{"id":15257,"date":"2022-04-26T15:46:11","date_gmt":"2022-04-26T14:46:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/?p=15257"},"modified":"2022-04-26T15:46:11","modified_gmt":"2022-04-26T14:46:11","slug":"philippe-chalmin-sachemine-t-on-vers-une-crise-alimentaire-mondiale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/philippe-chalmin-sachemine-t-on-vers-une-crise-alimentaire-mondiale\/","title":{"rendered":"Philippe Chalmin : \u00ab\u00a0S\u2019achemine-t-on vers une crise alimentaire mondiale ?\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<header class=\"entry-header\">\n<div class=\"entry-meta\"><time class=\"entry-date date published updated\" datetime=\"2022-04-25\">25.04.2022<\/time>\u00a0par\u00a0Christophe Nourissier<\/div>\n<\/header>\n<div class=\"entry-format\"><img decoding=\"async\" class=\"media-object\" src=\"https:\/\/www.revue-internationale.com\/wp-content\/uploads\/thumbs\/dave-beasley-XvniRqem_jQ-unsplash-scaled-3fhwik3j6vajcgzn9ts000.jpg\" alt=\"S\u2019achemine-t-on vers une crise alimentaire mondiale ?\" \/><\/div>\n<div class=\"entry-content\">\n<div class=\"entry-content-content\">\n<div class=\"entry-excerpt\">\n<p>L\u2019arr\u00eat des exportations en raison de l\u2019invasion de l\u2019Ukraine par la Russie risque de faire basculer le monde dans une crise alimentaire<\/p>\n<\/div>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but du xviii\u00a0<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, l\u2019Ukraine acquiert le surnom de grenier \u00e0 bl\u00e9 de l\u2019Europe. Une part importante de l\u2019alimentation mondiale \u2013 bl\u00e9, ma\u00efs, huile de tournesol, soja et orge en particulier, mais aussi volailles et \u0153ufs \u2013 provient aujourd\u2019hui encore de ce pays: environ 15 % du march\u00e9 alimentaire mondial. Un r\u00f4le qui est remis en cause du fait de l\u2019invasion du pays par Vladimir Poutine. Mais c\u2019est avant tout la production de bl\u00e9 qui p\u00e2tit de cette guerre qui l\u2019oppose \u00e0 la Russie \u2013 autre producteur majeur du c\u00e9r\u00e9ale.<\/p>\n<p>En Russie aussi les exportations de bl\u00e9 se r\u00e9duisent sensiblement. \u201cEn ces temps o\u00f9 les prix montent partout dans le monde, le Kremlin fait en sorte que le prix des aliments n\u2019augmente pas trop en Russie m\u00eame. Cela monterait la population contre le r\u00e9gime et Poutine n\u2019a vraiment pas besoin de \u00e7a en ce moment\u201d,\u00a0note Martin Qaim, professeur d\u2019agro\u00e9conomie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Bonn. \u201cIl a donc un int\u00e9r\u00eat r\u00e9el \u00e0 ne pas exporter afin de garder des prix bas dans son pays\u201d.<\/p>\n<p>Pour tous les pays qui d\u00e9pendent du bl\u00e9 russe et ukrainien, c\u2019est une tr\u00e8s mauvaise nouvelle. Les deux pays r\u00e9alisent ensemble plus de\u00a030% de la production mondiale de bl\u00e9. Il s\u2019agit principalement de pays arabes et du Maghreb. L\u2019Egypte d\u00e9pend ainsi \u00e0 80% d\u2019exportations venues de ces deux pays, la Libye 75%. Plus largement, l\u2019Afrique d\u00e9pend \u00e0 44% de ces exportations.<\/p>\n<p><strong>Une crise aux causes multiples<\/strong><\/p>\n<p>En mars la tonne de bl\u00e9 d\u00e9passait les 400 euros sous l\u2019effet de l\u2019offensive russe en Ukraine. Elle se situe d\u00e9sormais \u00e0 364 euros, contre 207 l\u2019an dernier \u2013 un prix d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9 du fait des ralentissements du commerce mondial induit par le Covid. La fermeture des fronti\u00e8res avait alors d\u00e9sorganis\u00e9 les march\u00e9s agricoles et il \u00e9tait devenu plus difficile d\u2019acheminer les productions vers les lieux de consommation. La guerre n\u2019a rien arrang\u00e9.<\/p>\n<p>\u201cLa faim dans le monde risque de s\u2019aggraver de fa\u00e7on spectaculaire\u201d\u00a0pr\u00e9vient\u00a0Andriy Dykun, pr\u00e9sident du Conseil agricole ukrainien. Mais si\u00a0 la guerre en Ukraine perturbe la cha\u00eene d\u2019approvisionnement, elle n\u2019explique pas \u00e0 elle seule la flamb\u00e9e des prix. S\u2019y ajoute bien s\u00fbr la pand\u00e9mie, mais aussi l\u2019inflation, qui influe sur le pouvoir d\u2019achat et le d\u00e9r\u00e8glement climatique, qui menace les r\u00e9coltes via notamment l\u2019augmentation des ph\u00e9nom\u00e8nes extr\u00eames.<\/p>\n<p><strong>\u201cCette fois, la situation est assez exceptionnelle : la guerre \u00e9clate alors m\u00eame que les cours avaient connu un extraordinaire rebond en 2021, apr\u00e8s la pand\u00e9mie. La crise ukrainienne intervient comme une \u00e9tincelle suppl\u00e9mentaire sur un baril pr\u00eat \u00e0 exploser\u201d,\u00a0r\u00e9sume Philippe Chalmin, \u00e9conomiste, professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris Dauphine, pr\u00e9sident du cercle CyclOpe et de l\u2019Observatoire de formation des prix et des marges des produits alimentaires.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le risque d\u2019un effet domino<\/strong><\/p>\n<p>Les prix alimentaires dans le monde ont bondi de pr\u00e8s de\u00a013% en mars, selon la FAO. Une augmentation qui affecte d\u00e9j\u00e0 de nombreux pays, et en particulier les plus pauvres d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9s par la pand\u00e9mie de Covid-19. Le\u00a0Sri Lanka a ainsi annonc\u00e9 \u00eatre dans l\u2019incapacit\u00e9\u00a0de payer<strong>\u00a0<\/strong>sa dette en 2022. Des mouvements de protestation contre la hausse des prix des produits alimentaires se sont par ailleurs d\u00e9clench\u00e9s dans plusieurs pays, comme la Tunisie et l\u2019Egypte ou\u00a0plus de la moiti\u00e9\u00a0du revenu est en moyenne d\u00e9pense pour se nourrir.<\/p>\n<p>166 millions de personnes sont d\u00e9j\u00e0 chroniquement sous-aliment\u00e9es d\u2019apr\u00e8s l\u2019ONU. La hausse des prix alimentaires pourrait alors plonger 10 millions de personnes dans la pauvret\u00e9, a estim\u00e9 mardi la secr\u00e9taire au Tr\u00e9sor am\u00e9ricain Janet Yellen. \u201cDes initiatives sont en cours pour \u00e9viter que la sp\u00e9culation et les famines ne d\u00e9stabilisent des soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9pendantes des c\u00e9r\u00e9ales russes et ukrainiennes qui pourraient \u00eatre amen\u00e9es \u00e0 manquer cette ann\u00e9e, mais surtout dans un an ou deux\u201d\u00a0pr\u00e9cise\u00a0le geopolitologue\u00a0 Pierre Haski.<\/p>\n<p>Mais devant cette crise en puissance, certains pays ont pris des mesures de protection, contribuant \u00e0 leur tour \u00e0 cette hausse. La Chine a ainsi embo\u00eet\u00e9 le pas \u00e0 Moscou et a cess\u00e9 ses exportations \u00e0 son tour pour s\u00e9curiser son propre approvisionnement. Si P\u00e9kin n\u2019est absolument pas d\u00e9pendante de ces deux pays, les fortes intemp\u00e9ries qui ont touch\u00e9 le pays l\u2019an dernier ont en effet largement r\u00e9duit la production de bl\u00e9 d\u2019hiver, sem\u00e9 \u00e0 partir de la mi-septembre et r\u00e9colt\u00e9 \u00e0 partir de la mi-mai.<\/p>\n<p>La Chine, qui a doubl\u00e9 ses achats de c\u00e9r\u00e9ales, est devenue le premier importateur mondial \u2013 un approvisionnement qui vient principalement d\u2019Europe et d\u2019Am\u00e9rique. Une hausse que Philippe Chalmin explique par une autre crise : <strong>\u201cEn 2019, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 du cheptel porcin chinois avait d\u00fb \u00eatre \u00e9limin\u00e9, touch\u00e9 par la peste africaine. L\u2019empire du Milieu a ensuite relanc\u00e9 la production et profit\u00e9 de la reconstitution de son cheptel pour revoir son mod\u00e8le d\u2019\u00e9levage avec des structures beaucoup plus intensives.\u201d<\/strong> Structures de production qui impliquent des besoins accrus en bl\u00e9 et contribuent \u00e0 leur tour \u00e0 la crise.<\/p>\n<p>Lire l&rsquo;article original sur le site de <a href=\"https:\/\/www.revue-internationale.com\/2022\/04\/sachemine-t-on-vers-une-crise-alimentaire-mondiale\/\">La Revue Internationale<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>25.04.2022\u00a0par\u00a0Christophe Nourissier L\u2019arr\u00eat des exportations en raison de l\u2019invasion de l\u2019Ukraine par la Russie risque de faire basculer le monde dans une crise alimentaire D\u00e8s le d\u00e9but du xviii\u00a0e\u00a0si\u00e8cle, l\u2019Ukraine<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":13656,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[23],"tags":[153],"class_list":["post-15257","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news-room","tag-153"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15257","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15257"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15257\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13656"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15257"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15257"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15257"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}