id\u00e9ologies, l\u2019id\u00e9ologie lib\u00e9rale occidentale et l\u2019id\u00e9ologie islamiste issue du mouvement des Fr\u00e8res musulmans. C\u2019est une guerre dont aucune des deux id\u00e9ologies n\u2019est sortie vainqueur. C\u2019est une guerre qui a pav\u00e9 la voie au retour du fait national. Loin d\u2019\u00eatre oblit\u00e9r\u00e9es, les fronti\u00e8res sont plus marqu\u00e9es que jamais. Les citoyens ne croient plus \u00e0 un monde arabe globalis\u00e9 et modernis\u00e9 par la libre expression sur les r\u00e9seaux sociaux. Le r\u00eave islamiste d\u2019un califat r\u00e9unissant tous les pays musulmans de la r\u00e9gion est \u00e9galement \u00e9vanoui. Le mouvement du retour \u00e0 la nation continue au Moyen-Orient. Quand on regarde la r\u00e9gion de l\u2019int\u00e9rieur, on constate que les nations ne cessent de s\u2019y renforcer. Elles le font dans leurs rivalit\u00e9s comme dans les alliances qu\u2019elles nouent entre elles ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Quand on contemple la r\u00e9gion de l\u2019ext\u00e9rieur, un ph\u00e9nom\u00e8ne est frappant en ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2019. C\u2019est l\u2019impuissance strat\u00e9gique de l\u2019Occident au Moyen-Orient. Elle se voit partout, dans tous les pays.<\/p>\n<p>En Syrie, l\u2019Occident n\u2019a pratiquement plus son mot \u00e0 dire ; tout se passe au sein du club d\u2019Astana, c\u2019est-\u00e0-dire entre les Turcs, les Iraniens et les Russes. Les Syriens, appuy\u00e9s par leurs alli\u00e9s iraniens, voudraient reconqu\u00e9rir imm\u00e9diatement la poche d\u2019Idlib (nord-ouest de la Syrie), les Turcs eux ne veulent pas toucher au statu quo pour garder leurs alli\u00e9s rebelles en place et les Russes sont favorables au contr\u00f4le par Damas de cette portion de territoire syrien, mais ils obtiennent actuellement des d\u00e9lais afin de privil\u00e9gier une voie n\u00e9goci\u00e9e avec les rebelles.<\/p>\n<p>En Turquie, les Occidentaux n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 convaincre le Pr\u00e9sident Erdogan de maintenir la tr\u00eave qu\u2019il avait institu\u00e9e avec les Kurdes en mai 2013. Les Kurdes syriens ont \u00e9t\u00e9 les principaux suppl\u00e9tifs des Occidentaux dans leur guerre contre les djihadistes. Parce qu\u2019ils sont li\u00e9s aux Kurdes turcs r\u00e9volutionnaires du PKK, les Kurdes syriens sont aussi devenus une cible strat\u00e9gique du pr\u00e9sident turc. Ankara voit rouge d\u00e8s qu\u2019on \u00e9voque la possibilit\u00e9 d\u2019un territoire autonome kurde, m\u00eame en Syrie, o\u00f9 il existe de facto depuis 2011, sous le nom de Rojava (bande de terre courant au nord du territoire syrien, le long de la fronti\u00e8re turque). En mars 2018, les Occidentaux n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 dissuader les Turcs de prendre aux Kurdes le contr\u00f4le du canton d\u2019Afrin (nord-ouest du territoire syrien), et d\u2019y installer leurs suppl\u00e9tifs arabes islamistes. Le 19 d\u00e9cembre 2018, le pr\u00e9sident Trump a annonc\u00e9 qu\u2019il allait retirer du Rojava les forces sp\u00e9ciales am\u00e9ricaines (2000 soldats stationn\u00e9s \u00e0 Manbij, sur la rive droite de l\u2019Euphrate). Abandonn\u00e9s par les Occidentaux, les Kurdes syriens (qui sont la\u00efcs) se tournent d\u00e9sormais vers le r\u00e9gime de Damas pour trouver une protection efficace face \u00e0 l\u2019arm\u00e9e turque.<\/p>\n<p>Au Liban, pays cr\u00e9\u00e9 par les Fran\u00e7ais en 1920, les Occidentaux n\u2019ont d\u00e9sormais pas plus d\u2019influence que l\u2019Iran, dont le fils spirituel (le Hezbollah) d\u00e9tient un droit de veto sur toutes les d\u00e9cisions strat\u00e9giques du gouvernement.<\/p>\n<p>Au Y\u00e9men, l\u2019Occident s\u2019est montr\u00e9 incapable d\u2019emp\u00eacher la catastrophe humanitaire n\u00e9e de l\u2019intervention, \u00e0 partir de mars 2015, de ses alli\u00e9s saoudiens et \u00e9miratis contre les rebelles nordistes houthis, qui tiennent toujours la capitale Sanaa.<\/p>\n<p>Dans le Golfe, les Occidentaux n\u2019ont vu qu\u2019un r\u00e9formateur dans le prince h\u00e9ritier d\u2019Arabie saoudite Mohammed Ben Salman (MBS), aveugles quant \u00e0 son aventurisme militaire et \u00e0 son cynisme politique. De 2012 \u00e0 2016, le Royaume wahhabite a commis trois grosses b\u00e9vues de politique \u00e9trang\u00e8re. Il s\u2019est immisc\u00e9 en pure perte dans la guerre civile syrienne, y finan\u00e7ant et y armant les rebelles les plus djihadistes, sur lesquels il a perdu tout contr\u00f4le aujourd\u2019hui. Il s\u2019est \u00e9galement immisc\u00e9 dans la guerre civile y\u00e9m\u00e9nite, alors qu\u2019il n\u2019\u00e9tait nullement menac\u00e9 par les montagnards houthistes (de confession za\u00efdite, proche du chiisme) qu\u2019il combat aujourd\u2019hui. Enfin, en juin 2017, il a impos\u00e9 au Qatar un embargo terrestre, a\u00e9rien et maritime, sans parvenir \u00e0 faire fl\u00e9chir le moins du monde le petit \u00e9mirat gazier. En l\u2019espace d\u2019un an et demi, les Occidentaux n\u2019ont m\u00eame pas r\u00e9ussi \u00e0 obtenir une r\u00e9conciliation au sein du Conseil de coop\u00e9ration du Golfe (CCG), institution de coop\u00e9ration entre monarchies sunnites, dont ils avaient facilit\u00e9 la cr\u00e9ation en 1981, afin d\u2019endiguer l\u2019expansion de la r\u00e9volution islamique iranienne.<\/p>\n<p>En Palestine, les Occidentaux ne sont pas parvenus \u00e0 faire pr\u00e9valoir leur solution des deux Etats, dont ils ne cessent de parler depuis 30 ans. On n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9loign\u00e9 de cette solution des deux Etats et la colonisation isra\u00e9lienne en Cisjordanie est si avanc\u00e9e aujourd\u2019hui qu\u2019on ne voit pas tr\u00e8s bien comment on pourrait encore y cr\u00e9er un Etat viable pour les Palestiniens.<\/p>\n<p>En Libye, qu\u2019on peut rattacher au Moyen-Orient tant les int\u00e9r\u00eats \u00e9gyptiens, \u00e9miratis, turcs et qataris y sont importants, l\u2019Occident a cr\u00e9\u00e9 un chaos qu\u2019il n\u2019est pas capable de g\u00e9rer. Les efforts de conciliation de la France, entam\u00e9s par le Pr\u00e9sident Macron \u00e0 La Celle Saint-Cloud le 25 juillet 2017, n\u2019ont toujours rien donn\u00e9 de concret sur le terrain.<\/p>\n<p>En Afghanistan (on peut mettre l\u2019Afghanistan dans le Moyen-Orient puisque l\u2019ONU le fait), apr\u00e8s 17 ans de pr\u00e9sence, les Occidentaux sont impuissants \u00e0 faire pr\u00e9valoir leurs vues. Les Talibans, soutenus en sous-main par les services militaires de renseignement pakistanais, font plus que jamais la loi dans les campagnes.<\/p>\n<p>En Iran, malgr\u00e9 toutes les sanctions unilat\u00e9rales suppl\u00e9mentaires d\u00e9cr\u00e9t\u00e9es par Trump en mai 2018, les Am\u00e9ricains ne vont pas r\u00e9ussir \u00e0 faire changer le r\u00e9gime. Les Britanniques et les Fran\u00e7ais, alli\u00e9s de l\u2019Am\u00e9rique, mais favorables au maintien de l\u2019accord nucl\u00e9aire du 14 juillet 2015 avec l\u2019Iran et \u00e0 la suspension des sanctions commerciales, sont dans une position d\u2019impuissance strat\u00e9gique caract\u00e9ris\u00e9e, car leurs banques suivent le diktat am\u00e9ricain, par peur de repr\u00e9sailles du Treasury de Washington. Pour survivre, l\u2019Iran va se tourner massivement vers la Russie et vers la Chine.<\/p>\n<p>Lorsque les Occidentaux expriment des v\u0153ux sur le devenir du Moyen-Orient, plus personne ne les \u00e9coute, que ce soit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cette r\u00e9gion ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Comment en est-on arriv\u00e9 \u00e0 une telle impuissance strat\u00e9gique ? L\u2019Occident a commis trois fautes principales.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re est le n\u00e9o-conservatisme, ce mouvement qui croit que l\u2019on peut imposer la d\u00e9mocratie \u00e0 des peuples \u00e9trangers par la force des armes. Quel terrible g\u00e2chis que celui de l\u2019invasion de l\u2019Irak en 2003, certes courageusement d\u00e9nonc\u00e9e par la France ! Le retrait pr\u00e9matur\u00e9 des Am\u00e9ricains en 2010 a \u00e9t\u00e9 une erreur strat\u00e9gique aussi profonde, parce qu\u2019ils n\u2019auraient d\u00fb se retirer qu\u2019une fois l\u2019Irak stabilis\u00e9.<\/p>\n<p>La seconde faute des Occidentaux est la soumission de leurs politiques \u00e9trang\u00e8res \u00e0 leurs imp\u00e9ratifs \u00e9lectoraux int\u00e9rieurs. Des consid\u00e9rations de politique int\u00e9rieure ne sont pas \u00e9trang\u00e8res \u00e0 la d\u00e9cision de Nicolas Sarkozy, un an avant la pr\u00e9sidentielle, d\u2019intervenir militairement en Libye, et \u00e0 la politique de Trump avec l\u2019Iran, pays d\u00e9test\u00e9 depuis quarante ans par sa base \u00e9lectorale. Les exemples d\u00e9sastreux de l\u2019Irak et de la Libye ont convaincu les peuples orientaux que l\u2019Occident \u00e9tait en d\u00e9finitive assez indiff\u00e9rent \u00e0 leur bien-\u00eatre, lorsqu\u2019il intervenait militairement chez eux.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me faute est l\u2019ind\u00e9cision des Occidentaux. Combien de fois les Occidentaux se sont-ils montr\u00e9s incapables de prendre une d\u00e9cision ! La proposition Tchourkine de f\u00e9vrier 2012 en donne un bon exemple. En f\u00e9vrier 2012, l\u2019ambassadeur de Russie aux Nations Unies Vitali Tchourkine fait une proposition aux Occidentaux, c\u2019est-\u00e0-dire aux membres du P3 (les Am\u00e9ricains, les Fran\u00e7ais et les Anglais) parce qu\u2019il a bien compris que le r\u00e9gime de Damas vacillait et qu\u2019il fallait peut-\u00eatre trouver une solution, c\u2019est-\u00e0-dire faire partir, avec les honneurs, le Pr\u00e9sident Bachar al-Assad, afin de constituer un gouvernemment de transition. Les trois Occidentaux ensemble lui ont r\u00e9pondu : \u00ab Non, ce n\u2019est pas la peine de n\u00e9gocier car, de toute fa\u00e7on, Bachar sera chass\u00e9 par son peuple d\u2019ici quelques semaines ! \u00bb Au Moyen-Orient, le wishful thinking a souvent tenu lieu de politique chez les Occidentaux.<\/p>\n<p>La cons\u00e9quence de ces fautes est l\u2019effacement des Occidentaux, qui furent aussit\u00f4t remplac\u00e9s par la grande puissance opportuniste de la r\u00e9gion qu\u2019est la Russie. La Russie a deux bases souveraines en Syrie, mais au-del\u00e0, elle a r\u00e9ussi le prodige de faire venir \u00e0 Moscou en 2017 le Roi d\u2019Arabie saoudite qui l\u2019avait combattue en Syrie. Le r\u00e9chauffement russo-saoudien est tel que Vladimir Poutine a apport\u00e9 son soutien \u00e0 MBS apr\u00e8s l\u2019affaire Khashoggi (opposant saoudien sauvagement assassin\u00e9 le 2 octobre 2018 au Consulat saoudien d\u2019Istanbul). \u00ab Il n\u2019y a pas d\u2019affaire, laissons la justice saoudienne traiter cet incident ! \u00bb, a dit le ma\u00eetre du Kremlin. La Russie a r\u00e9ussi \u00e0 am\u00e9liorer ses relations avec un autre grand alli\u00e9 des Am\u00e9ricains : Isra\u00ebl. On a vu Netanyahou arborer le ruban de St Georges sur la Place Rouge \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Poutine. La Russie est aussi en force en Egypte, o\u00f9 elle va construire une centrale nucl\u00e9aire. Et le G\u00e9n\u00e9ral Haftar en Libye est devenu une carte russe autant qu\u2019elle \u00e9tait autrefois une carte am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Cet effacement de l\u2019Occident au Moyen-Orient n\u2019est pas une bonne nouvelle pour la r\u00e9gion. Car les Occidentaux y ont aussi, par le pass\u00e9, apport\u00e9 de tr\u00e8s bonnes id\u00e9es. Pour lib\u00e9rer le Kowe\u00eft, envahi par l\u2019Irak le 2 ao\u00fbt 1990, les Am\u00e9ricains avaient constitu\u00e9 une large coalition militaire, comprenant de nombreux pays arabes. En octobre 1991, ils convoquaient \u00e0 Madrid une vaste Conf\u00e9rence de paix o\u00f9 les Palestiniens furent invit\u00e9s. Moins de deux ans plus tard, le Palestinien Arafat et l\u2019Isra\u00e9lien Rabin se serraient la main sur la pelouse de la Maison Blanche. Seul l\u2019assassinat, en novembre 1995, du premier ministre isra\u00e9lien (par un extr\u00e9miste religieux juif) allait r\u00e9ussir \u00e0 enrayer un processus de paix qui avait \u00e9t\u00e9 enclench\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019impact de la Conf\u00e9rence de Madrid.<\/p>\n<p>L\u2019Am\u00e9rique, qui n\u2019a plus besoin du p\u00e9trole moyen-oriental, a d\u00e9cid\u00e9 de diminuer son implication militaire et politique dans la r\u00e9gion, o\u00f9 sa strat\u00e9gie se limite \u00e0 asphyxier les Iraniens, pour les faire changer de r\u00e9gime. La Grande-Bretagne et la France sont trop faibles militairement pour pr\u00e9tendre y rejouer un r\u00f4le important. L\u2019impuissance strat\u00e9gique de l\u2019Occident au Moyen-Orient est donc un ph\u00e9nom\u00e8ne qui a toutes les chances de se poursuivre\u2026<\/p>\n<p>Renaud Girard<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Beyrouth, janvier 2019 Commenc\u00e9 au d\u00e9but de la pr\u00e9sente d\u00e9cennie, le mouvement dit \u00ab des printemps arabes \u00bb a vu, au Moyen-Orient, l\u2019affrontement entre deux id\u00e9ologies, l\u2019id\u00e9ologie lib\u00e9rale occidentale et<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":11368,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[23],"tags":[25],"class_list":["post-12022","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news-room","tag-25"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12022","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12022"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12022\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11368"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12022"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12022"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12022"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}