{"id":14646,"date":"2021-10-29T15:30:50","date_gmt":"2021-10-29T14:30:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/?p=14646"},"modified":"2021-10-29T15:30:50","modified_gmt":"2021-10-29T14:30:50","slug":"la-maison-blanche-est-plus-polie-mais-reste-brutale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/la-maison-blanche-est-plus-polie-mais-reste-brutale\/","title":{"rendered":"\u00ab La Maison-Blanche est plus polie mais reste brutale \u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"sc-aamjrj-0 sc-15kkmyk-0 csPKks\">\n<div class=\"sc-1dyubqu-0 kWUJEe\">\n<p class=\"sc-14kwckt-21 sc-12l15dn-1 kFdWlD evdsDp\"><span style=\"font-size: 1rem;\"><a href=\"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Barre_LesEchos.png\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-9308\" src=\"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Barre_LesEchos.png\" alt=\"\" width=\"240\" height=\"144\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 1rem;\">01.10.2021<\/span><\/p>\n<p class=\"sc-14kwckt-21 sc-12l15dn-1 kFdWlD evdsDp\"><span style=\"font-size: 1rem;\">Pour Thierry de Montbrial, pr\u00e9sident-fondateur de l&rsquo;Institut fran\u00e7ais des relations internationales et de la World Policy Conference qui se tient cette ann\u00e9e \u00e0 Abu Dhabi, la nouvelle donne mondiale impose \u00e0 la France de revoir les fondements de sa politique \u00e9trang\u00e8re. Il livre ici ses pistes.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"sc-5oblao-1 yxVff\">\n<div class=\"sc-aamjrj-0 sc-rizxew-0 doRQdD jqGSCF sc-of6wlx-0 iAxcvF\"><picture class=\"sc-1qf2dxr-0 gqQzOO sc-d0u0l9-0 cfAET\"><img decoding=\"async\" class=\"sc-14kwckt-20 jbUOvW\" src=\"https:\/\/media.lesechos.com\/api\/v1\/images\/view\/6157063a3e45467f2150c077\/1280x720\/07024190816-web-tete.jpg\" alt=\"Thierry de Montbrial, economiste et geopolitologue\" \/><\/picture><\/div>\n<\/div>\n<p>Thierry de Montbrial, economiste et geopolitologue (Dominik BUTZMANN\/LAIF-REA)<\/p>\n<p><strong><em>Quelle le\u00e7on pouvons-nous tirer de la crise transatlantique qui est n\u00e9e de la nouvelle alliance Aukus\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Cet incident est un r\u00e9v\u00e9lateur. La politique \u00e9trang\u00e8re am\u00e9ricaine est entr\u00e9e dans une nouvelle phase depuis au moins Obama, pour des raisons objectives : la n\u00e9cessit\u00e9 pour eux du \u00ab pivot \u00bb vers l&rsquo;Asie. Ceux qui pensaient que l&rsquo;\u00e9lection de Joe Biden marquerait un retour au bon vieux temps se sont tromp\u00e9s. La Maison-Blanche est un peu plus polie, mais elle est brutale. Ce qui reste extraordinaire, c&rsquo;est la parenth\u00e8se de 40 ans qu&rsquo;a repr\u00e9sent\u00e9e l&rsquo;Alliance atlantique, avec une continuit\u00e9 unique dans l&rsquo;histoire des Etats-Unis.<\/p>\n<p>De mon point de vue, la \u00ab mort c\u00e9r\u00e9brale \u00bb de l&rsquo;Alliance atlantique, comme le dit Macron, date de 1991 [NDLR : la dissolution de l&rsquo;URSS]. On n&rsquo;avait jamais vu une alliance survivre aussi longtemps apr\u00e8s la disparition de sa cause originelle. Elle s&rsquo;est maintenue parce qu&rsquo;on a fait l&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;Europe \u00e0 marche forc\u00e9e dans le cadre atlantique, ce qui en retour a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme une menace par la Russie. Pour les Am\u00e9ricains, seules existent les \u00ab institutions euro-atlantiques \u00bb. L&rsquo;Europe, c&rsquo;est pour le march\u00e9.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/monde\/enjeux-internationaux\/comment-laustralie-a-coule-les-sous-marins-francais-1348095\">L&rsquo;affaire des sous-marins<\/a>\u00a0a mis les contradictions au grand jour.<\/p>\n<p><strong><em>Que doit-on en tirer comme conclusion\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong>En politique \u00e9trang\u00e8re, sur le long terme, on a le poids de son \u00e9conomie. Pour peser, il faut des moyens. Un pays incapable de mener ses r\u00e9formes \u00e9conomiques ne peut pas maintenir ind\u00e9finiment \u00ab son rang \u00bb, pour parler comme de Gaulle. Il faut donc, comme il l&rsquo;a voulu en 1958, que la France reprenne la ma\u00eetrise de son destin \u00e9conomique. Sinon, sa cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame de l&rsquo;Europe continuera de s&rsquo;affaiblir. Faute de renverser le cours des choses, on ira de crise en crise.<\/p>\n<p>Depuis la chute de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, notre libert\u00e9 d&rsquo;action vis-\u00e0-vis des Etats-Unis n&rsquo;a fait que diminuer. Il ne faut pas confondre la souverainet\u00e9, qui est une notion juridique, et l&rsquo;ind\u00e9pendance, c&rsquo;est \u00e0 dire la capacit\u00e9 de r\u00e9sister aux forces qui nous entrainent l\u00e0 o\u00f9 on ne veut pas aller. Je crois n\u00e9cessaire de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9valuation pr\u00e9cise de la r\u00e9alit\u00e9 de notre ind\u00e9pendance dans l&rsquo;interd\u00e9pendance, pour parler cette fois comme Edgar Faure, aussi bien au sein de l&rsquo;Union europ\u00e9enne que de l&rsquo;Alliance atlantique.<\/p>\n<p><strong><em>Concr\u00e8tement, comment la France doit se positionner face \u00e0 l&rsquo;Aukus\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Nous devons r\u00e9fl\u00e9chir au fondement m\u00eame de notre politique \u00e9trang\u00e8re, dont le narratif (membre permanent du Conseil de S\u00e9curit\u00e9, possession de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire\u2026) a peu chang\u00e9 depuis le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Nous n&rsquo;avons aucune raison de quitter l&rsquo;Alliance atlantique, mais nous n&rsquo;avons aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 la voir se transformer en alliance anti-chinoise. Nous pouvons et nous devons contribuer \u00e0 la libert\u00e9 de navigation dans l&rsquo;\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/idees-debats\/editos-analyses\/la-france-puissance-en-declin-de-lindo-pacifique-1349014\">Indo-Pacifique<\/a>\u00a0, mais l&rsquo;Alliance atlantique n&rsquo;est pas faite pour cela.<\/p>\n<p>Nous ne sommes \u00e9videmment pas \u00e9quidistants entre les Etats-Unis et la Chine, mais les int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais ou europ\u00e9ens sont loin d&rsquo;\u00eatre identiques aux int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains. Et en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, l&rsquo;instabilit\u00e9 de notre voisinage au Sud et \u00e0 l&rsquo;Est devrait constituer notre pr\u00e9occupation principale. L&rsquo;essentiel des maigres moyens dont nous disposons doit \u00eatre concentr\u00e9 dans ces directions.<\/p>\n<p><strong><em>Les Britanniques, qui sont g\u00e9ographiquement en Europe, ne font pas cette analyse, puisqu&rsquo;ils rejoignent cette alliance\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Pendant quelques d\u00e9cennies, une partie de l&rsquo;opinion anglaise a sinc\u00e8rement voulu jouer le jeu europ\u00e9en. Mais la Grande-Bretagne est une \u00eele attir\u00e9e par le grand large et par les terres anglophones. Boris Johnson essaye de rejouer la partie de la relation sp\u00e9ciale avec les Etats-Unis. Les Anglais ne se sont jamais sentis compl\u00e8tement \u00e0 l&rsquo;aise en Europe.<\/p>\n<p>Les plus europ\u00e9ens d&rsquo;entre eux n&rsquo;ont jamais partag\u00e9 la vision des p\u00e8res fondateurs de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Cela dit, nous conserverons beaucoup d&rsquo;int\u00e9r\u00eats communs, comme la libert\u00e9 de navigation. Nous n&rsquo;avons pas besoin de l&rsquo;\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/monde\/enjeux-internationaux\/sous-marins-australiens-comprendre-lalliance-aukus-en-5-questions-1347334\">Aukus<\/a>\u00a0, qui est une institution anglo-am\u00e9ricaine pur sucre.<\/p>\n<p><strong><em>Selon vous, quelle serait la priorit\u00e9 pour l&rsquo;Europe en termes de politique \u00e9trang\u00e8re\u00a0: d\u00e9finir sa position par rapport \u00e0 la Chine, sa politique indo-pacifique ou construire son autonomie strat\u00e9gique\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;expression autonomie strat\u00e9gique refl\u00e8te actuellement un r\u00eave plus qu&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9. Elle heurte les Allemands attach\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Alliance atlantique comme \u00e0 un totem. En pratique il faut commencer par identifier clairement les int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques que les membres de l&rsquo;Union europ\u00e9enne ont vraiment en commun, et nous entendre sur les priorit\u00e9s. Les Polonais et les Fran\u00e7ais, par exemple, ne voient pas les choses de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n<p><strong><em>Donc, plut\u00f4t Chine ou indo-pacifique\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Nous devrions nous int\u00e9resser prioritairement aux risques li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;instabilit\u00e9 de notre voisinage. Il n&rsquo;en est pas moins vrai qu&rsquo;au-del\u00e0 le maintien de la libert\u00e9 de navigation par exemple est fondamentale. Nous ne pouvons y contribuer que marginalement par rapport aux Etats-Unis, en contrepartie de quoi nous devons assumer davantage la charge de notre s\u00e9curit\u00e9 sur nos flancs. Tel devrait \u00eatre le v\u00e9ritable \u00ab partage du fardeau \u00bb que r\u00e9clament les Etats-Unis, et non la soumission \u00e0 leurs vues.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la Chine, on en revient toujours au m\u00eame point.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/monde\/europe\/lallemagne-a-laube-dune-nouvelle-ere-chargee-de-defis-1342226\">Les Allemands y ont des int\u00e9r\u00eats commerciaux<\/a>\u00a0; ils vont tout faire pour les m\u00e9nager. Comme ils le font avec la Russie. Aucun pays en Europe ne veut \u00eatre accul\u00e9 \u00e0 un affrontement brutal avec la Chine. Comment donc faire face aux pressions am\u00e9ricaines ? D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;importance de r\u00e9cup\u00e9rer une certaine libert\u00e9 d&rsquo;action.<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><strong><em>Pourquoi ne pas suivre la strat\u00e9gie anti-chinoise am\u00e9ricaine\u00a0? C&rsquo;est une menace plus grande que l&rsquo;Union sovi\u00e9tique des ann\u00e9es 1990, qui \u00e9tait moribonde.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La menace sovi\u00e9tique \u00e9tait objective apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. L&rsquo;Alliance atlantique fut un grand succ\u00e8s parce que les Etats-Unis avaient \u00e9videmment int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que le continent europ\u00e9en ne tombe pas sous la coupe des Sovi\u00e9tiques. La question pos\u00e9e actuellement par la Chine est tr\u00e8s diff\u00e9rente. O\u00f9 se trouve aujourd&rsquo;hui la menace chinoise sur l&rsquo;Europe ? Les Europ\u00e9ens ont des int\u00e9r\u00eats \u00e0 d\u00e9fendre. Il faut commencer par bien les identifier. Nous n&rsquo;avons pas besoin d&rsquo;une alliance militaire pour cela. Plus tard, tout d\u00e9pendra des circonstances.<\/p>\n<p><strong><em>Mais si la libert\u00e9 de navigation, et donc de commerce, est menac\u00e9e en Asie du Sud-Est\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le fameux article V du trait\u00e9 de l&rsquo;Atlantique Nord stipule que si l&rsquo;un des Etats membres est attaqu\u00e9, les autres doivent faire ce qu&rsquo;ils peuvent pour le d\u00e9fendre. Mais l&rsquo;extension subreptice de la puissance n&rsquo;est pas une attaque. Une \u00e9ventuelle invasion de Ta\u00efwan par la Chine serait d&rsquo;une tout autre nature et aurait d&rsquo;immenses cons\u00e9quences internationales. Mais ce genre de risque ne doit pas conduire les Europ\u00e9ens \u00e0 s&rsquo;\u00e9carter de leurs priorit\u00e9s dict\u00e9s par la g\u00e9ographie.<\/p>\n<p><strong><em>C&rsquo;est pourtant la question qu&rsquo;a pos\u00e9e Theresa May \u00e0 Boris Johnson, apr\u00e8s le ralliement \u00e0 Aukus\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Je suis convaincu depuis longtemps que la question de Ta\u00efwan est une question majeure pour les prochaines ann\u00e9es. Elle est au coeur de la rivalit\u00e9 sino-am\u00e9ricaine. Les Europ\u00e9ens p\u00e8sent peu &#8211; je ne dis pas rien &#8211; dans cette affaire. En revanche, ils doivent s&rsquo;int\u00e9resser de pr\u00e8s, par exemple, \u00e0 la compatibilit\u00e9 de la politique \u00e9trang\u00e8re du pr\u00e9sident Erdogan avec le maintien de la Turquie dans l&rsquo;Alliance atlantique. Int\u00e9ressons-nous de plus pr\u00e8s \u00e0 notre p\u00e9riph\u00e9rie ! Notre flanc sud, l&rsquo;Afrique du Nord, le Sahel, le golfe de Guin\u00e9e\u2026 Notre flanc sud-est qui est le Moyen-Orient. Et bien s\u00fbr notre flanc Est, c&rsquo;est-\u00e0-dire le monde ex-sovi\u00e9tique.<\/p>\n<p>En France, nous avons un h\u00e9ritage diplomatique et militaire remarquable mais l&rsquo;\u00e9tat de notre \u00e9conomie limite nos moyens. Du point de vue de nos capacit\u00e9s, Ta\u00efwan n&rsquo;est pas une priorit\u00e9 en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 et de d\u00e9fense. Au niveau europ\u00e9en, il faut rechercher avec nos partenaires quels sont nos int\u00e9r\u00eats vraiment communs. Il faut retourner \u00e0 la base. Et ne pas nous laisser vassaliser par les Etats-Unis, dont les erreurs au Moyen-Orient depuis quarante ans ont contribu\u00e9 \u00e0 notre affaiblissement.<\/p>\n<p><strong><em>Joe Biden menace-t-il davantage la stabilit\u00e9 du monde que Donald Trump\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/monde\/asie-pacifique\/lafghanistan-aux-mains-des-talibans-la-debacle-de-loccident-1339245\">La d\u00e9cision de retrait d&rsquo;Afghanistan<\/a>\u00a0r\u00e9pond \u00e0 la lassitude des Etats-Unis. Ils l&rsquo;ont fait, mal, et sans consulter personne. Ceux qui s&rsquo;en remettent durablement aux Etats-Unis pour leurs int\u00e9r\u00eats vitaux le font \u00e0 leurs risques et p\u00e9rils. Trump pouvait faire n&rsquo;importe quoi. Biden est beaucoup plus pr\u00e9visible. Le bulldozer am\u00e9ricain est engag\u00e9 \u00e0 100 % sur la question chinoise et tentera d&rsquo;\u00e9craser tout ce qui se met en travers.<\/p>\n<p>Un pays ne peut d\u00e9l\u00e9guer \u00e0 personne ses int\u00e9r\u00eats vitaux. S&rsquo;il est coinc\u00e9, il choisit un protecteur et, en ce cas, en accepte les conditions, quelles qu&rsquo;elles soient. En sommes-nous \u00e0 ce point ? Je ne crois pas. Et devons-nous abandonner l&rsquo;id\u00e9al d&rsquo;une Europe moins d\u00e9pendante ? Certainement pas.<\/p>\n<p><strong><em>Pour retrouver du poids diplomatique, la France et l&rsquo;Europe doivent donc renforcer leur force \u00e9conomique\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la France est une grande puissance moyenne. Le nouveau non-alignement, c&rsquo;est faire entendre la voix de ceux qui ne veulent pas devenir les vassaux des Etats-Unis ou de la Chine, m\u00eame si \u00e9videmment dans notre cas nous sommes beaucoup plus proches des Am\u00e9ricains. Nous avons encore de beaux restes. Si nous, Fran\u00e7ais, et nous, Europ\u00e9ens, voulons pr\u00e9tendre \u00e0 un r\u00f4le de leader des puissances moyennes, nous devons valoriser notre mod\u00e8le d&rsquo;une puissance d\u00e9mocratique et non imp\u00e9rialiste.<\/p>\n<p>L&rsquo;incident des sous-marins peut provoquer un r\u00e9veil. Elle nous oblige \u00e0 sortir de notre na\u00efvet\u00e9 vis-\u00e0-vis des Etats-Unis. La tradition industrielle, diplomatique et militaire fran\u00e7aise a encore des racines vigoureuses. Le d\u00e9clin n&rsquo;est pas irr\u00e9versible. Les Allemands peuvent eux aussi participer au projet d&rsquo;une Europe plus europ\u00e9enne : \u00e0 la mani\u00e8re de Jean Monnet, celle des petits pas. Quant \u00e0 nous, pratiquons la modestie ambitieuse !<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><strong>Nicolas Barr\u00e9 et Virginie Robert<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/monde\/enjeux-internationaux\/la-maison-blanche-est-plus-polie-mais-reste-brutale-1351165\">Lire l&rsquo;article sur Les Echos<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>01.10.2021 Pour Thierry de Montbrial, pr\u00e9sident-fondateur de l&rsquo;Institut fran\u00e7ais des relations internationales et de la World Policy Conference qui se tient cette ann\u00e9e \u00e0 Abu Dhabi, la nouvelle donne mondiale<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[127],"class_list":["post-14646","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-press-review","tag-127"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14646","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14646"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14646\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14646"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14646"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14646"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}