Guerre au Moyen-Orient : Le patron de TotalEnergies veut construire de nouveaux pipelines pour contourner Ormuz

24.04.2026

À LA GUERRE COMME À LA GUERRE•Patrick Pouyanné estime que le blocage du détroit d’Ormuz doit pousser à imaginer d’autres solutions

Comment faire sans le détroit d’Ormuz ? Le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a appelé à réduire la dépendance à ce passage maritime stratégique. « Ce qui est sûr – et nous n’avons pas été très bons dans ce domaine – c’est que si nous investissons au Moyen-Orient, nous devons investir dans la résilience du système », a-t-il affirmé lors d’une intervention à la World Policy Conference, organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri), à Chantilly.

« Le fait qu’aujourd’hui, il n’y ait pas assez de voies de sortie du détroit d’Ormuz est un problème majeur […] Nous devons commencer à envisager la résilience comme un investissement, probablement dans de nouveaux pipelines afin de constituer un réseau de pipelines », a ajouté le patron de la compagnie pétrolière française.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la navigation dans le détroit d’Ormuz

– où transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde – est quasiment paralysée par l’Iran, un blocus auquel s’ajoute celui décidé par le président américain Donald Trump sur les ports iraniens. Seuls quelques navires, en majorité liés à l’Iran, ont emprunté ce couloir stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe

Une ère de « pénurie énergétique » à venir ?

« Nous avons désormais absorbé tout le surplus (des stocks, N.D.L.R.). Si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques », avertit Patrick Pouyanné.

« La pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique […] mais on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures », a-t-il dit.

« Tout dépend donc de la durée. […] La résolution du problème du détroit d’Ormuz est un enjeu crucial », a-t-il ajouté, rappelant que son entreprise avait « perdu 15 % de (sa) production au Moyen-Orient » avec cette guerre.

Retrouvez l’article sur le site de 20 minutes.

Ouverture de la 18e édition de la World Policy Conference consacrée à la gouvernance mondiale

24.04.2026

Ouverture de la 18e édition de la World Policy Conference consacrée à la gouvernance mondiale

La World Policy Conference (WPC) ouvre aujourd’hui, et pour deux jours, à Chantilly sa 18e édition consacrée à la gouvernance mondiale, « entre fragmentation et interdépendance ».

L’évènement créé par M. Thierry de MONTBRIAL, fondateur et président exécutif de l’Institut français des relations internationales (Ifri), réunira plus de 200 personnalités originaires des cinq continents, auxquelles s’adressera par message le président de la République Emmanuel MACRON.

Parmi ces invités citons le président (LR) du Sénat Gérard LARCHER, la présidente de l’Institut du Monde arabe Anne-Claire LEGENDRE, les présidents rwandais Paul KAGAME et serbe Aleksandar VUCIC, le secrétaire général désigné de la Ligue arabe Nabil FAHMY, l’archevêque de Constantinople Bartholomée Ier, le conseiller diplomatique du président émirati Anwar GARGAS, l’ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro KULEBA, le P-D.G de TotalEnergies Patrick POUYANNE, la fondatrice et présidente d’Ardian Dominique SENEQUIER, la directrice générale de l’Agence de développement de l’Union africaine-NEPAD Nardos BEKELE-THOMAS.

Ensemble, ils aborderont des sujets aussi variés que le commerce mondial à l’heure où la puissance supplante les règles, la géopolitique de la finance numérique, les défis budgétaires des Etats, l’avenir de l’Union européenne, les guerres en Europe et au Moyen-Orient et leurs répercussions mondiales, la révolution de l’intelligence artificielle agentique, les nouvelles architectures de sécurité, le financement des biens publics mondiaux dans un monde fragmenté, ou encore les perspectives intérieures et extérieures sur les Etats-Unis.

En parallèle, des ateliers permettront d’approfondir les réflexions autour de trois axes : économie et finance internationale, le nouvel ordre énergétique mondial, et l’intelligence artificielle, moteur de prospérité ou menace existentielle ?

Retrouvez l’article sur le site de Bulletin Quotidien.

Le patron de TotalEnergies envisage de « nouveaux pipelines » pour contourner Ormuz

24.04.2026

Face au blocage du détroit d’Ormuz, le patron de TotalEnergies appelle à investir dans de nouvelles infrastructures pour sécuriser l’approvisionnement en pétrole et renforcer la résilience énergétique.

Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné a appelé vendredi à la « résilience » face au blocage du détroit d’Ormuz, évoquant des investissements « probablement dans de nouveaux pipelines » afin de réduire la dépendance à ce passage maritime stratégique. Affirmant qu’il sera difficile de se passer du pétrole issu du Golfe, « très bon marché », M. Pouyanné a plaidé pour l’émergence d’alternatives au détroit d’Ormuz.

« Ce qui est sûr – et nous n’avons pas été très bons dans ce domaine – c’est que si nous investissons au Moyen-Orient, nous devons investir dans la résilience du système », a-t-il affirmé lors d’une intervention à la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri) à Chantilly, près de Paris. « Le fait qu’aujourd’hui, il n’y ait pas assez de voies de sortie du détroit d’Ormuz est un problème majeur (…) Nous devons commencer à envisager la résilience comme un investissement, probablement dans de nouveaux pipelines afin de constituer un réseau de pipelines », a ajouté le patron de la compagnie pétrolière française

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la navigation dans le détroit d’Ormuz – où transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde – est quasiment paralysée par l’Iran, un blocus auquel s’ajoute celui décidé par le président américain Donald Trump sur les ports iraniens.

Retrouvez l’article sur le site de Le Soir.

« Rétablir la confiance » avec l’Iran « prendra une éternité », déclare le conseiller du président émirati

24.04.2026

« Rétablir la confiance » entre les Emirats arabes unis et l’Iran prendra « une éternité », après les attaques menées par Téhéran sur le pays depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël, a déclaré vendredi le conseiller du président émirati, Anwar Gargash. « Rétablir la confiance est illusoire (…).

On ne peut pas être attaqué avec 2.800 missiles et drones et ensuite parler de confiance. Cela prendra une éternité », a affirmé l’influent conseiller diplomatique lors de la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (IFRI) à Chantilly, près de Paris.

Retrouvez l’article sur le site de CNEWS.

Guerre au Moyen-Orient : pour les Émirats arabes unis, « rétablir la confiance » avec l’Iran « prendra une éternité »

24.04.2026

Après des frappes iraniennes massives, les Émirats arabes unis estiment que «rétablir la confiance» avec Téhéran est désormais illusoire.

Le conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, Anwar Gargash, a dressé un constat sévère des relations avec Téhéran, affirmant que «rétablir la confiance est illusoire» après les frappes iraniennes contre son pays. «On ne peut pas être attaqué avec 2.800 missiles et drones et ensuite parler de confiance. Cela prendra une éternité», a-t-il déclaré lors d’une intervention en visioconférence à la World Policy Conference organisée par l’IFRI.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, Téhéran a riposté en visant des alliés de Washington dans la région, notamment les Émirats, qui ont été parmi les plus touchés. Selon Anwar Gargash, environ 90 % des attaques iraniennes visaient «essentiellement des civils, des infrastructures civiles et énergétiques», contredisant la version officielle iranienne.

Le responsable émirati estime désormais que l’Iran sera perçu comme «une menace stratégique majeure» pour la région. Il accuse Téhéran d’avoir délibérément cherché à «aggraver la crise» et à démontrer son mépris pour les relations avec les pays arabes.

Malgré la trêve actuelle entre les États-Unis et l’Iran, les négociations restent dans l’impasse. À court terme, Anwar Gargash redoute que le régime iranien interprète la situation comme une victoire. «Ce calcul peut durer des semaines, mais pas indéfiniment», a-t-il averti, se disant néanmoins confiant dans une reprise des discussions.

À plus long terme, il estime que cette guerre pourrait paradoxalement renforcer la présence américaine dans la région, contrairement à certaines analyses. Il évoque également une évolution stratégique majeure : plusieurs pays du Golfe pourraient ne plus considérer Israël comme une menace prioritaire, tout en restant attachés à la cause palestinienne.

Selon lui, ces États pourraient même approfondir leurs relations politiques et sécuritaires avec Israël, notamment dans le domaine des équipements de défense, signe d’un basculement progressif des équilibres régionaux.

Retrouvez l’article sur le site de i24 news.

Vers une « ère de pénurie énergétique » en France si rien ne change d’ici « deux ou trois mois », alerte le patron de TotalEnergies

24.04.2026

Le patron de TotalEnergies tire l’alarme, face aux tensions au Moyen-Orient. « Nous avons désormais absorbé tout le surplus (des stocks). Si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques », a prévenu Patrick Pouyanné, ce vendredi 24 avril, appelant à se projeter sur le long terme pour trouver des solutions de contournement.

« La pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique (…) mais on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures », a continué Patrick Pouyanné lors d’une intervention à la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri) à Chantilly (Oise).

« Tout dépend donc de la durée. (…) La résolution du problème du détroit d’Ormuz est un enjeu crucial », a poursuivi Patrick Pouyanné, rappelant que son entreprise avait « perdu 15 % de (sa) production au Moyen-Orient » avec cette guerre. Une pénurie sur l’offre qui tire déjà les prix des carburants à la hausse.

Pouyanné défend de nouveaux pipelines depuis le Moyen-Orient

Le patron de TotalEnergies a aussi appelé à la « résilience » face au blocage du détroit d’Ormuz, évoquant des investissements « probablement dans de nouveaux pipelines » afin de réduire la dépendance à ce passage maritime stratégique. Il a affirmé qu’il sera difficile de se passer du pétrole issu du Golfe, « très bon marché ». « Ce qui est sûr — et nous n’avons pas été très bons dans ce domaine — c’est que si nous investissons au Moyen- Orient, nous devons investir dans la résilience du système », a-t-il exposé.

« Le fait qu’aujourd’hui, il n’y ait pas assez de voies de sortie du détroit d’Ormuz est un problème majeur (…) Nous devons commencer à envisager la résilience comme un investissement, probablement dans de nouveaux pipelines afin de constituer un réseau de pipelines », a ajouté le patron de la compagnie pétrolière française.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la navigation dans le détroit d’Ormuz — où transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde — est quasiment paralysée par l’Iran, un blocus auquel s’ajoute celui décidé par le président américain Donald Trump sur les ports iraniens. Seuls quelques navires, en majorité liés à l’Iran, ont emprunté ce couloir stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe.

Retrouvez l’article sur le site de Le Parisien.

13h43 – « Rétablir la confiance » entre les Emirats et l’Iran « prendra une éternité »

24.04.2026

« Rétablir la confiance » entre les Émirats arabes unis et l’Iran prendra « une éternité », après les attaques menées par Téhéran sur le pays depuis le début de la guerre avec les États-Unis et Israël, a déclaré le conseiller du président émirati, Anwar Gargash.

« Rétablir la confiance est illusoire (…). On ne peut pas être attaqué avec 2 800 missiles et drones et ensuite parler de confiance. Cela prendra une éternité », a affirmé l’influent conseiller diplomatique lors de la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri) à Chantilly, près de Paris.

Retrouvez l’article sur le site de La Croix.

President Kagame participates in the 18th World Policy Conference

24.04.2026

President Kagame is in Chantilly for the 2026 World Policy Conference (WPC), joining founder and Chairperson of the WPC and the French Institute of International Relations (Ifri), Thierry de Montbrial, and other high-level political and business leaders, academics and opinion leaders, for the eighteenth edition of the forum.

The WPC is an annual gathering that convenes a carefully selected group of participants from around the world to reflect on and advance fair, respectful, and mutually beneficial frameworks for inter-State relations.

This evening during a Dinner Debate, President Kagame and Thierry de Montbrial will engage in dialogue on a range of topics including, the current state of the international system, the geopolitical implications and ongoing developments across Africa.

Founded in 2008, the WPC aims to contribute to improving global governance; examining, discussing, and proposing constructive solutions to major regional and international challenges, in a climate of trust and a spirit of tolerance.

This year’s meeting is being held under the theme, “Between Fragmentation and Interdependence: Rethinking Global Governance.”

Retrouvez l’article sur le site de Rwanda News Agency.

Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée | Entre fragmentation et interdépendance – Repenser la gouvernance mondiale et les politiques mondiales (World Policy Conference – Chantilly, 24 avril 2026)

24.04.2026

Éminences, Excellences, Cher Thierry de Montbrial, Honorables participants, Mesdames et Messieurs, Chers amis,

La communauté mondiale se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire. La construction d’une paix véritable ne peut plus se limiter aux instruments traditionnels de la diplomatie : elle devient une condition absolue de la survie même de notre monde. La question qui nous réunit — celle de la recherche d’un cadre stable et durable de gouvernance mondiale — dépasse largement les arrangements provisoires et les équilibres géopolitiques fluctuants. Elle touche au cœur même de la coexistence humaine.

Car la paix n’est pas simplement un objectif politique parmi d’autres. Elle est l’expression la plus profonde de la communion entre les personnes. Elle est aussi la condition ultime de la préservation de la création face aux forces de fragmentation qui la menacent. Depuis l’origine, l’être humain est habité par une nostalgie irréductible de l’unité.

Et pourtant, la réalité contemporaine semble contredire cette aspiration. Le monde dans lequel nous vivons est marqué par une tension constante entre rapprochement et division. D’un côté, les avancées technologiques et l’interconnexion économique nous ont rapprochés comme jamais auparavant. D’un autre côté, nous assistons à une fragmentation croissante, à la fois géopolitique et géoéconomique se manifestant concrètement par une vulnérabilité accrue des échanges internationaux, par une instabilité des marchés, et par une diminution progressive de la prospérité globale. Le système commercial international, qui pourrait être un instrument de coopération pacifique, tend à se transformer en un ensemble de blocs régionaux parfois antagonistes, structurés autour de puissances dominantes. Dans ce contexte, l’universalité du droit est fragilisée, et le sentiment d’injustice s’accroît.

L’expérience de l’histoire nous enseigne pourtant une vérité fondamentale : seule une cohésion institutionnelle solide peut contenir les forces de désintégration. Après des décennies d’intégration économique mondiale, souvent perçue comme inévitable, nous entrons aujourd’hui dans une phase d’incertitude et de recomposition.

Mais cette crise dépasse largement les dimensions économiques et techniques. Elle révèle une crise plus profonde, une crise spirituelle. Elle met en lumière notre difficulté à reconnaître, dans l’autre — qu’il soit individu ou nation — notre prochain, un partenaire de destinée.

Dans cette perspective, la gouvernance mondiale ne peut être réduite à la gestion des rapports de force. Elle doit être comprise comme un service rendu à l’humanité. Il nous appartient de repenser notre responsabilité envers les générations futures, en concevant la paix non pas comme une simple absence de guerre, mais comme une plénitude de vie.

Le message évangélique demeure, à cet égard, d’une actualité saisissante : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 24, 17). Ce don ne peut rester une abstraction. Il appelle une traduction concrète dans nos institutions, dans nos politiques publiques, dans notre manière d’organiser la vie commune.

Or, le système actuel de gouvernance mondiale apparaît profondément fragilisé. Malgré la multiplication des organisations internationales, nous ne constatons pas une plus grande unité, mais plutôt une complexification croissante, parfois proche de la fragmentation. Ce réseau d’institutions, s’il n’est pas porté par une vision morale commune, risque de devenir une nouvelle Tour de Babel : une pluralité de voix sans véritable harmonie.

Dès lors, il devient légitime de s’interroger : la diplomatie traditionnelle suffit-elle encore à répondre aux défis contemporains ? Tout semble indiquer qu’un changement de paradigme est nécessaire.

La réforme des institutions internationales s’impose aujourd’hui comme une urgence. En Europe, par exemple, la stabilité économique et sociale exige une adaptation des cadres budgétaires et financiers. À l’échelle globale, les puissances émergentes sont appelées à jouer un rôle plus actif et plus responsable, en dépassant les logiques strictement nationales pour contribuer à une gouvernance plus coopérative.

Mais aucune réforme institutionnelle ne sera véritablement efficace sans une transformation intérieure. L’économie et la politique ne peuvent être dissociées de la condition spirituelle de l’humanité. À cet égard, l’expérience de l’Église orthodoxe offre une perspective précieuse.

À travers la synodalité, l’Église témoigne d’un mode de gouvernance fondé non sur l’imposition, mais sur la communion. Le Saint et Grand Concile réuni en Crète en 2016 a rappelé avec force que l’unité de l’humanité constitue à la fois un don de Dieu et une responsabilité historique. Cette expérience montre qu’il est possible de concilier unité et diversité, autorité et dialogue.

Ce modèle, sans être transposé mécaniquement, peut inspirer une réflexion renouvelée sur la gouvernance mondiale. Car la paix, dans sa réalité la plus profonde, n’est pas un simple accord juridique. Elle est un mode d’existence. Elle suppose un regard transformé, capable de reconnaître en chaque personne l’image de Dieu.

Cependant, les limites du système international actuel restent évidentes. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, en particulier, demeure marqué par des équilibres hérités d’un autre temps. Une réforme de ses structures apparaît nécessaire afin de refléter plus justement les réalités contemporaines. Sans une représentation équitable, le sentiment d’injustice ne peut que croître — et l’injustice est toujours un terreau de conflit.

Par ailleurs, de nouveaux défis émergent, qui dépassent les cadres traditionnels de la souveraineté. Le développement de l’intelligence artificielle en est un exemple frappant. Cette technologie ouvre des perspectives considérables, mais elle soulève également des questions éthiques majeures. En l’absence d’un cadre de gouvernance global, le risque est grand de voir s’accentuer les déséquilibres et les dérives.

La crise environnementale constitue sans doute l’un des signes les plus alarmants de notre fragmentation. La dégradation de notre planète, notre «maison commune», engendre des injustices croissantes et alimente des tensions nouvelles. Pollution, dérèglement climatique, épuisement des ressources : ces phénomènes affectent directement les populations les plus vulnérables et provoquent des déplacements massifs.

Depuis plusieurs décennies, le Patriarcat œcuménique ne cesse de rappeler que la protection de l’environnement est indissociable de la paix. L’homme n’est pas le propriétaire absolu de la création, mais son intendant. Il est appelé à en prendre soin avec responsabilité, à la recevoir comme un don, et à la restituer dans une attitude de gratitude.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Face à ces défis, il serait illusoire de se réfugier dans des approches purement technocratiques. Derrière les statistiques et les analyses économiques, il y a des réalités humaines : des vies brisées, des souffrances silencieuses, des peuples déracinés. La fragmentation du monde n’est pas seulement une question de structures. Elle est le reflet d’une crise anthropologique.

Nous sommes ainsi placés devant un choix décisif. Soit nous acceptons la division comme une fatalité, soit nous nous engageons résolument dans la construction d’un ordre mondial fondé sur la solidarité. La conscience de notre interdépendance devient alors essentielle.

La tradition théologique orthodoxe exprime cette réalité à travers le concept de

« périchorèse», qui désigne une communion dynamique, une interdépendance vivante. Nul ne peut exister seul. Nul ne peut être sauvé seul. La paix suppose donc un dépassement de l’égoïsme, qu’il soit individuel ou collectif.

L’histoire des nations a trop souvent été marquée par la domination, l’exclusion et la violence. Il est temps d’envisager une autre voie : celle d’une gouvernance inspirée par la justice, la vérité et l’amour. Une gouvernance qui ne soit pas un simple mécanisme de régulation, mais un organisme vivant, au service de la dignité humaine.

Car l’histoire n’est pas déterminée uniquement par les forces économiques ou les rapports de puissance. Elle est aussi façonnée par la liberté humaine : la capacité de choisir, de se convertir, de pardonner et de coopérer.

En ce sens, l’espérance demeure possible. Elle ne repose pas sur une naïveté, mais sur la conviction que l’homme est capable de transformation. Que la division n’est pas une fatalité. Que la paix peut être construite.

Permettez-nous, pour conclure, d’exprimer un souhait. Que nos travaux ne se limitent pas à des analyses, aussi pertinentes soient-elles, mais qu’ils ouvrent des chemins concrets. Que nos réflexions se traduisent en engagements réels. Que notre recherche de la paix devienne une responsabilité partagée.

Que le Dieu de paix et de réconciliation éclaire nos esprits et guide nos décisions. Qu’Il nous donne la sagesse de dépasser nos divisions et le courage d’œuvrer ensemble pour le bien commun.

« Recherchez la charité » (I Co 14, 1), nous dit le saint apôtre Paul. Que cette exhortation devienne notre boussole, dans un monde appelé à redécouvrir, au cœur de ses fractures, la vocation profonde à l’unité.

Je vous remercie de votre attention.

Retrouvez l’article sur le site de EC-patr.org.

 

La Ministre d’Etat Nialé KABA représentant du Président Alassane OUATTARA porte la voix de la Côte d’Ivoire à la 18ᵉ World Policy Conference en France

24.04.2026

A l’invitation de M. Thierry de Montbrial, Fondateur et Président de la World Policy Conference (WPC), S.E. Mme Nialé KABA, Ministre d’État, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, a représenté S.E.M. Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire, à la cérémonie d’ouverture de la 18ᵉ édition de la World Policy Conference qui se tient à Chantilly, en France, du 24 au 26 avril 2026, sur le thème : « Entre fragmentation et interdépendance : repenser la gouvernance mondiale ».

Aux côtés de M. Gérard Larcher, Président du Sénat de France, de Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée Ier et de M. Thierry de Montbrial, la Ministre d’État a porté la voix de la Côte d’Ivoire dans cette rencontre internationale de haut niveau, réunissant des chefs d’État, des dirigeants économiques, des diplomates, des experts et des universitaires autour des grands enjeux contemporains, tels que le commerce international, la finance numérique, la gouvernance budgétaire, les mutations technologiques et climatiques, ainsi que les nouvelles architectures de sécurité mondiale.

Dans son allocution, S.E. Mme Nialé KABA a transmis le message du Président de la République, rappelant que la gouvernance mondiale doit être repensée pour répondre aux aspirations des peuples et refléter les réalités actuelles. Elle a souligné la nécessité d’une réforme inclusive des Nations Unies et de l’Organisation Mondiale du Commerce, consacrant une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de Sécurité. Elle a insisté sur l’urgence d’une architecture financière internationale équitable, permettant aux pays en développement d’accéder à des financements adaptés pour la transformation structurelle de leurs économies et la réalisation des Objectifs de Développement Durable. Elle a réaffirmé également l’importance d’un financement juste de la transition climatique et d’une régulation mondiale de la révolution numérique afin de prévenir les dérives liées à la désinformation, aux cyberattaques et aux usages militaires non étatiques.

La participation de la Côte d’Ivoire à cette rencontre traduit la volonté du Chef de l’État de renforcer la présence de notre pays dans les débats internationaux et de promouvoir une gouvernance responsable, une paix durable et un développement inclusif au service des peuples.

Retrouvez l’article sur le site Diplomatie.gouv.ci.

 

The Ecumenical Patriarch to attend the “World Policy Conference”

24.04.2026

His All-Holiness Ecumenical Patriarch Bartholomew departed on Thursday, 23 April 2026, for France, where, at the invitation of the organisers, he will speak today at the 18th edition of the International Conference “World Policy Conference,” to be held in the city of Chantilly.

His All-Holiness is accompanied by His Eminence Elder Metropolitan Emmanuel of Chalcedon and Grand Ecclesiarch Aetios, Director of the Private Patriarchal Office.

During the Patriarch’s absence, His Eminence Metropolitan Maximos of Selyvria has been appointed as Patriarchal Commissioner, and he saw His All-Holiness off at the City’s airport.

His All-Holiness is expected to return, God willing, early in the afternoon on Saturday.

Retrouvez l’article sur le site de Orthodoxianewsagency.

President Aleksandar Vucic travels to France for World Policy Conference

24.04.2026

President of Serbia Aleksandar Vucic will today be in France where he will participate in the World Policy Conference, WPC, which will be held in the town of Chantilly.

This meeting is dedicated to considering political, economic and social issues in the modern world, with the aim of encouraging dialogue and strengthening international cooperation in the spirit of tolerance and mutual respect.

As part of the World Policy Conference, President Vucic will address the participants with whom he will exchange opinions about the most important issues concerning contemporary relations in the world, as well as about the key topics that determine international political and economic relations.

Retrouvez l’article sur le site de Telegraf.

Le patron de TotalEnergies envisage de « nouveaux pipelines » pour contourner Ormuz

24.04.2026

Affirmant qu’il sera difficile de se passer du pétrole issu du Golfe, « très bon marché », M. Pouyanné a plaidé pour l’émergence d’alternatives au détroit d’Ormuz.

« Ce qui est sûr – et nous n’avons pas été très bons dans ce domaine – c’est que si nous investissons au Moyen-Orient, nous devons investir dans la résilience du système », a-t-il affirmé lors d’une intervention à la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri) à Chantilly, près de Paris.

« Le fait qu’aujourd’hui, il n’y ait pas assez de voies de sortie du détroit d’Ormuz est un problème majeur (…) Nous devons commencer à envisager la résilience comme un investissement, probablement dans de nouveaux pipelines afin de constituer un réseau de pipelines », a ajouté le patron de la compagnie pétrolière française.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la navigation dans le détroit d’Ormuz – où transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde – est quasiment paralysée par l’Iran, un blocus auquel s’ajoute celui décidé par le président américain Donald Trump sur les ports iraniens.

Seuls quelques navires, en majorité liés à l’Iran, ont emprunté ce couloir stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe.

« Nous avons désormais absorbé tout le surplus (des stocks, ndlr). Si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques », a ajouté M. Pouyanné.

« La pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique (…) mais on ne peut pas se permettre de laisser 20% des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures », a-t-il dit.

« Tout dépend donc de la durée. (…) La résolution du problème du détroit d’Ormuz est un enjeu crucial », a-t-il poursuivi, rappelant que son entreprise avait « perdu 15% de (sa) production au Moyen-Orient » avec cette guerre.

Retrouvez l’article sur le site de La Libre.

Le conseiller du président émirati estime que « rétablir la confiance » avec l’Iran « prendra une éternité »

24.04.2026

« Rétablir la confiance » entre les Émirats arabes unis et l’Iran prendra « une éternité », après les attaques menées par Téhéran sur le pays depuis le début de la guerre avec les États-Unis et Israël, a déclaré le conseiller du président émirati, Anwar Gargash.

« Rétablir la confiance est illusoire (…). On ne peut pas être attaqué avec 2.800 missiles et drones et ensuite parler de confiance. Cela prendra une éternité », a affirmé l’influent conseiller diplomatique lors de la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (IFRI) à Chantilly, près de Paris.

Retrouvez l’article sur le site de BFMTV.

« Rétablir la confiance » entre les Emirats et l’Iran « prendra une éternité » – haut responsable émirati

24.04.2026

Environ 90 % des attaques iraniennes contre les Emirats visaient « essentiellement des civils, des infrastructures civiles, des infrastructures énergétiques », a indiqué Anwar Gargash.

« Rétablir la confiance » entre les Emirats arabes unis et l’Iran prendra « une éternité », après les attaques menées par Téhéran sur le pays depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël, a déclaré vendredi le conseiller du président émirati, Anwar Gargash.

« Rétablir la confiance est illusoire (…). On ne peut pas être attaqué avec 2.800 missiles et drones et ensuite parler de confiance. Cela prendra une éternité », a affirmé l’influent conseiller diplomatique lors d’un intervention en visioconférence à la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (IFRI) à Chantilly, près de Paris.

Après le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février, marqué par une série de frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, Téhéran a riposté contre les alliés des États-Unis dans la région qui accueillent des bases américaines. Les Emirats ont été les plus touchés.

« Il est désormais évident pour la région, les Émirats arabes unis et d’autres pays, que l’Iran sera perçu comme une menace stratégique majeure » à l’avenir, a-t-il ajouté, estimant que les attaques sur les pays du Golfe étaient « délibérément planifiées par l’Iran, non seulement pour aggraver la crise, mais aussi pour témoigner du peu d’importance qu’il accorde aux relations irano-arabes ».

Environ 90 % des attaques iraniennes contre les Emirats visaient « essentiellement des civils, des infrastructures civiles, des infrastructures énergétiques », a indiqué Anwar Gargash, contrairement à « la propagande

iranienne » qui assure avoir ciblé des installations militaires notamment américaines.

Evoquant le cessez-le-feu en vigueur entre Washington et Téhéran alors que les négociations pour mettre fin à la guerre sont au point mort, il a estimé que le « risque à court terme » est que le pouvoir iranien interprète la situation actuelle,

« c’est-à-dire le maintien du régime en place et le blocus du détroit d’Ormuz », comme une « victoire ».

« Ce calcul peut durer des semaines, mais pas indéfiniment (…). Je parie donc sur une reprise des négociations », a ajouté M. Gargash, soulignant que l’Iran se trouve actuellement dans une « impasse », avec un pouvoir « très désuni et désorganisé » après des semaines de frappes américano-israéliennes.

A long terme, cette guerre « renforcera la présence américaine dans la région, au lieu de la réduire », a-t-il ajouté, contredisant certaines analyses estimant que la présence de bases américaines aurait joué en défaveur des pays du Golfe.

« Il ne s’agit pas seulement de bases. Il s’agit aussi d’équipements, d’alliances, d’une approche politique et diplomatique », a précisé le conseiller diplomatique.

Pour lui, un nombre croissant de responsables de la région « ne percevront plus Israël comme une menace » même s’ils « resteront toujours attachés à la cause palestinienne ».

« En réalité, je pense que beaucoup d’entre eux ouvriront des canaux politiques et s’intéresseront peut-être de plus en plus aux équipements de défense israéliens », a-t-il noté.

Avec AFP

Retrouvez l’article sur le site de MEDIAPART.

Si le blocage d’Ormuz « perdure encore deux ou trois mois », la France entrera « dans une ère de pénurie énergétique », prévient le patron de TotalEnergies

24.04.2026

Le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, appelle à renforcer la «résilience» des chaînes d’approvisionnement énergétique face aux tensions dans le détroit d’Ormuz, en plaidant notamment pour de nouveaux investissements dans les infrastructures de transport, dont des oléoducs.

Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné a appelé vendredi à la «résilience» face au blocage du détroit d’Ormuz, évoquant des investissements «probablement dans de nouveaux pipelines» afin de réduire la dépendance à ce passage maritime stratégique. Affirmant qu’il sera difficile de se passer du pétrole issu du Golfe, «très bon marché», Patrick Pouyanné a plaidé pour l’émergence d’alternatives au détroit d’Ormuz.

« Ce qui est sûr – et nous n’avons pas été très bons dans ce domaine – c’est que si nous investissons au Moyen-Orient, nous devons investir dans la résilience du système », a-t-il affirmé lors d’une intervention à la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri) à Chantilly, près de Paris. « Le fait qu’aujourd’hui, il n’y ait pas assez de voies de sortie du détroit d’Ormuz est un problème majeur (…) Nous devons commencer à envisager la résilience comme un investissement, probablement dans de nouveaux pipelines afin de constituer un réseau de pipelines », a ajouté le patron de la compagnie pétrolière française.

« Un enjeu crucial »

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la navigation dans le détroit d’Ormuz – où transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde – est quasiment paralysée par l’Iran, un blocus auquel s’ajoute celui décidé par le président américain Donald Trump sur les ports iraniens. Seuls quelques navires, en majorité liés à l’Iran, ont emprunté ce couloir stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe.

«Nous avons désormais absorbé tout le surplus (des stocks, ndlr). Si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques», a ajouté Patrick Pouyanné.«La pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique (…) mais on ne peut pas se permettre de laisser 20% des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures », a-t-il dit. «Tout dépend donc de la durée. (…) La résolution du problème du détroit d’Ormuz est un enjeu crucial», a-t-il poursuivi, rappelant que son entreprise avait «perdu 15% de (sa) production au Moyen-Orient» avec cette guerre.

Retrouvez l’article sur le site Le Figaro.

« Trump donne des arguments à toutes les puissances qui auraient des velléités impériales »

23.04.2026

« Trump donne des arguments à toutes les puissances qui auraient des velléités impériales »

Malmenée par son allié transatlantique, l’Europe fait face à des questions difficiles sur son organisation et sa défense. Thierry de Montbrial, fondateur de la World Policy Conference qui se tient ce week-end à Chantilly et dont « Les Echos » sont partenaires, explique le glissement du multilatéralisme vers un club de puissances dominantes obligeant l’Europe à se repenser.

Dans un monde où le multilatéralisme s’efface au profit de blocs dominants, Thierry de Montbrial plaide pour une Europe plus unie et proactive, capable de garantir sa sécurité et de peser face aux grandes puissances, tout en respectant les identités nationales.

A l’approche de la 17e édition, ce week-end à Chantilly, de la World Policy Conference, qu’il a fondée, le président exécutif de l’Institut français des relations internationales nous éclaire sur les grands enjeux de la gouvernance mondiale.

A la façon dont l’administration Trump traite l’Europe, au-delà des aspects sécuritaires et économiques, s’ajoute une couche d’agression politique et morale puisqu’il veut choisir nos dirigeants. Comment répondre ?

Il y a deux aspects qu’il faut distinguer dans la politique étrangère de Trump. Le fait que l’Alliance atlantique n’ait plus la même signification qu’à l’époque de la guerre froide est, pour moi, une évidence. La Russie n’est pas l’URSS. Trump accentue brutalement une tendance.

Le deuxième aspect est le style. Parler sans retenue est un syndrome de toute-puissance, quand on se permet de dire n’importe quoi, d’insulter tout le monde et de s’ingérer dans les affaires intérieures des autres. Pareille attitude est contagieuse et donc dangereuse, et je crains qu’on ait du mal à revenir complètement en arrière.

Il y a plus que des mots puisqu’il y a eu une opération militaire au Venezuela, une guerre en Iran. Cela aussi a des conséquences ?

En se comportant systématiquement de la sorte, Trump donne des arguments à toutes les puissances dans ce monde qui auraient des velléités impériales. Notons que la Chine répond pour l’instant, en tout cas sur le plan diplomatique, avec beaucoup de prudence.

Mais les comportements que vous venez de décrire favorisent la tendance au morcellement du monde en blocs, ou tout au moins en zones d’influence, chacune dominée par une puissance ayant une inclination à l’hégémonisme. Cela soulève la question d’un glissement du multilatéralisme vers un club de puissances dominantes.

« Le droit international n’a jamais été violé d’une manière aussi systématique et avec autant d’arrogance. »

Justement, dans ce contexte, quel avenir pour le multilatéralisme ?

Le multilatéralisme est une forme d’organisation qui repose sur le droit international, mais le droit international n’a jamais été violé d’une manière aussi systématique et avec autant d’arrogance. Cela conduit à des questions redoutables. Comment l’ONU s’adaptera-t-elle, et pour arriver à quoi ? Un nouveau multilatéralisme, à l’instar de « concerts des puissances » d’autrefois, peut-il émerger ?

Une nouvelle vague de la course aux armements est en route. Les remises en cause territoriales, pas seulement sur Taïwan, se banalisent. La violence s’intensifie dans les relations interétatiques. Toutefois la disparition de l’ONU me paraît très peu vraisemblable car sa prolongation, même sous une forme beaucoup moins ambitieuse qu’en 1945, demeure dans l’intérêt de tous les Etats.

Trump menace constamment de sortir de l’Otan…

L’Otan a survécu jusqu’ici parce qu’elle est, certes, une organisation militaire, mais surtout politique. Historiquement, la Communauté européenne, devenue l’Union européenne, lui est indissolublement liée. Pour les Américains, les institutions euro-atlantiques forment un tout dont ils sont les leaders. C’est ainsi qu’ils voyaient les choses depuis les années 1950, et ce n’était pas faux.

« La vraie question est de savoir si l’Union européenne, faute d’une unité suffisante, ne se morcellerait pas en cas d’effacement ou de disparition de l’Otan. »

Aujourd’hui, le théâtre européen est devenu secondaire à leurs yeux. La vraie question est de savoir si l’Union européenne, faute d’une unité suffisante, ne se morcellerait pas en cas d’effacement ou de disparition de l’Otan.

Les responsables politiques européens évoquent pourtant un pilier européen de l’Otan ?

On en parlait déjà en ces termes à l’époque de Kennedy. Mais le pilier européen n’a jamais dépassé le stade des bonnes intentions. Comme pour les rapports Draghi et Letta d’il y a deux ans sur l’économie européenne. L’objectif d’une défense européenne pose des problèmes fondamentaux, par exemple sur le plan industriel.

La question de l’avion de combat du futur montre que les velléités stratégiques et les intérêts industriels s’accordent difficilement. L’Allemagne se voit manifestement comme la puissance industrielle dominante dans le réarmement. La Pologne, qui, elle aussi, a un sens très aigu de ses intérêts, est en train de constituer une armée qui sera peut-être l’une des plus importantes en Europe. Ce sont là, d’abord, des démarches nationales.

Au-delà de l’aspect industriel, il y a une réflexion sur la défense européenne à l’heure où les Etats-Unis ne semblent plus être un partenaire fiable ?

Qu’entend-on par défense de l’Europe ? C’est une question embarrassante, mais qu’on doit se poser. Cela a-t-il un sens de raisonner aujourd’hui comme si l’Union européenne était un tout, équivalant à une vraie nation ? C’est l’interrogation fondamentale.

Ou bien la réponse est vraiment oui et, à ce moment-là, cela veut dire que le destin des Espagnols, des Italiens et des Français se joue effectivement dans les pays baltes. Ou alors, il faut avoir la lucidité de raisonner explicitement en termes de construction d’une alliance classique mais forte entre pays européens qui, chacun, ont leurs propres intérêts nationaux. Le risque américain oblige à mettre les points sur les i.

Est-ce que l’alliance de puissances moyennes apporte un élément de réponse, en s’organisant pour donner des garanties de sécurité à l’Ukraine ou protéger le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ?

Cela peut être le cas, éventuellement en coopération avec certains pays à l’extérieur de l’Europe. Dans le cas du détroit d’Ormuz, la France est une puissance navale qui pourrait contribuer à des garanties de sécurité le moment venu. D’ailleurs, la participation à des coalitions de volontaires peut être un élément de réponse à la question du « burden sharing » [«partage du fardeau », NDLR] avec les Etats-Unis.

Plutôt que de payer un protecteur, on peut prendre en charge certains aspects d’une défense commune. Mais encore faut-il reposer sur une économie forte. Une France qui continuerait de ne pas prendre à bras-le-corps ses problèmes économiques et sociaux fondamentaux finirait par devenir incapable de contribuer à une quelconque alliance.

Quel est votre pronostic pour la guerre en Ukraine ?

Elle semble s’enliser et pourrait même durer des années. Les Russes se sont mis dans une posture de long terme et les Ukrainiens résistent d’une manière impressionnante. Il finira par leur manquer des combattants, d’abord en Ukraine. Trump se désintéresse actuellement de la question.

Notons aussi que, aujourd’hui, les guerres ne se déclarent plus et ne se concluent plus par des traités. Peut-être y aura-t-il un cessez-le-feu, comme entre les deux Corées, depuis l’armistice du 27 juillet 1953.

La nation ukrainienne s’est forgée ou ressourcée avec cette guerre et disposera probablement de frontières, mais pas celles de 1991. Cette Ukraine sera partie prenante de l’organisation future de la sécurité européenne. L’Union européenne vers laquelle on tend sera délimitée par la Biélorussie, la Russie et la Turquie.

Comment voyez-vous évoluer cette organisation européenne ?

J’ai la conviction que l’Union européenne, vouée à être encore très élargie, devra, pour survivre, être réformée en profondeur. Au stade où nous en sommes, politiquement, nous devrons aller jusqu’au bout de l’idée de l’élargissement, et donc intégrer l’Ukraine et les Balkans.

« Le modèle européen s’éloigne d’une fédération. Je verrais plutôt une confédération. »

On ne peut tergiverser indéfiniment. L’UE a progressivement changé de nature avec les élargissements successifs vers l’est. Cela nous obligera à reconnaître explicitement que le modèle européen s’éloigne d’une fédération. Je verrais plutôt une confédération.

Que serait cette confédération selon vous ?

Je conçois le concept de confédération comme une association d’Etats avec des coopérations notamment économiques et sécuritaires fortes, mais qui ne remettent pas en question les identités nationales. La confédération ainsi entendue implique la notion d’alliance. Il faut redonner aux Etats des marges de liberté pour que chacun se trouve à l’aise avec ses aspirations nationales tout en voulant construire une vraie alliance avec ses partenaires. Une alliance qui engage davantage que le simple article 42.7 du traité de Lisbonne portant sur l’assistance mutuelle entre les Etats.

Je verrais assez bien une alliance repensée à l’image de l’Otan. On pourrait l’appeler, par exemple, « l’organisation du traité de l’alliance européenne ». Outre la défense, on pourrait renforcer la cohérence en matière de coopération industrielle, d’armement, etc. Une telle alliance ne serait d’ailleurs pas incompatible avec des coalitions de volontaires incluant des éléments extérieurs.

On pourrait aussi donner davantage de substance à la Communauté politique européenne d’Emmanuel Macron. L’idée d’une Europe à géométrie variable est d’ailleurs ancienne, elle était déjà très discutée dans les années 1990.

Par Virginie Robert et Anne Bauer

Retrouvez l’article sur le site de Les Echos.

 

Tour d’horizon international

23.04.2026

Tour d’horizon international
Podcast « Géopolitique », par Marie-France Chatin

A la veille de la World Policy Conference 2026, Thierry de Montbrial est notre invité. Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, fondateur et président de l’Institut français des relations internationales et également fondateur et président de la World Policy Conference.

Il y a une semaine, des élections législatives se tenaient en Hongrie. Elles ont vu Viktor Orban fortement et franchement désavoué. Un choix des électeurs hongrois qui dépasse largement les portes de la Hongrie. Un pouvoir illibéral a été défait et avec lui un discours eurosceptique dissimulé derrière un patriotisme qui interroge.

La défaite est aussi celle de Donald Trump et de son idéologie MAGA qui ont tenté d’interférer dans l’élection. Les ingérences russes et américaines dans le scrutin ont été mises en échec. Et au-delà dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, l’affirmation de la Russie comme une menace durable pour l’Europe et un engagement américain incertain sur le Vieux Continent, les interrogations autour de l’avenir du lien transatlantique se multiplient, ravivant les incertitudes européennes quant à leur architecture de sécurité.

Invité :
Thierry de Montbrial, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Fondateur et président de l’Institut français des relations internationales. Également fondateur et président de la World Policy Conference.

Écouter cet épisode du podcast sur le site de RFI.

Christine Choirat

Chef de la science des données et de l’intelligence artificielle à l’Office fédéral de la statistique (OFS), où son équipe développe des infrastructures sécurisées pour l’analyse de données administratives sensibles au service de politiques publiques fondées sur des données probantes. Son équipe a développé et opère Lomas, première plateforme opérationnelle de confidentialité différentielle en Suisse, permettant aux décideurs publics et aux chercheurs de produire des analyses tout en préservant la confidentialité individuelle. Ces travaux contribuent également aux groupes de travail des Nations Unies sur les technologies de protection de la vie privée et l’intelligence artificielle responsable. Elle a précédemment occupé le poste de Chief Innovation Officer au Swiss Data Science Center et a été professeur invité à l’Université de Genève. Auparavant, à la Harvard T.H. Chan School of Public Health, elle a conçu des plateformes de données à grande échelle soutenant des recherches ayant contribué à l’élaboration de réglementations en matière d’environnement et de santé.

Luís Araújo

Directeur général de la chaîne Biedronka. Sa carrière est associée au groupe Jerónimo Martins, qu’il a rejoint en 1995. Il a débuté comme directeur adjoint de magasin chez Recheio Cash & Carry, puis a évolué à travers toutes les étapes de carrière au sein du groupe. En 2009, il est devenu directeur informatique du groupe, avec la responsabilité des systèmes d’information pour l’ensemble des enseignes et des zones géographiques (Portugal et Pologne). À partir de 2012, il a occupé le poste de directeur général de Pingo Doce, la principale chaîne de supermarchés au Portugal. Quatre ans plus tard (2016), il est devenu directeur général de la chaîne Biedronka (Jeronimo Martins Polska), fonction qu’il occupe toujours aujourd’hui.

Nicolas Bodin Guittard

PDG et cofondateur de Label4.ai, deeptech française spécialisée dans l’identification des contenus générés ou manipulés par IA : détection de deepfakes, analyse forensique et authentification de contenus. Juriste de formation, ancien DPO et directeur juridique, il a fait le choix d’une trajectoire atypique pour porter un enjeu désormais structurant : la capacité à identifier, dans les flux numériques, ce qui a été généré ou manipulé, et à restaurer un socle de confiance dans l’écosystème de l’IA. En 2026, Label4.ai a remporté le Prix de la Startup et le Prix de la Recherche au Forum InCyber (FIC), une première sur quinze années de compétition. L’entreprise engagée auprès de la Commission européenne sur la mise en œuvre de l’article 50-2 de l’AI Act.

Nuno Aguiar

Nuno Aguiar est Chief of Staff du Président-Directeur Général chez Jerónimo Martins. Il possède une vaste expérience dans le secteur de la distribution et du commerce de détail, en particulier au sein du groupe Jerónimo Martins, l’un des principaux acteurs européens de la distribution alimentaire. Il débute sa carrière en 1996 au sein de la société de marketing et de distribution du groupe (JMD), où il occupe les fonctions de chef de produit et de responsable grands comptes. En 2003, il rejoint Fromageries Bel, où il est chargé de la gestion de marques internationales au Portugal. Trois ans plus tard, il réintègre Jerónimo Martins et y exerce plusieurs fonctions de direction dans des domaines clés, notamment en tant que directeur commercial et marketing chez JMD, directeur des ressources humaines chez Pingo Doce, puis directeur commercial et directeur des opérations. En 2016, il prend des responsabilités internationales en devenant directeur général d’Ara en Colombie, où il pilote le développement et la consolidation de l’entreprise dans un environnement hautement concurrentiel pendant cinq ans. Il revient au Portugal en 2021 pour occuper le poste de directeur des opérations de Pingo Doce et devient membre du comité exécutif. À ce titre, il supervise l’efficacité opérationnelle, la gestion des planogrammes et la stratégie d’expansion. Il est diplômé en management (Universidade Católica Portuguesa).

Jean-Christophe Bas

Jean-Christophe Bas est vice-président de l’Aspen Institute France ; il est le fondateur et directeur général de The Global Compass et professeur à l’IRIS. De 1999 à 2008, il a été responsable du dialogue stratégique à la Banque mondiale, en charge de l’engagement stratégique et du dialogue politique avec les principales parties prenantes, décideurs publics, universitaires et leaders d’opinion. De 2008 à 2014, il a exercé au sein de l’Alliance des civilisations des Nations unies à New York en tant que responsable du développement stratégique et des partenariats. Il a ensuite été directeur de la citoyenneté démocratique et de la participation au Conseil de l’Europe, dirigeant une équipe de 160 personnes dédiée à la promotion de la participation démocratique et de la citoyenneté, ainsi qu’à la compréhension et à la coopération interculturelles. De 2018 à 2020, il a été directeur général et président du conseil exécutif du Dialogue of Civilizations Institute à Berlin. Il est l’auteur de Europe à la carte, un ouvrage de réflexion sur l’identité européenne. Il est également l’auteur de André Bas, combats pour l’Entente. Il contribue régulièrement par des analyses sur les affaires internationales dans de grands médias tels que Euronews, EU Reporter, Valeurs actuelles, L’Opinion, CCTV, TRT et Bastille Magazine.

Thierry Lepercq

Thierry Lepercq anime des cercles qui rassemblent des CEO, dirigeants de comex et membres de gouvernance de groupes internationaux à Paris, Lille et Lyon, qui se réunissent mensuellement autour d’experts sur l’évolution du risque géopolitique. Il anime également le Cercle Thucydide qui rassemble des diplomates, généraux d’armée, hauts fonctionnaires et géopoliticiens, qui échangent sur la complexité géopolitique du monde contemporain en analysant des parallèles avec l’histoire. Thierry Lepercq qui s’est spécialisé depuis plusieurs années sur les Etats-Unis intervient auprès d’investisseurs et de groupe internationaux sur l’environnement des affaires et l’évolution des risques sur les USA.

Christian Langlois-Meurinne

Président de Ancelle & Associés SAS gérant-commandité de l’IDI. Ancien élève de l’Ecole Polytechnique et titulaire d’un MBA de Harvard. Christian a plus de 50 ans d’expérience dans le domaine de l’investissement au travers de l’IDI dont il a conduit le rachat en 1987. Il a été précédemment directeur des industries chimiques, textiles et diverses au Ministère de l’Industrie entre 1979 et 1982.

Gauthier Schweitzer

Co-fondateur et CTO de la société Sahar. Sahar est une entreprise française qui développe des solutions qui transforment de grands volumes de données accessibles en source ouverte en information exploitable. Elle travaille avec des États et des grandes entreprises dans des secteurs comme la défense, l’énergie ou la finance. Data scientist de formation, il est diplômé de l’Ecole Polytechnique, de l’ENSAE et de Sciences Po.

Nicholas Kairis

Chief Legal Officer chez Sagint Inc., où il conçoit les cadres juridiques pour les infrastructures numériques et la tokenisation d’actifs réels, Nicholas Kairis est également Directeur des affaires juridiques internationales du Mohammed Omar bin Haider Holding Group. Dans ses fonctions, il supervise les investissements transfrontaliers dans les secteurs de l’énergie, de l’immobilier et des infrastructures. Expert juridique international et stratège en actifs financiers et numériques, il possède plus de vingt-huit ans d’expérience acquise en Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient. Spécialiste de l’architecture réglementaire et des titres numériques, M. Kairis a occupé des postes de direction stratégique pour d’importantes plateformes d’investissement et holdings multinationales, notamment Khamis Buamim Investments et le département des projets de HBK. Son expertise couvre des secteurs hautement réglementés tels que les services financiers, le commerce des matières premières, l’exploitation minière et la fintech. Admis à la Cour suprême de Grèce et membre du barreau d’Athènes, il est titulaire d’un LL.M. de l’Université de Heidelberg. Tout au long de sa carrière, il a conseillé des multinationales et siégé au sein de divers conseils d’administration et comités d’investissement, se concentrant sur la conformité multi-juridictionnelle complexe et l’arbitrage international.

Sidi Mohamed Boubacar

Ancien Premier ministre de la République Islamique de Mauritanie, fonction qu’il a exercée à deux reprises. Au début des années 1990, il a conduit un programme de réformes économiques visant le rétablissement des équilibres macroéconomiques et l’amélioration des perspectives de croissance, dans le cadre des négociations engagées avec les institutions financières internationales. En 2005, il a été appelé à diriger le gouvernement de transition chargé d’assurer le retour à l’ordre constitutionnel et d’organiser les premières élections libres et transparentes de l’histoire politique du pays. Auparavant, il a occupé les fonctions de ministre des Finances et exercé de hautes responsabilités techniques au sein de l’administration financière de l’État en tant que directeur du Budget, contrôleur financier et directeur du Trésor. Il a ensuite mené une carrière diplomatique en tant qu’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Mauritanie en Espagne, en Égypte et en France, ainsi que comme représentant permanent auprès des Nations Unies. Candidat à l’élection présidentielle de 2019, il a obtenu 17,8 % des suffrages exprimés. Diplômé de l’École nationale d’administration de Mauritanie, il est titulaire d’un diplôme d’études approfondies en droit économique de l’Université d’Orléans (France). Il est l’auteur de « L’exception africaine », contribution publiée dans l’ouvrage collectif Choc des populations : guerre ou paix (Fayard, 2010).

Isabelle Bébéar

Directrice des Affaires Internationales et Européennes de Bpifrance depuis 2019. Elle pilote la stratégie internationale de Bpifrance afin de renforcer sa visibilité et de soutenir la croissance des entreprises françaises à l’étranger. Ses responsabilités incluent la gestion des relations avec les institutions européennes et internationales, le développement de partenariats avec les fonds souverains et les investisseurs de long terme, ainsi que le conseil auprès de gouvernements étrangers pour la mise en place d’écosystèmes entrepreneuriaux performants. Elle supervise également EuroQuity, la plateforme digitale qui met en relation des entreprises innovantes avec des investisseurs internationaux et des opportunités d’affaires. Il y a plus de 20 ans, Isabelle a créé Averroès Africa, le premier fonds de fonds européen dédié à l’Afrique. Elle continue d’en piloter les différents programmes, dont Averroès Africa IV (2023) et Averroès Africa Venture (2025). Au total, ces fonds ont investi plus de 250 millions d’euros dans 35 fonds de capital-risque, de capital développement et de dette, soutenant des start-ups, des PME et des entreprises de taille intermédiaire dans 40 pays africains. Isabelle siège également au conseil d’administration de Proparco ainsi qu’à celui de l’Institut Aspen Institute. Elle est par ailleurs co-présidente du Montreal Group.