Un an après, la guerre en Ukraine bouleverse les équilibres du Moyen-Orient

La guerre en Ukraine rebat radicalement les cartes au Moyen-Orient, analyse le directeur de la chaire Moyen-Orient Méditerranée à l’École normale supérieure. L’influence russe y prospère désormais grâce à une nouvelle forme d’«anti-impérialisme», ajoute-t-il.

Cet article a aussi été publié sur le site américain al-monitor.com. Gilles Kepel est politologue, spécialiste de l’islam et du monde arabe, est éditorialiste pour Al-Monitor et directeur de la chaire Moyen-Orient Méditerranée à l’École normale supérieure.


Un an après le début de la guerre en Ukraine, une série de secousses ont ébranlé les fondements du système d’alliances moyen-orientales. Nombre d’États appartenant au «Sud global», dont des pays arabes considérés jusqu’alors comme pro-occidentaux, ont refusé de voter à l’ONU pour condamner l’invasion russe. Et quand les États-Unis ont demandé à l’Arabie saoudite d’augmenter sa production de pétrole pour faire baisser les cours du brut, affaiblir Moscou et soulager l’Europe, Ryad a refusé de servir de variable d’ajustement du marché – ou de «producteur élastique» – et a maintenu les prix élevés. Même l’État hébreu a joué sa partition en solo, refusant de fournir à l’Ukraine la technologie de son « Dôme de Fer » pour arrêter les missiles…

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