{"id":13508,"date":"2020-04-23T10:15:58","date_gmt":"2020-04-23T09:15:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/?p=13508"},"modified":"2020-04-23T17:50:42","modified_gmt":"2020-04-23T16:50:42","slug":"jean-de-kervasdoue-le-systeme-de-sante-est-devenu-sovietique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/jean-de-kervasdoue-le-systeme-de-sante-est-devenu-sovietique\/","title":{"rendered":"Jean de Kervasdou\u00e9 : \u00ab Le syst\u00e8me de sant\u00e9 est devenu sovi\u00e9tique \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<header>\n<hgroup>\n<h3 data-bind=\"text: articleSubtitle\">L\u2019ancien directeur des h\u00f4pitaux passe l\u2019organisation de la sant\u00e9 en France au scanner. Son diagnostic est s\u00e9v\u00e8re : lobbys scl\u00e9rosants, diktat \u00e9conomique, manque d\u2019experts m\u00e9dicaux et absence totale de vision politique.<\/h3>\n<\/hgroup>\n<ul class=\"art-byline\">\n<li class=\"art-source\" data-bind=\"text: issueTitle\"><a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Le Point<\/span><\/a><\/li>\n<li class=\"art-date\"><time data-bind=\"text: shortDateString\">23 avril 2020<\/time><\/li>\n<li class=\"art-author\" data-bind=\"text: byline\">PROPOS RECUEILLIS PAR FRAN\u00c7OIS-GUILLAUME LORRAIN<\/li>\n<\/ul>\n<\/header>\n<div data-bind=\"foreach: articleBlocks\">\n<p data-bind=\"text: $data\">Il a dirig\u00e9 les h\u00f4pitaux au minist\u00e8re de la Sant\u00e9. Il est l\u2019un des sp\u00e9cialistes fran\u00e7ais de notre syst\u00e8me de sant\u00e9, auteur de nombreux ouvrages et de chroniques r\u00e9guli\u00e8res et \u00e9clair\u00e9es sur le site du Point. Le tableau que Jean de Kervasdou\u00e9 dresse dans cette interview est accablant. R\u00e9sumons-le. Pas de politique de sant\u00e9, aucune vision chez nos gouvernants. Juste un souci de l\u2019\u00e9conomie li\u00e9 \u00e0 une crainte \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce secteur. Faute de contre-pouvoir, le pouvoir est aux lobbys, aux int\u00e9r\u00eats divergents, qui bloquent toute r\u00e9forme. Contrairement aux autres minist\u00e8res, celui de la Sant\u00e9 n\u2019a jamais dispos\u00e9 de grandes comp\u00e9tences techniques. Profitant de ce vide, les juristes et les financiers ont pris les manettes. Ce sont eux, les directeurs du Budget, de la S\u00e9curit\u00e9 sociale, de la Caisse nationale de l\u2019assurance-maladie, qui tiennent les r\u00eanes. Pour couronner le tout, les directions du minist\u00e8re ont englu\u00e9 les acteurs m\u00e9dicaux dans une toile d\u2019araign\u00e9e de contraintes. Faible et tatillon : ainsi se d\u00e9finit l\u2019\u00c9tat en mati\u00e8re de sant\u00e9 publique. Jean de Kervasdou\u00e9 propose quelques pistes pour en finir\u25a0<\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\"><strong>Le Point: La pand\u00e9mie a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des faiblesses criantes en mati\u00e8re de politique de sant\u00e9 publique. Comment les expliqueriez-vous?<\/strong><\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\"><strong>Jean de Kervasdou\u00e9 :\u00a0<\/strong>Il n\u2019y a pas de politique de sant\u00e9 en France. Il y a parfois des \u00e9l\u00e9ments de politique m\u00e9dicale, mais sant\u00e9 et m\u00e9decine ne sont pas synonymes, parce que de tr\u00e8s nombreux facteurs qui influencent la sant\u00e9 ne sont pas d\u2019ordre m\u00e9dical : consommation de tabac, d\u2019alcool, alimentation, exercice physique\u2026 Si l\u2019on a la cruaut\u00e9 de revisiter les campagnes pr\u00e9sidentielles de 1988 \u00e0 2017, les seuls th\u00e8mes trait\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 ceux du financement et de l\u2019acc\u00e8s aux soins. Ainsi, Emmanuel Macron s\u2019est engag\u00e9 pour que l\u2019argent ne soit pas une barri\u00e8re en mati\u00e8re de soins dentaires, de lunettes et d\u2019appareils auditifs. Il a tenu ses promesses mais, pas plus que d\u2019autres, il n\u2019a parl\u00e9 de m\u00e9decine lib\u00e9rale. Il n\u2019a rien dit sur l\u2019h\u00f4pital ni sur nos industriels du biom\u00e9dical que nous avons perdus ou qui sont partis \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, d\u2019o\u00f9 l\u2019absence de producteurs fran\u00e7ais de respirateurs. La raison est simple. Dans tous les partis politiques, et notamment au PS et chez Les R\u00e9publicains, les commissions sant\u00e9 sont noyaut\u00e9es par les lobbys (syndicats professionnels, industrie pharmaceutique, assureurs priv\u00e9s et mutualistes, grandes associations de malades). Comme leurs recommandations sont contradictoires, il en sort\u2026 le statu quo. Certes, il y a de petites nuances entre gauche et droite, mais les experts de ces commissions sont bien pr\u00e9sents, y compris au sein de l\u2019\u00c9tat (cabinets minist\u00e9riels, les trois directions du minist\u00e8re et la direction du Budget, agences r\u00e9gionales de sant\u00e9, Caisse nationale de l\u2019assurance-maladie) et, bien entendu, dans les f\u00e9d\u00e9rations professionnelles dont le m\u00e9tier est\u2026 le lobbying et les acteurs, d\u2019anciens hauts fonctionnaires de la sant\u00e9. C\u2019est tout un petit monde.<\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\">Si toute id\u00e9e innovante est rejet\u00e9e \u2013j\u2019en ai fait r\u00e9cemment l\u2019exp\u00e9rience \u2013, c\u2019est d\u2019abord parce qu\u2019il n\u2019y a pas de vision politique qui pourrait transcender ces int\u00e9r\u00eats, mais aussi parce que les politiques, le cabinet du minist\u00e8re et Matignon se souviennent que les gr\u00e8ves sont difficilement ma\u00eetrisables dans le secteur de la sant\u00e9. Les syndicats m\u00e9dicaux leur font peur. En outre, les m\u00eames int\u00e9r\u00eats (y compris ceux des grandes associations de malades contre le cancer ou le handicap) sont tr\u00e8s influents au Parlement et c\u2019est pourquoi la plupart des grandes r\u00e9formes se sont faites par ordonnances. Ainsi, les principes de la m\u00e9decine lib\u00e9rale sont les m\u00eames depuis\u2026 1930 et la grande r\u00e9forme hospitali\u00e8re de 1958 n\u2019a pas boug\u00e9 d\u2019un iota, m\u00eame si son g\u00e9nial inspirateur, le professeur Robert Debr\u00e9, proposait de r\u00e9former sa r\u00e9forme d\u00e8s 1972 !<\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\"><strong>Un personnage a \u00e9t\u00e9 mis en avant par l\u2019\u00c9tat: J\u00e9r\u00f4me Salomon, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Sant\u00e9. Quel pouvoir a-t-il?<\/strong><\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\">Chacun a pu constater, parmi ses grandes qualit\u00e9s, celle de communicant. Mais cette direction importante, confi\u00e9e \u00e0 un m\u00e9decin, a toujours \u00e9t\u00e9 de facto assez faible. Elle fut cr\u00e9\u00e9e il y a un si\u00e8cle pour s\u2019occuper d\u2019hygi\u00e8ne, de sant\u00e9 mentale et de tuberculose, plus tard de vaccination, de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, de qualit\u00e9 des eaux, des m\u00e9dicaments et des diff\u00e9rents produits toxiques. Aujourd\u2019hui, elle n\u2019a pas ou peu d\u2019expertise en son sein, celle-ci se trouvant dans les agences (Haute Autorit\u00e9 de Sant\u00e9, Sant\u00e9 publique France) dont elle a la tutelle. Or elle exerce peu cette tutelle, faute de moyens humains. Sa comp\u00e9tence est donc essentiellement juridico-administrative. Se souvenant des affaires du sang contamin\u00e9, les politiques ne veulent pas intervenir sur ces agences ; quant aux responsables de celles-ci, qui ont de fait le pouvoir, leur priorit\u00e9 est de se prot\u00e9ger par exc\u00e8s de pr\u00e9caution,<\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\">au grand dam des entreprises innovantes, notamment fran\u00e7aises, qui pr\u00e9f\u00e8rent alors tester leurs d\u00e9couvertes en Allemagne ou aux \u00c9tats-Unis. D\u2019ordinaire, pour obtenir une autorisation et un tarif pour un test, cela prend cinq ans !<\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\"><strong>Qui d\u00e9tient les cl\u00e9s de la politique de sant\u00e9 en France?<\/strong><\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\">Historiquement, il n\u2019y a jamais eu au minist\u00e8re de la Sant\u00e9 l\u2019\u00e9quivalent m\u00e9dical des grands corps techniques des autres minist\u00e8res (Mines, Ponts, T\u00e9l\u00e9coms, Eaux et For\u00eats, Armement, Statistiques). Certes, les m\u00e9decins inspecteurs form\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00c9cole nationale de sant\u00e9 publique \u00e0 Rennes sont de grande qualit\u00e9, mais ils n\u2019ont pas le prestige \u00e9quivalent. Il manque ces super-m\u00e9decins qui travailleraient dans les directions du minist\u00e8re de la Sant\u00e9, o\u00f9 l\u2019on ne trouve essentiellement que des juristes, des financiers, les chefs de bureau \u00e9tant des \u00e9narques. En outre, la sant\u00e9 publique a toujours \u00e9t\u00e9 m\u00e9pris\u00e9e, voire combattue, par les universitaires des disciplines m\u00e9dico-chirurgicales parce que toute nouvelle discipline prend des postes, parce que surtout les cliniciens d\u00e9fendent l\u2019exclusivit\u00e9 du regard de la m\u00e9decine sur la sant\u00e9. Alors que dans les grandes facult\u00e9s de m\u00e9decine am\u00e9ricaines, un tiers des enseignants ne sont pas m\u00e9decins mais biologistes, juristes, informaticiens, \u00e9pid\u00e9miologistes, \u00e9conomistes, en France, la profession se garde l\u2019exclusivit\u00e9 de l\u2019enseignement.<\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\">Faute de contrepoids techniques et politiques, le pouvoir est donc aux financiers, ceux de la direction du Budget, de la direction de la S\u00e9curit\u00e9 sociale (minist\u00e8re des Affaires sociales) et de la Caisse nationale de l\u2019assurance-maladie, qui est ind\u00e9pendante et qui repr\u00e9sente 200 mil- liards d\u2019euros sur les 270 des d\u00e9penses de sant\u00e9. Ce sont eux qui pr\u00e9parent les projets de loi de financement de la S\u00e9curit\u00e9 sociale. Ce sont eux qui,chaque ann\u00e9e, ont contraint les hospitaliers \u00e0 acheter en Asie en exigeant des centaines de millions d\u2019\u00e9conomie sur les achats hospitaliers, ce sont eux qui ont baiss\u00e9 les tarifs hospitaliers de 10 % au cours du quinquennat pr\u00e9c\u00e9dent. Ce sont eux qui sont toujours au pouvoir.<\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\"><strong>Vous \u00e9criviez sur le site du \u00abPoint\u00bb: l\u2019\u00c9tat a mis la main sur les statuts, les recrutements et les nominations, mais aussi sur la strat\u00e9gie, les tarifs et l\u2019investissement hospitalier. Pourquoi cette mainmise croissante?<\/strong><\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\">En un demi-si\u00e8cle, l\u2019\u00c9tat (le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 et ses agences r\u00e9gionales) a pris tout le pouvoir sur les d\u00e9partements, les communes et les caisses d\u2019assurance-maladie, au nom d\u2019une pr\u00e9tendue \u00e9galit\u00e9 qu\u2019il n\u2019a jamais r\u00e9duite. Il l\u2019exerce par les nominations des directeurs et des m\u00e9decins des h\u00f4pitaux publics, par les autorisations d\u2019\u00e9quipement des cliniques priv\u00e9es, par les tarifs de tous les acteurs, par une incontinence de r\u00e8glements portant notamment sur une pr\u00e9tendue qualit\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9, par les autorisations de budget. Le probl\u00e8me est qu\u2019il n\u2019est pas capable de l\u2019exercer. Il n\u2019en a ni les moyens ni les comp\u00e9tences : l\u2019expertise n\u2019est pas suffisante en nombre. En retirant des moyens au minist\u00e8re de la Sant\u00e9, la r\u00e9duction des d\u00e9penses budg\u00e9taires de l\u2019\u00c9tat a beaucoup contribu\u00e9, faute d\u2019expertise interne, \u00e0 l\u2019inad\u00e9quation des d\u00e9penses d\u2019assurance-maladie. Ainsi, alors que le tarif des actes joue un r\u00f4le essentiel pour le revenu des infirmi\u00e8res, des kin\u00e9s, des pharmaciens, des m\u00e9decins, des laboratoires de biologie, des industriels, des \u00e9tablissements hospitaliers, l\u2019\u00c9tat, qui d\u00e9finit ces tarifs, n\u2019est pas en mesure de les r\u00e9viser assez souvent pour s\u2019adapter au progr\u00e8s technique. On p\u00e9nalise les uns, on cr\u00e9e des rentes pour les autres, mais on respecte la tutelle. Le syst\u00e8me est devenu sovi\u00e9tique au sens de Churchill: si en Angleterre, tout est autoris\u00e9, sauf quand c\u2019est interdit, disait-il, en Russie, tout est interdit, m\u00eame quand c\u2019est autoris\u00e9 !<\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\"><strong>Quelles sont les pistes d\u2019une r\u00e9forme du syst\u00e8me de sant\u00e9 qui remettrait en question cette technocratie?<\/strong><\/p>\n<p data-bind=\"text: $data\">L\u2019\u00c9tat doit assurer \u00e0 tous l\u2019\u00e9gal acc\u00e8s aux soins mais surtout ne rien g\u00e9rer! Voici quelques id\u00e9es : payer les m\u00e9decins traitants pour prendre en charge leurs malades et pas seulement pour \u00abfaire\u00bb des actes. Cr\u00e9er sur Internet, avec les soci\u00e9t\u00e9s savantes, en fran\u00e7ais, un r\u00e9seau des connaissances m\u00e9dicales accessibles par mots-cl\u00e9s. Donner une libert\u00e9 de gestion et donc de recrutement aux \u00e9tablissements hospitaliers publics. Rendre public et contradictoire le choix des tarifs. Favoriser l\u2019industrie biom\u00e9dicale fran\u00e7aise, notamment par les achats hospitaliers. R\u00e9mun\u00e9rer correctement les acteurs, y compris les chercheurs. Lib\u00e9rer, d\u00e9centraliser, laisser la possibilit\u00e9 de faire, de cr\u00e9er ; on l\u2019a constat\u00e9 en ce temps de crise o\u00f9 toutes les barri\u00e8res ont saut\u00e9, pourquoi s\u2019en priver ?\u25a0<\/p>\n<h2 data-bind=\"text: $data\">\u00ab L\u2019\u00c9tat doit assurer \u00e0 tous l\u2019\u00e9gal acc\u00e8s aux soins mais surtout ne rien g\u00e9rer ! Donner, par exemple, une libert\u00e9 de gestion et donc de recrutement aux \u00e9tablissements hospitaliers. \u00bb<\/h2>\n<\/div>\n<p>Lire l&rsquo;article sur <span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/journal.lepoint.fr\/jean-de-kervasdoue-le-systeme-de-sante-est-devenu-sovietique-2372188\">Le Point<\/a><\/span>.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ancien directeur des h\u00f4pitaux passe l\u2019organisation de la sant\u00e9 en France au scanner. 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