La cyberguerre, au cœur de la polémique Trump-Macron

En atterrissant sur le sol français le vendredi 9 novembre 2018, Donald Trump a émis un tweet peu amène pour son hôte : « Le président français Macron vient de suggérer que l’Europe développe sa propre capacité militaire, pour se protéger des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie. Quelle insulte ! » Il se référait à une intervention d’Emmanuel Macron sur Europe 1, incitant l’Europe à se protéger de « la Russie, de la Chine et même des Etats-Unis ». Bien sûr, le président français n’a jamais redouté une quelconque agression militaire des Etats-Unis contre la France, les deux nations étant les plus vieilles alliées du monde. En fait, la citation incriminée faisait suite à une mention par Macron des menaces cyber pesant sur l’Europe.

De fait, le système informatique de l’Elysée a été piraté par la NSA (National Security Agency, institution américaine d’écoutes et d’espionnage informatique planétaires, dotée d’un budget annuel de 12 milliards de dollars). C’était en avril 2012, entre les deux tours de la présidentielle française. De même, en octobre 2011, une conversation téléphonique de la Chancelière allemande avec son chef de cabinet est interceptée et transcrite par la NSA, comme le révélera en 2015 le transfuge Edward Snowden.

Le malentendu franco-américain a été clarifié entre les deux présidents le 10 novembre. Macron a rejoint son homologue américain sur la nécessité d’une augmentation de l’effort européen de défense. Mais le président français a également insisté sur l’urgence d’une autonomie stratégique européenne. Cela concerne en particulier le nouveau et essentiel domaine de la cyberdéfense.

Dans le champ de bataille nouveau qu’est la cyberguerre, Emmanuel Macron agit de manière similaire à Charles de Gaulle sur le nucléaire. Il privilégie le développement des capacités du Commandement de Cyberdéfense (qu’on appelle « COMCYBER » à l’Etat-major des armées). Ce commandement est chargé à la fois de protéger contre tout hacking l’ensemble des systèmes informatiques de la défense française, et de mener le cas échéant des actions cyber-offensives contre tout agresseur, étatique ou non.

En même temps, le président français a présenté, le lundi 12 novembre, au « forum de gouvernance de l’Internet » à l’UNESCO, l’« Appel de Paris pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace » . Cette déclaration a reçu l’appui de grandes entreprises du numérique et de nombreux Etats, à l’exception notable des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine… C’est un code de conduite, que l’on peut comparer à la Convention de Genève de 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre. Il s’agit de protéger tous les acteurs civils des « activités malicieuses en ligne ». Deux exemples parmi d’autres d’activités malicieuses s’étant déjà produites : le hacking de systèmes de distribution électriques et les tentatives d’interférence dans les processus électoraux.

Au temps de la guerre froide, les Américains, les Russes et les Chinois ne pouvaient s’affronter directement en raison du risque d’escalade nucléaire ; ils se combattaient par « proxies » (Vietnamiens, Angolais, Afghans, etc.). Aujourd’hui, la cyberguerre non létale devient le mode offensif privilégié des grandes puissances. Ce nouveau champ stratégique est remarquablement analysé dans un livre publié le 9 novembre aux Editions du Cerf : Cyber, la guerre permanente, par Jean-Louis Gergorin et Léo Isaac-Dognin.

Les Etats-Unis ont vécu dans l’illusion que leur domination du cyberespace était éternelle grâce à la force de leurs multinationales du numérique et aux capacités gigantesques de la NSA. Leur réveil a été douloureux en 2012, lorsqu’ils ont constaté que l’Iran avait réussi à perturber les systèmes informatiques de grandes banques de Wall Street, en représailles au sabotage en 2010 des centrifugeuses iraniennes d’enrichissement de l’uranium par le virus américano-israélien Stuxnet. Percevant tardivement l’étendue du cyber-espionnage industriel chinois, le président Obama a obtenu en septembre 2015 du président Xi Jinping l’engagement d’arrêter ces pratiques au niveau étatique. La guerre commerciale lancée au printemps 2018 par Trump a rendu inopérant l’engagement chinois.La souffrance des Américains est devenue insupportable lorsqu’ils se sont aperçus en 2016 que les Russes avaient réussi à pirater les fichiers du parti démocrate et du directeur de campagne d’Hillary Clinton, pour diffuser leurs secrets sur les réseaux sociaux juste avant le scrutin présidentiel du mardi 8 novembre.

Soumise aux sanctions, la Russie considère les cyber-offensives comme un moyen de rétablir le rapport de force avec les Etats-Unis, dans la perspective toujours souhaitée d’un accord bilatéral.

Védrine. « Les rapports internationaux seront plus rugueux »

07.11.2018

Le Télégramme

Hubert Védrine a été conseiller diplomatique et porte-parole de l’Élysée sous François Mitterrand avant d’en devenir le secrétaire général. Ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin durant la cohabitation sous la présidence Chirac, il revient sur la politique internationale de Donald Trump à laquelle le résultat des midterms ne changera probablement rien. Son livre « Comptes à rebours » (Fayard), qui analyse les évolutions de la géopolitique mondiale, a reçu le prix de l’essai décerné, cette année, par L’Express. Cette interview a été réalisée lors de la 11e World Policy Conference.

 

Donald Trump fait-il bouger les lignes ?

Au début, il y a eu un effet de sidération à l’égard de ses propos jugés impensables. Aujourd’hui, certains commencent à dire que ça pourrait marcher. Il y a surtout un effet différé dans le temps qui est la levée des tabous pour l’Occident jusqu’alors dominant avec son discours universaliste. En conséquence, il légitime des comportements brutaux comme ceux de Poutine ou Netanyahou. À l’avenir, je ne crois pas qu’on retrouvera les avocats du multilatéralisme comme Clinton ou Obama. Les rapports internationaux seront plus rugueux.

Pour l’instant, il semble surtout pénaliser les Chinois !

En effet, il y a un manque à gagner sur leurs exportations. À long terme, est-ce que cela peut renforcer l’Occident dans une négociation inévitable entre puissances émergentes et pays développés ? Un jour ou l’autre, ils devront se mettre autour d’une table et évoquer des sujets comme le nombre de sièges au Conseil de sécurité de l‘Onu. Par ailleurs, nous ne devons pas plus surestimer Trump que nous ne l’avons sous-estimé. Exemple : va-t-il imposer sa ligne réaliste avec la Russie ou « l’État profond » (à savoir le Pentagone, le Département d’État et les services secrets) va-t-il lui imposer d’en revenir à la diplomatie traditionnelle. Le complexe militaro-industriel n’osant pas défier la Chine, il a besoin de conserver la Russie comme adversaire.

L’Europe peut-elle en profiter pour se mettre en marche ?

Les Européens ont vécu dans une bulle qui s’effondre. Cela devrait nous inciter à bouger et à faire la synthèse entre la position traditionnelle, entre alliés considérés comme des amis mais pas alignés, et celle d’Angela Merkel selon laquelle il vaut mieux s’organiser entre nous. Mais je ne vois pas venir cette réaction commune. Notamment face à la prise en otage par Trump de l’économie mondiale avec les sanctions américaines.. Les Européens ont abdiqué dans leur tête depuis la Seconde Guerre mondiale et la construction de l’Union ne se conçoit pas sans le parapluie américain. D’où l’échec du concept d’Europe puissance.

Thierry de Montbrial : « L’Europe ne peut pas se construire contre les nations »

« Le déficit de l’Europe n’est pas un déficit démocratique mais un déficit d’efficacité », estime Thierry de Montbrial, pour qui l’avenir de la construction européenne revêt un enjeu mondial. La vision court-termiste de Donald Trump va susciter une prise de distance générale vis-à-vis des Etats-Unis.

Le XXIe siècle va-t-il s’articuler sur la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine ?

C’est une certitude pour les trente prochaines années. Nous serons alors en 2049, c’est-à-dire le centenaire de l’avènement de Mao Zedong au pouvoir. Depuis Xi Jinping, les communistes chinois ont cessé de faire profil bas et  affichent leur intention de devenir la première puissance mondiale . Ils cherchent à se doter de tous les moyens à cette fin, en particulier technologiques et militaires. Ils ont durci très fortement leurs positions, comme sur la mer de Chine méridionale. La compétition entre les Etats-Unis et la Chine va donc dominer ces trente prochaines années. Ce n’est pas vraiment une surprise. Quand George W. Bush a été élu, le premier dossier que le patron de la CIA lui a remis concernait la rivalité avec la Chine. Cette priorité est passée au second plan après les attentats du 11 septembre 2001.

Est-ce que le président américain parvient à recréer de l’équilibre avec la Chine avec sa guerre tarifaire ?

Trump a choisi l’attaque frontale sur le plan commercial.  Il utilise la politique économique comme une arme . Mais il n’obtiendra que des résultats de court terme. Tous les pays sont en train de se rendre compte qu’ils se sont beaucoup trop mis sous la dépendance américaine. Les Chinois, dans l’affaire ZTE, ont dû supplier les Américains de les exempter de sanctions faute de quoi ils n’avaient plus accès aux semi-conducteurs.

Ne doutons pas qu’ils voudront s’organiser pour diminuer beaucoup plus vite que prévu leur dépendance vis-à-vis des Etats-Unis. L’autre aspect est monétaire. Cette prise de conscience, dont le système Swift est une facette, que toutes les transactions en dollars passent un moment ou un autre par un segment qui les met sous la dépendance du droit américain, fait que tout le monde va vouloir en sortir. Même les Européens. Ma prévision, c’est la mort du dollar comme monnaie de réserve unique dans le monde. Cela prendra peut-être vingt ou trente ans. Il faudra du temps. Mais ce sera la conséquence inéluctable de la guerre commerciale tous azimuts, de la mise en péril du multilatéralisme économique,  de l’utilisation de plus en plus systématique du dollar comme une arme , par exemple pour soumettre les alliés des Etats-Unis à une politique qu’ils désapprouvent sur l’Iran. La dénonciation unilatérale de l’accord de 2015 sape la crédibilité américaine sur le long terme. On risque de le voir au sujet de la Corée du Nord. Le moment venu pour conclure un traité, Kim Jong-un, à qui je décernerais le prix Nobel de la stratégie s’il existait, demandera des gages sur la qualité de la signature américaine. La loi du plus fort peut donner l’apparence que Trump est gagnant, en tout cas à court terme, mais à long terme ses effets seront désastreux. Le problème de Trump, c’est que sa vision est étroite.

La Corée du Nord a-t-elle une stratégie cohérente ?

Sa stratégie vient de loin. Après la mort de son père, Kim Jong-un élimine physiquement ses adversaires, y compris son demi-frère. Cela a d’ailleurs fait enrager les Chinois car ce demi-frère était leur solution de rechange. Acte II, il démontre pendant des mois qu’il a de vraies capacités nucléaires et de projection, même si elles sont loin d’être parfaites. Ayant jugé ses objectifs atteints, il se dit prêt à parler. Après avoir échangé tous les noms d’oiseaux avec Trump, les deux hommes engagent une discussion. Kim Jong-un devient persona grata. Il a eu une chance, c’est  l’arrivée de Moon Jae-in à la tête de la Corée du Sud, un homme qui veut à tout prix résoudre le problème de la péninsule coréenne . Leur entente neutralise Trump. Kim Jong-un peut maintenant prendre son temps. La Chine le courtise de nouveau. La Corée est entourée géographiquement par trois mammouths : la Chine, la Russie et le Japon. Auxquels se sont ajoutés les Etats-Unis. Les Coréens savent manipuler les géants et jouer les uns contre les autres. Séoul et Pyongyang jouent actuellement de concert. Une des conséquences est que, pour rester dans le jeu, Tokyo devra financer une partie importante de la reconstruction de la Corée du Nord. Sur le long terme, le processus conduira à une certaine marginalisation des Etats-Unis en Asie de l’Est. En tout cas, le risque géopolitique sur la Corée du Nord a beaucoup reculé.

Dans ce monde bipolaire, quel peut-être le rôle stratégique de l’Europe ?

Si la construction européenne devait commencer à se défaire, ce serait un drame pour les membres de l’Union mais aussi au niveau mondial. Il n’y a que l’Europe de l’Ouest dont la construction régionale puisse apparaître comme un contrepoids, ou à tout le moins comme une entité porteuse d’espoir pour échapper à un monde qui redeviendrait bipolaire. Voilà pourquoi l’enjeu européen est très important, pour le monde entier. Je constate que l’Europe reçoit aujourd’hui beaucoup plus d’attention que naguère.

Mais elle est fragilisée de l’intérieur par une poussée populiste…

Il faut mettre le mot populisme en italique. Il y en a plusieurs sortes. Ce qui est sûr, c’est qu’ils sont largement la conséquence de nos propres erreurs. Prenez la question de l’immigration. On peut sur le long terme considérer qu’en effet il y a un déficit démographique en Europe. Mais faire entrer en un an 800.000 immigrés en Allemagne ne pouvait qu’avoir des conséquences politiques néfastes. Quant aux pays d’Europe de l’Est, à peine sortis des fourches soviétiques, je ne vois pas au nom de quoi on pourrait les contraindre à absorber des réfugiés dont ils ne veulent pas. L’idée d’imposer des quotas me paraît personnellement mauvaise. La construction européenne doit respecter la réalité nationale. A travers mes voyages, je suis de plus en plus sensible à l’hétérogénéité des cultures nationales. Cela vaut aussi pour l’Europe du Sud, comme l’Italie. L’Europe ne peut pas se construire contre les nations.

Mais comment mieux intégrer ce que vous appelez les cultures nationales ?

Le déficit de l’Europe n’est pas un déficit démocratique mais un déficit d’efficacité. Sur le long terme, un régime politique ne peut pas rester légitime s’il n’est pas efficace. Il faut aussi prendre en compte la notion de dignité. De plus, la démocratie ne doit pas se confondre avec des modalités particulières. L’Union européenne doit réinventer les siennes.

Il faut mieux situer les problèmes. Si l’on n’avait pas élargi l’UE aux pays de l’Est, il est vraisemblable que les extrêmes droites seraient arrivées plus rapidement au pouvoir. L’évolution de la Pologne est inquiétante . Mais la situation en Hongrie est à mon avis différente. L’expression de démocratie illibérale doit être regardée à la lettre. La démocratie se définit par deux principes : la séparation des pouvoirs et des élections périodiques et non manipulées. Au début de la Constitution hongroise, on trouve une invocation à Dieu et au peuple hongrois. Cela peut choquer certains Français, mais on ne peut pas dire que cette Constitution n’est pas démocratique. Au fond, elle dit que l’individu n’est pas l’unique valeur et que le groupe existe aussi en tant que tel. Il faut réfléchir davantage à ces questions avant de lancer des anathèmes.

C’est-à-dire reconnaître les spécificités de chacun, comme celle de la Hongrie, par exemple, et en même temps aller vers un gouvernement européen plus efficace ?

Je pense que l’hétérogénéité des cultures est un fait. On ne peut pas le nier. Cela fait quarante-cinq ans que je fréquente assidûment les Allemands et je ne cesse de prendre davantage conscience de leurs différences. Il s’agit de faire vivre ensemble des peuples qui ne se confondent pas, sur une base volontaire et non pas par la contrainte comme dans les empires multiethniques d’autrefois. L’approche de la construction européenne doit être beaucoup plus réaliste et mieux tenir compte des sensibilités nationales. Et puis il faut s’attaquer aux problèmes de gouvernance : Schengen apparaît aujourd’hui comme une construction précipitée et en tout cas mal appliquée. Même s’agissant de l’euro, l’histoire aurait été différente si les règles de base avaient été respectées. Il y a beaucoup à réparer.

Est-ce qu’avec l’affaire Khashoggi, la modernisation de l’Arabie saoudite est un projet en péril, ou, à tout le moins, dont on voit les limites ?

MBS [Mohammed ben Salmane, NDLR] a été très largement propulsé par Donald Trump. Quand ce dernier a été élu, fin 2016, le Congrès cherchait à mettre l’Arabie saoudite au ban à cause du 11 septembre. Ce pays a soudain cessé d’être considéré comme un pays terroriste. Le décor a changé brutalement et on est passé à une alliance entre Etats-Unis, Arabie saoudite, Egypte et Israël. Cependant, MBS s’est singularisé par des actions peu réfléchies au Yémen, par la séquestration du Premier ministre libanais Hariri, par le maltraitement d’une partie de la famille royale et on le soupçonne maintenant d’avoir commandité  l’élimination de Khashoggi . Personne n’osait plus soulever la question des droits de l’homme en Arabie saoudite. Malgré la realpolitik, cela va changer. Quant au plan Vision 2030, il a été conçu par McKinsey et je ne suis pas sûr que la société saoudienne soit prête à une telle révolution en à peine plus de dix ans ! Sur le long terme, peut-être. On s’interroge sur le rôle du roi Salmane. Mon hypothèse est qu’il n’a pas entièrement perdu la main. Espérons que cette tragédie débouchera sur un changement de comportements. Il faut le souhaiter, car personne n’a intérêt à une crise majeure en Arabie saoudite.

Virginie Robert

L’état du monde selon la World Policy Conference de Rabat

02.11.2018 

Mehdi Mahmoud, Telquel 

Avec la World Policy Conference, Rabat a été, du 26 au 28 octobre, l’épicentre d’une réflexion sur la gouvernance mondiale. En forme d’état du monde, TelQuel propose un compte-rendu des débats de ces diplomates, experts et chefs d’entreprise.

Un portrait de l’époque entre règles du jeu bouleversées à l’international et des défis cruciaux toujours plus nombreux. Complexe et mouvant, le tableau interroge. Plus encore à l’aune d’une perte de repères de la gouvernance mondiale. C’est dans ce contexte que s’est tenu la onzième édition de la World Policy Conference (WPC), du 26 au 28 octobre, faisant de Rabat le théâtre d’une réflexion sur les enjeux de la diplomatie de demain.

Réuni à l’initiative de Thierry de Montbrial, président de l’Institut français des relations internationales (Ifri), ce think tank compte parmi les plus influents de la planète. L’idée : ouvrir le débat et exposer les points de vue dans un climat tourné sur la tolérance. « La gouvernance mondiale veut dire qu’un monde de plus en plus interdépendant ne peut rester raisonnablement ouvert que si des efforts de coordinations sont faits pour travailler ensemble et de manière positive », expliquait Thierry de Montbrial, le 26 octobre, en marge de son discours d’inauguration. Une approche globale qui apparait nécessaire face à une conjonction de crises : entre la confirmation d’un nouveau.

Suite :

https://telquel.ma/2018/11/02/letat-du-monde-selon-la-world-policy-conference-de-rabat_1616371

Une dette à 133% du PIB : faut-il craindre le budget italien ?

02/11/2018

Sophie Fay, Le Nouvel Obs

Le budget 2018 de l’Italie a été rejeté par la Commission européenne. Ni Rome ni Bruxelles ne compte bouger de sa position. Quelle peut être l’issue ? Décryptage.

La Commission européenne et le gouvernement italien se regardent en chiens de faïence. La première a rejeté, mardi 23 octobre, le budget 2019 du second, et ni l’un ni l’autre ne compte bouger de sa position. Quelle peut être l’issue de cette confrontation pour l’instant silencieuse ? La question était dans tous les esprits lors de la 11e édition de la World Policy Conference, organisée par l’Institut français des relations internationales du 26 au 28 octobre à Rabat.

Rejet du budget italien : « Personne ne retranchera un euro de ce budget »

Alors, faut-il avoir peur du budget italien ?

>> Oui. La dette italienne atteint 133% du PIB. La moyenne de la zone euro est à 86,3%. D’où la nécessité pour ce pays de dégager un excédent primaire (avant paiement de ses intérêts) pour cesser de faire grossir cette charge et commencer à la réduire, et l’engagement qu’il a pris de ne pas franchir la barre de 1% de son PIB en déficit de ses finances publiques. Le respect de ces règles européennes a un avantage : il lui permet de bénéficier de taux d’intérêt relativement bas. Sans cela, ces créanciers risquent de lui retirer leur confiance, de vendre sa dette, ce qui fera remonter les taux qu’elle doit payer. Jusqu’où ? On le mesure par le « spread », c’est-à-dire l’écart entre le taux auquel l’Allemagne emprunte sur dix ans (celui d’un pays en excédent avec une dette faible) et celui payé par l’Italie. S’il franchit la barre des 400 points, c’est une alerte rouge

 

 

Suite : https://www.nouvelobs.com/economie/20181029.OBS4632/une-dette-a-133-du-pib-faut-il-craindre-le-budget-italien.html

 

Les vérités de Carlos Ghosn

La Vie éco, 2 novembre 2018

Le patron du Groupe Renault applaudit l’arrivée d’autres constructeurs, mais insiste sur sa qualité d’Icebreaker pour revendiquer son droit d’être seul à Tanger. Qualité et compétitivité restent la préoccupation du groupe. Pour augmenter le taux d’intégration, le nombre de fournisseurs sera porté de 50 à 70.

En 2007, au moment de la signature d’un protocole d’accord entre le Maroc et le Groupe Renault portant création d’une usine de montage de voitures à Tanger, nombreux sont ceux qui s’étaient posé des questions sur la viabilité d’un tel projet. Dix ans plus tard, il faut dire que le défi est bel et bien relevé. En 2017, Tanger a produit 300 476 et la Somaca 75 808. Le groupe a expédié 333 189 véhicules vers 74 destinations, faisant du secteur automobile le premier secteur exportateur du Royaume, devant le phosphate. Mieux, la capacité de production de l’usine de Casablanca sera portée à 160000 véhicules en 2022 contre 80000 actuellement. Un gage d’enracinement au Maroc, l’on peut dire ainsi. Devant un petit groupe de journalistes locaux invités à le rencontrer, samedi 27 octobre, en marge du World Policy Conference organisé du 26 au 28, à Rabat, Carlos Ghosn, le tout-puissant patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, ne s’est pas attardé sur ces chiffres. Il donne l’impression de ne jamais en avoir fait assez. Qualité et compétitivité sont les mots qu’il a le plus prononcés lors de cet entretien court, mais très instructif, eu égard à la stature de l’homme.

A l’entendre parler, on n’a aucun doute sur les intentions du groupe automobile au Maroc. «Je tiens mes engagements», a-t-il martelé. Histoire peut-être de dire que l’autre partie doit toujours penser à en faire autant pour un partenariat pérenne. En filigrane, il a rappelé que Tanger doit rester à Renault. Il n’a aucune objection à ce que d’autres constructeurs viennent s’installer au Maroc –il le voit d’ailleurs d’un très bon œil, compte tenu de l’impact sur la production et l’emploi dans le pays-, mais ne souhaite absolument pas qu’ils viennent à Tanger. C’est sans fausse modestie qu’il réclame ce droit en précisant, en substance, que son groupe est le premier à croire dans le secteur au Maroc, le premier à avoir jeté les bases d’une véritable industrie automobile au Maroc en ramenant les fournisseurs.

A propos d’engagement, Carlos Ghosn assure que son groupe travaille pour augmenter le taux d’intégration, actuellement de 50%, dont il n’est pas satisfait. «Nous déployons tous les efforts pour augmenter le taux de localisation… C’est dans notre intérêt de l’augmenter». Il tient cependant à ce que la qualité et la robustesse des pièces répondent à toutes les exigences du groupe. L’objectif initial est d’atteindre un taux d’intégration de 65%. Le groupe fait actuellement travailler 50 fournisseurs. Il compte en rajouter 20 autres, soit 70 au total, contre 20 à 25, il y a trois ans.

Le taux d’intégration est actuellement de 50%

Le site de Tanger est donc parti pour être un maillon essentiel de l’armature du groupe. «L’usine est configurée pour fabriquer des voitures modernes», rejetant ainsi tout qualificatif de low cost attribué aux véhicules qui y sont montés. A l’en croire, tout est fait selon les standards de qualité les plus élevés. L’usine est aussi en mesure de fabriquer des voitures des autres membres de l’Alliance. En manager prévoyant qui ne veut fermer aucune porte, Carlos Ghosn a indiqué qu’elle peut le faire en cas de besoin. Mais il ne faut pas aller trop vite en besogne, aucune réflexion dans ce sens n’est engagée. Pour le moment, priorité aux véhicules qui y sont fabriqués et qui se vendent bien dans le monde et pas seulement dans les marchés émergents sur lesquels le groupe mise énormément. Il explique que le taux d’équipement est encore faible dans ces régions par rapport aux pays industrialisés et qu’il convient d’y améliorer la mobilité.

World Policy Conference : Le monde en quête de leadership

01.11.2018

Anthioumane D. Tandia, Afrimag 

Sous l’impulsion d’OCP Policy Center, 250 leaders venus des quatre coins du globe s’étaient donné rendez-vous à Rabat le temps d’un long week-end pour débattre des défis de la planète. Entre les choix controversés de Donald Trump et l’absence de leadership mondial, les participants ont appelé à plus de cohérence dans la gouvernance mondiale.   

Partenaire d’OCP Policy Center, la World Policy Conference a réuni du 26 au 28 octobre à Rabat des dirigeants politiques, des chefs religieux, des militants de la société civile, des universitaires et journalistes, des chefs d’entreprise et des penseurs critiques du monde entier. Une des ambitions de ce forum était de discuter pour ensuite proposer des solutions constructives aux grands défis régionaux et internationaux. Outre Thierry de Montbrial, président et fondateur de la World Policy Conference, 250 leaders issus d’une quarantaine de pays ont pris part à cette rencontre de haut vol, parmi lesquels le Premier ministre de Côte d’Ivoire Amadou Gon Coulibaly, l’ancien Premier ministre français et actuel président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, le président de Nakasone Peace Institute Ichiro Fujisaki, le président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Carlos Ghosn, le président de l’Institute  of International and Strategic Studies at Peking University, Wang Jisi…

Les sujets  traités lors de cette onzième édition de la World Policy Conference concernent les choix cruciaux que le monde doit faire, tout en critiquant les mauvaises décisions prises récemment. C’est le cas de la dénonciation par Donald Trump des accords internationaux dont les Etats-Unis ont souvent été les initiateurs ou les contributeurs déterminants, de la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis, de la migration et du multiculturalisme, de l’intégrisme religieux, du changement climatique, du développement de l’Afrique, du conflit du Moyen-Orient, de la route de la soie…

D’emblée, dans son discours inaugural, Thierry de Montbrial donne le ton. “Le monde d’hier marque toujours notre présent de son empreinte”, explique-t-il. “La technologie, disaient certains, allait abolir les frontières et favoriser l’avènement rapide d’une mondialisation heureuse. Au lieu de quoi, on assiste à une exacerbation des réalités nationales, qui nous renvoie irrésistiblement aux deux siècles passés.” Poursuit-il. “S’il me fallait caractériser le phénomène géopolitique dominant des trente prochaines années, je dirais sans hésiter : la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis ?”, conclut-il.

En effet, le retrait des États-Unis des accords internationaux déséquilibre le leadership mondial en attendant qu’une autre puissance prenne le relais. Or les nations ou le groupe de nations (UE, BRICS, notamment) susceptibles de jouer ce rôle ne sont ni préparés ni capables pour diverses raisons objectives dont les législations nationales, le déploiement de la puissance militaire américaine d’une région à une autre en un temps record,  la diversité des langues, les politiques économiques et sociales… Le leadership américain, avec ses atouts qui semblent infinis, allant des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) aux médias mainstream en passant par sa monnaie, ses forces de défense, ses universités, sa culture pop et sa langue, n’a ni d’égal ni de concurrent pour préserver les piliers sur lesquels le monde s’appuie depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Essentiel ou même vital pour  maintenir l’équilibre qui a permis aux nations de prospérer à travers le libre-échange.

Au rythme des Etats-Unis

Parmi ses atouts, le Cloud, une arme redoutable !  Le cas du Cloud Act (Clarifiying Lawful Overseas Use of Data Act.) est symptomatique de cette propension des Etats-Unis à impulser une marche globale. Désormais le Cloud Act. s’applique à toutes les sociétés relevant de la juridiction des Etats-Unis et qui contrôlent les données quel que soit le lieu où elles sont stockées. Les grands acteurs américains du cloud et leurs filiales devront donc s’y conformer. Tout comme le devront les autres entreprises du secteur, y compris européenne, qui opèrent sur le territoire américain. Clairement, des données stockées hors des Etats-Unis mais sur des serveurs appartenant à des sociétés américaines ne peuvent plus être considérées comme sécurisées.

Un des bénéfices escomptés de cette situation depuis 1945 est la paix, éloignant ainsi le monde des années funestes de 1930, sans laquelle aucun progrès n’est possible dans quel que domaine que ce soit. L’amélioration de la gouvernance mondiale, contrairement aux fougueuses déclarations du président américain, est essentielle. Il reste à espérer, avec la sagesse  de Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères français que le monde “dollarisé et numérisé d’une Amérique toute puissante” de l’administration Trump soit la politique de l’autruche.  

Pour plus de cohérence dans la gouvernance mondiale, de transparence et d’humanisme

C’est autour de ces valeurs essentielles que les think tanks comme OCP Policy Center et son partenaire, la World Policy Conference, mènent sans cesse des réflexions. “Pour éviter les politiques qui conduisent vers la récession, il faut inéluctablement une coordination entre les politiques économiques, notamment du G20”, conseille Igor Yurgens, chairman of  the Management Board of the Institute of Contemporary Development, Russia, lors du panel sur les conséquences de la politique de Trump.

En effet, le monde est à un moment critique où la mise en place de politiques économiques cohérentes s’impose comme une priorité. Ceci est d’autant vrai que les relations économiques exécrables, faites de sanctions et de répliques, entre les deux premières puissances économiques du monde, les Etats-Unis et la Chine, ne cessent de se détériorer. Situation qui a un impact néfaste sur les économies les plus fragiles, principalement en Afrique où la Chine est devenue le grand investisseur.

“Si nous sommes ici, c’est parce que vous étiez là-bas”

L’une des conséquences de cette situation est l’accentuation du phénomène migratoire. D’ici 2050 la population africaine vivant avec 2 dollars par jour risque de tripler. Sans création de valeur pour offrir des perspectives heureuses à cette population jeune, cela se traduira  immanquablement par des déplacements massifs partout dans le monde, notamment en Europe, continent le plus proche de l’Afrique.

“Nous devons trouver une solution collective, européenne, aux défis de la migration. Les Etats-Unis aussi doivent trouver des solutions à leurs problèmes avec leurs voisins. Sinon, ce sont les structures sociales de l’Europe et des Etats-Unis qui vont se disloquer. Cela met en danger les démocraties. Nous le remarquons avec l’extrême droite qui prend du galon en Europe”, prévient Jean-François Copé, ancien ministre français du Budget et maire de Meaux.

Face au discours anti-migratoire claironné par les populistes, certains ont fait la leur cette boutade de l’ancien directeur du cercle de réflexion Institute of Race Relations en Grande-Bretagne, feu l’écrivain sri-lankais Ambalavaner Sivanandan : “si nous sommes ici, c’est parce que vous étiez là-bas”. Déclaration au contenu puissant dans un monde de plus en plus globalisé, et où les intérêts sont inextricablement liés. Tout le contraire de l’isolationnisme de la politique de l’administration Trump.

I diritti dei migranti subsahariani schiacciati tra Marocco e Ue

01/11/2018

Serena Chiodo, Lorenzo De Blasio, Il Manifesto

Merce di scambio. Arresti, deportazioni, schedature su base razziale. Da Bruxelles arrivano 140 milioni per fermare «l’immigrazione irregolare». E Rabat sposa la linea dura

Il tentativo da parte dei migranti di superare la recinzione di Melilla, con la polizia spagnola in attesa

 

In occasione dell’11ma World Policy Conference, tenutasi a Rabat lo scorso weekend, il ministro degli Esteri spagnolo Joseph Borell ha confermato l’approvazione del fondo Ue di 140 milioni di euro da destinare al Marocco, sollecitato dal primo ministro spagnolo Pedro Sanchez durante il vertice dei capi di governo dell’Unione europea, svoltosi a Bruxelles il 17 e 18 ottobre, per il «controllo dell’immigrazione irregolare».

«Tutto ciò che il Marocco fa per proteggere i suoi confini e affrontare i flussi migratori gli costa caro. E dato che questo ha un valore per gli europei, ha senso contribuire a tali costi. Non lo facciamo forse già con la Libia e la Turchia?». Così Borrell, palesando – se ce ne fosse ancora bisogno – come le persone migranti e i loro diritti siano ormai diventati tema di accordi e scambi economici tra paesi.

Il Marocco ha assunto un ruolo centrale nel controllo delle partenze dei migranti subshariani, in particolare da quando, con il blocco della rotta balcanica e la politica sempre piu chiusa dell’Italia, la Spagna è diventata la principale porta d’ingresso in Europa: secondo i dati dell’Oim, da inizio anno 42.500 persone hanno raggiunto l’Europa passando per la penisola iberica; 433 persone sono morte nel tentativo. A 54.000 persone, stando ai dati governativi, il Marocco ha impedito di raggiungere l’Europa. «I migranti sono costretti a ricorrere a contatti e mezzi sempre piu pericolosi, per sfuggire alla politica ogni giorno piu severa sia dell’Europa che del Marocco», ha evidenziato in una nota il presidente dell’Association marocaine des droits humains (Amdh) Omar Naji.

Su una pratica che si sta diffondendo pericolosamente, gli arresti e le deportazioni arbitrarie dei migranti subsahariani, focalizza l’attenzione il Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (Gadem) nel report Coûtes et blessures, presentato pochi giorni fa a Rabat: tra luglio e settembre sarebbero 6500 le persone arrestate nelle zone frontaliere del nord, principalmente vicino a Ceuta e Melilla, le enclave spagnole in territorio marocchino. Dati al ribasso, secondo l’Amdh, che denuncia 4700 fermi da agosto solo nella città di Nador.

Sulla barriera di Ceuta (Afp)

«Arrestano i neri», sintetizza un uomo proveniente dalla Guinea Conakry, intervistato dal Gadem. Sono le prassi di racial profiling compiute dalla polizia. Raggiunte per strada, nei negozi, addirittura prelevate dalle proprie case, le persone vengono portate in commissariato e sottoposte ai rilievi fotodattiloscopici. «Le pratiche di fermo, identificazione e allontanamento riguardano tutti i neri», conferma il Gadem, aggiungendo che «non vengono verificati i documenti»: la polizia arresta anche minori, richiedenti asilo e persino persone già in possesso di permesso di soggiorno. Senza alcuna informazione le persone vengono poi condotte, ammanettate, su autobus diretti verso Tiznit, Beni Mellal, Agadir, Casablanca, Errachidia e perfino Dakhla, a 1950 km da Tangeri, in un viaggio forzoso condotto in condizioni precarie, senza cibo né soste, che termina lontano dai centri abitati. Non mancano violenze e furti commessi dalle forze dell’ordine.

È la diretta conseguenza delle sollecitazioni europee, come denuncia il Gadem. E il governo di Rabat sembra deciso a utilizzare quanto più possibile la situazione. Lo scorso 21 ottobre più di 350 persone hanno tentato di scavalcare le alte recinzioni di Melilla e ciò è stato subito usato come pretesto da Rabat per ribadire l’impegno nella «lotta contro l’immigrazione irregolare». In linea con la politica intrapresa con l’Ue, le autorità marocchine hanno comunicato che rimpatrieranno tutti i «migranti subshariani che hanno partecipato ai fatti di Melilla»: si tratta di 141 persone arrestate durante l’”assalto” e 55 delle 209 che, pur riuscendo a passare sono poi state rimandate indietro dal governo spagnolo.

[매경포럼] 4차 세계대전은 시작됐다

01/11/2018

Maeil Business Newspaper & mk.co.kr

제4차 세계대전이 한창인 듯한 분위기였다. 최근 열린 세계정책콘퍼런스(WPC)에서 전 세계 오피니언 리더들은 트럼프발 무역전쟁을 놓고 마치 세계대전이라도 일어난 것처럼 우려했다. 프랑스 국제관계연구소(IFRI)가 모로코 라바트에서 지난 10월 26일부터 3일 동안 주최한 이 행사 기간 내내 트럼프발 무역전쟁은 최대 화두였다. `총성 없는 세계대전`이 그대로 전달됐다.

3차 세계대전이 2차 세계대전 이후 냉전을 일컫는다면 요즘 무역전쟁으로 대표되는 국가 간 갈등은 제4차 세계대전이라 불릴 만했다. WPC 현장에 등장한 중국 유력 인사들은 도널드 트럼프 대통령의 미국 우선주의 때문에 각국에서 포퓰리즘(대중영합주의)과 국가 간 갈등이 심해지고 있다고 항변했다. 유럽인들은 G2 간 무역전쟁이 결국 `투키디데스의 함정`처럼 실제 전쟁으로 치달을 가능성도 제기했다. 4차 세계대전 포문은 미국 트럼프 행정부가 열었다. 미국 입장에선 엄청난 연구개발(R&D)을 통해 대표 정보기술(IT) 기업인 FAANG(페이스북·아마존·애플·넷플릭스·구글) 등 첨단기업을 키웠지만 이 기업들이 이룬 성과를 중국이 빼앗아가고 있다는 판단이 강하다. 기술 도용 등으로 미국 일자리 수백만 개를 잃었다는 주장이 대표적이다. 더욱이 선거를 앞둔 트럼프 대통령은 정치적 다급함이 겹치면서 미국 우선주의를 더 내세우고 있다. 다음주 미국 중간선거는 트럼프 재선이냐, 탄핵이냐를 가르는 갈림길이다. 트럼프 입장에선 정치적 생사(生死)의 변곡점에 서 있는 셈이다.

 

G2 무역전쟁 결과 중국 3분기 경제성장률은 2009년 금융위기 이후 최저치였다. 위기감을 느낀 시진핑 중국 국가주석이 아베 신조 일본 총리를 7년 만에 만나 정상회담을 할 정도다. 동북아시아 패권을 노리던 두 나라가 이젠 살아남기 위해 동맹에 나선 셈이다. G2 무역전쟁 여파로 위기에 몰리는 중국과 관계가 더 어려워지면 일본 경제도 후폭풍에서 벗어나기 힘들다. 중국은 일본 최대 수출시장이기 때문이다. 일본 입장에선 중국과의 동아시아 헤게모니 쟁탈전 대신 긴장 해소를 통해 군비 경쟁을 줄이고 재정적자도 축소하겠다는 구상이다. 중국은 미국과 무역전쟁 속에서 일본이라도 우군으로 만들겠다는 구상이 맞아떨어지면서 이번 중국과 일본 간 정상회담이 성사된 셈이다.

 

유럽의 불안도 커지는 분위기다. 미국 IT 기업을 비롯한 첨단기업들의 약진으로 유럽 대표 기업들이 약세를 면치 못하고 있다는 점에서다. 급기야 유럽 국가들은 구글이나 애플, 아마존에 대한 과세에 나서고 있다. 모든 걸 다 뺏기지 않겠다는 의지의 표현이다. 그러나 역부족이다. 4차 산업혁명 시대에 유럽을 대표할 만한 세계적 기업은 등장하지 않고 있다. 그나마 미국 보잉과 맞서왔던 에어버스마저 전 세계 항공 시장에서 점유율을 잃고 있는 형국이다. 중국이 유럽 앞마당인 아프리카로 경제영토 확장을 꾀하면서 유럽은 이미 혼수상태나 마찬가지다.

 

영국의 유럽연합(EU) 탈퇴, 금융위기에서 여전히 벗어나지 못하는 남유럽 국가들의 경제 상황, 유럽 각국의 포퓰리즘 등이 겹치면서 유럽은 힘을 잃은 채 재기도 못하고 있다.

 

신흥국은 G2 무역전쟁과 미국 금리 인상 여파로 또다시 금융위기 공포에 휩싸이고 있다. 무역전쟁에 따른 중국의 충격에서 신흥국도 자유롭지 못하다. 재닛 옐런 전 미국 연방준비제도이사회 의장은 지난달 세계지식포럼에 참가해 연방준비제도가 통화정책을 결정할 때 신흥국 상황을 여러 변수 중 하나로 감안한다고 전했다. 뒤집어 말하면 신흥국은 여러 변수 중 하나일 뿐이다. 신흥국보다는 미국을 우선적으로 생각한다는 의미다.

미국은 특히 기술 우위를 내세워 전 세계 지배력을 놓지 않으려 하고 있다.

`구조적 장기 침체(secular stagnation)`란 신조어를 쓸 정도로 위기감이 많았지만 혁신기업의 활약에 힘입어 수년째 호황을 누린 이점을 유지한다는 전략이다.

 

한국에선 경기 침체를 이겨낼 세계적 혁신 기술과 기업이 나오고 있는지 불확실하다. 몇 년째 혁신경제를 강조하고 있지만 한국도 유럽과 마찬가지로 쇠퇴의 길로 가는 건 아닌지 걱정만 앞선다. 무역전쟁에 대비해 주요 국가를 우군으로 만들기보다는 친구마저 잃고 있는 건 아닌지도 걱정이다.

 

[김명수 지식부장]

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De l’importance, pour Carlos Ghosn, de ses racines libanaises…

31/10/2018

Michel Touma, L’Orient Le Jour

C’est à un exposé succinct, mais très didactique de sa vision de la mondialisation et de sa conception de la gestion d’une entreprise, que s’est livré le PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn, au cours d’une causerie-débat organisée dans le cadre des travaux de la conférence internationale sur la gouvernance mondiale (World Policy Conference, WPC) qui s’est tenue à Rabat la semaine dernière à l’initiative de l’Institut français des relations internationales (IFRI).

C’était une occasion pour M. Ghosn de revenir, aussi, sur ses racines libanaises. En réponse à une question de Riad Tabet, conseiller du directeur général de l’IFRI Thierry de Montbrial, sur l’impact que ses racines libanaises auraient pu avoir sur son ascension professionnelle, Carlos Ghosn a confirmé un tel impact positif en mettant l’accent sur l’importance et le caractère bénéfique du pluralisme culturel dans la carrière d’une personne. « J’ai eu la chance d’être confronté à trois cultures, a-t-il ainsi relevé. Je suis né au Brésil, j’ai fait mes études scolaires au Liban et j’ai suivi une formation universitaire en France. L’éducation que j’ai reçue au Liban a incontestablement eu un impact positif sur ma carrière. »

Pour illustrer concrètement l’importance d’un tel pluralisme culturel dans la vie d’un cadre supérieur ou d’une entreprise, il est revenu sur l’option qu’il avait prise de construire en Inde une voiture à un coût particulièrement bas. Alors que des ingénieurs français et japonais soutenaient que ce projet était irréalisable, des ingénieurs indiens affirmaient le contraire. « Mon souci premier était évidemment que cette voiture soit robuste et sûre, a-t-il souligné. J’ai alors décidé d’associer à cette initiative les ingénieurs français, japonais et indiens pour combiner l’expertise de ces trois groupes, et c’est de cette façon que le projet a pu être mené à son terme, grâce au mariage de ces trois cultures. Aucun de ces trois groupes n’aurait pu, seul, réaliser avec succès un tel projet. »

Explicitant encore davantage l’impact positif que pourrait avoir un pluralisme culturel dans le développement d’une entreprise, Carlos Ghosn a insisté sur le fait qu’au sein du groupe Renault-Nissan-Mitsubishi, il veille à ce qu’aucune de ces trois entités ne cannibalise l’autre. « Chacune de ces trois entités a sa propre culture, son ADN, qu’il est nécessaire de préserver dans le cadre d’une stratégie globale à plusieurs facettes », a-t-il déclaré.

À l’évidence, le patron du groupe Renault-Nissan-Mitsubishi se montre confiant quant à l’avenir de la mondialisation qui ne risque pas, à son avis, d’être remise en cause par les bouleversements sociopolitiques perceptibles à l’échelle mondiale. « Des obstacles et des couacs apparaissent, certes, ça et là de temps en temps, mais cela ne remet pas en cause la tendance globale à la mondialisation à long terme », souligne-t-il. « La mondialisation présente de gros avantages et chaque obstacle a sa solution », a conclu M. Ghosn, se montrant résolument optimiste sur ce plan.

Ghosn a, enfin, tenu à apporter un démenti cinglant à la réputation de « cost killer » que d’aucuns ont voulu lui forger lorsqu’il a pris en charge Renault et Nissan. « Il est faux de penser que l’on peut sauver ou développer une entreprise par une politique de réduction des coûts, a notamment affirmé Carlos Ghosn. Le cas échéant, c’est à un effort de formation et à une redistribution des ressources qu’il faudrait plutôt se livrer », a-t-il précisé, mettant l’accent sur « les efforts colossaux de formation » qu’il est nécessaire de déployer « pour ne pas être dépassé » par les progrès technologiques. Il a relevé toutefois, dans cette perspective, que « les gens au sein d’une entreprise sont généralement réticents à tout changement ».

الكباش السياسي بين الصين وأميركا سيشكل العلاقات الدولية خلال الـ ٣٠ عاما القادمة

31/10/2018

Aliwaa

تقول صحيفة لوتان السويسرية إن رئيس مؤتمر السياسة العالمية تيري مونتبريال صرح في افتتاح النسخة 11 من المؤتمر بالرباط بأن التنافس المتزايد بين الصين والولايات المتحدة هو الذي سيشكل العلاقات الدولية خلال الثلاثين عاما القادمة.

وفي مقارنة لمسار البلدين، ترى الصحيفة -عبر مقال كتبه فرانسوا نوردمان- أن الصين تسير بسرعة في اتجاه أن تكون القوة الأولى عالميا، مشيرة إلى أن احتفالات مئوية بالثورة الصينية في 2049 ستكون تتويجا لهذا الواقع.

وتوضح أن الصين بواسطة الحزب الشيوعي تضبط المظاهر الاجتماعية في الداخل، كما تطور بواسطة طريق الحرير الجديدة البرية والبحرية مشروعا اقتصاديا ضخما سيسمح لها ببسط هيمنتها على مناطق واسعة في آسيا الوسطى.

وتضيف أن هذه المبادرة ستمكن الصين من الوصول لأسواق لتصريف فائض إنتاجها، وتضمن لها تدفق احتياجاتها من الطاقة، خاصة أن حجم الصين يجعل علاقتها مع هذه الدول التي يمر بها طريق الحرير غير متكافئة.

انسحابات ترامب

وترى الصحيفة في المقابل أن الرئيس الأميركي دونالد ترامب حوّل الحزب الجمهوري إلى الحمائية الاقتصادية، مع أنه لم يكن بعيدا منها، وأسقط من كانوا في الوسط بين الحزبين الرئيسيين، وقسّم البلد بوقوفه ضد الديمقراطيين.

وتقول إن ترامب رفض أن يكون زعيما للعالم الحر، وغيّر السياسة العالمية بتضخيمه للتيار الشعبوي المناهض للهجرة والمعادي للأقليات، والممتد من البرازيل إلى بولندا .

وتضرب الصحيفة السويسرية الأمثلة بانسحاب الرئيس الأميركي من اتفاق باريس حول المناخ، ومن الاتفاق النووي مع إيران ، ومن الاتحاد العالمي للبريد .

وقالت إن ترامب حوّر دور الرئيس بمعاداته لمؤسسات بلاده العامة، كالمؤسسة العدلية والشرطة الاتحادية والصحافة، وحتى البنك المركزي ، مبديا في الوقت نفسه إعجابه بسياسيين سلطويين من أمثال الرئيس الروسي فلاديمير بوتين والصيني شي جين بينغ والكوري الشمالي كيم جونغ أون .

غش تجاري

وترى الصحيفة أن ترامب ذهب بعيدا باتهامه كل شركاء الولايات المتحدة التجاريين بالغش، محاولا -بنجاح إلى حد ما- أن يعقد اتفاقيات ثنائية مع بعض الدول، مثل كوريا الجنوبية و المكسيك و كندا التي تقدم له بعض التنازلات الطفيفة.

وترى الصحيفة أيضا أن ترامب سيعقد اتفاقية مشابهة مع الصين في الأسابيع القادمة، مما سيحدث تفاهما تجاريا، وربما في مجال حقوق الملكية الفكرية ، ولكن المشاكل الإستراتيجية ستبقى عالقة.

وتشير إلى أن الاتفاقيات التي تمت مع المكسيك وكندا أعادت بعض الألق لصورة ترامب، ورفعت شعبيته قبيل الانتخابات النصفية، وأوقفت المد الأزرق (الديمقراطيين)، مما يعطي أملا ببقاء مجلس الشيوخ بيد الجمهوريين حتى ولو فقدوا الأغلبية في مجلس النواب.

وتقول الصحيفة إن المؤتمر المنعقد في الرباط في 26 أكتوبر/تشرين الأول الجاري أبدى تشاؤما كبيرا، وخلص إلى أن الأمور ليست مشجعة بالنسبة للغربيين الذين سيعيشون فترة انتقالية تبدو مضطربة، وقد تقود إلى نهاية النظام العالمي الحالي.

 

 

 

North Korea optimal for smart city test bed: Maekyung Group chair

31/10/2018

Yoon Won-sup and Choi Mira,  Maeil Business Newspaper & mk.co.kr

North Korea could be an optimal place to test smart city development, and South Korea would be the best partner for the regime’s city development projects, said Chang Dae-whan, chairman of South Korea’s leading media organization Maekyung Media Group.

 

“Most of the North Korean land is underdeveloped and there is no regulation related to the fourth industrial revolution technologies needed to build smart cities in the country, so it can be an optimal test bed for smart cities,” Chang said at the 11th World Policy Conference (WPC) held last Sunday (local time) in Morocco.

 

He emphasized that South Korea that has an ample experience in developing smart cities abroad including Saudi Arabia would be able to provide the best support to the North once the sanctions are eased.

 

The WPC has been organized by French think-tank Institute of Foreign Relations (IFRI) since 2008 to provide a venue for world-renowned experts and political and business leaders to discuss major global issues.

 

“The establishment of smart cities in North Korea would not only help relieve the underdevelopment issue but also contribute to the global peace and prosperity,” said Chang.

 

Cities have been transformed as digital platforms where the fourth revolution technologies including blockchain and big data are realized, he added, citing the examples of South Korea’s Sejong and Busan cities. The country’s administrative city Sejong has been developing a platform that analyzes people’s emotions with help of brain science and big data. The southern port city Busan is conducting Eco-Delta City project to establish a platform to manage environmental resources.

Maroc-Espagne. La lune de miel continue

LesEco.ma

Écrit par NC à Madrid, Amal Baba Ali

Publication : 31 octobre 2018

Le chef du gouvernement espagnol devrait se rendre au Maroc les 10 et 11 décembre. Une visite qui vient consolider l’exemplarité des relations entre Rabat et Madrid sous le règne des socialistes.

Tout va bien entre le Maroc et l’Espagne. Les deux pays affichent ostentatoirement leur idylle. Mieux encore, Rabat et Madrid n’hésitent pas à crier fort leur volonté d’exporter leur modèle de coopération vers les pays de l’Afrique. De fait, les rencontres bilatérales se sont multipliées, ponctuées de déclarations élogieuses et d’égards flatteurs. Sur cette lignée, la visite du chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez devrait traduire ce rapprochement. Selon ce qu’a annoncé le ministre des Affaires étrangères et de la coopération espagnol, Josep Borrell, Sanchez devrait se rendre à Marrakech pour prendre part aux travaux de la Conférence internationale sur la migration, prévue les 10 et 11 décembre dans la ville ocre. Invité à prendre part au World Conference Policy, organisé à Rabat du 26 au 28, Josep Borrell, a rappelé le rôle joué par Madrid afin que Bruxelles mette la main à la poche.

«Le Maroc est un pays doté d’une grande capacité administrative et organisationnelle, mais tous ces efforts pour protéger ses frontières et réguler les flux migratoires coûtent cher et dans la mesure où cela a une valeur ajoutée pour les Européens, il est logique que nous contribuions à faire face à ce coût», rapporte le journal El Pais en citant le chef de la diplomatie espagnole. Le diplomate en chef espagnol a rappelé que cette méthode a été appliquée en Libye, en Turquie et qu’il est tout à fait normal que le Maroc réclame plus d’attention. «L’Espagne a réussi à ce qu’on prête attention au Maroc», s’est-il auto-félicité. «L’on parlait au début de 70 millions et nous avons pu atteindre le chiffre de 140 millions d’euros, la moitié en aides directes et l’autre en financement à travers des organisations de coopération», s’est-il réjouit.

«C’était dur de secouer les inerties administratives mais à la fin tout le monde a affiché une bonne volonté», a-t-il expliqué concernant les négociations ayant entouré l’octroi de fonds européens au royaume pour gérer la pression migratoire. Sur un autre registre, Borrell a estimé que le refoulement des migrants marocains arrivés en Espagne d’une manière irrégulière se développe d’une manière satisfaisante. «C’est un modèle à suivre pour le reste des pays européens confrontés à des flux migratoires. Si seulement l’Europe pouvait avoir des accords qui s’appliquent comme ceux signés avec le Maroc, tout sera beaucoup plus facile», s’est-il vanté.

Madrid attend toutefois des gestes de la part de son partenaire privilégié, comme s’empressent à le rappeler les responsables ibériques. Le rapatriement des mineurs marocains serait l’un des dossiers pour lequel le gouvernement du voisin souhaiterait que les autorités marocaines fassent un geste. Madrid évite de froisser son partenaire marocain à ce propos mais la pression monte en interne, surtout en cette époque pré-électorale. Même l’Andalousie, fief des socialistes a fini par demander le rapatriement des jeunes migrants originaires du royaume.

De même, Madrid apprécierait que Rabat lâche du lest à propos de la fermeture de la douane à Mélilia et que les autorités marocaines offrent une solution alternative qui tienne compte des intérêts des deux régions. Toutefois, le ciel des relations bilatérales pourrait s’assombrir à cause de quelques évènements cruciaux à venir. Les deux partenaires doivent surmonter l’épreuve de la ratification du protocole de pêche par le Parlement européen dans les prochains mois. La Commission du commerce international du Parlement européen doit rendre son rapport suite aux déplacements de ses membres à Dakhla en septembre dernier. Les avis sont partagés sur le contenu de ce document qui devrait être décisif durant le vote en commission, en novembre, suivi du vote en plénière en décembre.

Carlos Ghosn : Comment le Groupe Renault s’est installé à Tanger

31 octobre 2018

Publié par Aujourd’hui le Maroc

« Tout cela est parti d’une volonté politique du Maroc et de ses dirigeants de devenir une grande puissance dans l’industrie automobile et du fait que nous ayons saisi cette opportunité ».

Renault a clairement affiché ses ambitions de développer sa coopération avec le Maroc dans le domaine de l’industrie automobile. En témoigne la présence remarquée dans le pays de Carlos Ghosn, président-directeur général du Groupe Renault-Nissan, qui a déclaré lors de la World Policy Conference qui s’est déroulée à Rabat du 26 au 28 octobre 2018 : «Quand il y a une bonne coopération entre un groupe industriel et un pays dans un sens où le pays assure la compétitivité, l’industrialisation et assure l’emploi, on peut faire beaucoup de bonnes choses».

Tout en espérant donc pérenniser la présence de Renault au Maroc, il est revenu sur l’historique de cette coopération expliquant que l’hypothèse de Tanger est venue en 2006-2007. A l’époque, Renault cherchait à augmenter ses capacités en Roumanie où elle fabriquait des voitures à des prix abordables, dit-il. Le Groupe avait donc envisagé la possibilité d’augmenter ses capacités en Roumanie, en Turquie ou en Slovénie. C’était les trois sites que le groupe était en train d’étudier. A ce moment, Driss Jettou, qui était Premier ministre, s’est entretenu avec Carlos Ghosn lui affirmant que le Maroc est capable d’assurer cette augmentation de capacité. « Le Maroc à l’époque n’avait aucune tradition forte dans l’industrie automobile », explique le PDG en précisant que M. Jettou lui a assuré que le pays était prêt à remplir toutes les conditions pour que cela se fasse.

«Nous avons travaillé pendant 4 ou 5 mois. Le projet de Tanger est né. Il produit actuellement 340.000 voitures par an. La première usine d’Afrique exporte 80% de sa production, transformant le Maroc en une puissance de l’industrie automobile. Nous allons avoir une capacité de production de 500.000 voitures par an faisant du pays l’un des principaux pôles de production de Renault. L’industrie automobile est devenue le premier secteur exportateur du pays». Et de poursuivre : « Tout cela est parti d’une volonté politique du Maroc et de ses dirigeants de devenir une grande puissance dans l’industrie automobile et du fait que nous ayons saisi cette opportunité ». Les ambitions du groupe au Maroc ne s’arrêteront pas là puisqu’il y a deux jours le constructeur a annoncé le doublement de capacité de la Somaca qui va passer de 75.000 à 150.000 voitures.

Somaca et Tanger. Que produiraient-elles d’inédit ?

LesEco.ma

Écrit par Jalil BENNANI

Publication : 31 octobre 2018

Au-delà de l’annonce d’un doublement capacitaire à la Somaca, la forte présence industrielle du groupe Renault dans le royaume recèle un potentiel quant à la production d’autre chose que des Dacia. Sur plusieurs scénarii possibles, voici quelques pistes.

Largement couverte par les médias nationaux, la récente venue du président du Groupe Renault et de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi était motivée par plusieurs raisons à la fois. Outre qu’elle coïncidait avec la tenue du World Policy Conference et qu’elle était prévue dans son agenda (à l’instar des autres effectuées dans les filiales mondiales du groupe), la visite de Carlos Ghosn avait d’abord pour but de s’enquérir des équipes locales, de leur travail et surtout des avancées réalisées sur le plan industriel. L’homme fort de Renault est ensuite venu annoncer le doublement de la capacité de production de la Somaca qui, rappelons-le, produira non plus 80.000 unités par an (75.808 en 2017), mais 160.000 véhicules à l’horizon 2022. Au-delà de cette annonce et de ce qui en découle (viabilité du partenariat Renault-gouvernement marocain, création d’emplois supplémentaires, amélioration des exportations, avenir de l’usine casablancaise…), la forte présence industrielle du groupe Renault interpelle et suscite les interrogations. À commencer par celle de savoir si «les usines marocaines du groupe ne produiront que des Dacia ?». À cette question formulée directement à Carlos Ghosn par Les Inspirations ÉCO, celui-ci répond que «les plans de productions pour les 5 prochaines années ne sont pas encore définis». Quant à la diversification des modèles sur les lignes de montage, Ghosn tranche «la diversification, je n’aime pas trop, parce que plus l’usine est concentrée sur un petit nombre de produits, plus elle est efficace». Du coup, il est peu probable de voir à la Somaca ou à Tanger le montage d’un énième modèle de Dacia, comme le Duster par exemple. «L’augmentation des Sandero et Logan produites au Maroc permet de dégager de la capacité pour le Duster à Piteste (NDLR : l’usine-mère de Dacia)», éclaire une source interne sous-couvert de l’anonymat. Puis d’ajouter : «produire un nouveau modèle fait augmenter les risques négatifs sur la qualité, or actuellement nous sommes intransigeant sur cette question car c’est précisément la bonne qualité de nos Dacia qui leur permet de s’exporter avec succès en Europe». Du coup, comment évoluerait la stratégie industrielle du Groupe Renault ou de l’Alliance au Maroc ? Cela, d’autant plus que Tanger est encore «loin» de ses limites, estime le président de l’Alliance. Une autre question à laquelle aucune réponse claire n’est donnée pour le moment. «Tanger est d’abord un site Renault, donc il y a une priorité à ses marques Dacia et Renault, mais c’est aussi un site qui est tout à fait capable de servir à n’importe quelle marque de l’Alliance». Ghosn fait ici une allusion à Nissan mais aussi à Mitsubishi. Les deux marques japonaise de l’Alliance ont leur place au Maroc, surtout Nissan qui, au-delà de son potentiel commercial sur le marché national, pourrait profiter d’une implantation stratégique à l’aune du Brexit. En même temps, «Tanger est une usine moderne», explique Ghosn. Une façon de dire qu’elle est capable de produire des modèles de la gamme Renault et même un jour, des véhicules électriques. Qui vivra, verra !

Maroc: Le Maroc, partenaire incontournable pour régler la question migratoire

30.10.2018

H.T., AllAfrica 

La World Policy Conference débat des approches et partenariats à même de permettre de relever les défis

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, de l’UE et de la Coopération, Josep Borrell, et son homologue marocain, Nasser Bourita, ont convenu de continuer à faire progresser la coopération en matière d’immigration sur la base de la « responsabilité partagée », et ce dans le cadre d’une réunion tenue samedi à Rabat et au cours de laquelle ils ont examiné différentes affaires internationales.

Selon un communiqué du ministère espagnol des Affaires étrangères relayé par Europa Press, Josep Borrell a participé à la 11ème édition de la World Policy Conference (WPC) tenue sous le thème « Europe: quelques enjeux stratégiques » et organisée du 26 au 28 octobre à Rabat pour débattre des principaux défis auxquels fait face la communauté internationale.

Profitant de ce déplacement, les chefs de diplomatie de l’Espagne et du Maroc ont tenu une réunion bilatérale au cours de laquelle ils ont passé en revue les questions d’intérêt commun « réaffirmant l’engagement de continuer à approfondir les excellentes relations entre l’Espagne et le Maroc et leur caractère stratégique ». Ils ont également convenu de continuer à promouvoir le partenariat entre l’UE et le Maroc et entre l’Europe et l’Afrique.

S’agissant de la question migratoire, Josep Borrell et Nasser Bourita ont lancé un appel à la coopération, tant au niveau bilatéral que multilatéral, sur le « principe de la responsabilité partagée », notamment dans la perspective du Forum des Nations unies que Marrakech accueillera en décembre.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères a également confirmé que les crises libyenne et syrienne et la question du Sahara marocain figuraient parmi les questions d’intérêt régional abordées lors de ladite réunion.

Dans un entretien avec la MAP, Josep Borrell a indiqué que cette séance de travail a été une occasion de discuter de la migration et de la coopération maroco-espagnole, relevant que la migration en provenance de l’Afrique subsaharienne représente un problème majeur pour l’Europe.

Evoquant le rôle joué par le Royaume en faveur du développement de l’Afrique, il a souligné que l’Europe est tenue de prendre « beaucoup plus » au sérieux le continent africain, notant que « l’Afrique devrait être un objectif fondamental de l’action économique européenne ».

Le ministre espagnol a, à cet égard, mis l’accent sur l’importance de l’entraide pour résoudre le problème migratoire, estimant que la construction de murs frontaliers ne contribue pas à mieux gérer les flux migratoires, tout en se félicitant de l’organisation à Rabat de cette édition du WPC, ce qui « reflète la place qu’occupe le Maroc à l’échelle internationale » dans plusieurs domaines.

Pour sa part, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl, a déclaré lors d’une séance plénière tenue dans le cadre de la WPC, que la voie choisie par l’Union européenne (UE) s’articule autour de l’établissement de réseaux plus étoffés entre l’UE et ses partenaires.

La ministre a également insisté sur le renforcement des partenariats pour une connectivité durable, notamment avec les pays asiatiques, précisant que cette approche pourrait relever des défis au profit des citoyens, tant en Europe qu’en Asie.

Ainsi et afin d’établir des partenariats stratégiques structurants, elle a insisté sur la nécessité d’appliquer les règles relatives à la transparence, notamment en ce qui concerne les modes de passation des marchés publics, appelant au respect des règles de la concurrence de la propriété intellectuelle et au partage des risques.

Après avoir mis l’accent sur les relations sino-européennes, la ministre autrichienne a estimé que l’Europe et la Chine s’entendent mutuellement sur des principes essentiels, tout en mettant en place une méthodologie qui respecte les intérêts des citoyens, relevant que leur initiative pourra développer la reconstruction d' »un multilatéralisme efficace » pour relever les défis actuels.

Il convient de signaler que la 11ème édition de la World Policy Conference réunit plus de 250 personnalités de haut niveau, provenant de plus de 40 pays et de divers horizons, en vue d’échanger des réflexions, préoccupations et solutions autour des bouleversements incessants que connaît le monde.

Les travaux de cette édition ont porté sur les enjeux du commerce international, l’éducation, le développement de l’Afrique, les questions énergétiques et le climat, l’état de l’économie mondiale et d’autres sujets.

Fondé en 2008 par Thierry de Montbrial, président de l’Institut français des relations internationales (Ifri), cet événement international a été classé 3ème meilleure conférence de think tank au monde en 2017, d’après le Global Go-To Think Tanks Index de l’Université de Pennsylvanie.

Sékou Koureissy Condé : “ The Implication of Women in Development is a Priority”

30.10.2018

Afrika News

During the World Policy Conference that took place from October 26 to October 28 in Rabat, Morocco, we met up with Sékou Koureissy Condé, the former minister of security of the Republic of Guinea.

The President of the African Crisis Group, in Ouagadougou, Sékou Koureissy Condé is today a renowned expert in the prevention and in the resolution of conflicts in Africa. Here’s our interview with the peace ambassador.

What is the long term-plan of African Crisis Group?

Once we have attained recognition in Africa as an independent structure of mediation, and crisis resolution, we developed a proximity to civil society organizations in Africa. We started by launching a few projects such as the creation of a civil society hub and the conception of a meeting project between these organizations.

In the coming years, we are working as a think tank to develop a cross-regional awareness campaign and provide the African civil society with a collaborative mechanism to tackle the key issues that interest us.

How do you plan on dealing with Africa’s upcoming population boom?

Africa’s population boom is an asset insofar as other continents are concerned: Europe, Asia, and particularly China are demographically stagnating.

However, this has to be a progressive element for the development and peacebuilding in Africa. The question is how to stay in Africa and how to make it a continent of migration instead of immigration.

It is about how others could come to Africa to share with us our experiences and our abilities in terms of demography and natural resources.  It is also how to focus on the technology learning and the input of Europe and other contributions to establish transparent partnerships in the fields of technology and wealth creation.

All of this depends, once again, on African governance and democracy and on the strategic projects that we would be able to envision for youth’s employment and integration.

What are the strategies developed by African Crisis Group to make African countries more “startup friendly” for young people?

The African Crisis Group is a consulting firm with an associative status working on promoting youth and developing their skills. The danger that we are facing today is related to youth’s disorientation by the African political class.

Young people need to be placed in a context of work, business creation, responsibility and of encouragement so they could be empowered to develop their own startups with a focus on the digital field.

We need to create and cultivate an entrepreneurial mindset to convince young people of their abilities to create small-scale activities even in their villages with the encouragement of the African governments including universities, schools, banks… it has to be a priority for the African governance.

What are the projects that the African Crisis Group is developing in order to help the marginalized and powerless women living in rural areas?

African Crisis group is a structure of listening and support. We are focused on areas at risk and conflicts zones via procedures of mediation, awareness, and education. That said, local development is a major issue in Africa. Across Africa and through our different networks, we don’t have a direct influence on “women” initiatives in terms of craftsmanship, breeding, agriculture, and fishing, but we are sensible towards their issues and concerns and we are only relaying what we have observed on the spot.

Nous visitons souvent les pays à risque, comme le Mali, le Burkina et bien sur la Guinée, et, l’occasion nous a été souvent donné pour rencontrer les ONG féminines avec lesquelles nous échangeons. Nous ne pouvons pas parler de développement sans assurer la sécurité. En ce qui concerne les femmes, il s’agit de sécurité humaine et financière, et dans ce cas, nous servons d’intermédiaire pour les mettre en relation avec des organisations compétentes et appropriées à leurs attentes.

The implication of women in development and the establishment of subjective and objective conditions for a better production, is a priority that we share.

We often visit countries at risk like Mali, Burkina Faso and of course Guinea as we usually got the opportunity to meet and network with women’s NGOs.

We can’t talk about development without ensuring security.

As far as women are concerned, it’s about human and financial security, and in this case, we intervene as an intermediary to help them reach the competent and appropriate organisations they need.  

How do you plan on raising awareness through civic education and how do you plan on engaging the citizens ?

The role of African civil society organisations is extremely important, but unfortunately, it is still marginalized. African governments shouldn’t neglect them, instead, they should focus on  promoting and consolidating these organizations. For instance, Mali is in conflict since 2012, and such is the case for Burkina Faso, as the country is confronting repetitive terrorist attacks.

No country in West Africa is spared from these threats. When Burkina Faso is affected, all of West Africa is affected.

Civil society organisations working near borders and with a direct interaction with the peasants need to create a synergy, together to consider alternative solutions.

Economic, diplomatic, political and financial responses did not achieve the required results.  It is the implication of the civil society that can have a real added value, especially that most of the organizations are very advanced and motivated with experienced individuals and engaged youth.

Together, we can find real solutions.

Police brutality is an important issue in Guinea. What do you think is the solution to cease violence between the state and the citizens ?

It is with great concern that we are observing a crisis of trust between the state and the citizens in Guinea. Poorly supervised demonstrations often end up in regrettable violent scenes. What’s more regrettable is the state of mind in which all of this is happening.

There has to be restraint, the Guinean state has to take into consideration the persistence of this phenomenon of violence and agitation in order to definitely consider what we call a “national dialogue”. We need to get everyone to trust each other and ensure that all of the factors and structures are in engaged in the dialogue, in the easing of tension and in the promotion of peace so we can focus on real issues.

Guinea is a country that has great potential, a promising demography, but instability is slowing it down. We cannot encourage this especially that there are solutions that could be considered. It’s the state that has the means to means to bring the citizens and the state closer.

Democracy and governance are the questions, that in my opinion, should be redefined in Africa. We have been independent for sixty years. Our issues should be about development, technology, education,… as if our independence was only founded the basis of political work.

Democracy is based on the history of nations and draws its resources from the history of the concerned societies. From this point, we have a model of democracy presented, which is possible, a model that allows to live all together in peace.

Maroc : Défilé de ministres espagnols et toujours pas de visite d’Etat pour Pedro Sánchez

30.10.2018

Yabiladi 

Chef du gouvernement espagnol depuis juin, Pedro Sánchez attend toujours d’effectuer sa visite au Maroc. En attendant, le royaume assiste à un chassé croisé de ministres espagnols.

Les rencontres et échanges entre le Maroc et l’Espagne, alliés stratégiques, ne cessent de se multiplier. En attestent les nombreuses visites de membres de l’exécutif et de délégations ibériques au Maroc. Ce mardi, la ministre espagnole de la Justice, Dolores Delgado, est en visite dans le pays, pour rencontrer son homologue marocain, Mohamed Aujjar.

Durant son séjour, Delgado s’entretiendra avec le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, Mustapha Fares, et le procureur général du roi près la Cour de cassation, Mohamed Abdenabaoui, ainsi que le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki et Hakim Benchemass, président de la Chambre des conseillers.

Pas moins de trois visites en un mois

Selon des sources diplomatiques consultées par l’agence de presse espagnole EFE, la visite de la ministre espagnole intervient à l’occasion du dixième anniversaire d’échange d’informations entre les juges de liaison espagnols et marocains dans les ambassades respectives. Parmi les sujets qui seront abordés, «l’accélération et la résolution de problèmes en matière de coopération judiciaire», précise la même source.

Cette visite intervient quelques jours après la participation de Josep Borrell, ministre espagnol des Affaires étrangères, à la «World Policy Conference» qui s’est tenue à Rabat. Peu avant, ses consœurs, Ana Botella et Consuelo Rumi, secrétaires d’Etat à la migration et à la sécurité, étaient à Essaouira pour la 18e réunion du groupe migratoire mixte maroco-espagnol.

Ces multiples visites se font dans un contexte très tendu. Entre la lutte antiterroriste et la gestion des flux migratoires, les deux pays plaident pour une collaboration plus étroite. L’autre sujet houleux et qui a été abordé à Essaouira par les deux secrétaires d’Etat n’était autre que la surveillance des frontières aux niveaux des deux enclaves espagnoles, Ceuta et Melilla, ainsi que la lutte contre le trafic de migrants.

Toujours dans l’attente d’une visite d’Etat

Depuis l’investiture de Pedro Sánchez, nombreux sont les ministres espagnols qui ont été dépêchés au Maroc. Cependant, le chef du gouvernement ibérique peine toujours à concrétiser cette visite officielle. Les premières semaines après son investiture, Pedro Sánchez a en effet dérogé à la règle en se rendant à Paris pour sa première visite d’Etat. Il avait annoncé avoir accordé à El Othmani la première communication téléphonique depuis son investiture, tout en affirmant à la télévision qu’il ne se rendrait pas tout de suite au Maroc, comme le veut la tradition. Il s’agit d’une première, car depuis 1983, avec Felipe Gonzaléz (président du gouvernement entre 1982 et 1996), se rendre au Maroc comme première visite à l’étranger est devenu une convention.

En août dernier, les médias ibériques spéculaient sur une visite du chef du gouvernement espagnol au Maroc. Selon le quotidien espagnol El Mundo, une intervention de l’ancien chef de l’exécutif ibérique, José Luis Rodriguez Zapatero, aurait même été orchestrée. Des sources proches consultées par le quotidien indiquent que le socialiste, qui a été reçu au Palais Marchane à Tanger à l’occasion de la fête du Trône, se serait même «entretenu avec le roi Mohamed VI pour finaliser la visite officielle de Pedro Sánchez au Maroc». Une visite qui devait faire l’objet de discussions entre Rabat et Madrid, mais qui n’a toujours pas eu lieu.

En septembre dernier, c’était au tour du site El Confidencial d’affirmer que l’exécutif espagnol préparait un déplacement de son chef. La visite aurait été prévue pour «la première quinzaine du mois de septembre», selon des sources consultées par le média. Là encore, les informations se sont avérées erronées.  

Par ailleurs, la visite du roi d’Espagne au Maroc n’a toujours pas été fixée. La dernière date de 2014. Depuis, reports après reports, le Maroc et l’Espagne attendent toujours de se réunir à Rabat.

Automobile : Renault mise encore plus sur le Maroc

30/10/2018

Le Point Afrique

Avec un nouvel objectif de 500 000 véhicules produits par an, la firme française accroît l’importance de son outil industriel en terre chérifienne.

L’industrie automobile est devenue le premier secteur d’exportation du Maroc.

© AFP

Le Maroc, futur pôle de production de prédilection pour Renault ? Les dernières déclarations de son PDG, Carlos Ghosn, vont en tout cas en ce sens. « Nous allons avoir une capacité de production au Maroc de 500 000 véhicules par an », a-t-il déclaré samedi, à Rabat, lors de la 11e édition de la World Policy Conference (WPC). L’événement permet à 250 personnalités issues de divers horizons d’échanger, entre autres, sur les défis économiques majeurs des cinq prochaines années, sur le développement de l’Afrique ainsi que sur des sujets climatiques. S’il atteint un tel chiffre, le royaume deviendrait alors « un des principaux pôles de production de la marque automobile », a indiqué le dirigeant du groupe français. Pour l’atteindre, l’entreprise souhaite ainsi doubler la capacité de son usine de Casablanca. De 80 000 véhicules actuellement, elle passerait à 160 000 d’ici à 2022.

Entre demande marocaine… et export

Un nouvel objectif, donc, qui vise d’abord à répondre à une demande croissante des Marocains. Sur les neuf premiers mois de l’année en cours, une forte hausse des ventes de véhicules Dacia du constructeur a d’ailleurs été constatée, d’après des informations obtenues par le journal Les Échos. Vendredi, Carlos Ghosn a également affirmé que Renault au Maroc est l’exemple d’une « bonne coopération entre un groupe industriel qui apporte les investissements et l’emploi et un pays qui assure la compétitivité ». Et pour cause, l’industrie automobile est devenue le premier secteur exportateur au Maroc, devant les phosphates. En 2017, elle a en effet enregistré une croissance de 7,3 %. Illustration de ce dynamisme, l’usine de Tanger – la première d’Afrique – produit aujourd’hui 340 000 voitures par an, devenant par la même une véritable plateforme d’exportation, avec plus de 60 % de sa production destinée à l’export.

Pour rappel, l’entreprise française possède aujourd’hui des usines en Roumanie, en Slovaquie et en Turquie. Une stratégie mise en œuvre par Renault mais également par d’autres constructeurs. De quoi lui permettre de figurer parmi les constructeurs automobiles les plus rentables au monde. Nul doute que l’arrivée de PSA, le groupe Peugeot, à Kénitra constituera un nouveau challenge de concurrence, mais, chez Renault, on est serein car, incontestablement, on semble avoir trouvé la bonne formule pour durer.

北 비핵화? 환상서 깨어나 현실 직시해야 » 북한세션 연사들 제언 왕지쓰 中베이징대 교수 « 핵무기 완전포기 안할 듯 »

30/10/2018

Kim Myungsoo / Yoon Woo-seop,  Maeil Business Newspaper & mk.co.kr

◆ 제11회 세계정책콘퍼런스 ◆

 

글로벌 석학과 오피니언 리더들은 북한 문제에 대해 한국, 미국 등 관련국 정부가 이상적 시나리오를 가정해 접근하고 있다고 진단하며 장기적인 한반도 평화와 번영을 위해 냉철하고 현실적인 정책을 펼쳐야 한다고 조언했다. 이는 지난 27일(현지시간) 모로코 라바트에서 열린 제11차 세계정책콘퍼런스(WPC) `북한` 세션에 참가한 연사들의 제언이다.

 

왕지쓰 중국 베이징대 국제관계학원 원장은 « 북한이 완전한 비핵화를 할 것이라는 환상에서 벗어나야 한다 »며 « 북한은 최대 무기이자 협상력인 핵무기를 결코 쉽게 포기하지 않을 것 »이라고 주장했다.

 

왕 원장은 이어 « 미국 정부가 북한의 비핵화 약속을 믿고 북한에 구애하는 상황인데, 이는 자칫 북한의 협상력을 높여주는 결과를 초래해 결국 미국 입장에서 아무것도 얻지 못하는 결과를 초래할 수 있다 »고 경고했다.

그는 또 « 이 같은 상황은 중국과 한국 등 주변국에도 대북 문제에 불리한 영향을 미칠 수 있다 »고 덧붙였다. 차히아긴 엘베그도르지 전 몽골 대통령은 « 미국과 북한, 한국과 북한 간 정상회담을 보면서 우리가 간과하는 것이 바로 가난하고 억압받는 북한 사람들이다. 북한 내 인권 문제를 언급하지 않으며 북한 문제를 제대로 풀기는 어려울 것 »이라면서 « 이번 북한과의 평화협상 과정에서 유일한 승자는 오직 김정은 국무위원장이다.

 

 

김 위원장의 외교전략에 순진하게 말려들어서는 안된다 »고 강조했다.

 

임성준 전 한국국제교류재단 이사장은 북한과의 협상에서 주도권이 이미 북한으로 넘어간 것으로 분석했다. 당초 미국은 북한에 대해 불가역적 비핵화를 요구했으나 어느 순간 북한 요구대로 완전한 북한 비핵화가 아닌 한반도의 비핵화로 목표가 바뀌었다는 설명이다. 임 전 이사장은 이를 두고 « 도널드 트럼프 미국 대통령이 `북한의 언어`를 사용하게 된 것 »이라며 « 만일 북한의 비핵화가 아닌 한반도의 비핵화를 목표로 한다면 한국은 미국이 제공하는 `핵우산`을 포기해야 할지도 모르는 상황에 처하게 될 것 »이라고 우려했다.

 

[라바트(모로코) = 김명수 기자 / 윤원섭 기자]

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« 전세계 분열은 트럼프 탓…금융위기 또 오면 美 대응 못할 것 »

30/10/2018

MK News

글로벌 리더들 `미들파워 부상` 한목소리

 

미국과 중국 세력대결로

글로벌 리더십 공백 생겨

한국등 중진국이 역할해야

 

AI 등 4차 산업혁명 기술

新세력균형 원동력 될 것

 

일부선 « 시스템 갖춘 미국

트럼프 재선 혼란 이겨낼것 »

김명수, 윤원섭 기자

지난 26일(현지시간) 모로코 라바트에서 개최된 제11회 세계정책콘퍼런스 `향후 5년간 주요 경제적 도전과제` 세션에서 참가자들이 토론을 하고 있다. 왼쪽부터 제프리 프리든 하버드대 교수, 케말 데르비슈 브루킹스연구소 선임연구원, 마커스 놀런드 피터슨연구소 부소장, 사공일 세계경제연구원 이사장, 차오이더 상하이개발연구재단(SDRF) 부회장. [윤원섭 기자]

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« 전 세계는 극심한 분열의 시대에 진입했다. 기술의 발달과 더불어 분권화된 세계에서 새로운 균형을 찾는 게 급선무다. »

 

글로벌 오피니언 리더들은 현재 전 세계가 처한 상황을 `분열과 분리의 시대`로 정의했다. 도널드 트럼프 미국 대통령이 `미국 우선주의`를 내세우며 미·중 무역갈등을 일으키고 있는 가운데 미국의 리더십이 약해지자 새로운 대항 세력의 필요성이 제기됐다.

미국과 중국, 이른바 G2 중심의 글로벌 지배구조에서 양국의 글로벌 리더십이 부재하자 한국 등 중진국들이 더 큰 역할을 할 수 있다는 설명이다.

 

지난 26일(현지시간) 모로코 라바트 소피텔자르댕 호텔에서 개최된 제11회 세계정책콘퍼런스(World Policy Conference·WPC) 개막식에서 아마두 공 쿨리발리 코트디부아르 총리는 협력의 부재를 현 글로벌 지배구조의 핵심 이슈로 꼽았다. 쿨리발리 총리는 « 최근 국가 간 협력 부족에도 불구하고 테러리즘은 물론 특정 국가와 외국인을 배격하는 배타주의와 고립주의가 확산되는 것을 국제 공조를 통해 막아야 한다 »고 역설했다.

 

미셸 아운 레바논 대통령은 « 그 어느 때보다 지금만큼 국제 공조 부재로 인한 국가 간 긴장감이 고조된 적이 없었다 »며 « 레바논은 외교력뿐만 아니라 전방위적 영역에서 글로벌 지배구조 재건을 위해 노력할 것 »이라고 말했다.

 

글로벌 지배구조의 빈 공간은 무엇보다 미국의 리더십 부재에 기인했다는 게 대다수 분석이었다.

 

제프리 프리든 하버드대 교수는 « 개방경제가 제2차 세계대전 이후 최대 위기 상태에 처했다 »고 진단하고 « 이 같은 위기는 트럼프 행정부에서 미국의 리더십 부재가 큰 역할을 했다 »고 밝혔다.

 

마이클 풀릴러브 호주 로위연구소 소장은 « 트럼프 대통령은 정상적인 외교를 하기보다 제로섬 철학에 기반해 이기는 데만 관심이 있다 »며 « 만일 2008년 같은 금융위기가 발생한다면 트럼프 대통령이 지금과 같은 역량으로는 대응하기 매우 어려울 것 »이라고 경고했다. 그는 이어 « 특히 미국이 대중국 관계에서 신냉전 정책을 펼침에 따라 향후 양국 관계가 심각한 충돌 양상으로 전개된다면 엄청난 후폭풍이 닥칠 것 »이라고 경고했다.

 

티에리 몽브리알 WPC 의장은 « 단일 긴축통화로서 달러의 지위가 심각한 도전을 받고 있다 »며 « 패권국의 영향력을 벗어나 중진국과 같은 새로운 세력이 글로벌 지배구조에서 더 큰 역할을 하게 될 것 »이라고 전망했다. 왕지쓰 베이징대 국제관계학원 원장은 « 트럼프 대통령은 미국뿐만 아니라 전 세계에 분열 세력(divisive force)이 됐다 »고 진단했다. 왕 원장은 그 증거로 △전 세계적 현상인 포퓰리즘 부상 △독재정권 확산 △국가 간 지정학 주도권 경쟁 심화 등을 꼽았다.

 

글로벌 리더십의 부재는 정치뿐만 아니라 경제 문제에서도 여러 문제점을 노정시켰다는 게 전문가들 의견이다.

 

사공일 세계경제연구원 이사장은 « 미·중 무역전쟁이 이어지는 가운데 미국의 리더십이 보이지 않는 상태에선 자유무역과 금융 안정성이 심각하게 위협받고 있다 »며 « 여기에 선진국 중앙은행의 긴축 통화 정책과 맞물려 또 다른 금융위기 가능성이 제기된다 »고 전망했다.

 

트럼프 대통령으로 인한 미국의 리더십 부재가 글로벌 지배구조를 약화시키는 요인이지만 결국 미국의 리더십은 트럼프 대통령을 초월해 영향력을 미칠 것이라는 분석이 많았다. 류진 풍산그룹 회장은 `트럼프 30대30대40 공식`을 소개했다.

즉 트럼프의 말은 30%는 믿고, 30%는 검증해야 하고, 나머지 40%는 믿을 수 없다는 말이었다. 류 회장은 아울러 트럼프 대통령의 재선 여부와 관계없이 미국 시스템이 트럼프를 능가할 것으로 확신했다.

 

이 같은 글로벌 지배구조의 혼란 속에 4차 산업혁명 기술이 탈중앙화된 구조에 맞게 새로운 균형을 찾아줄 것이라는 기대가 많았다. 케말 데르비슈 브루킹스연구소 선임연구원은 « 인공지능(AI), 블록체인 등 4차 산업혁명 기술은 탈중앙화된 세계에 걸맞은 경제성장을 가져다줄 것이고, 결국 G2 중심의 지배구조를 벗어나 새로운 세력 균형으로 이어질 것 »이라고 말했다.

 

[라바트(모로코) = 김명수 기자 / 윤원섭 기자]

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Le Maroc, partenaire incontournable pour régler la question migratoire

Libération.ma – 30 octobre 2018

La World Policy Conference débat des approches et partenariats à même de permettre de relever les défis

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, de l’UE et de la Coopération, Josep Borrell, et son homologue marocain, Nasser Bourita, ont convenu de continuer à faire progresser la coopération en matière d’immigration sur la base de la « responsabilité partagée », et ce dans le cadre d’une réunion tenue samedi à Rabat et au cours de laquelle ils ont examiné différentes affaires internationales.                                                  

Selon un communiqué du ministère espagnol des Affaires étrangères relayé par Europa Press, Josep  Borrell a participé à la 11ème édition de la World Policy Conference (WPC) tenue sous le thème « Europe: quelques enjeux stratégiques » et organisée du 26 au 28 octobre à Rabat pour débattre des principaux défis auxquels fait face la communauté internationale.

Profitant de ce déplacement, les chefs de diplomatie de l’Espagne et du Maroc ont tenu une réunion bilatérale au cours de laquelle ils ont passé en revue les questions d’intérêt commun « réaffirmant l’engagement de continuer à approfondir les excellentes relations entre l’Espagne et le Maroc et leur caractère stratégique ». Ils ont également convenu de continuer à promouvoir le partenariat entre l’UE et le Maroc et entre l’Europe et l’Afrique.

S’agissant de la question migratoire, Josep Borrell et Nasser Bourita ont lancé un appel à la coopération, tant au niveau bilatéral que multilatéral, sur le « principe de la responsabilité partagée », notamment dans la perspective du Forum des Nations unies que Marrakech accueillera en décembre.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères a également confirmé que les  crises libyenne et syrienne et la question du Sahara marocain figuraient parmi les questions d’intérêt régional abordées lors de ladite réunion.

Dans un entretien avec la MAP, Josep Borrell a indiqué que cette séance de travail a été une occasion de discuter de la migration et de la coopération maroco-espagnole, relevant que la migration en provenance de l’Afrique subsaharienne représente un problème majeur pour l’Europe.

Évoquant le rôle joué par le Royaume en faveur du développement de l’Afrique, il a souligné que l’Europe est tenue de prendre « beaucoup plus » au sérieux le continent africain, notant que « l’Afrique devrait être un objectif fondamental de l’action économique européenne ».

Le ministre espagnol a, à cet égard, mis l’accent sur l’importance de l’entraide pour résoudre le problème migratoire, estimant que la construction de murs frontaliers ne contribue pas à mieux gérer les flux migratoires, tout en se félicitant de l’organisation à Rabat de cette édition du WPC, ce qui « reflète la place qu’occupe le Maroc à l’échelle internationale » dans plusieurs domaines.

Pour sa part, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl, a déclaré lors d’une séance plénière tenue dans le cadre de la WPC, que la voie choisie par l’Union européenne (UE) s’articule autour de l’établissement de réseaux plus étoffés entre l’UE et ses partenaires.

La ministre a également insisté sur le renforcement des partenariats pour une connectivité durable,  notamment avec les pays asiatiques, précisant que cette approche pourrait relever des défis au profit des citoyens, tant en Europe qu’en Asie.

Ainsi et afin d’établir des partenariats stratégiques structurants, elle a insisté sur la nécessité d’appliquer les règles relatives à la transparence, notamment en ce qui concerne les modes de passation des marchés publics, appelant au respect des règles de la concurrence de la propriété intellectuelle et au partage des risques.

Après avoir mis l’accent sur les relations sino-européennes, la ministre autrichienne a estimé que l’Europe et la Chine s’entendent mutuellement sur des principes essentiels, tout en mettant en place une méthodologie qui respecte les intérêts des citoyens, relevant que leur initiative pourra développer la reconstruction d' »un multilatéralisme efficace » pour relever les défis actuels.

Il convient de signaler que la 11ème édition de la World Policy Conference réunit plus de 250 personnalités de haut niveau, provenant de plus de 40 pays et de divers horizons, en vue d’échanger des réflexions, préoccupations et solutions autour des bouleversements incessants que connaît le monde.

Les travaux de cette édition ont porté sur les enjeux du commerce international, l’éducation, le développement de l’Afrique, les questions énergétiques et le climat, l’état de l’économie mondiale et d’autres sujets.

Fondé en 2008 par Thierry de Montbrial, président de l’Institut français des relations internationales (Ifri), cet événement international a été classé 3ème meilleure conférence de think tank au monde en 2017, d’après le Global Go-To Think Tanks Index de l’Université de Pennsylvanie.

Fathallah Oualalou : « Il est important de s’ouvrir à l’Asie »

30 octobre 2018

Publié par Ouchagour Leila, Aujourd’hui Le Maroc

Entretien avec Fathallah Oualalou, ancien ministre de l’économie et des finances

Quand la Chine s’éveillera …le monde tremblera. En moins d’un siècle, l’Empire du Milieu s’est transformé en une économie en pleine croissance puis une puissance économique mondiale. C’est l’évènement économique du début du XXIe siècle. Cette transformation interpelle le Maroc, le Maghreb, l’Afrique et l’espace sud-méditerranéen. Présent lors de la World Policy Conference qui s’est déroulée à Rabat du 26 au 28 octobre 2018, Fathallah Oualalou, ancien ministre de l’économie et des finances et auteur de «La Chine et nous», a répondu à nos questions sur les leçons que nous devrions tirer de la grande transformation que vit la Chine et les défis qui attendent le monde actuel.

ALM : Le monde actuel est en constante mutation. Selon vous quels sont les grands défis auxquels il faudra faire face dans les prochaines décennies ?

Fathallah Oualalou : Je tiens tout d’abord à dire que c’est important que la World Policy Conference se tienne au Maroc. Maintenant pour ce qui est des problématiques qui se posent pour le monde actuel, on pourrait s’interroger dans ce sens sur les tendances et les difficultés qui sont liées aux mutations que connaît le monde. Pour les trente prochaines années, les tendances sont assez claires à commencer par la grande confrontation économique et certainement géopolitique entre la Chine et les Etats-Unis. Le monde d’hier était bipolaire (USA-URSS), celui d’aujourd’hui est unipolaire et celui de demain sera certainement multipolaire avec la Chine et les USA. Autre grand défi, celui de s’adapter aux grands changements apportés par la révolution numérique. Celle-ci est menée en grande partie par les Etats-Unis mais aussi par la Chine. Cette guerre commerciale va de plus en plus s’orienter vers une guerre technologique.

Quelles sont les réponses que nous en tant que Marocains devrons trouver pour ces évolutions ?

Nous devrons nous, en tant que Marocains, Maghrébins, Méditerranéens et Africains, essayer de trouver une réponse aux risques liés à ces changements. Ainsi, le déplacement du centre de rayonnement de l’économie va vers l’Asie et il est certain que cette guerre commerciale va entraîner une solidarité entre les économies asiatiques, ce que j’appelle «l’asiatisme» avec le rapprochement entre le Japon, la Corée et la Chine (malgré les contradictions qui peuvent exister entre ces pays). Partant de là, il faut rester optimiste dans la mesure où l’Afrique à laquelle nous appartenons intéresse le monde entier. Il faut savoir que le 21ème siècle et pour des considérations avant tout démographique va être africain. A titre d’exemple, l’urbanisation massive que le monde va connaître dans les années à venir sera en grande partie en Afrique. Ce continent attire les investisseurs chinois. Comme vous le savez, la Chine est actuellement en train de construire «sa route de la soie». Celle-ci passe en grande partie par l’Afrique. Par conséquent, le Maroc en tant que pays africain et en même temps faisant partie de l’approche euro-méditerranéenne peut avoir un rôle important dans cette transformation.

En quoi justement pourra consister le rôle du Maroc dans cette nouvelle configuration ?

La place du Maroc dans ce contexte est liée à sa géographie. Par la force des choses, nous sommes un pays afro-euro-méditerranéen.  Par conséquent, il est important pour nous de s’ouvrir à la multipolarité. Les relations avec l’Europe doivent rester importantes et nous espérons que l’Europe se réveillera parce que face au contexte actuel il faut que le monde euro-méditerranéen soit fort. En interne il est essentiel qu’on réfléchisse sur nos relations avec l’Asie. Il est donc important de maîtriser nos relations avec l’Europe et l’Afrique (la proximité) et en même temps de s’ouvrir sur ce que j’appelle «le lointain», à savoir l’Asie.

Comment construire un lien à long terme avec les pays de l’Asie, notamment les deux puissances économiques émergentes, à savoir l’Inde et la Chine ?

Ce lien peut se faire par l’Afrique.  Aujourd’hui l’Afrique aura de plus en plus (pour des considérations démographiques) des besoins alimentaires immenses et là à partir de notre phosphate nous pouvons être un élément de présence en Afrique. La question alimentaire pour le continent est à la limite urgente. C’est pour cela que la réflexion sur la gouvernance mondiale sur le plan économique est essentielle et le fait d’accueillir une réunion comme celle-ci n’est pas anodin. Il faut par ailleurs qu’on se prépare en interne pour être au niveau du grand dialogue avec le monde de demain.

Quand un ancien argentier du Royaume analyse les grands enjeux économiques actuels

30/10/2018

Par Ismail Benbaba (Le 360)

Kiosque360. L’ancien ministre de l’Economie et des Finances appelle à s’ouvrir davantage à l’Asie. Pour Fathallah Oualalou, il ne fait aucun doute que cette partie du monde sera la plaque tournante de l’économie mondiale dans toutes prochaines années. Voici ses arguments.

Fathallah Oualalou appelle s’ouvrir à l’Asie. Dans une interview accordée au journal Aujourd’hui Le Maroc de ce mardi 30 octobre, l’ancien ministre de l’Economie et des finances livre sa vision des enjeux actuels du monde, les mutations en cours, la place du Maroc sur l’échiquier international… Il estime ainsi que pour les 30 prochaines années, les tendances sont assez claires à commencer par la grande confrontation économique et certainement géopolitique entre la Chine et les Etats-Unis. L’autre défi, selon lui, concerne l’adapation aux grands changements apportés par la révolution numérique.

«Nous devons en tant que Marocains, Maghrébins, Méditerranéens et Africains, essayer de trouver une réponses aux risques liés à ces changements», soutient Fathallah Oualalou. Pour lui, le déplacement de rayonnement de l’économie va vers l’Asie, et il est certain que cette guerre commerciale va entraîner une solidarité entre les économies asiatiques. Il appelle à rester optimiste dans la mesure où l’Afrique intéresse le monde entier, ajoutant que le Maroc en tant que peut avoir un rôle important dans cette transformation.

«Il est important pour nous de nous ouvrir à la multipolarité. Les relations avec l’Europe doivent rester importantes et nous espérons que l’Europe se réveillera parce que face au contexte actuel il faut que le monde euro-méditerranéen soit fort. En interne, il est essentiel qu’on réfléchisse sur nos relations avec l’Asie, maîtriser nos relations avec l’Europe et l’Afrique et en même temps de s’ouvrir sur ce que j’appelle le lointain, à savoir l’Asie», affirme-t-il.

Clôture à Rabat de la 11e édition de la World Policy Conference

29.10.2018

Le Matin 

La conférence a réuni des responsables politiques et économiques, des experts et des leaders d’opinion de plus de 40 pays différents.

La 11e édition de la World Policy Conference (WPC) a pris fin, dimanche soir à Rabat, après avoir réuni, trois jours durant, un parterre de responsables politiques et économiques, d’experts et de leaders d’opinion de plus de 40 pays différents. La WPC, qui a connu la participation de plus de 250 personnalités de haut niveau, a été l’occasion d’échanger les réflexions, d’exprimer les préoccupations et d’examiner les solutions aux bouleversements incessants que connaît le monde.

S’exprimant à la clôture de l’édition 2018, le président de l’Institut français des relations internationales (Ifri) et fondateur de la WPC, Thierry de Montbrial, a indiqué que cette conférence mondiale vient renforcer la coopération «significative» avec le Maroc, saluant l’implication de l’ensemble des participants et la qualité des débats menés à cette occasion.    

La WPC est plus qu’une simple conférence. C’est un haut lieu d’échange constructif et respectueux destiné à tisser des liens et capitaliser une richesse à la faveur de la diversité des points de vue et des opinions, a-t-il relevé.

Parmi les thèmes inscrits au programme de la WPC 2018, figuraient les futurs de la Russie, la religion et la politique en Chine, l’impact d’un monde connecté sur la gouvernance mondiale, les migrations et l’avenir du multiculturalisme, l’avenir de l’euro, la politique de Trump, l’initiative «One Belt One Road», les enjeux stratégiques de l’Europe et le problème de la Corée du Nord. Les travaux de cette onzième édition ont également porté sur les enjeux du commerce international, l’éducation, le développement de l’Afrique, les questions énergétiques et le climat, l’état de l’économie mondiale et bien d’autres sujets. Fondé en 2008 par Thierry de Montbrial, président de l’Institut français des relations internationales, cet événement international a été classé troisième meilleure conférence de think tank au monde en 2017, d’après le Global Go-To Think Tanks Index de l’Université de Pennsylvanie.

Ministre espagnol des AE : La tenue à Rabat de la WPC «reflète la place qu’occupe le Maroc à l’échelle internationale»

L’organisation à Rabat de la 11e édition de la World Policy Conference «reflète la place qu’occupe le Maroc à l’échelle internationale» dans plusieurs domaines, a affirmé, dimanche, le ministre espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la coopération, Josep Borrell. «Je félicite le Maroc pour cette initiative, la deuxième du genre dans le Royaume», a dit, dans une déclaration à la MAP, M. Borrell, en visite dans le Royaume pour participer aux travaux de cette rencontre, organisée du 26 au 28 octobre. Se disant «très satisfait de la tenue et du déroulement de cette rencontre de très haut niveau», le chef de la diplomatie espagnole a souligné que cette rencontre, «nous a permis de renforcer davantage nos relations et de nouer de contacts avec plusieurs participants». Le responsable espagnol est intervenu dimanche lors de la séance plénière portant sur «Europe : quelques enjeux stratégiques», aux côtés de Karin Kneissl, ministre autrichienne des Affaires étrangères, de Jean-Louis Bourlanges, député français, ancien membre de la Cour des comptes et député européen, Michael Lothian, membre de la Chambre des Lords, ancien député du Parti conservateur, et Nicolas Véron, senior fellow à Bruegel et au «Peterson Institute for International Economics».

أخبار المغرب/ اختتام أشغال الدورة ال11 لمؤتمر السياسة العالمية بالرباط

29.10.2018

Alsharq Times 

اختتام أشغال الدورة ال11 لمؤتمر السياسة العالمية بالرباطو م ع نشر في العمق المغربي يوم 29 – 10 – 2018اختتمت أشغال الدورة ال11 لمؤتمر السياسة العالمية، مساء أمس الأحد في الرباط، بعد أن جمع، على مدى ثلاثة أيام، نخبة من المسؤولين السياسيين والاقتصاديين والخبراء وقادة الرأي من أزيد من 40 بلدا من مختلف أرجاء العالم. وشكل مؤتمر السياسة العالمية، الذي عرف مشاركة 250 شخصية رفيعة المستوى، مناسبة لتبادل الأفكار، والتعبير عن الانشغالات وتدارس الحلول بشأن الاضطرابات المتواصلة التي يعرفها العالم.وقال رئيس المعهد الفرنسي للعلاقات الدولية، ومؤسس مؤتمر السياسة العالمية، تييري دي مونتبيريال، في كلمة خلال اختتام الدورة 2018، إن هذا المؤتمر العالمي يأتي ليعزز التعاون الملحوظ مع المغرب، مشيدا بانخراط كافة المشاركين وجودة المناقشات التي جرت بهذه المناسبة. وأضاف أن مؤتمر السياسة العالمية هو أكثر من مجرد مؤتمر، إنه مكان رفيع لتبادل الأفكار البناءة والمحترمة وهو مخصص لنسج العلاقات وتثمين الثراء من خلال تنوع وجهات النظر والآراء. وشملت مواضيع دورة 2018 لمؤتمر السياسة العالمية، على الخصوص، مستقبل روسيا، والدين والسياسة بالصين، وتأثير الأنترنيت على الحكامة العالمية، والهجرات ومستقبل التعددية الثقافية، ومبادرة “وان بيلت وان راود”، ومستقبل الأورو والرهانات الاستراتيجية لأوروبا، ومشكل كوريا الشمالية. كما تركزت أشغال هذه الدورة على رهانات التجارة الدولية، والتربية والتعليم، وتنمية إفريقيا، وقضايا الطاقة والمناخ، وحالة الاقتصاد العالمي، إلى جانب مواضيع أخرى. وتم تصنيف هذا اللقاء العالمي الذي أسسه سنة 2008 تييري دي مونتبريال رئيس المعهد الفرنسي للعلاقات الدولية، كثالث أفضل مؤتمر مركز تفكير في العالم سنة 2017، وذلك من قبل “غلوبل غو تو ثينك تانكس أنديكس” مؤشر أفضل مركز تفكير من جامعة بنسلفانيا.انقر هنا لقراءة الخبر

Infrastructures : L’Afrique a besoin de 100 milliards de dollars par an

29.10.2018

Carrédirect 

L’émergence de la Chine pourrait constituer un exemple pour les pays africains qui devraient également concentrer leurs efforts sur la stabilité politique, la paix et la sécurité, la réduction du gap en infrastructures, l’éducation et la formation des jeunes, l’amélioration du climat des affaires, l’industrialisation du continent, le maintien d’un cadre macroéconomique fort et l’accélération de l’intégration régionale.

Croissance de la population mondiale, tendance de plus en plus vers une bipolarisation sino-américaine, révolution numérique, montée des nationalismes, changements climatiques…Tels étaient en partie les défis majeurs discutés lors de la 11ème édition de la World Policy Conference (WPC) qui s’est tenue du 26 au 28 octobre 2018 à Rabat. Pas moins de 250 experts, décideurs et leaders d’opinions de plus de 40 pays se sont donc réunis à cette occasion afin de mener ensemble une réflexion sur les problématiques que connaît le monde. A l’ouverture de cet événement, Thierry de Monbrial, fondateur et président de la WPC, a expliqué que «le monde d’hier marque toujours notre présent de son empreinte. La technologie, disaient certains, allait abolir les frontières et favoriser l’avènement rapide d’une mondialisation heureuse. Au lieu de quoi on assiste à une exacerbation des réalités nationales, qui nous renvoie irrésistiblement aux deux siècles passés». Face aux contradictions du monde actuel et malgré les avancées réalisées, les pays africains peinent à se frayer un chemin vers la prospérité économique. «L’Afrique a besoin de 100 milliards de dollars par an pour répondre à ses besoins en infrastructures. A titre d’exemple, les 48 pays d’Afrique subsaharienne avec environ 800 millions d’habitants génèrent à peu près la même électricité que l’Espagne qui a une population de plus de 45 millions d’habitants», souligne Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre de Côte d’Ivoire. Selon lui, l’émergence de la Chine pourrait constituer un exemple pour les pays africains qui devraient également concentrer leurs efforts sur la stabilité politique, la paix et la sécurité, la réduction du gap en infrastructures, l’éducation et la formation des jeunes, l’amélioration du climat des affaires, l’industrialisation du continent, le maintien d’un cadre macroéconomique fort et l’accélération de l’intégration régionale.

Prémices d’une guerre froide entre les USA et la Chine

Durant les cinq prochaines années, le monde devra faire face à de nombreux challenges dont la rivalité entre les Etats-Unis d’Amérique (puissance actuelle) et la Chine (puissance en devenir). La guerre commerciale lancée entre l’Empire du Milieu et les Etats-Unis sonne en effet comme le début d’une guerre froide entre les deux puissances mettant ainsi en doute la possibilité de voir un multilatéralisme s’installer. «Celui-ci ne peut s’accomplir sans les Etats-Unis», explique Kemal Dervis, ancien directeur du PNUD, ancien ministre des affaires économiques de Turquie et ancien vice-président de la Banque mondiale.

De son côté, Markus Noland, vice-président exécutif et directeur d’études au Peterson Institute for International Economics, souligne que la politique commerciale de Trump peut être considérée comme l’un des éléments d’une guerre froide plus large entre les États-Unis et la Chine. Lors de la première journée, les intervenants se sont également penchés sur le devenir du commerce international.

La manière avec laquelle les Etats-Unis déconstruisent les relations internationales fait qu’on bascule dans une incertitude globale qui impacte notamment le monde des affaires, selon Patrick de Castelbajac, directeur général délégué à la stratégie et à l’international d’Airbus.

En sa qualité de directeur général adjoint de l’OMC, Karl Brauner a pour sa part relevé que le mécanisme de règlement des différends a «connu un grand succès au cours des 23 dernières années dans l’OMC», précisant dans ce sens qu’il y a un fort niveau de coopération au sein de l’organisation. Quant à Suzane Hayden, ancien procureur principal du ministère de la justice des Etats-Unis et membre du conseil d’experts de PMI Impact, elle a déclaré que les pays et les industries devraient accorder une plus grande attention au commerce illégal qui affecte en fin de compte la stabilité du système économique indiquant que les partenariats public-privé font partie de la solution pour lutter contre le commerce illégal et le trafic.

«Migrations» : La collaboration entre le Maroc et l’Espagne en exemple

La question épineuse des migrations et de l’avenir du multiculturalisme a été abordée lors de cette 11ème édition. A ce sujet, Bogdan Klich,  sénateur, chef d’opposition au Sénat polonais et membre du Parlement européen, a mis en avant l’expérience du Maroc dans le domaine. «Le Maroc a pu accueillir plus de 50.000 migrants du Sahel et a pu collaborer avec l’Espagne sur cette question. C’est une réussite pour le Maroc et l’Espagne», estime-t-il. D’autres thématiques ont été mises en exergue au cours de cette édition telles que l’avenir de la Russie, la religion et la politique en Chine, l’impact d’un monde connecté sur la gouvernance mondiale, l’avenir de l’euro, l’initiative «One Belt One Road», les enjeux stratégiques de l’Europe et le problème de la Corée du Nord.

Ciudadanos pregunta a Borrell por los temas del Sahara que trató en Rabat

29.10.2018

EFE 

El diputado de Ciudadanos Fernando Maura ha preguntado al ministro de Asuntos exteriores, Josep Borrell, por los avances en el proceso de descolonización del Sáhara Occidental que se hayan podido tratar en su reciente reunión con su homólogo marroquí.

Borrell se reunió el pasado sábado con el ministro de Asuntos Exteriores de Marruecos, Naser Burita, con ocasión de la celebración en la capital marroquí del World Policy Conference, foro fundado por un centro de estudios marroquí para debatir temas geopolíticos y económicos.

Según Exteriores, ambos ministros trataron temas de interés bilateral y asuntos relacionados con el Sáhara Occidental, aunque no se hace mención a cuáles fueron dichos asuntos.

Por ello, el diputado de Ciudadanos ha registrado en el Congreso una serie de preguntas sobre los asuntos tratados.

Entre otros temas, Maura ha pedido que el ministro explique por escrito en qué consistieron dichas conservaciones sobre el Sáhara Occidental y cuál es el estado actual de las negociaciones dentro del marco de las Naciones Unidas.

También quiere saber cómo « tiene previsto el Gobierno dar cumplimiento a las resoluciones judiciales sobre la explotación de recursos naturales del Sáhara Occidental por parte del Reino de Marruecos », ha informado Ciudadanos por medio de una nota. 

Les contradictions du monde n’incitent pas à l’optimisme

29.10.2018

François Nordmann, Le Temps

OPINION. La rivalité croissante entre la Chine et les Etats-Unis va structurer les relations internationales des trente prochaines années. C’est le constat de la World Policy Conference qui s’est tenue à Rabat, relate notre chroniqueur François Nordmann

La rivalité croissante entre la Chine et les Etats-Unis va structurer les relations internationales des trente prochaines années, a déclaré Thierry de Montbrial, président de la World Policy Conference à l’ouverture de la 11e édition, qui s’est tenue à Rabat du 26 au 28 octobre derniers.

En 2049, la Chine célébrera le centenaire de la révolution de Mao Tsé-toung, ce qui devrait sceller l’ascension du pays au rang de première puissance mondiale. Avec la nouvelle «Route de la soie» terrestre et maritime, Pékin poursuit un projet de nature économique qui lui permet d’étendre son influence géopolitique. En même temps le Parti communiste chinois renforce son emprise à l’intérieur de la Chine, dont il contrôle tous les aspects de la vie sociale. La recherche de nouveaux débouchés pour écouler la surcapacité de la production chinoise en acier, en ciment et autres matériaux sert de justification à cette gigantesque entreprise qui transformera l’Asie centrale en la désenclavant et en la dotant d’infrastructures nouvelles – routes, voies de chemin de fer, ports et aéroports… Il s’agit aussi de garantir l’approvisionnement de la Chine en énergie. Soixante pays sont associés à cette initiative, ouverte à tous ceux qui veulent y participer et destinée à faciliter les échanges commerciaux, de capitaux et de personnes. Mais les investissements colossaux auxquels elle donne lieu favorisent l’endettement des pays partenaires avant qu’ils n’en bénéficient. La taille même de la République populaire crée une relation inégale avec ces derniers.

Les républicains abandonnent le libre-échange

Le phénomène Trump a nourri la plupart des discussions consacrées aux Etats-Unis. Il a transformé le Parti républicain naguère partisan du libre-échange en un parti protectionniste, tandis que le centre s’est effondré. Il divise le pays en se dressant contre les démocrates. Le 45e président a aussi transformé la politique mondiale en amplifiant le courant populiste anti-immigrés, hostile aux minorités – il est à la tête d’un mouvement qui va du Brésil à la Pologne… Refusant d’apparaître comme le leader du monde libre, il s’est retiré de l’Accord de Paris sur le climat, de l’accord nucléaire avec l’Iran et même de l’Union postale universelle. Il a transformé le rôle de la présidence en s’en prenant à d’autres institutions de la vie publique des Etats Unis, la Justice, le FBI, la presse, et jusqu’à la Réserve fédérale. Il insulte ses adversaires aussi bien que ses alliés tout en affichant sa sympathie pour les hommes politiques autoritaires tels que Poutine, Xi Jinping ou Kim Jong-un. Accusant la plupart des partenaires commerciaux des Etats-Unis de tricher par le jeu des organismes multilatéraux, il renégocie non sans succès des accords bilatéraux avec la Corée du Sud, le Mexique et le Canada. Ces pays lui font quelques concessions relativement mineures – diminution de quotas, accroissement des importations américaines – après quoi il peut se vanter d’une grande victoire.

Trump en force

On peut penser que l’accord avec la Chine suivra le même modèle et que l’on arrivera – au cours des prochaines semaines – à une entente sur le plan commercial et peut-être même sur les droits de propriété intellectuelle. Les problèmes stratégiques et militaires quant à eux subsisteront. On constate que la conclusion du nouvel accord avec le Mexique et le Canada a redoré le blason de Trump et lui a permis de remonter sa cote dans l’opinion publique, tout comme l’élection du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême. A une semaine des élections de mi-mandat, la vague bleue favorable aux démocrates a été stoppée, même si normalement ceux-ci devraient pouvoir encore emporter la Chambre des représentants. Mais les républicains devraient conserver le Sénat et même y accroître légèrement leur majorité.

La conférence a encore abordé notamment la situation en Corée du Nord et au Moyen-Orient ainsi que l’état de l’économie mondiale et de la finance internationale. Il s’en dégage une vue pessimiste et peu rassurante pour les Occidentaux d’une période de transition qui apparaît instable et tendant vers l’éclatement de l’ordre mondial.

Глава МИД Австрии выступает за укрепление партнерства между Европой и Азией

29.10.2018

Power and Industry of Russia

Укрепление взаимодействия между европейскими и азиатскими государствами может помочь справиться с вызовами в интересах их граждан. Так считает министр иностранных дел Австрии Карин Кнайсль.           

Она заявила об этом в ходе пленарной сессии «Европа: некоторые стратегические задачи» в рамках 11-й Конференции по вопросам мировой политики (World Policy Conference), которая состоялась в Марокко. Мероприятие посетили более 250 гостей высокого уровня из 40 стран мира.

«Чтобы создать структурированное стратегическое партнерство, необходимо применять правила, касающиеся прозрачности в вопросах сделок в сфере государственных подрядов, уважать правила конкуренции и интеллектуальной собственности», — подчеркнула Кнайсль.

Конференция, основанная главой Французского института международных исследований Тьерри де Монбриалем, проводится в марокканском Марракеше с 2008 года. Гости мероприятия обмениваются мнениями по актуальным проблемам мировой политики, предлагают способы решения кризисов и конфликтов. В 2018 году это темы, связанные с развитием стран Африки, перспективами в сфере энергетики, мировой миграцией, переменами климата.