SPÉCIAL MUR DE BERLIN. Selon le porte-parole de l’Elysée de l’époque, ce sont les statures de Gorbatchev, de Bush, de Thatcher, de Mitterrand aussi, qui ont permis une sortie ordonnée de la guerre froide. Mais les vainqueurs ont raté l’intégration de la Russie. Entretien.
La qualité des dirigeants de l’époque explique-t-elle la sortie réussie de la guerre froide ?
Je ne pense pas que les dirigeants font seuls l’histoire, mais il y a des moments où la personnalité des leaders est décisive, et c’est le cas ici. Pour des raisons propres à chacun. A commencer par Gorbatchev, il est trop oublié, et trop décrié en Russie. C’est un homme exceptionnel, d’un idéalisme confondant, pour un homme issu de ce système. Pensez qu’il a décidé vers 1986 ou 1987 de ne plus employer la force pour maintenir les régimes au pouvoir en Europe de l’Est, alors qu’il y avait encore quelque 300 000 soldats soviétiques dans la seule RDA ! C’est une décision géante ! Bien sûr, il a sous-estimé les conséquences de ses décisions, y compris pour lui. Vers 1988, il a commencé à dire à Mitterrand […]
