«Pour bien tourner, le monde a besoin d’un nouvel équilibre» (fr)

20.11.2015

Montreux, 20.11.2015 – Address by the Federal Councillor Didier Burkhalter on the occasion of the World Policy Conference in Montreux – Check against delivery

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Merci de votre invitation ! Et merci de votre présence en Suisse.

Il y a une semaine, la France a été atteinte au cœur, à Paris. La France, notre voisine – par la géographie et par les valeurs. La France, à l’égard de laquelle nous ressentons ici beaucoup d’amitié, une amitié solide, longue ; très longue, même, puisque nous célébrerons l’an prochain les cinq cents ans de notre traité de « paix perpétuelle »…

Les attaques de ces derniers temps ont été porté contre la liberté, l’égalité, les droits de l’homme ; contre les valeurs fondamentales de l’humanité. A Paris, comme à Beyrouth, au Sinaï, à Yola au Nigéria, à Bagdad ou ailleurs encore…

Il est des moments difficiles dans la vie ; dans celle des êtres humains comme dans celle des Etats. Il faut alors faire face, debout et unis.

La Suisse condamne avec la plus grande fermeté ces actes de barbarie. Elle partage la douleur des pays touchés, de leurs gouvernements et des proches des victimes. Nous ne céderons pas aux intimidations terroristes et sommes déterminés à travailler encore plus dur pour protéger nos populations et défendre les valeurs fondamentales de l’humanité. A nos yeux, il faut donner la première priorité à la prévention de l’extrémisme violent.

Aujourd’hui, notre monde est devenu plus instable, plus complexe, plus dangereux. La résurgence de la violence armée – des conflits violents et du terrorisme – affecte toutes nos sociétés. Elle engendre d’immenses souffrances humaines et compromet la sécurité et la prospérité dans le monde. Une barrière de feu s’est embrasée sur les flancs Sud et Est de l’Europe qui allume des foyers jusqu’au cœur de notre continent.

Ces crises sont un défi pour des régions entières, par l’afflux de réfugiés qui fuient cette violence et les brasiers qui consument leurs maisons. Des millions de personnes ont fui la Syrie, dont l’immense majorité se trouve dans les pays voisins de celle-ci. En Jordanie, par exemple, où nous essayons d’aider ; en revitalisant des écoles : 220’000 enfants Syriens se trouvent en Jordanie, 120’000 sont pour l’heure scolarisés, dans des conditions souvent difficiles, serrés parfois jusqu’à 80 par classe, se rendant à l’école le ventre creux. 100’000 autres enfants sont pour l’heure privés d’accès à l’éducation, et donc potentiellement privés de perspectives, d’un avenir : une bombe à retardement de plus…

Une minorité de ces réfugiés – mais tout de même des centaines de milliers – se tournent vers l’Europe, mettant celle-ci au défi : quelles réponses humaines, logistiques et  sécuritaires ? Comment garder la maîtrise des risques et l’adéquation aux valeurs ?

Ceci dit, il n’y a pas que les conflits et le terrorisme qui occupent les chancelleries de nos jours. Une deuxième dynamique se dessine clairement : le retour de la géopolitique.

Ces deux facteurs conjugués – la géopolitique et la violence armée – marquent notre monde d’une empreinte profonde. Depuis un quart de siècle au moins, c’est la mondialisation qui façonne le destin du monde ; et cette grande tendance perdurera. Mais ces deux éléments – la géopolitique et la violence armée – redéfinissent les contours de cette mondialisation, avec  une incidence nette sur la politique étrangère.

Dans notre monde du XXIe siècle, les crises ne sont plus l’exception mais la normalité. C’est en soi inacceptable – et il faut le combattre – mais on ne saurait nier l’évidence. Face à cela, le besoin de diplomatie atteint un niveau inégalé depuis de nombreuses années. Il faut de la diplomatie au pouvoir, et avant tout de la diplomatie créative !

Car la situation est sombre aujourd’hui. Nous vivons des temps d’incertitude et les gouvernements fonctionnent en mode de crise quasi permanent. La force du dialogue et la créativité de la diplomatie peuvent changer les choses. Et la Suisse peut apporter des contributions utiles à cet effet. Cette région lémanique et cette ville de Montreux, qui nous accueillent aujourd’hui, en sont un symbole et une réalité.

De nombreuses conférences de paix et rencontres diplomatiques, publiques ou discrètes, ont eu lieu sur les rives de ce lac. Jusque dans cet hôtel-même, où s’est tenue au début de l’an dernier la 2e conférence de paix sur la Syrie. La Suisse a une histoire et un rôle spécifiques. Elle se sent d’autant plus responsable de cette spécificité, tout en étant pleinement solidaire du monde.

C’est au fond de cela dont je souhaite vous parler : les changements du monde et la réponse de la Suisse.

Commençons par un zoom arrière pour observer un peu mieux cette grande tendance structurelle qu’est la mondialisation. Le principal effet de la mondialisation est de diffuser le pouvoir. Depuis la fin de la guerre froide, lorsqu’on a cru que les rideaux de fer appartenaient définitivement au passé de ce continent, le processus de globalisation a transformé le monde, peut-être plus que tout autre phénomène.

L’interconnexion économique, sociale et technologique croissante du monde a renforcé le pouvoir de nombreux acteurs. C’est vrai pour les acteurs non étatiques comme les ONG, les sociétés multinationales et les mégapoles. Mais il y a aussi eu un basculement du pouvoir presque monopolisé par les économies développées vers les économies émergentes et en développement du Sud et de l’Est.

Les écarts de développement entre les pays du monde se sont resserrés. Le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans les pays en développement est tombé de 47% en 1990 à 14% aujourd’hui. Nous sommes donc passés, en vingt-cinq ans, d’une personne sur deux à une personne sur sept !

Mais il y a le revers de la médaille. La mondialisation a également favorisé de nouvelles inégalités. Le progrès économique demeure inégal. C’est en Chine et en Inde qu’a eu lieu l’essentiel du recul de la pauvreté, tandis que l’Afrique subsaharienne reste encore à la traîne.

La diffusion rapide des idées, des biens et des capitaux ainsi que l’accélération des mouvements de population peuvent par ailleurs accentuer l’instabilité sociale, économique et politique. En Suisse, comme dans d’autres pays de l’OCDE, de nombreuses personnes s’inquiètent de l’immigration et de ses conséquences en termes de capacité d’intégration, d’aménagement d’un territoire déjà densément peuplé ou de compétition sur le marché de l’emploi. Les questions identitaires sont aujourd’hui un sujet politique majeur dans toute l’Europe.

La mondialisation peut être une force positive et offrir de formidables opportunités à l’humanité. Mais il faut la façonner de sorte à en maximiser les avantages et à en minimiser les inconvénients. Comme toujours, il faut chercher un point d’équilibre : la mondialisation ne peut pas progresser si elle est perçue comme un risque pour les sociétés, si elle va trop vite, si seule une minorité en tire avantage.

Faire progresser et non pas seulement avancer : c’est là la clé.

L’agenda de la mondialisation, c’est donc maintenir un ordre juste et pacifique ; c’est aussi veiller à l’efficacité et à la légitimité des institutions nationales et internationales ; c’est encore assurer la cohésion de nos sociétés. C’est enfin définir des réponses communes aux nombreux enjeux, qu’il s’agisse des menaces transnationales ou des défis globaux comme le climat, la sécurité, l’eau, les migrations, l’extrémisme violent.

Cette recherche d’un nécessaire équilibre, pour faire « bien tourner le monde » a toujours été un défi majeur. Il l’est d’autant plus aujourd’hui, en raison des deux évolutions que j’ai mentionnées: le retour de la géopolitique et la résurgence de la violence armée.

Le retour de la géopolitique est un effet secondaire de la mondialisation. Bien qu’un monde multipolaire ne soit pas nécessairement un obstacle à un multilatéralisme efficace, l’action collective est devenue plus complexe. Elle demande davantage d’engagement, de temps et d’énergie.

Or les grandes puissances semblent définir leurs intérêts davantage dans un esprit de confrontation que de coopération. Les normes internationales et le droit international sont l’objet de pressions croissantes.

La compétition géopolitique s’est amplifiée non seulement au niveau planétaire, mais aussi dans des contextes régionaux.

L’équilibre existant est remis en question dans plusieurs régions du monde, notamment en Asie de l’Est (avec les tensions dans la mer de Chine), en Europe (avec l’Ukraine) et au Moyen-Orient (dans une série de conflits). Dans toutes ces parties du monde, nous assistons à un bouleversement des équilibres régionaux et à la réémergence de nations qui avaient été de grandes puissances dans un passé parfois lointain, qui avaient marqué le monde au fil des siècles. Pensons au retour de la Chine ou de l’Inde, deux puissance qui détenaient la plus grande part du PIB mondial jusqu’au milieu du XIXe siècle, pensons à l’Iran, pensons à la Russie et à la Turquie, ces ponts entre l’Europe et l’Asie.

La géopolitique relève du choix des gouvernements, elle n’est pas un fait donné. Il nous appartient de démontrer que nous aurions tous avantage à choisir des solutions coopératives plutôt que des logiques d’exclusion.

Dans le dossier du nucléaire iranien, le pays concerné et les grandes puissances ont choisi  la voie de la diplomatie plutôt que celle de la confrontation. La Suisse s’en réjouit et elle a fortement soutenu ce processus, qui s’est déroulé notamment dans cette région et – lui aussi, décidément… – dans cet hôtel.

Cet esprit de coordination et de dialogue – au-delà des divergences immédiates – parviendra-t-il à s’imposer également pour trouver une solution dans la crise syrienne ? La communauté internationale va-t-elle lutter efficacement et sur la base de décisions de l’ONU contre le soi-disant « Etat islamique » ?

L’avenir nous le dira. Mais le rétablissement du consensus, la reconstruction d’un ordre juste et pacifique demande aussi de reconnaître qu’il existe des limites à l’universalisme occidental, que la mondialisation – dirigée par l’Occident pendant plus d’un siècle – évolue vers la multipolarité.

La résurgence de la violence armée constitue un deuxième obstacle qui empêche d’avancer sur la voie du développement et de récolter les fruits de la mondialisation. Bien que des chercheurs nous rappellent que le nombre de conflits violents tend en fait à diminuer à long terme, nous devons relever deux phénomènes actuels :

Premièrement, le nombre de victimes est en forte progression. On estime que si les conflits violents ont fait 56’000 morts en 2008, ce nombre est passé à 180’000 en 2014. La guerre en Syrie a causé à elle seule la mort de 70’000 personnes l’an dernier. Selon le HCR à fin 2014, le monde comptait 60 millions de déplacés internes, un nombre inégalé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale !

Second phénomène : l’instabilité et la violence ont considérablement augmenté dans le voisinage même de l’Europe. A l’Est de l’Europe, la crise ukrainienne a marqué le retour de la guerre sur le continent, ce qui semblait impensable il y a peu. Au Sud, la situation s’est dégradée en de nombreux endroits. D’anciens conflits non résolus, comme le conflit israélo-palestinien, et des guerres plus récentes en Syrie, au Yémen, en Libye ont plongé la région dans une crise profonde. Et le terrorisme djihadiste progresse, favorisé par la défaillance des Etats.

Les effets du retour de la violence armée sont immenses : dans les régions en proie à des conflits, la sécurité humaine recule, l’activité économique est entravée – aujourd’hui les deux tiers de la population syrienne dépendent de l’aide humanitaire alors que plus de 4 millions de personnes ont fui le pays – et les progrès du développement sont réduits à néant.

L’Europe n’est pas non plus épargnée.

D’une part, elle doit faire face à un important afflux de réfugiés, qui cherchent à fuir cette violence. Elaborer une réponse appropriée à cette crise est devenue l’un des plus grands défis que l’Europe ait eu à relever ces dernières décennies.

D’autre part – et nous devons faire une claire distinction entre les deux sujets – l’Europe est devenue davantage la cible d’attaques terroristes. Avec les attaques de Paris, le terrorisme de « l’Etat Islamique » a pris une nouvelle dimension.

L’insécurité et l’instabilité qui prévalent au Moyen-Orient sont de plus en plus liées à la situation de l’Europe. La menace du terrorisme continuera par ailleurs sûrement de peser sur notre continent, même si nous mettons tout en œuvre pour la réduire.

Ladies and gentlemen

Where does Switzerland stand in this greater scheme of things?
Switzerland is a highly globalised country that has benefited from a stable and open global economy. According to several rankings, Switzerland figures among the ten most globalised countries worldwide, and has among the most innovative and competitive economies.

With its export-oriented, competitive, and innovative economy and its open society, it has benefitted significantly from the opportunities provided by globalisation.

This also means that our prosperity and security depend on a stable and open international environment.

Switzerland therefore has a strong interest in contributing to the search for cooperative solutions to these challenges. Our way forward lies in a continuing willingness to act, create and shape rather than in immobility. In our own interest, we would be badly inspired to opt for fear and self-confinement.

In the emerging multipolar world, Switzerland does not belong to one of the power centres. We are a European country promoting European values, and the EU is our most important partner. But Switzerland conducts its own foreign policy.

Our independence enables us to build bridges, to work with a broad range of partners, and to develop our own initiatives.
The more than 170 Swiss representations worldwide are a good basis for this.

In today’s world, Switzerland is not a small but a middle power. We are not so big as to frighten others. We are not part of any geopolitical power play. But neither are we too small to be heard and make an impact.

Switzerland belongs to the 20 biggest economies worldwide and ranks as number seven in Europe – and this despite a population that corresponds to that of a city like Paris!

Switzerland is the 15th biggest contributor to the UN regular budget.  And we are leaders in innovation, not just in technology and business – but we do also try to conduct an innovative diplomacy!

Swiss foreign policy mirrors characteristics of our domestic political culture – this is its inner strength. We promote dialogue and a culture of compromise. We stand for inclusive solutions, for power-sharing arrangements, for human rights and humanitarian principles, for taming the powerful through law.

This explains that Switzerland has been able – with its different languages and religions – to “keep the peace” along the centuries.

I am convinced that these principles and values are more relevant than ever. Based on this we can – and will – do more.
So, what is Switzerland’s response to the current global changes? How do we engage? Let me make four points:

– We are addressing the refugee crisis
– We are enhancing our efforts to resolve conflicts, fight terrorism and promote peace and security
– We factor the need for peace into our development agenda
– And, for all the preoccupation with crisis management, we preserve space and capacity to contribute to efforts to advance the implementation of the globalisation agenda.

First, the refugee crisis: It has taken on dimensions unimaginable just months ago.  This has become another major crisis that must be urgently dealt with – on top of everything else. The challenge is both political and moral. While it is telling that the refugees seek to flee to liberal democracies in the North, these liberal democracies – we in Europe – must now demonstrate our ability to come up with a joint response based on solidarity, the Geneva Conventions and effective implementation of the measures we have agreed.

Switzerland has given shelter to more than 9,000 Syrians since the outbreak of the war. We are working closely with the EU on addressing the refugee crisis on our continent. Switzerland participates in the relocation scheme. We are also contributing to EU efforts to better secure Europe’s borders, providing both financial and personnel resources.

Reflecting Switzerland’s humanitarian tradition, priorities in recent months has been to rapidly make available more humanitarian assistance for refugees in the conflict-affected regions – before winter sets in. But international efforts are still insufficient and more will be necessary in the months to come.

Second point: Switzerland is stepping up its commitment to peace and security. This will be reflected in the Federal Council’s Foreign Policy Strategy for the coming four years, which we are currently elaborating. Containing, de-escalating and resolving the many crises and reducing the level of armed violence has become one of the key tasks of our time.

Over the past fifteen years, Switzerland has developed a unique set of instruments to transform conflicts, protect civilians in conflicts, and advance human security.

As chair of the Organisation for Security and Cooperation in Europe (OSCE) last year, we demonstrated that thanks to its unique role, Switzerland can make useful contributions to defuse crises.

One of the fields we want to expand is our mediation capacity. Mediation is what Switzerland is particularly good at, and mediation is what is particularly needed on the international stage these days. We will broaden and further professionalise our pool of mediators and experts to consolidate our leading role in this field. And we will continue to offer our services to facilitate peace talks, in International Geneva or elsewhere.
Another key field is obviously terrorism. Two months ago, the Swiss Government approved a national strategy to counter terrorism. It is based on the four pillars of prevention, law enforcement, protection and crisis management provisions.

Prevention is a major focus, and we strengthen it in two major ways: First, with a new Intelligence Service Act that has now passed Parliament (but may still be up to a referendum). Second, we have made the prevention of violent extremism a new priority issue within Swiss foreign policy. Providing those vulnerable to violent extremism with alternative opportunities is a tremendous task. Development and peace promoting measures must be applied for counterterrorist purposes: from youth employment to the promotion of political participation by actors who can speak credibly to young people at risk. We are in the process of devising our first action plan on preventing violent extremism. Working with the UN in this field will be an important part.

Let me give your three examples how we engage in the field of preventing violent extremism:

i) First we promote international cooperation and norm-building on this issue. The UN is expected to present its first Plan of Action of Prevent Violent Extremism by the end of this year. Switzerland will co-host in the spring of next year an international conference in Geneva to discuss the implementation of this action plan. Building such a common roof for the international community is essential for effective action against violent extremism.

ii) Second Switzerland runs its own projects on the ground. Our country is fortunate to have one of the lowest youth unemployment rates in Europe. This is due in large parts to our vocational education and training system that facilitates the integration of youth into the labour market and provides the economy with the skills that are needed. In several countries such as Tunisia or Afghanistan, Switzerland is contributing to vocational training projects. We are convinced that offering real perspectives to young people is key to preventing them from turning towards violent extremism. As we announced at the leader’s summit on the prevention of violent extremism in New York two months ago, Switzerland will host an expert-level meeting on professional training next year in Geneva. The meeting will be focussing on the role vocational training can play in creating perspectives and foster resilience in regions particularly at risk with regard to violent extremism.

iii) Third Switzerland also supports substantially the Global Community Engagement and Resilience Fund (GCERF). This is a public-private initiative based in Geneva that was established to serve as the first global effort to support local, community-level initiatives aimed at strengthening resilience against violent extremism. The GCERF is about to announce concrete projects in Bangladesh, Mali and Nigeria. We encourage both public and private actors to support the GCERF.

Such measures will mainly have mid- and long-term effects.
By far the most important short-term priority to reduce armed violence and advance security is to end the war in Syria:

– This would give Syrians a chance to rebuild their country.
– This would give the displaced a perspective of returning home.
– This would also improve the prospects of diminishing IS.

Switzerland supports the efforts of UN Special Envoy de Mistura to foster intra-Syrian dialogue. We can help with expertise and, if required, with financial resources and Geneva logistics. Any political transition must be Syrian-led and Syrian-owned. But it is important that the regional and world powers create an enabling environment. In this regard, it is encouraging that the US and Russia, despite all their differences, have now established a Syria Support Group, with Saudi-Arabia and Iran sitting at the same table.

Switzerland calls on all actors involved to translate their shared solidarity expressions over the Paris attacks into a concrete common effort to stop the violence in Syria. Only then is there a chance to make progress towards the declared objective of credible, inclusive, non-sectarian governance, with a new constitution and free and fair elections.

Our third response to the current global changes concerns what I have just hinted at: The ever more obvious nexus between development and armed violence. There can be no development without peace, and no peace without development.
This has been acknowledged by the new framework for international cooperation, the Agenda 2030. “Peaceful and inclusive societies” is one of 17 Sustainable Development Goals.

If we want to further reduce poverty, advance sustainable development and prevent violent extremism, we must transform fragile states into peaceful, inclusive and stable states. This is quite easy to say…! It requires a lot of work. Beginning by complementing traditional development activities with peace- and state-building measures. Today, half of Switzerland’s development partners are fragile states. Addressing the causes of their fragility, increasing their crisis resistance and improving their human rights situation will be an ever more important objective in the years ahead. It is challenging although necessary.

This brings me to the fourth and final point of Switzerland’s response to the current developments: While my country can – and must – contribute to managing the current crises, advancing the globalisation agenda must remain a priority. We must be careful not to forget these long term goals while we invest time and energy in the management of the crises. I am thinking of our contributions to the debate on reforming the United Nations and of our ideas to strengthen the OSCE’s capacity to act; of our efforts to promote cooperative security in East Asia and the Middle East; of our engagement for non-proliferation and disarmament; of our joint initiative with the ICRC to strengthen compliance with international humanitarian law; or of our Programmes to address themes such as climate change,
food security, migration, and water.

In our eyes water must be a topic for cooperation, not an issue for war – this is why we launched an international panel on water and peace last Monday in Geneva.

Ladies and Gentlemen,

Once again, I would like to thank you to be here in Switzerland.

I would like to thank you to be here to debate common challenges with regard to our community on this planet.
Dialogue, diplomacy, creativity: we need all of this; and gatherings such as this “World Policy Conference” builds precisely on them.

In the face of common challenges, in this quest for a new equilibrium, I think that Switzerland, the spirit of this region, the spirit of Geneva – a spirit of peace and cooperation – can help and inspire us all.

I wish you a warm welcome, a nice day and every success in your work!


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Didier Burkhalter prône la prévention de l’extrémisme violent

20.11.2015

Arcinfo

LUTTE ANTITERRORISTE  Didier Burkhalter veut donner la priorité à la prévention de l’extrémisme violent. Le conseiller fédéral a rappelé l’importance de ne pas céder aux intimidations de l’EI.

« Il faut donner la première priorité à la prévention de l’extrémisme violent », a plaidé Didier Burkhalter vendredi. Revenant sur les attentats de Paris il y a une semaine, le conseiller fédéral a rappelé l’importance de ne pas céder aux intimidations terroristes.

« Nous sommes déterminés à travailler encore plus dur pour protéger nos populations et défendre les valeurs fondamentales de l’humanité », a déclaré M. Burkhalter, selon le texte écrit de son allocution. Il s’exprimait à l’ouverture de la réunion annuelle de la World Policy Conference (WPC) à Montreux (VD), une organisation qui réfléchit aux moyens d’améliorer la gouvernance sous tous ses aspects.

Le chef de la diplomation suisse a réitéré sa ferme condamnation pour des « actes de barbarie ». Il a rappelé d’autres attaques récentes « contre la liberté, l’égalité, les droits de l’homme »: « à Beyrouth, au Sinaï, à Yola au Nigeria, à Bagdad ou ailleurs encore »…

Avant de disserter sur la plus grande complexité et instabilité du monde, Didier Burkhalter a souligné la très longue amitié entre la Suisse et la France. Il a rappelé que « nous célébrerons l’an prochain les cinq cents ans de notre traité de ‘paix perpétuelle' ».

«Pour bien tourner, le monde a besoin d’un nouvel équilibre»

20.11.2015

Allocution du Conseiller fédéral Didier Burkhalter lors de la World Policy Conference à Montreux – Seul le texte prononcé fait foi

Orateur: Chef du Département, Didier Burkhalter

dfae

DFAE
 

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Merci de votre invitation ! Et merci de votre présence en Suisse.

Il y a une semaine, la France a été atteinte au cœur, à Paris. La France, notre voisine – par la géographie et par les valeurs. La France, à l’égard de laquelle nous ressentons ici beaucoup d’amitié, une amitié solide, longue ; très longue, même, puisque nous célébrerons l’an prochain les cinq cents ans de notre traité de « paix perpétuelle »…

Les attaques de ces derniers temps ont été porté contre la liberté, l’égalité, les droits de l’homme ; contre les valeurs fondamentales de l’humanité. A Paris, comme à Beyrouth, au Sinaï, à Yola au Nigéria, à Bagdad ou ailleurs encore…

Il est des moments difficiles dans la vie ; dans celle des êtres humains comme dans celle des Etats. Il faut alors faire face, debout et unis.

La Suisse condamne avec la plus grande fermeté ces actes de barbarie. Elle partage la douleur des pays touchés, de leurs gouvernements et des proches des victimes. Nous ne céderons pas aux intimidations terroristes et sommes déterminés à travailler encore plus dur pour protéger nos populations et défendre les valeurs fondamentales de l’humanité. A nos yeux, il faut donner la première priorité à la prévention de l’extrémisme violent.

Aujourd’hui, notre monde est devenu plus instable, plus complexe, plus dangereux. La résurgence de la violence armée – des conflits violents et du terrorisme – affecte toutes nos sociétés. Elle engendre d’immenses souffrances humaines et compromet la sécurité et la prospérité dans le monde. Une barrière de feu s’est embrasée sur les flancs Sud et Est de l’Europe qui allume des foyers jusqu’au cœur de notre continent.

Ces crises sont un défi pour des régions entières, par l’afflux de réfugiés qui fuient cette violence et les brasiers qui consument leurs maisons. Des millions de personnes ont fui la Syrie, dont l’immense majorité se trouve dans les pays voisins de celle-ci. En Jordanie, par exemple, où nous essayons d’aider ; en revitalisant des écoles : 220’000 enfants Syriens se trouvent en Jordanie, 120’000 sont pour l’heure scolarisés, dans des conditions souvent difficiles, serrés parfois jusqu’à 80 par classe, se rendant à l’école le ventre creux. 100’000 autres enfants sont pour l’heure privés d’accès à l’éducation, et donc potentiellement privés de perspectives, d’un avenir : une bombe à retardement de plus…

Une minorité de ces réfugiés – mais tout de même des centaines de milliers – se tournent vers l’Europe, mettant celle-ci au défi : quelles réponses humaines, logistiques et  sécuritaires ? Comment garder la maîtrise des risques et l’adéquation aux valeurs ?

Ceci dit, il n’y a pas que les conflits et le terrorisme qui occupent les chancelleries de nos jours. Une deuxième dynamique se dessine clairement : le retour de la géopolitique.

Ces deux facteurs conjugués – la géopolitique et la violence armée – marquent notre monde d’une empreinte profonde. Depuis un quart de siècle au moins, c’est la mondialisation qui façonne le destin du monde ; et cette grande tendance perdurera. Mais ces deux éléments – la géopolitique et la violence armée – redéfinissent les contours de cette mondialisation, avec  une incidence nette sur la politique étrangère.

Dans notre monde du XXIe siècle, les crises ne sont plus l’exception mais la normalité. C’est en soi inacceptable – et il faut le combattre – mais on ne saurait nier l’évidence. Face à cela, le besoin de diplomatie atteint un niveau inégalé depuis de nombreuses années. Il faut de la diplomatie au pouvoir, et avant tout de la diplomatie créative !

Car la situation est sombre aujourd’hui. Nous vivons des temps d’incertitude et les gouvernements fonctionnent en mode de crise quasi permanent. La force du dialogue et la créativité de la diplomatie peuvent changer les choses. Et la Suisse peut apporter des contributions utiles à cet effet. Cette région lémanique et cette ville de Montreux, qui nous accueillent aujourd’hui, en sont un symbole et une réalité.

De nombreuses conférences de paix et rencontres diplomatiques, publiques ou discrètes, ont eu lieu sur les rives de ce lac. Jusque dans cet hôtel-même, où s’est tenue au début de l’an dernier la 2e conférence de paix sur la Syrie. La Suisse a une histoire et un rôle spécifiques. Elle se sent d’autant plus responsable de cette spécificité, tout en étant pleinement solidaire du monde.

C’est au fond de cela dont je souhaite vous parler : les changements du monde et la réponse de la Suisse.

Commençons par un zoom arrière pour observer un peu mieux cette grande tendance structurelle qu’est la mondialisation. Le principal effet de la mondialisation est de diffuser le pouvoir. Depuis la fin de la guerre froide, lorsqu’on a cru que les rideaux de fer appartenaient définitivement au passé de ce continent, le processus de globalisation a transformé le monde, peut-être plus que tout autre phénomène.

L’interconnexion économique, sociale et technologique croissante du monde a renforcé le pouvoir de nombreux acteurs. C’est vrai pour les acteurs non étatiques comme les ONG, les sociétés multinationales et les mégapoles. Mais il y a aussi eu un basculement du pouvoir presque monopolisé par les économies développées vers les économies émergentes et en développement du Sud et de l’Est.

Les écarts de développement entre les pays du monde se sont resserrés. Le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans les pays en développement est tombé de 47% en 1990 à 14% aujourd’hui. Nous sommes donc passés, en vingt-cinq ans, d’une personne sur deux à une personne sur sept !

Mais il y a le revers de la médaille. La mondialisation a également favorisé de nouvelles inégalités. Le progrès économique demeure inégal. C’est en Chine et en Inde qu’a eu lieu l’essentiel du recul de la pauvreté, tandis que l’Afrique subsaharienne reste encore à la traîne.

La diffusion rapide des idées, des biens et des capitaux ainsi que l’accélération des mouvements de population peuvent par ailleurs accentuer l’instabilité sociale, économique et politique. En Suisse, comme dans d’autres pays de l’OCDE, de nombreuses personnes s’inquiètent de l’immigration et de ses conséquences en termes de capacité d’intégration, d’aménagement d’un territoire déjà densément peuplé ou de compétition sur le marché de l’emploi. Les questions identitaires sont aujourd’hui un sujet politique majeur dans toute l’Europe.

La mondialisation peut être une force positive et offrir de formidables opportunités à l’humanité. Mais il faut la façonner de sorte à en maximiser les avantages et à en minimiser les inconvénients. Comme toujours, il faut chercher un point d’équilibre : la mondialisation ne peut pas progresser si elle est perçue comme un risque pour les sociétés, si elle va trop vite, si seule une minorité en tire avantage.

Faire progresser et non pas seulement avancer : c’est là la clé.

L’agenda de la mondialisation, c’est donc maintenir un ordre juste et pacifique ; c’est aussi veiller à l’efficacité et à la légitimité des institutions nationales et internationales ; c’est encore assurer la cohésion de nos sociétés. C’est enfin définir des réponses communes aux nombreux enjeux, qu’il s’agisse des menaces transnationales ou des défis globaux comme le climat, la sécurité, l’eau, les migrations, l’extrémisme violent.

Cette recherche d’un nécessaire équilibre, pour faire « bien tourner le monde » a toujours été un défi majeur. Il l’est d’autant plus aujourd’hui, en raison des deux évolutions que j’ai mentionnées: le retour de la géopolitique et la résurgence de la violence armée.

Le retour de la géopolitique est un effet secondaire de la mondialisation. Bien qu’un monde multipolaire ne soit pas nécessairement un obstacle à un multilatéralisme efficace, l’action collective est devenue plus complexe. Elle demande davantage d’engagement, de temps et d’énergie.

Or les grandes puissances semblent définir leurs intérêts davantage dans un esprit de confrontation que de coopération. Les normes internationales et le droit international sont l’objet de pressions croissantes.

La compétition géopolitique s’est amplifiée non seulement au niveau planétaire, mais aussi dans des contextes régionaux.

L’équilibre existant est remis en question dans plusieurs régions du monde, notamment en Asie de l’Est (avec les tensions dans la mer de Chine), en Europe (avec l’Ukraine) et au Moyen-Orient (dans une série de conflits). Dans toutes ces parties du monde, nous assistons à un bouleversement des équilibres régionaux et à la réémergence de nations qui avaient été de grandes puissances dans un passé parfois lointain, qui avaient marqué le monde au fil des siècles. Pensons au retour de la Chine ou de l’Inde, deux puissance qui détenaient la plus grande part du PIB mondial jusqu’au milieu du XIXe siècle, pensons à l’Iran, pensons à la Russie et à la Turquie, ces ponts entre l’Europe et l’Asie.

La géopolitique relève du choix des gouvernements, elle n’est pas un fait donné. Il nous appartient de démontrer que nous aurions tous avantage à choisir des solutions coopératives plutôt que des logiques d’exclusion.

Dans le dossier du nucléaire iranien, le pays concerné et les grandes puissances ont choisi  la voie de la diplomatie plutôt que celle de la confrontation. La Suisse s’en réjouit et elle a fortement soutenu ce processus, qui s’est déroulé notamment dans cette région et – lui aussi, décidément… – dans cet hôtel.

Cet esprit de coordination et de dialogue – au-delà des divergences immédiates – parviendra-t-il à s’imposer également pour trouver une solution dans la crise syrienne ? La communauté internationale va-t-elle lutter efficacement et sur la base de décisions de l’ONU contre le soi-disant « Etat islamique » ?

L’avenir nous le dira. Mais le rétablissement du consensus, la reconstruction d’un ordre juste et pacifique demande aussi de reconnaître qu’il existe des limites à l’universalisme occidental, que la mondialisation – dirigée par l’Occident pendant plus d’un siècle – évolue vers la multipolarité.

La résurgence de la violence armée constitue un deuxième obstacle qui empêche d’avancer sur la voie du développement et de récolter les fruits de la mondialisation. Bien que des chercheurs nous rappellent que le nombre de conflits violents tend en fait à diminuer à long terme, nous devons relever deux phénomènes actuels :

Premièrement, le nombre de victimes est en forte progression. On estime que si les conflits violents ont fait 56’000 morts en 2008, ce nombre est passé à 180’000 en 2014. La guerre en Syrie a causé à elle seule la mort de 70’000 personnes l’an dernier. Selon le HCR à fin 2014, le monde comptait 60 millions de déplacés internes, un nombre inégalé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale !

Second phénomène : l’instabilité et la violence ont considérablement augmenté dans le voisinage même de l’Europe. A l’Est de l’Europe, la crise ukrainienne a marqué le retour de la guerre sur le continent, ce qui semblait impensable il y a peu. Au Sud, la situation s’est dégradée en de nombreux endroits. D’anciens conflits non résolus, comme le conflit israélo-palestinien, et des guerres plus récentes en Syrie, au Yémen, en Libye ont plongé la région dans une crise profonde. Et le terrorisme djihadiste progresse, favorisé par la défaillance des Etats.

Les effets du retour de la violence armée sont immenses : dans les régions en proie à des conflits, la sécurité humaine recule, l’activité économique est entravée – aujourd’hui les deux tiers de la population syrienne dépendent de l’aide humanitaire alors que plus de 4 millions de personnes ont fui le pays – et les progrès du développement sont réduits à néant.

L’Europe n’est pas non plus épargnée.

D’une part, elle doit faire face à un important afflux de réfugiés, qui cherchent à fuir cette violence. Elaborer une réponse appropriée à cette crise est devenue l’un des plus grands défis que l’Europe ait eu à relever ces dernières décennies.

D’autre part – et nous devons faire une claire distinction entre les deux sujets – l’Europe est devenue davantage la cible d’attaques terroristes. Avec les attaques de Paris, le terrorisme de « l’Etat Islamique » a pris une nouvelle dimension.

L’insécurité et l’instabilité qui prévalent au Moyen-Orient sont de plus en plus liées à la situation de l’Europe. La menace du terrorisme continuera par ailleurs sûrement de peser sur notre continent, même si nous mettons tout en œuvre pour la réduire.

Mesdames et Messieurs,

Où est la Suisse dans cette nouvelle configuration du monde ?

La Suisse est un pays fortement mondialisé, bénéficie d’une économie mondiale stable et ouverte. A en croire plusieurs classements, la Suisse figurerait parmi les dix pays les plus mondialisés et dispose d’une des économies les plus innovantes et compétitives.

Cette société et économie compétitive, innovante et axée sur l’exportation a grandement bénéficié des opportunités déroulantes de la globalisation.

Cela signifie aussi que notre prospérité et notre sécurité dépendent d’un environnement international stable et ouvert.

La Suisse a donc un intérêt important à contribuer à la recherche de solutions coopératives à ces défis. La clé de notre avenir réside dans la volonté constante d’agir, de créer et de façonner plutôt que dans l’immobilité. C’est dans notre propre intérêt de ne pas nous laisser entrainer par la peur et le repli sur soi.

Dans ce monde multipolaire émergent, la Suisse n’appartient à aucun des centres du pouvoir. Nous sommes un pays européen qui promeut des valeurs européennes, et l’UE est notre principal partenaire. Mais la Suisse mène sa propre politique étrangère. Notre indépendance nous permet de jeter des passerelles, de travailler avec un large éventail d’acteurs et de développer nos propres initiatives. Les plus de 170 représentations suisses implantées dans le monde offrent à cet égard de bonnes possibilités.

Dans le monde d’aujourd’hui, la Suisse n’est pas une petite mais une moyenne puissance. Nous ne sommes pas assez grands pour effrayer les autres. Nous ne participons à aucun jeu de pouvoir géopolitique. Mais nous ne sommes pas pour autant trop petits pour être entendus et avoir une influence. La Suisse compte parmi les 20 premières économies mondiales et se classe au septième rang au niveau européen – alors que sa population correspond à celle d’une ville comme Paris ! Par ailleurs, elle est le 15e contributeur au budget ordinaire de l’ONU. Et nous sommes des champions en innovation, pas seulement dans les technologies et les affaires, mais nous tentons également de mener une diplomatie innovante !

La politique extérieure de la Suisse reflète les caractéristiques de notre culture politique nationale – c’est au fond ce qui fait sa force. Nous encourageons le dialogue et une culture du compromis. Nous sommes pour les solutions fédératrices, pour les formules de partage du pouvoir, pour les droits de l’homme et les principes humanitaires, pour la primauté du droit sur le pouvoir. Voilà aussi ce qui explique comment la Suisse, avec ses différentes langues et religions – est parvenue à préserver la paix au fil des siècles.

Je suis convaincu que ces principes et valeurs sont plus importants que jamais. En nous basant sur eux, nous pouvons faire davantage et nous le ferons.

Donc, quelle réponse la Suisse apporte-t-elle aux changements à l’œuvre dans le monde ? Comment nous mobilisons-nous ?

Permettez-moi de rappeler quatre points :
– Nous travaillons à résoudre la crise des réfugiés
– Nous intensifions nos efforts pour régler les conflits, lutter contre le terrorisme et promouvoir la paix et la sécurité
– Nous intégrons la nécessité de la paix dans notre programme de développement
– Et, quelles que soient les préoccupations liées à la gestion de crise, nous veillons à disposer de la marge et de la capacité nécessaires pour contribuer aux efforts destinés à faire progresser la mise en œuvre de l’agenda de la mondialisation.

Premièrement, la crise des réfugiés : elle a pris des dimensions qui auraient été inimaginables il y a seulement quelques mois. Cette nouvelle crise majeure doit être traitée de toute urgence – en plus de tout le reste. Le défi est à la fois d’ordre politique et d’ordre moral. Fait significatif, les réfugiés cherchent à fuir vers les démocraties libérales du Nord, et ces démocraties libérales– c’est-à-dire nous, en Europe – doivent démontrer leur capacité à apporter une réponse commune à la crise qui soit fondée sur la solidarité, sur les Conventions de Genève et sur la mise en œuvre effective des mesures convenues.

La Suisse a donné refuge à plus de 9000 Syriens depuis le déclenchement de la guerre. Nous coopérons étroitement avec l’UE pour faire face à la crise des réfugiés sur notre continent. La Suisse participe au programme de relocalisation. Nous contribuons également aux efforts de l’UE visant à sécuriser les frontières européennes, en lui fournissant des ressources financières et humaines.

Conformément à la tradition humanitaire de la Suisse, la priorité a été, ces derniers mois, d’augmenter rapidement l’aide humanitaire fournie aux réfugiés dans les régions affectées par le conflit – avant l’arrivée de l’hiver. Mais les efforts internationaux restent insuffisants et il faudra les intensifier dans les mois qui viennent.

Deuxièmement, la Suisse renforce son engagement en faveur de la paix et de la sécurité. C’est ce qui ressortira de la stratégie de politique étrangère du Conseil fédéral pour les quatre prochaines années, que nous élaborons actuellement. Endiguer, désamorcer et résoudre les nombreuses crises en cours et réduire la violence armée sont devenues des missions clés de notre temps.

Au cours des quinze dernières années, la Suisse a mis au point une panoplie unique d’instruments permettant de transformer les conflits, de protéger les civils dans les conflits et de promouvoir la sécurité humaine. En exerçant la présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) l’année dernière, nous avons montré que grâce à son rôle unique, la Suisse peut utilement contribuer à désamorcer les crises.

L’un des champs d’activité que nous souhaitons développer est notre capacité de médiation. La Suisse a des aptitudes particulières pour la médiation, et il y a actuellement une forte demande en la matière sur la scène internationale. Nous élargirons notre pool de médiateurs et d’experts et professionnaliserons leur formation afin de consolider notre rôle de premier plan dans ce domaine. Et nous continuerons à offrir nos services pour faciliter les pourparlers de paix, à Genève ou ailleurs.

Le terrorisme constitue évidemment un autre domaine clé. Il y a deux mois, le gouvernement suisse a approuvé une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme. Elle repose sur quatre piliers : la prévention, la répression, la protection et la gestion des crises.

La prévention est une priorité et nous la renforçons essentiellement de deux manières : D’abord, nous avons élaboré une nouvelle loi sur le renseignement, qui a maintenant été approuvée par le Parlement (mais qui reste sujette à référendum).

Deuxièmement, nous avons érigé la prévention de l’extrémisme violent en nouvelle priorité de la politique extérieure de la Suisse. Une tâche énorme consiste à offrir des possibilités aux personnes vulnérables comme alternatives au terrorisme violent. Le développement et la promotion de la paix ont un rôle à jouer dans la lutte contre le terrorisme. Diverses mesures doivent être prises notamment en matière d’emploi des jeunes et d’encouragement à la participation politique, en faisant intervenir des personnes pouvant s’adresser de manière crédible aux jeunes à risques. Nous sommes en train d’élaborer notre premier plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent. La collaboration avec l’ONU dans ce domaine occupera une place de choix en la matière.

J’aimerais vous donner trois exemples pour l’engagement de la Suisse dans la prévention de l’extrémisme violent :

i) Par la promotion de la coopération internationale. L’ONU va annoncer avant la fin de l’année son premier plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent.  La Suisse co-organisera au printemps prochain une conférence internationale à Genève afin de débattre de la mise en œuvre de ce plan d’action. Bâtir un toit commun pour notre communauté internationale – voilà qui est essentiel pour combattre efficacement le terrorisme violent.

ii) Deuxièmement, la Suisse réalise des projets sur le terrain. Notre pays a l’un des taux de chômage des jeunes parmi les plus bas en Europe. Cela est dû en grande partie à la formation professionnelle duale qui facilite l’intégration de la jeunesse dans le marché du travail et qui fournit à l’économie les qualifications et aptitudes dont celle-ci a besoin. La Suisse contribue dans plusieurs pays à des projets de formation professionnelle, comme par exemple en Tunisie ou en Afghanistan. Nous sommes convaincus que la clé pour dissuader les jeunes de se tourner vers le terrorisme consiste à leur offrir de réelles perspectives de vie. La Suisse a annoncé, il y a deux mois, lors du leader’s summit on the prevention of violent extremism à New York qu’elle allait organiser l’année prochaine une rencontre d’experts sur la formation professionnelle à Genève. La rencontre sera axée sur la question du rôle que la formation professionnelle peut jouer pour créer des perspectives et favoriser la résilience des sociétés dans des régions du globe particulièrement menacées par l’extrémisme violent.

iii) Troisièmement, la Suisse soutient aussi substantiellement le Global Community Engagement and Resilience Fund (GCERF). Il s’agit d’une initiative globale, à caractère publique-privée et basée à Genève établie dans le but de soutenir les efforts  locaux des communautés pour favoriser leur résilience à l’encontre de l’extrémisme violent. Le GCERF va prochainement annoncer des projets concrets au Bangladesh, au Mali et au Nigéria. Nous encourageons les acteurs privés et publics à soutenir le GCERF.

Il est clair que de telles mesures, tout comme le renforcement de nos capacités de médiation, auront essentiellement des effets à moyen et à long terme. A court terme, mettre un terme à la guerre en Syrie est certainement la priorité la plus importante pour réduire la violence armée et promouvoir la sécurité. Cela donnerait aux Syriens une chance de reconstruire leur pays et aux personnes déplacées une perspective de retour chez elles. Par ailleurs, les chances d’affaiblir l’EI s’en trouveraient améliorées.

La Suisse soutient les efforts déployés par l’envoyé spécial des Nations Unies Staffan de Mistura en faveur du dialogue inter-syrien. La Suisse peut aider en lui apportant son expertise et, si nécessaire, en mettant à sa disposition des moyens financiers et la logistique genevoise. Si toute transition politique doit être conduite et contrôlée par la Syrie, il est important que les puissances régionales et globales créent un environnement favorable. A cet égard, il est encourageant de voir que, en dépit de toutes leurs divergences, les Etats-Unis et la Russie ont maintenant créé un Groupe international de soutien à la Syrie, qui réunit autour d’une même table l’Arabie saoudite et l’Iran.

La Suisse appelle tous les acteurs impliqués à traduire leurs manifestations de solidarité après les attaques de Paris en un effort commun pour mettre fin à la violence en Syrie. C’est la seule chance de progresser dans la réalisation de l’objectif déclaré d’une gouvernance crédible, inclusive, non confessionnelle, suivie par une nouvelle Constitution et des élections libres et équitables.

Notre troisième réponse aux changements à l’œuvre dans le monde concerne un sujet que j’ai juste effleuré, à savoir la corrélation toujours plus évidente entre le développement et la violence armée. Il ne peut y avoir de développement sans paix, ni de paix sans développement.

Cela a été reconnue dans l’Agenda 2030, le nouveau cadre pour la coopération internationale, qui fait de la promotion de « sociétés pacifiques et inclusives » l’un des 17 objectifs de développement durable.

Si nous voulons réduire encore la pauvreté et faire progresser le développement durable ainsi que prévenir l’extrémisme violent, nous devons œuvrer à la transformation des Etats fragiles pour en faire des Etats pacifiques, inclusifs et stables. C’est facile à dire… ! Cela requiert beaucoup de travail, à commencer en complétant les activités de développement traditionnelles par des mesures de consolidation de la paix et de renforcement de l’Etat. Aujourd’hui, la moitié des partenaires de développement de la Suisse sont déjà des Etats fragiles. Dans les années qui viennent, il sera d’autant plus important de s’attaquer aux causes de leur fragilité, de renforcer leur résistance aux crises et d’améliorer leur situation en matière de droits de l’homme. C’est un défi mais il est nécessaire de le relever.

J’en arrive ainsi au quatrième et dernier point en ce qui concerne la réponse de la Suisse aux développements en cours. Mon pays peut et doit contribuer à la gestion des crises actuelles, mais une priorités doit être aussi de faire progresser l’agenda de la mondialisation. Nous devons faire attention de ne pas perdre de vue ces buts à long terme alors que la gestion de crise absorbe beaucoup de temps et d’énergie.

Je pense à nos contributions au débat sur la réforme des Nations Unies et à nos idées concernant le renforcement de la capacité d’action de l’OSCE ; à nos efforts en vue de promouvoir la sécurité coopérative en Asie de l’Est et au Moyen-Orient ; à notre engagement en faveur de la non-prolifération des armes et du désarmement ; à notre initiative conjointe avec le CICR sur le renforcement du respect du droit international humanitaire ; ou à nos programmes portant sur des questions comme le changement climatique, la sécurité alimentaire, la migration et l’eau.

A nos yeux, l’eau doit faire l’objet de coopération, pas de conflits armés. Voilà pourquoi nous avons lancé lundi passé à Genève un panel international sur la thématique de l’eau et de la paix.

Mesdames et Messieurs,

Une fois encore, j’aimerais vous remercier d’être ici en Suisse ; et surtout d’être ici pour débattre des enjeux communs, de notre vie commune sur cette planète. Du dialogue, de la diplomatie, de la créativité : tout cela est nécessaire et des rencontres telles que cette « world policy conference » s’inscrivent dans ce mouvement.

Et face à ces enjeux communs, dans cette recherche de nouvelle équilibre, je pense que la Suisse, l’esprit de cette région, l’esprit de Genève – un  esprit de paix et de coopération – peut nous aider et nous inspirer.

Alors bienvenue, bonne journée et bon travail


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Editeur:

Département fédéral des affaires étrangères

Didier Burkhalter prône la prévention de l’extrémisme violent

20.11.2015

LUTTE ANTITERRORISTE  Didier Burkhalter veut donner la priorité à la prévention de l’extrémisme violent. Le conseiller fédéral a rappelé l’importance de ne pas céder aux intimidations de l’EI.

Arcinfo

Le conseiller fédéral Didier Burkhalter ce vendredi à la World Policy Conference à Montreux. (Photo d’archive) KEYSTONE
 

« Il faut donner la première priorité à la prévention de l’extrémisme violent », a plaidé Didier Burkhalter vendredi. Revenant sur les attentats de Paris il y a une semaine, le conseiller fédéral a rappelé l’importance de ne pas céder aux intimidations terroristes.

« Nous sommes déterminés à travailler encore plus dur pour protéger nos populations et défendre les valeurs fondamentales de l’humanité », a déclaré M. Burkhalter, selon le texte écrit de son allocution. Il s’exprimait à l’ouverture de la réunion annuelle de la World Policy Conference (WPC) à Montreux (VD), une organisation qui réfléchit aux moyens d’améliorer la gouvernance sous tous ses aspects.

Le chef de la diplomation suisse a réitéré sa ferme condamnation pour des « actes de barbarie ». Il a rappelé d’autres attaques récentes « contre la liberté, l’égalité, les droits de l’homme »: « à Beyrouth, au Sinaï, à Yola au Nigeria, à Bagdad ou ailleurs encore »…

Avant de disserter sur la plus grande complexité et instabilité du monde, Didier Burkhalter a souligné la très longue amitié entre la Suisse et la France. Il a rappelé que « nous célébrerons l’an prochain les cinq cents ans de notre traité de ‘paix perpétuelle' ».

Antonio Trombetta

Ambassadeur d’Argentine en Suisse depuis 2013. Précédemment, il a été chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères (2010-2013) et directeur à la direction de l’Amérique du Nord (2008-2010). Il a également travaillé au sein du ministère de l’Economie et de la Production (2006-2007). De 1999 à 2005, il a été chef de la section économique et commerciale de l’ambassade d’Argentine auprès de l’UE. Il a également été consul général d’Argentine à Zurich (1997-1999). Avocat, il est diplômé de l’Université de Buenos Aires.

Jaromir Sokolowski

Ambassadeur de Pologne en Suisse depuis 2015. Précédemment, il a été sous-secrétaire d’Etat aux relations internationales à la Chancellerie du Président de Pologne (2010-2015). Il a également été directeur général par intérim du porte-parole de la Sejm, la Chambre basse du Parlement. De 2005 à 2007, il a été conseiller du porte-parole adjoint de la Sejm. Il a aussi été journaliste freelance (2003-2007). Il est diplômé de l’Université de Varsovie et de l’Université d’Hambourg.

Gabriela von Habsburg

Professeur, VADS, Free University, Tbilisi depuis 2014. Elle est également chercheur au GISS Georgian Institute for Strategic Studies depuis 2013. Auparavant, elle a été ambassadeur de Géorgie en Allemagne (2009-2013) et professeur à la State Academy of Arts à Tbilisi (2001-2009). Elle a étudié la philosophie et les arts à la Ludwig Maximilian University Munich et à l’Academy of Arts, Munich.

Julien Steimer

Directeur général de la région Sud-Ouest d’Axa France. Avant de rejoindre AXA France en 2013, il a travaillé pour le gouvernement français pendant plus d’une décennie dans les domaines politiques, diplomatiques et européens. Il a contribué à la réforme de la politique agricole et au renforcement de la sécurité alimentaire mondiale. Il a été directeur de cabinet des ministres français des Affaires européennes, puis de l’Alimentation, de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Aménagement du territoire. Ancien élève de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), il est diplômé de Sciences Po Paris. Il est Yale World Fellow 2012 et Young Global Leader 2014.

Kelvin Tan

Directeur adjoint de l’autorité monétaire de Singapour. Il est secrétaire général (Asie du Sud-Est) et membre du conseil d’administration des chambres de commerce Afrique-Asie du Sud Est (ASEACC), à Singapour. Auparavant, il a été responsable des investissements à l’International Finance Corporation (IFC) et membre de la Banque mondiale. Avant de rejoindre l’IFC, il a été directeur adjoint du département marches émergents du ministère du Commerce et de l’Industrie (MTI). Spécialiste de l’Afrique, il a visité plus de dix pays en Afrique subsaharienne et a joué un rôle clé en élaborant les stratégies économiques de Singapour pour l’Afrique.

Boro Bronza

Ambassadeur de Bosnie-Herzégovine en Suisse depuis 2013. Auparavant, il était ambassadeur de Bosnie-Herzégovine en Grèce (2009-2013). Il est également professeur invité au sein du département d’histoire de la faculté de philosophie, Université de Banja Luka depuis 2009. Il a été professeur adjoint senior (2006-2009) et professeur adjoint (2001-2006) au sein du département d’histoire de la faculté de philosophie, Université de Banja Luka. Il a un doctorat de l’Université de Banja Luka.

Wolfgang Amadeus Bruelhart

Ambassadeur, responsable du département Moyen-Orient et Afrique du Nord au ministère des Affaires étrangères de Suisse depuis 2012. Précédemment, il a été ambassadeur de Suisse aux Emirats arabes unis (2008-2012), responsable de la section politique des droits de l’homme et responsable de la Task Force “Conseil des droits de l’homme” au département des Affaires étrangères (2003-2007) et conseiller culturel à l’ambassade de Suisse à Londres (1992-2002). Il a également été conseiller à l’ambassade suisse à Sarajevo (1996-1998).

Kerry Halferty Hardy

Conseillère stratégique, consultante et entrepreneure opérant à la croisée de la politique mondiale, des soins de santé, de l’innovation agricole et des technologies émergentes. Forte de plus de vingt ans d’expérience dans les secteurs à but non lucratif, privé et public des deux côtés de l’Atlantique, elle conseille des organisations qui évoluent dans des environnements institutionnels et géopolitiques complexes. Elle enseigne les ONG et la société civile dans le contexte de la diplomatie économique à l’ESCP, et conseille un partenariat d’investissement transatlantique axé sur les soins de santé et la technologie. Elle cofonde actuellement deux entreprises, l’une consacrée aux risques liés aux maladies infectieuses et à leurs implications en matière de sécurité, et l’autre dans le domaine de l’intelligence artificielle. Elle siège au conseil d’administration de plusieurs organisations internationales spécialisées dans la politique et l’économie, et écrit et intervient régulièrement sur la géopolitique et la gouvernance mondiale. Elle est titulaire d’une licence en études allemandes et d’un master en management.

Emmanuelle Fauchart

Professeure en entrepreneuriat et management de l’innovation à l’Université de Strasbourg. Membre du BETA, laboratoire de recherche du CNRS. Chercheur associée à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, Suisse. Associée chez JobZippers. Sa recherche porte notamment sur la façon dont l’identité des acteurs et les normes sociales affectent les comportements et les actions dans les domaines de entrepreneuriat et de l’innovation ainsi que sur les raisons qui poussent des entreprises à entreprendre des actions collectives et à les mener à bien. Elle est agrégée en économie et gestion, ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan, et docteur en économie (Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

The 8th edition of World Policy Conference will take place in Montreux, Switzerland / Nov. 20-22

18.11.15

Ora Noua

EIGHTH EDITION / Nov. 20-22, 2015

Fairmont Le Montreux Palace

Montreux, Switzerland

2015 Themes:

Session 1: Global economic order at the Crossroads

The revolution in information technologies and the geographical redistribution of economic power, in particular the emergence of China and weakening of the European Union, have led to a correction in the economic order resulting from the Second World War. Examples of this change are the rise of the G20 following the 2007-2008 crisis, and the weakening of trade multilateralism in favour of bilateral or plurilateral agreements.
Many observers are placing increasing importance on “geoeconomics”, understood as the intersection of international economics and geopolitics.
For example, the Chinese initiative to create the AIIB (Asian Infrastructure Investment Bank) should be analysed from this perspective. Growing interest in “geoeconomics” is also based on the increased importance of sanctions as a means of action in international relations. More thoroughly, one could argue that, despite appearances, certain aspects of globalisation might be in peril. Without ignoring the cyclical aspects of the global economy, the primary purpose of this session is to shed light on this fundamental question.

Session 2: The future of central banking

Since the crisis occurred, Central banks of large advanced economies have embarked on very accommodating conventional and unconventional monetary policy. What is the meaning of this persistent situation, more than eight years after the start of the subprime crisis and more than seven years after Lehman Brothers bankruptcy? In particular:

  • – What are the unintended financial and real economy consequences of such a long standing high level of monetary accommodation in the advanced economies?
  • – What is the likely impact, in particular on volatility of global financial markets, on the global economy and on emerging economies, of the progressive withdrawal of monetary stimulus that is presently proceeding in the United States?
  • – Are we experiencing a kind of “new normal” monetary policy required by persistent adverse new economic and financial structural features of the advanced economies?
  • – Are there key “fundamentals” of Central Banking that should be kept in mind in all circumstances (like central bank independence, medium and long term price stability goal, financial stability etc.)?

Session 3: Trade Agreements from the Viewpoint of Middle Powers

The objective of this session is to conduct a closer analysis of trade issues resulting from the structural transformations examined in session 1, through the experience of two “middle powers”: Korea and Canada.

Session 4: Do Firms have a Nationality?

In the enthusiastic early days of globalisation, it was fashionable to speak of “global corporations” as entities independent from national political ties, as if for example AT&T, Google or Amazon, Toyota, Samsung, Volkswagen or Michelin, were operating in a world where borders had been irreversibly removed. The aim of this session is to examine to what extent the ideology of globalisation should be revised in this regard.

Session 5: The future of the Middle East

The fall of the Soviet Union, and with it the Russian Empire, reopened the situation in the Middle East – in its wider sense, including, for example, Libya. Accumulated strategic errors have led to chaos and the growth of terrorism, the primary victims of which are regional populations but which also directly and strongly impact the interests of traditionally involved external powers, such as the Europeans and Russia. Among the most surprising and in many respects anachronistic recent developments is the meteoric rise of the so-called “Islamic State”. However, the nuclear deal with Iran opens the prospect of the country returning to the “Concert of Nations”, even if, in this instance, the established powers are still demonstrating many more signs of opposition than possible convergence. During this session, attended by some of the principal protagonists, attempts will be made to answer the following question: are we moving towards a trend of less or more chaos in the Middle East?

Session 6: Security in Asia in a Historical Perspective

The rise of China is without doubt the main geopolitical phenomenon in Asia, and historical experience, of which there is an abundance in this regard, shows that this type of situation often leads to war. In the current context, Asia is suffering from an institutional deficit in terms of regional security, made all the more regrettable by territorial disputes being coupled with formidable psychological confrontations, particularly between Japan and its Chinese and Korean neighbours. During this session, which will include the participation of eminent representatives from the region, we will attempt to take a step back and examine the chances of a reduction in tensions so as to limit the risk of accidental conflicts with a potentially devastating global impact.

Session 7: Peaceful coexistence of religions?

The political importance of religions is derived from their decisive role in structuring the identity and culture of peoples. Contemporary history shows that, when manipulated by fanatical leaders, they can still serve the cause of the most barbaric wars. Multiethnic or multireligious countries which manage to maintain a balance thanks to a climate of respect and tolerance are worthy of the attention of those concerned about the scourges of the modern world. Among these, Benin in Africa is a remarkable example.

Session 8: Food and water security

Food and access to drinking water are the primary conditions for health and development. Malnutrition and the unavailability of water of sufficient quality and quantity are at the root of lethal conflicts and uncontrollable migration. The solution to these problems is the province of political geography, but also of economic organisation and technology. This panel discussion will examine all aspects of the issue, with particular attention paid to Africa from a geographical point of view.

Session 9: Israeli-Palestinian dialogue

Close to seven decades since the creation of the Hebrew State, the Israeli-Palestinian conflict looks like a perpetual war. Is there any chance for a settlement in the foreseeable future?

Session 10: The global challenges of the digital technologies

Far from slowing down, the revolution in information technologies continues at a frenetic pace. The Internet of Things, increasingly sophisticated robotisation, drones and 3D printing make the concept of the border a little more blurred with each passing day and open entirely new perspectives – positive but also negative – on globalisation, and the implications for global governance, in particular legal and ethical issues, merit exploration without delay.

Session 11: Health and global governance

During this session, which complements session 8 but also session 10, we will examine the positive prospects for health opened by the technological revolution and globalisation, but also any associated risks and ways of countering them.

Session 12: Climate and environment

This session will examine the issue of climate with the immediate prospect of COP21, and will explore three fundamental, long-term questions. Firstly, the role of enterprises. Secondly, the ethical dimension is of primary importance, since the stakes are nothing less than how the action of humans will affect the future of the Earth. Thirdly, negotiations on climate are undoubtedly only a first example of situations which are likely to multiply, where diplomacy will be immediately required to tackle problems that are increasingly truly planetary in scale. Despite not inconsiderable expertise in multilateralism, we are still seriously lacking in experience when it comes to this kind of complexity.

Session 13: Europe’s refugee crisis

In terms of its current and potential scale, this crisis is comparable to those which affected the continent in the aftermath of the two global conflicts of the 20th century, but with three differences. Firstly, in this instance we can more clearly see the conjunction of specifically economic causes and geopolitical causes. Secondly, current migration flows are being reinforced by use of communication technologies. Thirdly, immigrants are coming from a range of different civilisations. To this is added the risk of the infiltration of individuals belonging to terrorist groups, at a time when the threat is high in Europe. This crisis therefore represents a major challenge for the European Union. The nature of these causes means that other parts of the world could experience comparable challenges. This session is related in an obvious way to session 5.

Session 14: Final debate

This final, traditional session will be used to draw conclusions from all of the discussions held over the three days and to complete them with any topical points not sufficiently dealt with at the time.

http://www.worldpolicyconference.com/2015-invited-guests/

Arthur Rutishauser

Rédacteur en chef de SonntagsZeitung depuis décembre 2013. Auparavant, il a été pendant quatre ans membre de la rédaction de Tages-Anzeiger, un quotidien de Zurich. En tant que journaliste, il a couvert l’affaire UBS durant la crise financière et celle de la compagnie aérienne nationale Swissair jusqu’à sa faillite. A la suite de cela, il a été nommé journaliste d’investigation de l’année 2013. En 2002, il a reçu le prix Zürcher Journalistenpreis. Il a un doctorat en économie de l’Université de Zurich.

Pierre Sigonney

Economiste, Direction de la Stratégie, Total. Il suit l’évolution de l’activité économique et les marchés du pétrole et du gaz sur le court et le long terme, en amont et en aval et leur impact sur la stratégie de Total. Avant de rejoindre Total en 1999, il a travaillé au sein du ministère des  Finances, à la direction du Trésor,  surveillant l’activité économique. Il est diplômé de ’École Polytechnique et de l’Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique. Il possède également un DEA d’économie monétaire internationale obtenu à Paris IX Dauphine.

Agenda 2015

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Thèmes des sessions

08h30 – 09h45

Ouverture

09h45 – 11h00

Session plénière 1 : L’ordre économique mondial à la croisée des chemins

11h00 – 11h30

Pause café

11h30 – 12h45

Session plénière 2 : L’avenir du métier des banques centrales

13h00 – 14h30

Déjeuner

14h45 – 15h30

Session plénière 3 : Le point de vue de Washington sur les implications politiques et géoplitiques des attaques terroristes du 13 novembre à Paris

15h30 – 16h30

Session plénière 4 : Les accords commerciaux du point de vue des puissances moyennes

16h30 – 17h30

Session plénière 5 : Les entreprises ont-elles une nationalité?

17h30 – 18h00

Pause café

18h00 – 19h30

Session plénière 6 : L’avenir du Moyen-Orient

20h30

Dîner débat

08h00 – 09h30

Session plénière 7 : La sécurité en Asie dans une perspective historique

09h30 – 10h00

Pause café

10h00 – 10h45

Session plénière 8 : Coexistence pacifique des religions?

10h45 – 12h00

Session plénière 9 : La sécurité alimentaire et le problème de l’eau

12h15 – 13h45

Déjeuner débat avec des directeurs de Policy Planning Staff

14h00 – 14h45

Session plénière 10 : Dialogue israélo-palestinien

14h45 – 16h00

Session plénière 11 : Les défis mondiaux des technologies numériques

16h15 – 19h15

Ateliers parallèles

Atelier 1 : Energie

Synopsis

Atelier 2 : Economie et finance

Synopsis

Atelier 3 : Chine

Synopsis

19h30 – 20h00

Cocktail

20h00

Dîner de gala

08h00 – 08h45

Rapport des ateliers parallèles

08h45 – 09h45

Session plénière 12 : Santé et la gouvernance mondiale

09h45 – 11h30

Session plénière 13 : Le climat et l’environnement

11h30 – 12h15

Session plénière 14 : Iran et Moyen-Orient

12h15 – 13h45

Session plénière 15 : La crise des réfugiés en Europe

14h00 – 15h00

Déjeuner

15h00 – 16h45

Session plénière 16 : Débat final

16h45

Clôture

Vitaly Naumkin

Président de l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie depuis 2015, directeur de 2009 à 2015 et directeur adjoint de 1989 à 1994. Il est professeur, docteur en sciences et membre de l’Académie des sciences de Russie. Il est rédacteur en chef du journal Vostok (Oriens) depuis 1998, professeur et titulaire de la chaire de la faculté de sciences politiques mondiales à l’Université d’État de Moscou depuis 2003, professeur à l’École supérieure d’économie de Moscou. Il a été membre du groupe de haut niveau du projet des Nations Unies « l’Alliance des civilisations » de 2005 à 2007, et est actuellement ambassadeur de bonne volonté pour l’Alliance des civilisations. Il a été professeur invité à l’Université américaine du Caire en 1991 et à l’Université de Californie de Berkeley en 2003. Depuis 2016, il est le conseiller politique principal auprès de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies pour la Syrie. Membre du conseil consultatif sous l’autorité du ministre des Affaires étrangères de Russie. Auteur de plus de 500 publications en histoire, sciences politiques, relations internationales, gestion et résolution de conflits, Islam et études du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.

Laurent Cohen-Tanugi

Avocat international, membre des barreaux de Paris et de New York et fondateur du cabinet-boutique Cohen-Tanugi Avocats. Il a été précédemment associé des cabinets juridiques internationaux Cleary Gottlieb et Skadden et VP et General Counsel du groupe Sanofi. Laurent est également l’auteur d’une douzaine d’ouvrages sur la démocratie et l’Etat de droit, la construction européenne, les relations transatlantiques et la géopolitique mondiale. Il a enseigné à Harvard et Stanford.

Mbuih Zukane

Enseignant, Université de Dschang et PDG, ICAD, Cameroun. Il compte 11 années d’expérience durant lesquelles il a travaillé auprès des jeunes et en tant qu’expert sur la coopération internationale. Il intervient sur le thème du leadership des jeunes (cours transversal) à l’Université de Dschang, Cameroun. Il est aussi le co-fondateur de l’African Network of Youth Policy Experts ainsi que le fondateur et PDG d’ InterCultural Alliance for Development. Il a des diplômes du PNUD, d’UNICEF, d’UNWomen et POTI, Etats-Unis. Ses nombreuses publications se concentrent sur ses recherches dans le domaine de la formation des jeunes et de la coopération internationale.

Marième Diop

Desk Manager, President’s Delivery Unit, Sénégal. Elle est chargée de coordonner et surveiller cinq des vingt-sept projets phares de développement du pays. Elle a travaillé comme analyste pour BearingPoint Consulting avant de rejoindre le géant des télécommunications, Orange, en tant que business consulting manager. Dans le cadre de son rôle actuel au sein du gouvernement, elle a pour objectif de mettre en avant la position géographique privilégiée du Sénégal afin d’attirer de grands investisseurs et des touristes du bassin atlantique. Elle est diplômée de Telecom Paris.

Eve Fofana

Directeur adjoint Côte d’Ivoire, General Electric. Son rôle principal est d’identifier et de transformer les opportunités commerciales en projets bancables pour les différentes activités de GE en Afrique francophone et subsaharienne. Elle a co-dirigé la nouvelle implantation de GE en Côte d’Ivoire et continue d’être impliquée dans les opérations quotidiennes. Auparavant, elle a passé sept ans au sein de GE Capital France où elle a occupé différents postes. Elle a également travaillé dans le secteur financier chez American Express en France et sur la gestion des opérations chez Air France – KLM aux Etats-Unis. Elle est diplômée en marketing et administration des entreprises de Baruch College.

Yassine Moustanjidi

Architecte et urbaniste, Klaus Müller GMBH, Allemagne. Il est expert et chercheur sur les questions de durabilité urbaine et de méga-urbanisation. Il a travaillé activement sur les défis apportés par l’urbanisation au Moyen-Orient, en Afrique du nord, en Chine, En Europe et participé à différentes conférences internationales, concours et ateliers sur ce sujet. Il a aussi pris part à des programmes de formation régionaux, notamment l’U.S.-Middle East Partnership Initiative à Washington et Young Arab Leaders à Kuala Lumpur. Il est diplômé de la Technical University of Berlin Tongji University, Shanghai, et l’Ecole Nationale d’architecture, Rabat.

Peter Harling

Conseiller spécial pour le Moyen-Orient (basé à Beyrouth et Riyad), International Crisis Group depuis 2014. Il a occupé différents postes à l’International Crisis Group tels que conseiller spécial pour le Moyen-Orient (basé au Caire et à Damas) (2013), directeur, Egypte/Syrie/Liban/Irak/Golfe (basé au Caire et à Damas) (2012) et directeur, Egypte/Syrie/Liban (basé au Caire et à Damas) (2011-2012). Il a été conseiller de Lakhdar Brahimi, représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie en 2013. Il a travaillé comme expert lors d’un comité pour la prévention des conflits à la Fondation Chirac (Paris). De 2002 à 2006, il a fait des reportages sur l’Irak et depuis l’Irak pour Le Monde Diplomatique. Il est diplômé de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris).

Prince Boadu

PDG et co-fondateur de MapTech Logistics Limited, entreprise qui utilise la puissance des systèmes d’information géographique (GIS) pour résoudre des problèmes rencontrés par les entreprises en développant et déployant des applications GIS. Il a également fondé EVOLV.Africa, une organisation à but non lucratif qui offre aux jeunes la possibilité de développer leurs compétences en matière d’entrepreneuriat et de leadership grâce à des séminaires, conférences et ateliers. Il a travaillé comme analyste logistique et approvisionnement pour Clean Team Ghana. Il est fondateur et conservateur de TedxKNUST, a été nommé parmi les Global Shapers du World Economic Forum et fait partie des 30 jeunes entrepreneurs ghanéens de moins de 30 ans à suivre selon Future of Ghana Magazine. Il a un MBA en logistique et gestion de la chaîne d’approvisionnement de KNUST-Kumasi.

Bernard Siman

Membre et conseiller du conseil d’administration de Geopolitical Information Service AG. Son expérience couvre à la fois les services financiers, l’analyse des risques géopolitiques et des différents scénarios, le management interculturel, la résolution de conflits, la médiation et la diplomatie financière. Il a travaillé au Japon, en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Turquie.

Antoine Rostand

Conseiller, Schlumberger, après avoir été président de Schlumberger Business Consulting, une unité indépendante de Schlumberger qu’il a créée en 2004. Ingénieur de formation, il a rejoint Schlumberger en 1986 en tant qu’ingénieur technique et a passé les premières années de sa carrière à travailler en Europe et en Afrique pour de grandes compagnies pétrolières et gazières. Après 6 ans chez ICME, leader du conseil en stratégie en Suisse, il a rejoint AT-Kearney comme associé en 1996. A la suite de l’acquisition d’AT-Kearney par EDS, il a été nommé PDG d’EDS France. Il est retourné chez Schlumberger en 2002. Il est diplômé de l’Ecole Polytechnique et a suivi un MBA à l’INSEAD et un programme Finance à l’IMD.

Sophie Turrettini

Secrétaire générale de la Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti et membre de différents conseils de fondations caritatives à Genève. Responsable de l’administration, de la comptabilité et des ressources humaines pour plusieurs entreprises dans différentes industries. Membre du conseil d’administration de la Fondation WPC depuis 2013.

Corinne Colloc’h

Responsable du Développement Corporate, Airbus Group. En coordination avec les entités opérationnelles, elle assiste le directeur de la Stratégie et du Marketing et  le PDG dans la définition des axes stratégiques et leur mise en œuvre. Elle a précédemment été directrice de l’audit Interne du Groupe Airbus avec un accent particulier mis sur l’audit des grands programmes et le management des risques et opportunités. Elle a également travaillé à Airbus Inc à Washington DC et à Airbus Defense and Space à Munich sur le développement stratégique des activités de sécurité et de Défense. Elle a aussi été chef de projet au département Fusion / Acquisition.

Olivier Sigg

Associé au sein du département « Clientèle privée » chez Froriep, l’une des plus importantes études d’avocats de Suisse avec des bureaux à Genève, Zürich, Zoug, Lausanne, Londres et Madrid. Il a rejoint Froriep en 2005 et est devenu associé en 2015. En 2010 et 2011, il a été détaché auprès d’un important cabinet d’avocats londonien et a ensuite passé plusieurs mois au sein du bureau de Londres de Froriep. Il conseille des clients privés internationaux en matière de planification et de protection du patrimoine, de transfert de domicile ainsi que de philanthropie. Il est membre de la « Society of Trust and Estate Practitioners » (STEP) et membre du comité STEP de Genève. Il est diplômé en droit de l’Université de Genève.