{"id":15389,"date":"2022-06-01T10:55:43","date_gmt":"2022-06-01T09:55:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/?p=15389"},"modified":"2022-06-01T10:55:43","modified_gmt":"2022-06-01T09:55:43","slug":"climat-il-faut-mettre-en-exergue-la-specificite-de-lafrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/climat-il-faut-mettre-en-exergue-la-specificite-de-lafrique\/","title":{"rendered":"Climat : \u00ab Il faut mettre en exergue la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019Afrique \u00bb"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"Description H2\">ENTRETIEN. L\u2019Afrique est d\u00e9j\u00e0 dans les starting-blocks pour la COP27 pr\u00e9vue en \u00c9gypte. Directrice ex\u00e9cutive de la Fondation Mo Ibrahim, Nathalie Delapalme explique comment.<\/h2>\n<p><span class=\"dflt-txt__lettrine\">L&rsquo;<\/span><a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/afrique\">Afrique<\/a>\u00a0est d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 prendre \u00e0 bras-le-corps la question du climat et veut clairement se faire entendre. La preuve\u00a0: \u00e0 six mois de la COP27, qui se tiendra en\u00a0<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/egypte\">\u00c9gypte<\/a>, la Fondation Mo Ibrahim (MIF) a organis\u00e9 \u00e0 Londres, et en ligne, un forum sur le climat.\u00a0Intitul\u00e9 \u00ab\u00a0En route vers la COP27\u00a0: faire valoir l&rsquo;Afrique dans le d\u00e9bat sur le climat\u00a0\u00bb, le Forum, qui a dur\u00e9 du\u00a025 au 27\u00a0mai, a explor\u00e9\u00a0les d\u00e9fis et les les opportunit\u00e9s uniques que la crise climatique engendre\u00a0sur le continent. Les discussions se sont appuy\u00e9es\u00a0sur\u00a0<em>Forum\u00a02022\u00a0\u2013 Faits et chiffres<\/em>, document de la Fondation publi\u00e9 avant l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Nathalie Delapalme, directrice ex\u00e9cutive de la Fondation Mo Ibrahim, s&rsquo;est confi\u00e9e au Point Afrique sur\u00a0la mani\u00e8re dont le continent entend s&rsquo;y prendre pour mettre en exergue ses sp\u00e9cificit\u00e9s et les faire prendre en compte.<\/p>\n<p><strong class=\"glbl-red\">Le Point Afrique\u00a0:\u00a0<\/strong><strong>Comment s&rsquo;est impos\u00e9 le sujet du climat et de la COP27 pour la Fondation Mo Ibrahim\u00a0? Quels sont les principaux enseignements que vous tirez du document de recherche publi\u00e9 par la Fondation, \u00e0 savoir<em>\u00a0Forum Facts\u00a0&amp;\u00a0Figures\u00a02022<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p><strong class=\"glbl-red\">Nathalie Delapalme\u00a0:<\/strong>\u00a0La Fondation Mo\u00a0<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/eddin-saad-ibrahim\">Ibrahim se<\/a>\u00a0concentre sur les d\u00e9fis majeurs du continent, dont la crise climatique qui l&rsquo;impacte durement. Ce forum et les discussions qu&rsquo;il a engendr\u00e9es se sont r\u00e9alis\u00e9s dans le cadre du d\u00e9bat global sur le climat o\u00f9 l&rsquo;absence de d\u00e9cisions ad\u00e9quates d\u00e9multiplie cet impact n\u00e9gatif avec\u00a0des risques majeurs induits en termes de d\u00e9veloppement et d&rsquo;instabilit\u00e9. C&rsquo;est pourquoi il nous est apparu important, six mois avant la COP27 qui se tiendra \u00e0 Charm el-Cheikh en \u00c9gypte, de mettre en exergue la sp\u00e9cificit\u00e9 de l&rsquo;Afrique au sein de ce d\u00e9bat global. Trois points essentiels ont \u00e9t\u00e9 retenus, qui structurent le rapport et les discussions pour ce Forum.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0L<a class=\"Link\" title=\"\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/contre-le-changement-climatique-l-afrique-de-l-ouest-lance-sa-strategie-03-05-2022-2474069_3826.php\">e premier concerne la vuln\u00e9rabilit\u00e9 particuli\u00e8re du continent avec l&rsquo;apparition d&rsquo;un cercle vicieux crise climatique<\/a>, fragilit\u00e9 de d\u00e9veloppement, qui engendre instabilit\u00e9s et tensions accrues.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0Le deuxi\u00e8me point concerne la protection du climat et l&rsquo;acc\u00e8s pour tous \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie afin que les d\u00e9cisions prises pour sauver le climat ne mettent pas en p\u00e9ril le d\u00e9veloppement de millions d&rsquo;individus.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0Et le troisi\u00e8me point porte sur la richesse du continent en termes de ressources naturelles et mini\u00e8res susceptibles d&rsquo;en faire un acteur de premier rang dans le d\u00e9veloppement d&rsquo;une \u00e9conomie bas carbone sous r\u00e9serve de certaines conditions. Cela explique pourquoi nous avons choisi ce th\u00e8me et que nous le traitons maintenant.<\/p>\n<p><strong>Six mois avant la COP27 en \u00c9gypte, l&rsquo;Afrique peut-elle d\u00e9fendre une position commune et ses sp\u00e9cificit\u00e9s pour peser dans le d\u00e9bat mondial sur le changement climatique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est absolument essentiel. Ce rapport et ce forum, mais aussi les discussions et les travaux qui vont se poursuivre jusqu&rsquo;\u00e0 la COP27, ont pour objectif d&rsquo;\u00e9tayer le dossier d\u00e9fendu par le continent. C&rsquo;est aussi la volont\u00e9 politique exprim\u00e9e avec force par le pr\u00e9sident en exercice de l&rsquo;Union africaine,\u00a0<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/macky-sall\">Macky Sall<\/a>, pr\u00e9sident du\u00a0<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/senegal\">S\u00e9n\u00e9gal<\/a>, lors de l&rsquo;entretien qu&rsquo;il a eu, pendant le forum, avec Mo Ibrahim, pr\u00e9sident de la Fondation \u00e9ponyme.<\/p>\n<p>\u00c0 la question de savoir quels sont les\u00a0attentes et les\u00a0objectifs pour la COP27, Macky Sall a r\u00e9pondu qu&rsquo;il souhaitait avoir un vrai d\u00e9bat sur la transition \u00e9nerg\u00e9tique, un d\u00e9bat qui permette d&rsquo;avoir une transition juste et \u00e9quitable, et de faire en sorte que l&rsquo;Afrique puisse utiliser son propre gaz au\u00a0b\u00e9n\u00e9fice\u00a0d&rsquo;abord de sa population. Il a \u00e9galement insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en \u0153uvre les accords de Paris sur le principe du pollueur-payeur et\u00a0<a class=\"Link\" title=\"\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/fonds-vert-pour-le-climat-enfin-plus-utile-a-l-afrique-27-11-2019-2349831_3826.php\">d&rsquo;alimenter le Fonds d&rsquo;adaptation climat afin que les \u00c9tats africains puissent acc\u00e9l\u00e9rer la mise en \u0153uvre des \u00e9nergies renouvelables<\/a>. J&rsquo;ajoute un point sur la d\u00e9sertification. Ce sujet a \u00e9t\u00e9 largement abord\u00e9 lors de la COP15 (contre la d\u00e9sertification) qui vient de se terminer \u00e0 Abidjan, parce que conjuguer l&rsquo;impact d\u00e9sastreux apr\u00e8s deux ans de Covid, et maintenant celui de la crise ukrainienne, nous am\u00e8ne au bord d&rsquo;une famine extr\u00eamement grave.<\/p>\n<section class=\"mbl txtcenter\">\n<div id=\"IN_CONTENT_SCROLL_3\" class=\"txtcenter mbs slotpub\" data-google-query-id=\"CPCg1qD9i_gCFQGYhQod8Y8Jog\">\n<p><strong>Comment parvenir \u00e0 faire \u00e9merger cette position commune pour l&rsquo;Afrique, continent de\u00a054\u00a0pays et dont les enjeux aussi bien climatiques que de d\u00e9veloppement peuvent sembler \u00e9loign\u00e9s\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 africain, la volont\u00e9 de faire \u00e9merger une position commune est bien l\u00e0. Et d&rsquo;autant plus que la crise du Covid a donn\u00e9 l&rsquo;opportunit\u00e9 de constater \u00e0 quel point lorsque les pays africains ont une position politique commune, exprim\u00e9e par l&rsquo;Union africaine, cela marchait bien. Dans le fond, la responsabilit\u00e9 et la solution sont\u00a0en face. Les choses seraient beaucoup plus faciles si le continent africain, via l&rsquo;Union africaine, disposait d&rsquo;une repr\u00e9sentation sp\u00e9cifique au sein de toutes les grandes institutions de la communaut\u00e9 dite internationale\u00a0: aux Nations unies, institutions de Bretton Woods, G7 et G20\u2026 Cette id\u00e9e circule beaucoup, et nous l&rsquo;appuyons totalement. Ce sujet a \u00e9t\u00e9 longuement \u00e9voqu\u00e9 par Macky Sall. Il s&rsquo;agit d&rsquo;int\u00e9grer l&rsquo;Union africaine comme membre suppl\u00e9mentaire \u00e0 part enti\u00e8re du G20 et pas seulement invit\u00e9, au coup par coup, selon les pays h\u00f4tes.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les enjeux qui p\u00e8sent dans la balance justice climatique et acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie. La position sur l&rsquo;utilisation du gaz naturel par l&rsquo;Afrique pourrait avoir d&rsquo;autant plus d&rsquo;\u00e9cho\u00a0que les pays d\u00e9velopp\u00e9s, et en particulier l&rsquo;Europe, cherchent \u00e0 diversifier leur\u00a0achat\u00a0de gaz.<\/strong><\/p>\n<p>Cela apporte de l&rsquo;eau au moulin de l&rsquo;Afrique et de sa volont\u00e9 de disposer de son propre gaz.\u00a0<a class=\"Link\" title=\"\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/guerre-ukraine-russie-comment-l-afrique-va-etre-impactee-27-02-2022-2466387_3826.php\">La n\u00e9cessit\u00e9 pour l&rsquo;UE de diversifier son approvisionnement en gaz<\/a>\u00a0et sa volont\u00e9 de ne plus d\u00e9pendre du gaz russe redonne de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat au gaz africain. Or, la d\u00e9cision prise lors de la pr\u00e9c\u00e9dente COP \u00e0 Glasgow d&rsquo;arr\u00eater compl\u00e8tement le financement d&rsquo;\u00e9nergie fossile a un effet d\u00e9sastreux.<\/p>\n<p>Sur le continent africain, 600\u00a0millions de personnes n&rsquo;ont pas acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Cela repr\u00e9sente deux fois la population des \u00c9tats-Unis et 1,3 fois la population europ\u00e9enne. C&rsquo;est absolument consid\u00e9rable\u00a0! En plus de cela, plus de 930\u00a0millions de personnes n&rsquo;ont pas acc\u00e8s \u00e0 des sources propres de combustibles pour faire la cuisine (\u00e9lectricit\u00e9 ou gaz) avec un impact consid\u00e9rable sur la sant\u00e9 des femmes et des enfants.\u00a0<a class=\"Link\" title=\"\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/l-afrique-du-sud-dans-la-tourmente-energetique-21-01-2021-2410628_3826.php\">Il y a vraiment un sujet d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie qu&rsquo;il faut traiter, sauf \u00e0 vouloir sacrifier d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment le d\u00e9veloppement imm\u00e9diat et la sant\u00e9 de plusieurs millions de personnes<\/a>. Le gaz, de ce point de vue, est indispensable.<\/p>\n<p>On ne peut pas compter uniquement sur les \u00e9nergies renouvelables pour fournir de l&rsquo;\u00e9nergie au continent\u00a0africain, tout du moins dans l&rsquo;imm\u00e9diat. Le potentiel est consid\u00e9rable\u00a0: solaire, \u00e9olien, hydraulique. D\u00e9j\u00e0, pour\u00a022\u00a0pays africains, les \u00e9nergies renouvelables sont la source majeure d&rsquo;\u00e9nergie, plus que le bois, le p\u00e9trole et le charbon. Cependant, en l&rsquo;\u00e9tat actuel, tout en acc\u00e9l\u00e9rant l&rsquo;adoption des \u00e9nergies propres, il faut trouver une solution afin de permettre \u00e0 l&rsquo;Afrique de disposer de son potentiel gazier pour r\u00e9soudre cette question imm\u00e9diate d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Le gaz est de loin, de toutes les \u00e9nergies fossiles, le combustible le moins polluant et\u00a018\u00a0pays africains en produisent. Bien s\u00fbr, il faut traiter un certain nombre de sujets importants comme la disparition dans les meilleurs d\u00e9lais du gaz vent\u00e9 et torch\u00e9, r\u00e9pondre aux questions du transport, du stockage et de la distribution au consommateur final, ce qui implique des investissements qui doivent \u00eatre pris en compte dans ce d\u00e9bat global sur le climat. Aujourd&rsquo;hui, ce sont 600\u00a0millions d&rsquo;Africains sans acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie, mais, lorsque vous regardez les tendances d\u00e9mographiques du continent, ce chiffre ne va faire qu&rsquo;augmenter.<\/p>\n<p>Dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s dont la croissance d\u00e9mographique ne progresse pas, il est plus facile de parler de d\u00e9croissance \u00e9nerg\u00e9tique, de stabilisation de la consommation \u00e9nerg\u00e9tique. Sur un continent o\u00f9\u00a0la croissance d\u00e9mographique continue d&rsquo;exploser et o\u00f9\u00a0le d\u00e9veloppement\u00a0n&rsquo;est pas encore achev\u00e9, l&rsquo;approche ne peut pas \u00eatre la m\u00eame. C&rsquo;est cela qu&rsquo;il faut arriver \u00e0 consid\u00e9rer dans des d\u00e9bats globaux comme celui sur le climat.<\/p>\n<p>C&rsquo;est tout l&rsquo;objet de ce rapport et du d\u00e9bat que nous avons actuellement. Il s&rsquo;agit de mettre en exergue cette sp\u00e9cificit\u00e9 du continent africain et d&rsquo;arriver avec un dossier \u00e0 la fois complet et convaincant.<\/p>\n<p><strong>Comment rompre la mal\u00e9diction des ressources naturelles pour l&rsquo;Afrique ainsi qu&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9veloppement durable sur le continent et la transition vers une \u00e9conomie mondiale verte et durable\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est un sujet extr\u00eamement important. Le continent\u00a0dispose d&rsquo;une extr\u00eame richesse en termes de diversit\u00e9 et de minerais. C&rsquo;est important\u00a0\u00e0 la fois pour le patrimoine de la plan\u00e8te et la mise en place d&rsquo;une \u00e9conomie \u00e0 bas carbone. L&rsquo;Afrique d\u00e9tient la moiti\u00e9 des r\u00e9serves de cobalt indispensables pour la fabrication de batteries, mais aussi de la bauxite, du graphique, du mangan\u00e8se, du chrome, du cuivre, du lithium\u2026 Tous, sans exception, sont des composants indispensables pour d\u00e9velopper les \u00e9nergies vertes et une \u00e9conomie bas carbone. Les perspectives anticipent une hausse de la demande de ces min\u00e9raux de 500\u00a0% dans les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, il faut parvenir \u00e0 \u00e9viter cette mal\u00e9diction des ressources naturelles qui a frapp\u00e9 notamment les pays africains producteurs de p\u00e9trole et de diamant. Trois causes principales ont \u00e9t\u00e9 mises en avant\u00a0: une mono-d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;exploitation et l&rsquo;exportation au d\u00e9triment du d\u00e9veloppement d&rsquo;autres ressources, le fait que le mod\u00e8le a conduit \u00e0 exporter des ressources non transform\u00e9es, sans cr\u00e9ation d&#8217;emplois et de valeurs locales, et enfin, un manque de transparence absolue, un syst\u00e8me de vacance fiscale qui n&rsquo;a pas aliment\u00e9 les budgets des \u00c9tats concern\u00e9s et la corruption. Cette exploitation des ressources s&rsquo;est faite sans retour positif pour les populations des pays concern\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>N&rsquo;avez-vous pas des craintes du fait que les pays qui d\u00e9tiennent le plus de ressources mini\u00e8res ont aussi les plus mauvais scores de gouvernance, selon les analyses de la Fondation Mo Ibrahim\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, c&rsquo;est un sujet majeur. Il est indispensable de renforcer les cadres de gouvernance, de se pencher sur la question de la transparence des contrats, de renforcer les capacit\u00e9s humaines et l&rsquo;expertise. L&rsquo;id\u00e9e est aussi d&rsquo;aller au-del\u00e0 de la seule exportation de ressources brutes et de mettre en place des capacit\u00e9s de transformation locales de mani\u00e8re \u00e0 fournir des emplois locaux. Et \u00e0 travers l&rsquo;expertise, je parle aussi des probl\u00e9matiques de conservation des ressources,\u00a0<a class=\"Link\" title=\"\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/climat-seyni-nafo-pour-l-afrique-le-climat-est-une-question-de-developpement-11-12-2017-2178743_3826.php\">pour que ces ressources consid\u00e9rables profitent durablement aux pays africains et aux populations concern\u00e9es<\/a>, mais aussi \u00e0 la plan\u00e8te.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous en t\u00eate des exemples porteurs d&rsquo;espoirs\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Si on prend l&rsquo;exemple de la biodiversit\u00e9, le Rwanda et l&rsquo;Ouganda ont r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9velopper un tourisme vert, notamment autour de la protection des gorilles, ce que le Gabon est aussi en train de mettre en \u0153uvre. Incontestablement, de bonnes pratiques se mettent en place.\u00a0Beaucoup d&rsquo;exemples existent d\u00e9j\u00e0 en mati\u00e8re de protection de la biodiversit\u00e9 et de l&rsquo;environnement\u00a0: Rwanda, Ouganda, Congo-Brazza, Gabon.\u00a0Le projet phare de la Grande Muraille verte, qui dispose d\u00e9j\u00e0 de nombreux appuis, est essentiel. Nous esp\u00e9rons encore une fois que ce Forum, six mois avant la COP27, permettra de\u00a0mettre en exergue la position tr\u00e8s sp\u00e9cifique de l&rsquo;Afrique dans le d\u00e9bat global sur le climat. De fait, lors de la s\u00e9ance de cl\u00f4ture, Mo Ibrahim a \u00ab\u00a0transmis\u00a0\u00bb les principales conclusions de ce Forum \u00e0 Yasmine Fouad, ministre en charge de la COP27 pour la R\u00e9publique arabe d&rsquo;\u00c9gypte. La route est longue, mais le temps est court.<\/p>\n<p>Lire l&rsquo;article sur le site Le Point Afrique<\/p>\n<p>https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/climat-il-faut-mettre-en-exergue-la-specificite-de-l-afrique-30-05-2022-2477586_3826.php<\/p>\n<\/div>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ENTRETIEN. L\u2019Afrique est d\u00e9j\u00e0 dans les starting-blocks pour la COP27 pr\u00e9vue en \u00c9gypte. Directrice ex\u00e9cutive de la Fondation Mo Ibrahim, Nathalie Delapalme explique comment. L&rsquo;Afrique\u00a0est d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 prendre \u00e0 bras-le-corps<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":15391,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[23],"tags":[153],"class_list":["post-15389","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news-room","tag-153"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15389","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15389"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15389\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15391"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15389"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15389"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15389"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}