{"id":2225,"date":"2014-07-29T09:20:03","date_gmt":"2014-07-29T08:20:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.worldpolicyconference.com\/?p=2225"},"modified":"2015-02-19T15:26:53","modified_gmt":"2015-02-19T14:26:53","slug":"2009-themes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.worldpolicyconference.com\/fr\/2009-themes\/","title":{"rendered":"Th\u00e8mes 2009"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<h2>I. La gouvernance politique<\/h2>\n<p>La mondialisation a multipli\u00e9 les unit\u00e9s politiques ayant prise sur le syst\u00e8me international, et pouvant l&rsquo;affecter plus ou moins gravement. Comment assurer la coexistence entre ces unit\u00e9s politiques, comment rendre leurs conflits g\u00e9rables de fa\u00e7on pacifique et compatibles avec la stabilit\u00e9 globale du syst\u00e8me ? Deux d\u00e9cennies apr\u00e8s la fin de la guerre froide, l&rsquo;\u00e9mergence progressive d&rsquo;un nouveau monde multipolaire, h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne et global sugg\u00e8re d&rsquo;abord d&rsquo;\u00e9valuer la pertinence des institutions existantes, aux niveaux mondial et r\u00e9gional. Quel bilan dresser des mutations de l&rsquo;Onu, et quelles r\u00e9formes sont n\u00e9cessaires pour d\u00e9passer les actuels blocages \u2013 y compris le blocage sur la r\u00e9forme elle-m\u00eame ? Quelle est l&rsquo;efficacit\u00e9 pr\u00e9sente des syst\u00e8mes r\u00e9gionaux de s\u00e9curit\u00e9 \u2013 dont on attendait tant au d\u00e9but des ann\u00e9es 90 -, ou des regroupements r\u00e9gionaux de d\u00e9fense ? Les exemples europ\u00e9ens (OSCE, Alliance atlantique, UE\u2026), africains (r\u00e9forme de l&rsquo;UA, initiatives des regroupements sous-r\u00e9gionaux), ou asiatiques (Asean, tentatives de mise sur pied de nouveaux forums de s\u00e9curit\u00e9) fournissent \u00e0 cet \u00e9gard les premi\u00e8res le\u00e7ons \u00e0 tirer.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement aux institutions, dans leur triple r\u00f4le de forums, de producteurs de normes, et de r\u00e9gulateurs des crises, d&rsquo;autres processus jouent un r\u00f4le important pour la r\u00e9solution de probl\u00e8mes aujourd&rsquo;hui centraux : particuli\u00e8rement la prolif\u00e9ration des armements, et le d\u00e9sarmement. Les crises cor\u00e9enne et iranienne \u2013 apr\u00e8s les exemples irakien ou libyen\u2026 &#8211; confrontent manifestement les dispositifs anti-prolif\u00e9ration, institutionnels ou non (Trait\u00e9 sur la non-prolif\u00e9ration des armes nucl\u00e9aires (TNP), Agence Internationale de l&rsquo;Energie Atomique (AIEA), Initiative de s\u00e9curit\u00e9 contre la prolif\u00e9ration (PSI)\u2026), \u00e0 leurs limites. De m\u00eame la reprise, apr\u00e8s un long gel, des n\u00e9gociations de d\u00e9sarmement entre Washington et Moscou n&rsquo;\u00e9puise pas le probl\u00e8me : quelle place auront demain les armes nucl\u00e9aires dans les \u00e9quilibres globaux \u2013 sur quelle vision du monde devra donc s&rsquo;appuyer un TNP r\u00e9nov\u00e9 ? -, et quels processus doivent \u00eatre mis en place pour traiter de mani\u00e8re efficace des autres types d&rsquo;armes (armes conventionnelles en g\u00e9n\u00e9ral, ou les si meurtri\u00e8res armes de petit calibre) ?<br \/>\nAu-del\u00e0 des institutions et des processus \u00e0 conforter ou d\u00e9velopper, il s&rsquo;agit aussi d&rsquo;int\u00e9grer, comme \u00e9l\u00e9ments d\u00e9terminants de la gouvernance mondiale, les outils h\u00e9rit\u00e9s des r\u00e9flexions et exp\u00e9rimentations des derni\u00e8res d\u00e9cennies. On pensera ici aux mesures de cr\u00e9ation de la confiance, d\u00e9sormais pr\u00e9sentes universellement : leur enracinement, leur d\u00e9veloppement sont essentiels, en particulier pour une gestion pr\u00e9ventive des conflits. Quant aux m\u00e9thodes de gestion des crises, avec l&rsquo;apport des cultures strat\u00e9giques et des exp\u00e9riences de tous les acteurs qui ont eu \u00e0 en conna\u00eetre depuis vingt ans, elles constituent un champ prometteur d&rsquo;\u00e9tude et de coop\u00e9ration entre les \u00c9tats.<\/p>\n<p>L&rsquo;ensemble de ces moyens, institutionnels, politiques et conceptuels devront se combiner dans une gouvernance globale du syst\u00e8me international pour organiser la co-existence \u00e0 la fois conflictuelle et pacifique \u00e0 laquelle aspire la soci\u00e9t\u00e9 des \u00c9tats.<\/p>\n<p>Le sujet sera trait\u00e9 au cours de deux sessions :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>L&rsquo;architecture de la gouvernance politique<\/strong><\/li>\n<li><strong>La s\u00e9curit\u00e9<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<h2>II. La gouvernance \u00e9conomique et financi\u00e8re<\/h2>\n<p>La crise \u00e9conomique et financi\u00e8re a mis fin aux espoirs d&rsquo;une mondialisation tranquille, propageant paisiblement le march\u00e9 et la d\u00e9mocratie. Face \u00e0 la crise, par n\u00e9cessit\u00e9, les gouvernements sont en premi\u00e8re ligne. Les \u00c9tats sont massivement de retour. Dans un monde o\u00f9 plusieurs formes de capitalismes semblent en concurrence, les valeurs, les int\u00e9r\u00eats occidentaux sont remis en cause. Aujourd&rsquo;hui, la mondialisation para\u00eet clairement plus fragile qu&rsquo;on ne le pensait. Et pourtant, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;alternative envisageable : l&rsquo;\u00e9chec de la mondialisation serait le pire des sc\u00e9narios. Les d\u00e9fis auxquels l&rsquo;\u00e9conomie mondiale fait face sont immenses : mont\u00e9e du ch\u00f4mage, incertitudes financi\u00e8res, raret\u00e9 des ressources, tout cela rend l&rsquo;avenir opaque, place les d\u00e9cisions des entreprises dans un contexte plus incertain et plus risqu\u00e9 et fait obstacle aux projets de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;\u00e9conomie mondiale a besoin d&rsquo;une r\u00e9gulation d&rsquo;ensemble. Face \u00e0 ces d\u00e9fis, la gouvernance du syst\u00e8me international a vieilli. Nous h\u00e9ritons d&rsquo;institutions qui refl\u00e8tent les r\u00e9alit\u00e9s de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, de la d\u00e9colonisation et de la guerre froide. Elles sont mal adapt\u00e9es \u00e0 un monde marqu\u00e9 par l&rsquo;\u00e9mergence de puissances nouvelles. La r\u00e9union des chefs d&rsquo;\u00c9tat au format G20 est une initiative porteuse d&rsquo;avenir. En abordant la r\u00e9gulation de la finance, elle n&rsquo;a encore fait que le premier pas. Ce sont les suivants qu&rsquo;il faut maintenant imaginer et mettre en application.<\/p>\n<ul>\n<li>\u2022 La mondialisation a-t-elle atteint son pic ?<\/li>\n<li>\u2022 Quelles sont les bonnes politiques budg\u00e9taires et mon\u00e9taires ? Une coop\u00e9ration internationale plus active est-elle n\u00e9cessaire ?<\/li>\n<li>\u2022 Quelle \u00ab strat\u00e9gie de sortie \u00bb pr\u00e9parer et comment ?<\/li>\n<li>\u2022 Jusqu&rsquo;o\u00f9 peut et doit aller la coordination des nouvelles r\u00e9gulations financi\u00e8res ?<\/li>\n<li>\u2022 Comment assurer un meilleur ajustement entre \u00e9pargne et financement \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale ? Comment assurer une \u00e9volution harmonieuse des balances de paiements ?<\/li>\n<li>\u2022 Quelles initiatives prendre pour repousser les tentations protectionnistes et stimuler le commerce mondial ?<\/li>\n<li>\u2022 Quelles cons\u00e9quences peut avoir la remise en cause du \u00ab capitalisme financier anglo-saxon \u00bb ?<\/li>\n<li>\u2022 Quelles sont les cons\u00e9quences politiques des incertitudes \u00e9conomiques et sociales ? Comment faire face aux risques de nationalisme \u00e9conomique ?<\/li>\n<li>\u2022 Prolongeant les initiatives du G20, faut-il de nouvelles formes de gouvernance mondiale dans les domaines \u00e9conomique et financier ?<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le sujet sera trait\u00e9 au cours de trois sessions :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>La gouvernance macro\u00e9conomique\u00a0<\/strong>: efficacit\u00e9 des politiques budg\u00e9taires, politiques mon\u00e9taires non conventionnelles ; strat\u00e9gies de sortie ; commerce mondial, nationalisme \u00e9conomique ; avenir des pays pauvres ; mouvements de capitaux et taux de change ; syst\u00e8me mon\u00e9taire international ; gouvernance (G20, FMI&#8230;)<\/li>\n<li><strong>Les r\u00e9gulations \u00e9conomiques et financi\u00e8res\u00a0<\/strong>: supervision bancaire, infrastructures de la mondialisation (normes comptables, agences de notation&#8230;) ; nouveau business model pour les banques ; circulation mondiale de l&rsquo;\u00e9pargne ; transfert d&rsquo;argent (remittances) ; accord sur les investissements ; gouvernance (G20, Financial Stability Board&#8230;)<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;avenir du capitalisme\u00a0<\/strong>: remise en cause du \u00ab\u00a0mod\u00e8le anglo-saxon\u00a0\u00bb ; diversit\u00e9 des \u00ab\u00a0mod\u00e8les\u00a0\u00bb ; cr\u00e9ation et r\u00e9partition de la richesse ; actionnaires (shareholders) et \u00ab parties prenantes \u00bb (stakeholders) ; menaces sur les classes moyennes ; aversion au risque et demande de protection ; \u00ab\u00a0esprits animaux\u00a0\u00bb et intervention de l&rsquo;\u00c9tat ; quelle coop\u00e9ration internationale pour cette nouvelle \u00e9tape de la mondialisation ?<\/li>\n<\/ol>\n<h2>III. Le droit international<\/h2>\n<p>Pour certains, la notion de gouvernance est \u00e9trang\u00e8re au droit international, voire au droit. Elle d\u00e9signe des processus d&rsquo;articulation et de d\u00e9cision entre des instances diff\u00e9rentes, de statuts vari\u00e9s, qui coop\u00e8rent afin de r\u00e9soudre des probl\u00e8mes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat commun. G 7, G 8, G 20, forums empiriquement mais r\u00e9guli\u00e8rement constitu\u00e9s, r\u00e9pondent en partie \u00e0 cette demande. Mais elle demeure davantage un d\u00e9sir et un besoin qu&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9. Quel r\u00f4le pourrait y jouer le droit international ? Il lui faut pour cela r\u00e9pondre \u00e0 la double dimension de la gouvernance. R\u00e9gulatrice, elle pose des normes de comportement durables, afin d&rsquo;assurer la s\u00e9curit\u00e9 des relations entre acteurs, leur confiance mutuelle, la pr\u00e9visibilit\u00e9 de leurs comportements, l&rsquo;efficacit\u00e9 des prescriptions arr\u00eat\u00e9es. D\u00e9cisionnelle, elle doit permettre de s&rsquo;adapter rapidement aux changements, de r\u00e9agir aux situations de crise ou d&rsquo;urgence en \u00e9cartant les r\u00e8gles ordinaires, voire en les modifiant en fonction d&rsquo;un nouveau contexte durable.<\/p>\n<p><strong>Le droit international, instrument de la double dimension de la gouvernance<\/strong><\/p>\n<p>Le droit international r\u00e9git une soci\u00e9t\u00e9 qui repose sur une pluralit\u00e9 d&rsquo;acteurs : les \u00c9tats. Chacun conduit sa politique propre mais tous ont des int\u00e9r\u00eats communs. Leurs relations ne sont pas en th\u00e9orie fond\u00e9es sur un principe hi\u00e9rarchique mais sur une logique horizontale de contrat, et leurs int\u00e9r\u00eats s&rsquo;ajustent par la n\u00e9gociation. Leur d\u00e9sir partag\u00e9 est de conserver leur statut dominant, comme instances l\u00e9gitimes et efficaces de r\u00e9gulation internationale, mais aussi comme acteurs principaux face aux situations de crise qui appellent des d\u00e9cisions rapides et coh\u00e9rentes. Pour y contribuer, le droit international leur offre des techniques vari\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Le droit international, instrument de r\u00e9gulation<\/strong><\/p>\n<p>Dans le domaine des relations pacifiques, celui des \u00e9changes \u00e9conomiques et commerciaux, l&rsquo;OMC est la derni\u00e8re grande organisation internationale constitu\u00e9e, apr\u00e8s la fin de l&rsquo;affrontement Est-Ouest. Organisation aux structures l\u00e9g\u00e8res, aux pouvoirs faibles mais aux ambitions \u00e9lev\u00e9es, elle repose sur deux piliers, l&rsquo;adaptation et l&rsquo;ajustement \u2013 adaptation par des accords qui ouvrent progressivement les march\u00e9s ; ajustement par le r\u00e8glement des diff\u00e9rends commerciaux entre \u00c9tats li\u00e9s \u00e0 ces accords. Comment sortir des blocages actuels ? Quelles le\u00e7ons tirer de la technique originale de r\u00e8glement des diff\u00e9rends pour d&rsquo;autres domaines des relations internationales ?<\/p>\n<p><strong>Le droit international, instrument de gestion des crises<\/strong><\/p>\n<p>Le Conseil de s\u00e9curit\u00e9, qui en est l&rsquo;instrument principal, consacre l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 juridique entre \u00c9tats, repose sur la situation privil\u00e9gi\u00e9e des membres permanents, peut prendre des d\u00e9cisions obligatoires pour tous et utiliser la contrainte. Il doit r\u00e9pondre \u00e0 des situations de crise, dans l&rsquo;urgence. Il correspond \u00e0 la dimension d\u00e9cisionnelle de la gouvernance, puisqu&rsquo;il peut \u00e9carter les r\u00e8gles ordinaires pour leur substituer un droit d&rsquo;exception. Il a montr\u00e9 une grande capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation face \u00e0 des crises majeures au cours de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, mais il est souvent critiqu\u00e9 pour l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tablit entre les \u00c9tats comme pour sa composition jug\u00e9e archa\u00efque, voire r\u00e9cus\u00e9 par les \u00c9tats-Unis qui r\u00e9pugnent \u00e0 se soumettre aux contraintes qu&rsquo;il implique. L&rsquo;instrument n&rsquo;est pas toujours suffisamment utilis\u00e9. Comment le renforcer, l&rsquo;adapter, accro\u00eetre son efficacit\u00e9 ? Le r\u00e9former ne conduirait-il pas \u00e0 le d\u00e9truire ?<\/p>\n<p><strong>Techniques juridiques de la gouvernance mondiale<\/strong><\/p>\n<p>Les principes et techniques du droit international sont indispensables \u00e0 une gouvernance mondiale \u00e9quilibr\u00e9e et efficace.<\/p>\n<p>La primaut\u00e9 absolue des \u00c9tats dans la soci\u00e9t\u00e9 internationale, leur souverainet\u00e9 et leur \u00e9galit\u00e9 sont des principes de rationalit\u00e9, de stabilit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9quilibre indispensables \u00e0 une gouvernance efficace. Quelle place pour les acteurs non \u00e9tatiques ? Le multilat\u00e9ralisme classique associe participation universelle et r\u00e9partition des r\u00f4les en fonction de la puissance relative des \u00c9tats. En panne de projet organisateur, il est incapable de d\u00e9finir un int\u00e9r\u00eat commun qui transcenderait les revendications particuli\u00e8res de membres d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Comment contribuer \u00e0 la relance du multilat\u00e9ralisme, clef d&rsquo;une gouvernance mondiale ? Quant \u00e0 l&rsquo;unilat\u00e9ralisme institutionnel, il ne se limite pas au Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Il peut r\u00e9pondre aux situations d&rsquo;urgence comme au besoin de normes universelles, dans le domaine de la sant\u00e9 publique notamment. Comment le rendre l\u00e9gitime et efficace ?<\/p>\n<p>Le soft law, ou instruments concert\u00e9s non conventionnels, non juridiquement obligatoires mais respect\u00e9s lorsqu&rsquo;ils sont \u00e9quilibr\u00e9s et porteurs de confiance mutuelle, est une technique souple, adapt\u00e9e \u00e0 la gouvernance. En revanche, quel r\u00f4le peuvent remplir les juridictions internationales, qui se multiplient depuis quelques d\u00e9cennies, dans un processus politique et non judiciaire ? Peuvent-elles r\u00e9pondre efficacement \u00e0 des situations de crise ou d&rsquo;urgence ? Peuvent-elles constituer un instrument de r\u00e9gulation autre que marginal ?<\/p>\n<h2>IV. Les mouvements migratoires<\/h2>\n<p>Les migrations internationales sont un enjeu global auquel tous les \u00c9tats sont confront\u00e9s. En quinze ans, les migrations se sont \u00e9tendues \u00e0 toutes les r\u00e9gions de la plan\u00e8te. La population mondiale des migrants a fortement augment\u00e9. Le poids des transferts d&rsquo;argent des migrants est de plus en plus important pour les \u00e9conomies des pays d&rsquo;origine. Des r\u00e9gions de d\u00e9part sont aussi devenues des zones importantes de transit et d&rsquo;arriv\u00e9e. Les migrations ont transform\u00e9 les relations internationales. En m\u00eame temps, le sujet est politiquement tr\u00e8s sensible et m\u00e9diatis\u00e9, ce qui conduit \u00e0 d\u00e9former la vision des v\u00e9ritables enjeux.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, les \u00c9tats h\u00e9sitent. Ils consid\u00e8rent de plus en plus les migrations comme un facteur de croissance \u00e9conomique et de d\u00e9veloppement mondial, mais ils conduisent encore des politiques restrictives, qui se sont d&rsquo;ailleurs montr\u00e9es moins efficaces que pr\u00e9vu. Dans ce contexte, l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une gouvernance mondiale des migrations s&rsquo;est progressivement impos\u00e9e. Il s&rsquo;agirait de r\u00e9concilier les objectifs des politiques migratoires des pays du \u00ab Nord \u00bb, les int\u00e9r\u00eats des march\u00e9s internationaux, le d\u00e9veloppement des pays du \u00ab Sud \u00bb et le respect des droits et de la s\u00e9curit\u00e9 des migrants. Existe-t-il aujourd&rsquo;hui un consensus sur le diagnostic des limites des politiques migratoires nationales ? Une gouvernance mondiale des migrations est-elle souhaitable ? Est-elle possible ? Si tel est le cas, quels peuvent \u00eatre les objectifs et les moyens communs pour y parvenir ? Quel peut \u00eatre le r\u00f4le des acteurs non-\u00e9tatiques, en particulier des entreprises ?<\/p>\n<p>Ces questions sont porteuses de plusieurs d\u00e9fis : comment adapter la souverainet\u00e9 nationale des \u00c9tats au ph\u00e9nom\u00e8ne global des migrations internationales ? Une gouvernance mondiale des migrations ne pourra pas se faire sans les \u00c9tats. Quelles peuvent \u00eatre les moyens institutionnels et politiques appropri\u00e9es pour encadrer les migrations ? Autre question d\u00e9terminante : quel est l&rsquo;impact des migrations sur les rapports Nord \/ Sud ? Les migrations peuvent-elles faire \u00e9merger de nouvelles relations plus \u00e9quilibr\u00e9es et sym\u00e9triques entre les pays de d\u00e9part, de transit et d&rsquo;arriv\u00e9e ? Quels sont les vrais enjeux du lien entre migration et d\u00e9veloppement ? Comment r\u00e9soudre le dilemme de la \u00ab fuite des cerveaux \u00bb ? Comment anticiper l&rsquo;avenir et notamment l&rsquo;impact programm\u00e9 du changement climatique sur les migrations ? Les migrations sont-elles aussi un moyen de r\u00e9gulation des probl\u00e8mes d\u00e9mographiques au \u00ab Nord \u00bb comme au \u00ab Sud \u00bb ? Dernier d\u00e9fi : l&rsquo;\u00e9volution des soci\u00e9t\u00e9s nationales dans un monde de migrations. Une mobilit\u00e9 humaine plus forte ne doit pas s&rsquo;accompagner d&rsquo;une mont\u00e9e des replis identitaires, x\u00e9nophobes et racistes. Comment y parvenir ?<\/p>\n<h2>V. L&rsquo;\u00e9nergie et le climat<\/h2>\n<p>La m\u00eame \u00e9nergie qui nous chauffe, nous \u00e9claire et cuit nos aliments est au c\u0153ur d&rsquo;un des plus grands d\u00e9fis rencontr\u00e9s par l&rsquo;humanit\u00e9. Personne n&rsquo;a jamais contest\u00e9 qu&rsquo;il y a pour chaque homme, chaque femme, chaque enfant sur terre largement assez d&rsquo;\u00e9nergie propre et fiable, mais beaucoup en sont priv\u00e9s. L&rsquo;usage de l&rsquo;\u00e9nergie par l&rsquo;homme a \u00e9volu\u00e9 au cours des mill\u00e9naires mais c&rsquo;est seulement pendant les 150 derni\u00e8res ann\u00e9es que les \u00e9nergies fossiles ont pris une part pr\u00e9pond\u00e9rante dans nos besoins \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Les \u00e9nergies fossiles sont extraites de la terre, quel que soit le lieu o\u00f9 on les trouve. Leur r\u00e9partition est in\u00e9gale dans le monde, cr\u00e9ant des nantis et des d\u00e9munis. Ceci a conduit \u00e0 de la comp\u00e9tition et des conflits entre nations et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des nations.<\/p>\n<p>Les \u00e9nergies fossiles sont extraites de la nature souvent sans tenir compte de l&rsquo;impact sur le bien commun ou les int\u00e9r\u00eats des populations voisines. Le commerce de ces combustibles enrichit les gouvernements et les pays exportateurs, mais selon la qualit\u00e9 de la gouvernance dans ces pays, la richesse g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par les \u00e9nergies fossiles peut \u00eatre source de croissance et d&rsquo;am\u00e9lioration du niveau de vie des populations, ou bien elle peut conduire \u00e0 la corruption, \u00e0 des r\u00e9gimes autocratiques et \u00e0 l&rsquo;exclusion. Beaucoup a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit sur la mal\u00e9diction des ressources et elle a \u00e9t\u00e9 bien \u00e9tudi\u00e9e, mais elle continue de ravager de nombreux pays producteurs.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;avenir, qui commence maintenant, la combustion de grandes quantit\u00e9s d&rsquo;\u00e9nergies fossiles a un impact n\u00e9gatif visible sur le climat mondial et aura des cons\u00e9quences catastrophiques dans les prochaines d\u00e9cennies si nous continuons dans la m\u00eame voie.<\/p>\n<p>Quelles sont les \u00e9nergies du futur et comment allons-nous les d\u00e9ployer suffisamment rapidement pour pr\u00e9venir des cons\u00e9quences in\u00e9luctables ? Quelles vont \u00eatre les \u00e9missions de CO2 en 2050 dans des pays dont les \u00e9missions varient de 44 tonnes \u00e0 0.01 tonnes par habitant ? Comment faire en sorte qu&rsquo;une plus grande partie de la population mondiale dispose d&rsquo;\u00e9nergie propre, s\u00fbre et \u00e0 des prix raisonnables ? Comment, enfin, peut-on am\u00e9liorer la gouvernance mondiale afin de r\u00e9duire les conflits qui trouvent leur origine dans la distribution in\u00e9gale des ressources \u00e9nerg\u00e9tiques ?<\/p>\n<p>Les institutions qui cherchent des r\u00e9ponses \u00e0 ces d\u00e9fis n&rsquo;ont pas vraiment \u00e9volu\u00e9 depuis les ann\u00e9es 60. Elles sont encore essentiellement bimodales, Nord\/Sud, G77\/pays d\u00e9velopp\u00e9s, riches\/pauvres. Elles monopolisent encore les d\u00e9bats et cherchent \u00e0 atteindre des consensus, mais n&rsquo;importe qui peut tout bloquer ou verrouiller. Ce mode de n\u00e9gociations a d\u00e9montr\u00e9 son inefficacit\u00e9 depuis presque 20 ans. Quelle a \u00e9t\u00e9 la derni\u00e8re n\u00e9gociation commerciale multilat\u00e9rale couronn\u00e9e de succ\u00e8s ? La convention sur le droit de la mer qui a n\u00e9cessit\u00e9 14 ans de n\u00e9gociations n&rsquo;est toujours pas ratifi\u00e9e par tous. La charte de l&rsquo;\u00e9nergie attend encore les ratifications des \u00c9tats-Unis et de la Russie. Le protocole de Kyoto est un tabouret \u00e0 deux pieds.<\/p>\n<p>Le r\u00e9dacteur en chef de la revue Foreign Policy, Moises Na\u00efm, a sugg\u00e9r\u00e9 de remplacer multilat\u00e9ralisme par minilat\u00e9ralisme. Est-ce que Kyoto peut r\u00e9ussir \u00e0 Copenhague en d\u00e9cembre prochain avec 180 pays autour de la table ? Ce sont toujours les m\u00eames d\u00e9bats bimodaux qui dominent bien qu&rsquo;ils soient souvent bimodaux par commodit\u00e9 et non par conviction. On assiste \u00e0 du multilat\u00e9ralisme d\u00e9fensif. Doit-on d\u00e9placer ou formuler ces d\u00e9bats dans un forum plus restreint ? Il y a le G8, le G20 et le MEF (Major Economies Forum, qui r\u00e9unit 16 pays). Mais dans tous, les principaux \u00c9tats europ\u00e9ens parlent \u00e0 plusieurs voix quand la Chine et l&rsquo;Inde n&rsquo;expriment qu&rsquo;une voix chacune. Il est possible que le c\u0153ur d&rsquo;une solution effective au changement climatique soit d&rsquo;abord trouv\u00e9 dans une entente bilat\u00e9rale sur des principes g\u00e9n\u00e9raux, entre les \u00c9tats-Unis et la Chine, solution qui pourra \u00eatre \u00e9tendue \u00e0 la Conf\u00e9rence des Parties de l&rsquo;UNFCCC via le MEF ou le G20. L&rsquo;implication de tous doit-elle \u00eatre forc\u00e9ment synonyme de paralysie ?<\/p>\n<p>L&rsquo;Union europ\u00e9enne a une longue pratique de la subsidiarit\u00e9. Cependant, dans le multilat\u00e9ralisme actuel, les pays cherchent \u00e0 d\u00e9finir \u00e0 la fois les principes et les modalit\u00e9s d&rsquo;application d&rsquo;un accord. C&rsquo;est une surcharge pour les chefs d&rsquo;\u00c9tat. Une fois les principes \u00e9tablis, la mise en \u0153uvre et les modalit\u00e9s devraient \u00eatre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es \u00e0 des entit\u00e9s subsidiaires d\u00e9tenant la comp\u00e9tence technique n\u00e9cessaire. Les postures politiques et les discours moralisateurs peuvent \u00eatre maintenus hors de ces discussions subsidiaires.<\/p>\n<p>Les discussions sur la r\u00e9gulation du climat ont commenc\u00e9 \u00e0 prendre forme en 1988. Nous sommes 20 ans plus tard et les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre continuent d&rsquo;augmenter. Il ne nous reste plus que 40 ans d&rsquo;ici 2050, date limite pour stabiliser et diminuer les \u00e9missions de CO2. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre davantage de temps.<\/p>\n<h2>VI. La sant\u00e9 et l&rsquo;environnement<\/h2>\n<p>Sant\u00e9 et Environnement se sont lentement impos\u00e9s comme objets des relations internationales depuis le XIXe si\u00e8cle. Epid\u00e9mies et pollutions ne connaissent pas de fronti\u00e8res : face \u00e0 elles, les collectivit\u00e9s humaines sont donc \u00e9videmment interd\u00e9pendantes. L&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la mondialisation ajoute \u00e0 cette interd\u00e9pendance objective une interd\u00e9pendance m\u00e9diatique, qui m\u00eale et homog\u00e9n\u00e9ise les r\u00e9actions des diff\u00e9rents publics touch\u00e9s par un accident industriel transfrontalier, ou par une \u00e9pid\u00e9mie de grippe. Face \u00e0 cette mondialisation, les r\u00e9ponses politiques aux probl\u00e8mes sanitaires et environnementaux demeurent partielles. De nouvelles institutions, des normes, des outils de financement innovants ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s, mis en \u0153uvre, ou consolid\u00e9s au niveau global, mais l&rsquo;ensemble n&rsquo;\u00e9voque qu&rsquo;un tissu de gouvernance mondiale informe, d&rsquo;apparence d\u00e9cousue et parcellaire. Comment am\u00e9liorer et \u00e9largir ces formes de gouvernance \u00e9mergentes pour les rendre plus aptes \u00e0 r\u00e9pondre aux crises et \u00e0 pr\u00e9venir les risques sanitaires et environnementaux ? A-t-on besoin d&rsquo;un v\u00e9ritable syst\u00e8me de gouvernance, centralis\u00e9 et formel &#8211; par exemple autour d&rsquo;une OMS pour l&rsquo;heure tr\u00e8s d\u00e9centralis\u00e9e &#8211; ou d&rsquo;une \u00ab Organisation Mondiale de l&rsquo;Environnement \u00bb encore \u00e0 na\u00eetre ? Ou peut-on se contenter de renforcer le cadre fluide qui existe aujourd&rsquo;hui, et qui permet d\u00e9j\u00e0 une harmonisation progressive des politiques par la diffusion des id\u00e9es et des analyses d&rsquo;une sph\u00e8re \u00e0 l&rsquo;autre ? Existe-t-il d&rsquo;autres options ?<\/p>\n<p>Ces questions structurelles en appellent d&rsquo;autres, plus pr\u00e9cises et tout aussi essentielles. Comment assurer une meilleure coh\u00e9rence strat\u00e9gique entre les multiples acteurs de la gouvernance globale de la Sant\u00e9 et de l&rsquo;Environnement ? Comment consolider un int\u00e9r\u00eat, une mobilisation, qui peuvent seuls permettre la r\u00e9union de fonds suffisants en p\u00e9riode de crise financi\u00e8re et \u00e9conomique ? Comment prendre en charge des enjeux moins visibles, plus d\u00e9licats, ou plus ambitieux : lutte contre la pollution des Global Commons \u2013 oc\u00e9ans, espace-, lutte contre les maladies non transmissibles, r\u00e9formes structurelles des syst\u00e8mes de sant\u00e9&#8230; ? Comment appr\u00e9hender le r\u00f4le de la science au service de la d\u00e9cision politique, en tenant compte des incertitudes du savoir ? Comment d\u00e9velopper des processus \u00e9quitables autorisant un meilleur acc\u00e8s aux m\u00e9dicaments, \u00e0 l&rsquo;innovation technologique (par exemple les transferts technologiques n\u00e9cessaires \u00e0 la lutte contre le changement climatique) ? Quel \u00e9quilibre \u00e9tablir entre la protection des \u00e9changes et de la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique d&rsquo;une part, et de l&rsquo;autre la protection de la Sant\u00e9 et de l&rsquo;Environnement, notamment eu \u00e9gard aux le\u00e7ons de la nouvelle grippe A\/H1N1 ? Comment s&rsquo;assurer du respect des engagements pris par les acteurs clefs de la gouvernance internationale, comment pallier leurs \u00e9ventuelles d\u00e9faillances ? Faut-il g\u00e9n\u00e9raliser les proc\u00e9dures d&rsquo;\u00e9valuation, d&rsquo;audits ? Adopter une \u00ab responsabilit\u00e9 de prot\u00e9ger \u00bb environnementale et sanitaire ? Toutes ces questions, pour certaines anciennes et pour d&rsquo;autres \u00e9mergentes, doivent \u00eatre prises en compte pour dessiner l&rsquo;avenir, et le d\u00e9veloppement d&rsquo;un nouveau syst\u00e8me &#8211; ou du meilleur syst\u00e8me possible &#8211; de gouvernance internationale pour la Sant\u00e9 et l&rsquo;Environnement.<\/p>\n<h2>VII. L&rsquo;eau, l&rsquo;agriculture et l&rsquo;alimentation<\/h2>\n<p><strong>L&rsquo;eau\u00a0<\/strong><br \/>\nD&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, l&rsquo;eau doit \u00eatre accessible \u00e0 tous les hommes. Il y a bien aujourd&rsquo;hui un \u00ab quasi-droit \u00bb \u00e0 l&rsquo;eau pour tous. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, l&rsquo;eau, ressource fondamentale et longtemps consid\u00e9r\u00e9e comme illimit\u00e9e, devient, du fait de l&rsquo;explosion et de la diversification des demandes, un bien rare ou marchand, soumis aux lois de l&rsquo;\u00e9conomie. Il faut 1 000 litres d&rsquo;eau pour produire un kilo de bl\u00e9, 15 000 litres pour un kilo de viande.<\/p>\n<p>Les probl\u00e8mes d&rsquo;eau sont d&rsquo;abord r\u00e9gionaux : zones industrielles subissant des pollutions massives ; r\u00e9gions d\u00e9sertiques ou semi-d\u00e9sertiques confront\u00e9es \u00e0 une augmentation brutale des consommations (croissance des populations, agriculture, industrialisation, urbanisation\u2026). De plus, dans de nombreuses parties du monde (en particulier, dans le cas o\u00f9 des fleuves traversent plusieurs \u00c9tats), la question de l&rsquo;eau ne peut \u00eatre s\u00e9par\u00e9e du d\u00e9fi plus g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;organisation de la r\u00e9gion : quelle paix, quelle s\u00e9curit\u00e9, quels liens entre les protagonistes ? Exemples : am\u00e9nagement du Danube ; disputes autour du Tigre et de l&rsquo;Euphrate ; Palestine ; Nil partag\u00e9 entre dix \u00c9tats ; fleuves du Sinkiang (Irtysh, Ili)\u2026.<\/p>\n<ul>\n<li>\u2022 Quels dispositifs r\u00e9gionaux permettraient de mieux g\u00e9rer l&rsquo;eau ?<\/li>\n<li>\u2022 Des r\u00e8gles ou institutions plan\u00e9taires sont-elles n\u00e9cessaires dans ce domaine ?<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>L&rsquo;agriculture et l&rsquo;alimentation\u00a0<\/strong><br \/>\nTout comme l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau, une nourriture suffisante (quantit\u00e9) et saine (qualit\u00e9) pour l&rsquo;ensemble de la population fait partie des besoins fondamentaux de toute soci\u00e9t\u00e9 digne de ce nom. Environ un milliard d&rsquo;hommes (1 dollar ou moins par jour) restent sous-aliment\u00e9s. Les couches dites moyennes \u2013 2 \u00e0 13 dollars par jour (en 1990, 1,4 milliard de personnes ; en 2006, 2,6) &#8211; sont tr\u00e8s sensibles aux variations de prix (en 2008, la hausse spectaculaire des prix alimentaires a rappel\u00e9 \u00e0 ces cat\u00e9gories la pr\u00e9carit\u00e9 de leur condition).<\/p>\n<p>L&rsquo;alimentation est per\u00e7ue comme l&rsquo;un des domaines majeurs de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9, le pauvre souffrant \u00e0 la fois de sous-alimentation et de mal alimentation (diffusion de l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9). Plus g\u00e9n\u00e9ralement, un nombre croissant d&rsquo;hommes, de soci\u00e9t\u00e9s, profitent ou veulent profiter d&rsquo;une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e (l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;alimentation comme voie vers une vie meilleure).<br \/>\nLes march\u00e9s agricoles sont-ils des march\u00e9s comme les autres, ouverts et pris dans la comp\u00e9tition mondiale ? Ou l&rsquo;agriculture, assurant la nourriture et donc la survie des populations, doit-elle ob\u00e9ir \u00e0 une logique de s\u00e9curit\u00e9, l\u00e9gitimant l&rsquo;intervention du politique (r\u00e9glementations, subventions, protections\u2026) ?<br \/>\nLes sols, \u00e0 leur tour, sont attir\u00e9s dans la foire d&#8217;empoigne plan\u00e9taire. La Chine, la Cor\u00e9e du Sud, les \u00c9mirats Arabes Unis, l&rsquo;Arabie saoudite, le Qatar figurent parmi les premiers acheteurs ou loueurs de terres arables, \u00e0 grande \u00e9chelle, dans des pays \u00e9trangers.<\/p>\n<p>Id\u00e9alement, une bonne gouvernance mondiale dans le domaine de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;alimentation devrait se fixer les objectifs suivants :<\/p>\n<ul>\n<li>\u2022 Garantir qu&rsquo;aucun homme ne souffre de la faim ou de la sous-alimentation.<\/li>\n<li>\u2022 Promouvoir une \u00ab bonne \u00bb alimentation sur toute la plan\u00e8te tenant compte notamment des liens entre alimentation et sant\u00e9 publique.<\/li>\n<li>\u2022 Veiller \u00e0 une meilleure exploitation des ressources (sols, animaux\u2026) int\u00e9grant la pr\u00e9occupation du d\u00e9veloppement durable.<\/li>\n<li>\u2022 Elaborer un statut pour les terres, tiraill\u00e9es entre au moins trois forces : demande croissante de sols ; souverainet\u00e9 des \u00c9tats ; qu\u00eate par ces \u00c9tats de recettes nouvelles.<\/li>\n<\/ul>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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