Ces puissances moyennes qui refusent de s’aligner sur les États-Unis ou la Chine

20.12.2022

ANALYSE – Dans le Golfe comme en Asie et en Afrique, les pays du Sud veulent accroître leur influence.

De notre envoyée spéciale à Abu Dhabi

Depuis plusieurs années, le repli américain et la rétraction du monde occidental poussent les diplomaties du Sud qui veulent peser davantage dans les affaires internationales. Aux Émirats arabes unis, comme ailleurs dans le Golfe, au Moyen-Orient, en Asie ou en Afrique, cette tendance à changer ses alliances pour les rééquilibrer a été exacerbée depuis l’invasion russe du 24 février. «Avec la guerre russo-ukrainienne mais aussi dans le conflit Chine-États-Unis, nous avons ont choisi l’équilibre», résume d’une phrase Anwar Gargash, le «Kissinger du Moyen-Orient», conseiller diplomatique du président émirati Mohammed Ben Zayed (MBZ), à la World Policy Conference (WPC) organisée par l’Ifri à Abu Dhabi. C’est-à-dire, concrètement, une prise de distance à l’égard des politiques chinoises et russes de la Maison-Blanche.

[…]

Lire l’article sur Le Figaro.

Discours du patriarche œcuménique Bartholomée lors de la 15e World Policy Conference à Abu Dhabi

17.12.2022

Créée en 2008 par l’Institut français des relations internationales (Ifri), à l’initiative de son fondateur et président Thierry de Montbrial, la World Policy Conference (WPC) ou la Conférence sur la politique mondiale, est une think tank dont l’objectif est de contribuer une réflexion systématique pour l’organisation d’une gouvernance mondiale adaptée aux réalités du XXIe siècle, associant décideurs, experts et leaders d’opinion au plus haut niveau.

[…]

Lire l’article sur Orthodoxie.com.

Opération de charme chinoise dans le Golfe

13.12.2022

L’Ambassadeur Bertrand Besancenot revient sur la récente visite du Président chinois Xi Jinping en Arabie saoudite, marquant la volonté pour le Riyad de mettre en place un système d’alliance politique et économiques avant tout convergent avec ses intérêts nationaux. Ici, un rapprochement avec Pékin ne signifie pas un éloignement avec Washington.

Le président Xi Jinping a effectué la semaine dernière une visite de trois jours à Riyad, au cours de laquelle il a eu un sommet bilatéral avec les Saoudiens, puis a rencontré les dirigeants du Conseil de Coopération des États Arabes du Golfe et enfin un « sommet sino-arabe » élargi à certains pays de la Ligue Arabe : la Mauritanie, la Tunisie, Djibouti, la Somalie, les Comores, l’Irak et l’Égypte.

Le Président chinois a reçu un accueil royal, y compris de la part de la presse locale qui s’est répandu sur l’intérêt de la coopération avec la Chine, un partenaire essentiel de l’Arabie saoudite et du monde arabe et qui ne donnait pas de leçons de morale, contrairement aux États-Unis et à l’Occident en général.

Ce voyage était en réalité centré sur l’énergie et l’économie, avec la signature de contrats d’un montant global évalué à 28 Mds d’euros dans les domaines de l’hydrogène, de la pétrochimie, des technologies de l’information, du cloud computing, des transports et de la construction (sans plus de précision). En fait, la Chine est déjà le premier partenaire commercial de l’Arabie saoudite, avec un volume d’échanges bilatéraux qui excède les 80 Mds de dollars. Les Chinois sont impliqués dans de multiples chantiers d’infrastructure et leurs investissements en Arabie saoudite sont estimés à 106,5 Mds de dollars au cours des vingt dernières années. Riyad est par ailleurs le premier fournisseur de pétrole de Pékin, qui lui a acheté 17 % de sa consommation de brut l’an dernier.

Sur le plan politique, cette visite était un signal diplomatique de convergence entre les deux pays avec la signature d’un accord de partenariat stratégique, mais aussi un message clair à l’administration Biden : Riyad n’est pas concerné par la polarisation entre Washington et Pékin et souhaite maintenir des relations privilégiées avec les deux pays (et d’autres), en fonction de ses intérêts nationaux. Comme l’a écrit un porte-parole officieux, « la région est en quête de stabilité, d’investissements, de développement, de diversité, d’ouverture à tous, et non pas de positionnement dans une tranchée aux dépens d’un autre camp ».

La visite du Président chinois a en outre conforté la place internationale de l’Arabie saoudite et de son prince héritier, en présentant le royaume comme un acteur mondial autonome et courtisé, dialoguant avec tout le monde. Le ministre saoudien des a Affaires étrangères a d’ailleurs profité de la World Policy Conference qui s’est tenue à Abou Dabi du 9 au 11 décembre pour préciser les orientations nouvelles de la diplomatie de Riyad :

  •  L’Arabie et le CCEAG s’emploient à bâtir des ponts entre l’Orient et l’Occident.
  •  Le royaume entend renforcer sa coopération avec son plus grand partenaire commercial, la Chine.
  •  Le dialogue est le meilleur moyen pour régler les problèmes complexes et difficiles d’aujourd’hui.
  •  La politique étrangère de Riyad est mue par sa volonté de bâtir une prospérité durable pour le peuple saoudien.
  •  S’agissant des cours du pétrole, l’Arabie saoudite et l’Opep+ ont une politique claire et permanente de préserver les marchés stables, car à défaut les producteurs cesseront d’investir.
  •  Les relations saoudo-russes sont solides, en particulier dans le cadre de l’Opep+.
  •  Dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine, l’Arabie saoudite se considère comme un médiateur, et elle a contribué à la libération de prisonniers.
  •  Les relations avec les États-Unis sont importantes, car Washington joue un rôle essentiel au plan sécuritaire. Riyad veut coopérer avec toutes les administrations et développer un vrai dialogue stratégique.
  •  Si on ne parvient pas à un accord nucléaire avec l’Iran, qui donnerait des garanties sérieuses, la région s’engagerait dans une période complexe et dangereuse qu’il faut éviter.
  •  L’Europe demeure l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Arabie saoudite et du Golfe. Riyad l’appelle à une interaction plus importante dans la région.

[…]

Lire l’article sur Revue Défense N@tionale.

« Tout est possible » si l’Iran fabrique une arme atomique

12 décembre 2022

« Tout est possible » si l’Iran fabrique une arme atomique – Responsable saoudien

“Nous sommes dans un périmètre très dangereux”, a dit le ministre des Affaires étrangères Faisal bin Farhan Al-Saud, notant être “sceptique” sur une reprise du JCPOA

Le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Faisal bin Farhan Al-Saud, a indiqué dimanche que les voisins du Golfe de la république islamique réagiraient si Téhéran devait fabriquer une arme nucléaire.

« Si l’Iran obtient une bombe nucléaire, tout est possible », a déclaré Al Saud aux journalistes à la World Policy Conference qui était organisée à Abou Dhabi, selon Reuters.

« Nous sommes dans un périmètre très dangereux dans la région… Vous pouvez vous attendre à ce que les États régionaux examinent très certainement la manière de garantir leur propre sécurité », a-t-il ajouté, sans donner de détail.

De propos tenus alors que l’Iran reste en conflit avec l’Occident à la fois sur la question de son programme nucléaire et dans le cadre des négociations sur la mise en vigueur d’un accord signé en 2015 qui avait été gelé.

La République islamique a indiqué, le mois dernier, avoir fait progresser ses activités d’enrichissement d’uranium. L’Occident craint pour sa part que ces travaux puissent entrer dans le cadre d’un programme secret d’armement atomique.

[…]

Lire l’article sur le site du Times of Israel.

Sahel et Afrique de l’Ouest : à l’heure de l’émancipation ?

18.12.2022

Géopolitique enregistrée à Abou Dhabi où s’est achevée, le 11 décembre 2022, la 15ème édition de la World Policy Conference. L’occasion pour chercheurs, politiques, économistes, intellectuels d’échanger pendant trois jours sur la situation internationale et les grands enjeux géopolitiques.

Au Sahel et en Afrique de l’Ouest, l’année 2022 a été agitée, entre les coups d’État à répétition, le départ de la force Barkhane du Mali, la montée du sentiment anti-français, la poussée du terrorisme jihadiste vers les États du Golfe de Guinée comme le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire, sans oublier la controverse suscitée par le position de plusieurs pays africains par rapport à l’invasion russe de l’Ukraine…

Comment lutter efficacement contre l’expansionnisme des groupes armés jihadistes? Que traduit l’accaparement du pouvoir par les militaires au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Tchad ? Quels bénéfices et quels risques à faire alliance avec la Chine ou la Russie ? Peut-on parler de volonté d’émancipation par rapport à l’Occident et à la France, ancienne puissance coloniale ? Quel modèle de développement les Africains souhaitent-ils ?

Trois invités :

Cheikh Tidiane Gadio, président de l’Institut panafricain de Stratégie (Paix-Sécurité-Gouvernance) et ancien ministre des Affaires Étrangères du Sénégal

Alain Antil, directeur du Centre Afrique Subsaharienne de l’IFRI, l’Institut français de Relations Internationales.

Jean-Michel Sévérino, président d’Investisseurs et partenaires, directeur de recherche à la FERDI, Fondation pour les Études et la Recherche sur le Développement International, auteur de «Entreprenante Afrique» chez Odile Jacob.

Par Chantal Lorho.

Écouter le podcast sur RFI.

Ministre saoudien des Affaires étrangères : si l’Iran obtient une arme nucléaire, tous les paris sont ouverts

12.12.2022

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, a déclaré dimanche que les voisins arabes de l’Iran dans le Golfe agiraient pour renforcer leur sécurité si Téhéran devait obtenir des armes nucléaires, a rapporté Reuters. « Si l’Iran obtient une arme nucléaire opérationnelle, tous les paris sont ouverts », a déclaré le prince Faisal lors d’une interview sur scène lors de la World Policy Conference à Abu Dhabi, interrogé sur un tel scénario. « Nous sommes dans un espace très dangereux dans la région… vous pouvez vous attendre à ce que les États régionaux se tournent certainement vers la manière dont ils peuvent assurer leur propre sécurité », a-t-il ajouté.

Bien que Riyad soit resté « sceptique » quant à l’accord sur le nucléaire iranien, le prince Fayçal a déclaré dimanche qu’il soutenait les efforts visant à relancer le pacte « à condition qu’il soit un point de départ, et non un point final » pour un accord plus solide avec Téhéran. « Les signes actuels ne sont malheureusement pas très positifs », a déclaré le prince Faisal, ajoutant : « Nous entendons dire par les Iraniens qu’ils n’ont aucun intérêt dans un programme d’armes nucléaires, ce serait très réconfortant de pouvoir croire cela. Nous avons besoin de plus l’assurance à ce niveau. »

Par Gabriel Attal.

Lire l’article sur Radio J.

Analysis: Saudi Arabia sends Iran forceful message about its nuke program

Ariel Oseran

December 12, 2022

 

Analysis: Saudi Arabia sends Iran forceful message about its nuke program

While the patience of regional actors is waning, their fears are raging.

Saudi Arabian Foreign Minister Faisal bin Farhan Al-Saud said on Sunday that Iran’s Gulf Arab neighbors would act to shore up their security if Tehran were to obtain nuclear weapons.

 

During an interview at the World Policy Conference in Abu Dhabi, Al-Saud was asked about a scenario where Iran obtains nuclear weapons. He responded: “If Iran gets an operational nuclear weapon, all bets are off.”

We are in a very dangerous space in the region… you can expect that regional states will certainly look towards how they can ensure their own security.”

Western powers have accused Iran of raising unreasonable demands, thereby stalling nuclear talks. The focus has shifted to the Russia-Ukraine war and domestic unrest in Iran over the death in custody of 22-year-old Mahsa Amini.

Though Riyadh remained “skeptical” about the Iran nuclear deal, Al-Saud said it supported efforts to revive the pact “on condition that it be a starting point, not an end point” for a more substantial deal with Tehran.

Lire l’article sur i24news.

L’État ukrainien en quête de générateurs et de transformateurs pour poursuivre sa guerre

11.12.2022

Les représentants européens apportent à l’Ukraine un soutien sans réserve au cours de la « World Policy Conference », organisée du 9 au 11 décembre aux Émirats arabes unis. Kiev est assuré d’un surcroît de concours.

Le chef de la diplomatie ukrainienne n’a pas fait le déplacement à Abou Dabi (Émirats arabes unis), mais la 15e édition de la World Policy Conference qui s’y tient du 9 au 11 décembre, lui a consacré samedi après-midi une session plénière en visioconférence de son domicile.

Dmytro Kuleba, habillé d’un épais pull gris à son bureau, entend ne laisser filtrer aucun doute auprès de son auditoire : « La Russie est en train de perdre quand l’Ukraine est en train de gagner. » Et il balaie toute perspective d’une rigueur hivernale qui puisse affecter les troupes ukrainiennes : « Hiver, printemps, été, nous continuerons à nous battre (…). Nous n’en avons rien à faire du temps et rien n’arrêtera nos courageux soldats. »

Pièces de rechange

 De la réunion de « solidarité » à court terme pour son pays qui va se dérouler mardi à Paris, il n’exprime qu’une attente centrale de la part de Kiev, la « coordination des efforts » dans la fourniture de transformateurs, générateurs et pièces de rechange, indispensables pour surmonter la destruction ou l’endommagement « de plus de la moitié » de l’infrastructure électrique du pays, du fait de l’intensité des bombardements russes.

Une source diplomatique française va dans ce sens, en expliquant que l’intention est de se focaliser sur une période allant de la mi-décembre à la mi-mars, avec une « thématique très précise » qui est de permettre à l’Ukraine de maintenir le fonctionnement de ses infrastructures critiques.

Un conseiller de l’exécutif européen présent à l’événement d’Abou Dabi affirme, à cet égard, que « le niveau de consensus en Europe est extraordinairement élevé ». Il insiste sur l’engagement financier de l’Union européenne, aussi bien à des fins économiques que militaires, qui s’avèrerait « supérieur » à celui des États-Unis et pourtant « gravement sous-estimé ». Quelques heures plus tard, le Conseil des ministres de l’UE a annoncé être parvenu à un nouvel accord d’aide tout au long de 2023 à hauteur de 18 milliards d’euros, avec des prêts assortis d’une période de grâce de 10 ans.

[…]

Par Benaouda Abdeddaïm.

Lire l’article sur BFM TV.

“Les paris sont ouverts” si l’Iran obtient l’arme nucléaire

December 11, 2022

Le ministre des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite a déclaré, dimanche, que tous les paris seraient ouverts si l’Iran obtenait une arme nucléaire opérationnelle, les États du Golfe devant alors agir pour renforcer leur sécurité. “Si l’Iran se dote d’une arme nucléaire opérationnelle, tous les paris sont ouverts”, a déclaré le prince Faisal bin Farhan lors d’une interview sur la scène de la World Policy Conference à Abu Dhabi. “Nous sommes dans un espace très dangereux dans la région… vous pouvez vous attendre à ce que les États de la région se penchent sur la façon dont ils peuvent assurer leur propre sécurité”, a-t-il ajouté.

Parlant du sommet Conseil de Coopération du Golfe-Chine et du sommet sino-arabe qui ont eu lieu vendredi, le prince Faisal a déclaré que continuer à accroître la coopération entre le Royaume et la Chine est “incroyablement important”.

Lire l’article sur i24news.

La Chine dans le jeu américain des monarchies du Golfe

11.12.2022

La Chine est encore bien loin d’évincer les États-Unis auprès des monarchies du Golfe. Mais les échanges à la « World Policy Conference », organisée aux Émirats arabes unis du 9 au 11 décembre, illustrent un rapprochement accéléré.

Le séjour saoudien du président chinois Xi Jinping, du 7 au 10 décembre, ne devait pas s’inscrire dans l’ordinaire. Riyad et ses alliés ont donc vu les choses en très grand, autour de trois sommets d’affilée pour leur invité, d’abord avec l’Arabie Saoudite, puis le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et pour finir, la Ligue arabe. Un déploiement protocolaire forcément scruté par la World Policy Conference (WPC), organisée au même moment à Abou Dabi.

Il y a eu toute la satisfaction exprimée dimanche soir par le chef de la diplomatie saoudienne, Faisal bin Farhan Al Saud, venu clore les échanges dans la capitale émiratie, pour qui les perspectives de coopération avec la 2e économie mondiale s’avèrent « incroyables », que ce soit pour son pays ou les autres nations arabes.

Un responsable gouvernemental des Émirats arabes unis, rencontré en marge de la WPC, considère pour sa part que cette succession inédite de sommets formels, traitement inhabituel jusqu’ici essentiellement réservé dans la région au président des États-Unis, « vient satisfaire l’égo politique » des Chinois, en « renforçant leur statut ». Propos apparemment corroboré, lorsque l’on voit le président de l’Institut international d’études stratégiques à Pékin, Wang Jisi, lors d’une table-ronde sur la « rivalité » sino-américaine, évoquer le caractère « plus ambitieux » de ce rassemblement entre son pays et les cinq autres du CCG.

L’intention par la suite pour les monarchies du Golfe est de systématiser ce format chaque fin d’année, probablement en 2023 avec l’Asean, l’organisation du sud-est asiatique. Toujours d’après la source gouvernementale émiratie, pour le royaume saoudien il en est allé par ailleurs d’une « valeur symbolique » vis-à-vis des démocrates au pouvoir à Washington qui, un temps, ont proclamé leur intention de mettre le prince héritier Mohammed Ben Salmane au ban de la communauté internationale, après l’assassinat en 2018, au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul, du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Géopolitique de l’énergie

Puis, les Saoudiens ne sont pas privés de rappeler lors de cette conférence d’Abou Dabi, une fois encore, les facteurs de l’équation économique avec la Chine, premier partenaire commercial et débouché pour 20 % de leurs exportations de pétrole. Et des échanges qui tendent, soutient-on ici, à se diversifier et à se sophistiquer.

De quoi il retourne ? La pétrochimie, mais également le potentiel des énergies renouvelables. Lors d’une session samedi, Khaldoon Khalifa Al Mubarak, directeur général du fonds souverain d’Abou Dabi Mubadala, a mis en exergue les 80 % de l’industrie mondiale du solaire concentrée en Chine. « Nous aussi, on veut en bénéficier », lance alors un haut fonctionnaire émirati.

Idée « très naïve »

 La « géoéconomie d’un monde fragmenté », pour reprendre l’intitulé d’une table-ronde de vendredi, offre, par la même occasion, certaines possibilités de prendre ses distances avec les États-Unis. Pour un économiste sud-coréen, qui conseille de longue date son gouvernement, la manière dont s’est déroulée la visite de Xi Jinping à Riyad démontre que l’Arabie Saoudite « sera plus indépendante des pays occidentaux ».

Néanmoins, tout en saluant « la vision claire » qu’ont les Chinois de « ce qu’ils veulent », le responsable gouvernemental émirati juge « très naïve », l’idée « simplificatrice » en vogue d’une Chine venant « remplacer » les États-Unis, ce que le directeur saoudien d’un centre de recherche sur le Golfe, basé à Djeddah, a tout autant souligné dans une intervention dimanche après-midi. Abdulaziz Othman Sager assure que « la relation économique avec Pékin ne se développe pas en une relation de politique de sécurité », la Chine n’étant d’ailleurs de toute façon pas en mesure, selon lui, de fournir un cadre de protection armée au Moyen-Orient.

[…]

Par Benaouda Abdeddaïm.

Lire l’article sur BFM TV.

Fragmentation géoéconomique : Européens, Japonais et Sud-Coréens pris au piège

10.12.2022

La « World Policy Conference », organisée du 9 au 11 décembre aux Émirats arabes unis, tente de mettre en garde quant aux dégâts économiques de la « fragmentation » entre Washington et Pékin.

D’une manière ou d’une autre, au cours de cette 15e édition de la World Policy Conference, qui se tient cette année à Abou Dabi (Émirats arabes unis), la rivalité entre les États-Unis et la Chine est de toutes les discussions, de tous les apartés.

À une session sur l’hypothèse d’un « effondrement de l’ordre économique international », Qiao Yide, secrétaire général de la Fondation pour la recherche sur le développement de Shanghai, pose les termes en fonction des gains pour son pays à aller ou non dans le sens de la politique de sanctions unilatérales déployée par les Américains, en tant que mode de gestion des relations internationales.

Pourquoi donc Pékin avaliserait-il ces mesures punitives, en particulier à l’encontre de la Russie, dès lors que Washington a, maintenant, officiellement constitué la Chine en seul « adversaire systémique » ? Pour ainsi dire, dans le propos de cet expert auprès du ministère chinois des Finances, il n’y a fondamentalement plus rien à y gagner.

Pris en tenailles

Parmi les grands alliés industriels asiatiques des États-Unis, les inquiétudes portent avant tout sur le secteur des semi-conducteurs. Taeho Bark, président de l’Institut du commerce mondial Lee&Ko, à Séoul, redoute qu’avec la législation de l’administration Biden dite de réduction de l’inflation (IRA), structurant l’appui financier à la localisation de la production de puces sur le sol américain, l’on fasse « perdre l’opportunité » de réformer l’ensemble des règles de subventions dans ce domaine. Cet ancien ministre sud-coréen du Commerce extérieur exprime de vives préoccupations, en écho à celles de l’actuel gouvernement, d’être alors pris en tenailles entre les largesses budgétaires des deux plus grands produits intérieurs bruts au monde.

Mais c’est un conseiller de l’exécutif européen qui vient pointer auprès de ses interlocuteurs asiatiques l’évolution la plus lourde de conséquences à ses yeux : l’arsenal réglementaire édicté par Washington le 7 octobre, qui vise à limiter radicalement la vente d’équipements de production de puces à des sociétés chinoises.

Pour l’économiste japonais Motoshige Itoh, de l’Université de Tokyo, l’inquiétude est alors à relier à une puissante volonté de « centralisation » aux États-Unis des chaînes d’approvisionnement technologiques, au travers de la fabrication des semi-conducteurs. Cet ancien conseiller gouvernemental n’est pas loin de penser que les Chinois ne vont ainsi qu’en renforcer leur argumentaire d’auto-suffisance.

[…]

Par Benaouda Abdeddaïm.

Lire l’article sur BFM TV.

« Les Etats-Unis seront les grands gagnants de la guerre en Ukraine »

09.12.2022

Par Virginie Robert, Vincent Collen

Le fondateur de la World Policy Conference, qui se tient cette fin de semaine à Abu Dhabi, et de l’Institut français des relations internationales (Ifri), se montre de nouveau très circonspect sur l’allié américain. Bien qu’ils fassent preuve d’un fort soutien à l’Ukraine, les Etats-Unis profitent d’une opportunité qui accroît, selon Thierry de Montbrial, la dépendance de l’Europe à Washington.

Thierry de Montbrial.

Fondateur de la World Policy Conference

Les Européens viennent d’imposer un embargo sur le pétrole russe. Croyez-vous à l’efficacité des sanctions économiques ?

Dans sa réalité actuelle, l’Union européenne est inapte à la stratégie. Nous agissons au premier degré, c’est-à-dire sous l’emprise de l’émotion, au nom du bien et du mal. Avec deux instruments : les sanctions et les promesses d’élargissement de l’Union européenne. Les sanctions nous blessent à chaque fois un peu plus. Il se trouve qu’à chaque fois, nous devenons un peu plus dépendants des Etats-Unis qui font, eux, de la stratégie, en combinant froidement les valeurs et les intérêts. L’un de leurs objectifs est de devenir les maîtres du jeu dans le domaine de l’énergie.

Ce ne sont pas les Américains qui ont commencé la guerre en Ukraine. Au pire, ils profitent d’une opportunité…

Les deux sont vrais. Notez qu’ils n’ont jamais cherché à favoriser des solutions diplomatiques sur des questions comme la Crimée ou le Donbass. Il est vrai aussi que les Européens ne les y ont pas sérieusement encouragés. Les accords de Minsk ne pouvaient pas aboutir. Les Américains nous ont alertés mollement sur la possibilité d’une agression de la Russie en Ukraine, mais il n’y a pas eu de réflexion stratégique commune pour y parer. La préoccupation majeure outre-Atlantique, c’est la Chine.

La guerre d’Ukraine est d’abord apparue aux yeux des Américains comme une difficulté supplémentaire, puis ils l’ont vue comme une opportunité. Ce qui s’est traduit concrètement par l’élargissement de l’Otan, même si la Turquie freine les choses, sans état d’âme, dans son propre intérêt ; puis par la dépendance accrue de l’Union européenne vis-à-vis des Etats-Unis aussi bien en termes sécuritaires classiques que dans le domaine de l’énergie. Les Etats-Unis jouent remarquablement. J’aimerais que les Européens apprennent à devenir aussi bons stratèges qu’eux. C’est une question clé pour l’avenir de l’Union européenne.

Pourtant, à court terme, les Américains sont gênés par une forte inflation ?

Mais on voit bien que Joe Biden s’en tire magnifiquement avec son plan anti-inflation, que nous n’aimons pas. Sur le long terme, les Américains sont évidemment gagnants. Et ils vont tout faire pour nous aligner derrière eux, face à la Chine.

Quand la guerre sera terminée, les pressions pour un élargissement effectif et rapide de l’Union européenne seront considérables et sa gouvernance risquera de se trouver paralysée.

Et le deuxième instrument, l’élargissement de l’Union européenne ?

L’Union européenne est fragilisée. Nous sommes dans une phase d’accélération tous azimuts. On risque de se retrouver encore plus dépendants pour notre sécurité. Quant à l’économie, je doute de la capacité européenne à faire émerger une stratégie cohérente sur le plan commercial et industriel par exemple. Il est tellement plus simple pour la plupart des pays membres de s’en remettre à celle que Raymond Aron appelait la République impériale.

L’autonomie stratégique peut-elle devenir réalité ? Je l’espère ardemment, mais… Quand la guerre sera terminée, les pressions pour un élargissement effectif et rapide de l’Union européenne seront considérables et sa gouvernance risquera de se trouver paralysée, d’autant plus que le nationalisme et le souverainisme ont de beaux jours devant eux. Qui peut sérieusement nier ce diagnostic ?

Vous parlez de risque vital alors que l’UE a eu des réactions politiques fortes, face à la pandémie, la guerre d’Ukraine, la crise de l’énergie ?

Les deux ne sont pas incompatibles. Là, vous parlez d’une réaction dans l’urgence. Dans le cas de la santé, c’était la panique. Il était dans l’intérêt général immédiat de réagir ensemble. Cela a été un vrai succès. Il y a quelques semaines, j’ai été très frappé par le discours de Prague d’Olaf Scholz sur l’élargissement. Dans la phase héroïque de la Communauté européenne, on envisageait un nouvel élargissement seulement si on avait réussi l’approfondissement de la phase précédente, pour que l’étape suivante soit un succès. C’était le bon sens.

[…]

Lire l’article sur Les Echos.

Guerre en Ukraine : à quoi ressemblera le monde d’après ?

11.12.2022

Géopolitique à Abou Dabi où s’est tenue, ce week-end, la 15ème édition de la World Policy Conference. Trois jours d’échanges sur les événements marquants de 2022 : un monde de plus en plus fragmenté et de nouveaux défis à affronter : dérèglement climatique, crise énergétique, suite de la pandémie, tension croissante entre Washington et Pékin sur la question de Taiwan, sans oublier bien sûr l’agression russe de l’Ukraine, événement majeur de l’année. Quel scénario pour mettre fin à cette guerre en Ukraine qui va bientôt entrer dans son 10ème mois ? Quel impact sur les relations internationales ? Faut-il remettre en cause l’ordre mondial en place, depuis 1945, et renforcer l’ONU pour sortir des logiques d’affrontements ? À quoi pourrait ressembler le monde d’après la guerre ?

Deux invités :

Thierry de Montbrial, président et fondateur de la World Policy Conference et président de l’IFRI, l’Institut français de relations internationales, auteur de «Vivre le temps des troubles» chez Albin Michel

Jean-Pierre Cabestan, chercheur associé à Asia Centre, basé à Hongkong, vient de publier « Demain la Chine : guerre ou paix ? » chez Gallimard.

Par Chantal Lorho.

Écouter le podcast sur RFI.

L’Inflation Reduction Act américain pousse à s’interroger sur la stratégie de l’Union européenne en matière climatique

La politique climatique américaine (400 milliards de dollars de subventions en dix ans) pose un grave problème de compétitivité à l’Europe, qui doit éviter tout à la fois l’ornière du protectionnisme et la naïveté, analyse l’économiste dans sa chronique.

En 2019, l’Union européenne (UE) paraissait assurée de pouvoir compter pour longtemps sur un gaz russe abondant et bon marché. C’est dans ce contexte qu’elle a lancé son Pacte vert. De cette initiative, elle attendait d’abord l’affirmation d’un leadership mondial sur le climat, mais elle espérait aussi le gain d’avantages concurrentiels dans les produits et les industries de demain.

Le pari valait la peine d’être tenté, mais la stratégie de transition reposait beaucoup sur le gaz : celui-ci se substituerait, dans un premier temps, au fioul et au charbon, et, en attendant qu’hydrogène et stockage de l’électricité d’origine renouvelable aient trouvé leur modèle économique, il y serait fait appel dans les périodes sans soleil ni vent.

Mais, aujourd’hui, l’interruption des livraisons russes oblige l’UE à se passer du gaz beaucoup plus rapidement que prévu. Baisse de la demande et recours au gaz naturel liquéfié ont permis d’éviter les pénuries, mais le coût de l’énergie pour les usages industriels est aujourd’hui deux fois plus élevé qu’outre-Atlantique. L’Europe fait donc face à un problème de compétitivité aggravé et très probablement durable.

L’autre changement dans le paysage est le virage pris par les Etats-Unis avec l’Inflation Reduction Act (IRA) de 2022. Pour mettre fin au blocage qui prévalait au Congrès, l’administration Biden et la majorité démocrate ont fait le choix d’une stratégie climatique qui repose exclusivement sur les subventions. Ne sont prévus ni fiscalité carbone, ni obligations réglementaires, ni élimination des énergies fossiles. L’administration fait le pari que, si les entreprises y sont suffisamment encouragées, elles investiront dans les technologies vertes.

Ambitions revues à la baisse

L’IRA prévoit ainsi, en matière climatique, des subventions et des crédits d’impôt d’un montant de 400 milliards de dollars sur dix ans, selon les estimations du Congressional Budget Office, et peut-être du double, selon celles du Credit Suisse – le coût total dépendra du succès des dispositifs mis en place.

[…]

Retrouvez l’intégralité de la tribune sur le site du Monde.

Un an après, la guerre en Ukraine bouleverse les équilibres du Moyen-Orient

La guerre en Ukraine rebat radicalement les cartes au Moyen-Orient, analyse le directeur de la chaire Moyen-Orient Méditerranée à l’École normale supérieure. L’influence russe y prospère désormais grâce à une nouvelle forme d’«anti-impérialisme», ajoute-t-il.

Cet article a aussi été publié sur le site américain al-monitor.com. Gilles Kepel est politologue, spécialiste de l’islam et du monde arabe, est éditorialiste pour Al-Monitor et directeur de la chaire Moyen-Orient Méditerranée à l’École normale supérieure.


Un an après le début de la guerre en Ukraine, une série de secousses ont ébranlé les fondements du système d’alliances moyen-orientales. Nombre d’États appartenant au «Sud global», dont des pays arabes considérés jusqu’alors comme pro-occidentaux, ont refusé de voter à l’ONU pour condamner l’invasion russe. Et quand les États-Unis ont demandé à l’Arabie saoudite d’augmenter sa production de pétrole pour faire baisser les cours du brut, affaiblir Moscou et soulager l’Europe, Ryad a refusé de servir de variable d’ajustement du marché – ou de «producteur élastique» – et a maintenu les prix élevés. Même l’État hébreu a joué sa partition en solo, refusant de fournir à l’Ukraine la technologie de son « Dôme de Fer » pour arrêter les missiles…

[…]

Retrouvez l’intégralité de la tribune sur le site du Figaro.

Bogdan Klich : « Si nous n’aidons pas les Ukrainiens aujourd’hui, il n’y aura personne pour nous aider demain »

TRIBUNE – L’ancien ministre polonais de la défense estime, dans une tribune au « Monde », que la guerre menée par la Russie en Ukraine a cimenté l’unité occidentale et qu’il serait utile d’accélérer la procédure d’adhésion de Kiev à l’Union européenne.

La Russie a déclenché une guerre effroyable dont l’objectif est de détruire l’Etat ukrainien et d’anéantir la population du pays. Mais le plan stratégique du Kremlin va au-delà : il vise aussi à déstabiliser l’Europe et à paralyser l’OTAN. Nous sommes les prochains sur la liste. Les pays démocratiques ont compris trop tard ce que signifiait ce danger mortel. Et c’est pourquoi, aujourd’hui, les images de Marioupol en ruines ressemblent à celles d’Alep.

Les soldats russes commettent tous les jours des crimes de guerre. Ils exécutent des prisonniers de guerre et des civils désarmés. Ils violent des femmes et des enfants. Ils détruisent des villes entières. Moscou a déporté des milliers d’Ukrainiens vers l’Extrême-Orient et le nord de la Russie. Les auteurs de ces crimes révoltants doivent être poursuivis devant la Cour pénale internationale de La Haye. Mais qu’en est-il du crime d’agression ? Il doit être jugé par un tribunal spécial mis en place par la communauté internationale, conformément au droit international.

En mars 2022, le Conseil européen a adopté une « boussole stratégique » destinée à renforcer la politique de sécurité et de défense de l’Union européenne (UE). Ce plan d’action ambitieux, décliné en plus de 80 points, est crucial dans la mesure où une Europe dotée de capacités de défense renforcées contribuera à améliorer la sécurité globale.

Les défis qui nous attendent ne se limitent toutefois pas à cela. Pour l’instant, nous avons réglé la question la plus importante, en définissant les principaux piliers de notre approche commune :capacité de déploiement rapide, exercices conjoints et préparation aux missions extérieures ;renforcement des capacités d’échange de renseignements et de cyberdéfense.

« La menace la plus importante »

Depuis le début de la guerre, le 24 février 2022, l’UE et ses Etats membres ont versé à l’Ukraine 19,7 milliards d’euros d’aides, plus 3,1 milliards d’euros au titre de la Facilité européenne pour la paix afin de soutenir les forces armées ukrainiennes. L’UE a également instauré une mission d’assistance militaire afin de former 15 000 soldats ukrainiens dans plusieurs Etats membres. Et, pour la première fois de son histoire, elle a accepté de financer la livraison d’armes à un pays en guerre. Un tel soutien européen à un pays partenaire aurait été impensable jusque-là.

Les Européens ont également compris que, sans une OTAN efficace, placée sous la direction des Américains, il n’y aura pas de sécurité en Europe. Il est essentiel d’articuler les plans d’action européens avec ceux de l’OTAN, qui a adopté, en juin 2022 à Madrid, un nouveau concept stratégique en remplacement de celui qui fut approuvé au sommet de Lisbonne, en 2010.

Dans ce nouveau concept stratégique, les alliés réaffirment leur volonté de réagir rapidement aux nouveaux risques pour la sécurité et estiment que la Russie « constitue la menace la plus importante et la plus directe ». Ce diagnostic a conduit l’OTAN à renforcer sa présence militaire sur le flanc oriental de son territoire, c’est-à-dire à déployer des groupements tactiques multinationaux en Bulgarie, en Hongrie, en Roumanie et en Slovaquie, et à faire passer les forces à haut niveau de préparation de 40 000 soldats actuellement à environ 300 000.

[…]

Retrouvez l’intégralité de la tribune sur le site du Monde.

A Nobel Peace Prize Winner Sees Perils in the West ’s Focus on Ukraine War

ARTICLE – Juan Manuel Santos, a former president of Colombia, said the Ukraine war was “sucking all the energy” away from fighting other challenges, including climate change.

MUNICH — A Nobel Peace Prize winner from South America has warned that the West’s heavy focus on Russia’sinvasion of Ukraine risks alienating much of the rest of the world, which is dealing with the consequences of high erenergy and food prices stemming from the war.
“Ukraine is sucking all the energy, when there are more than 100 conflicts currently in the world,” said Juan Manuel Santos, the former president of Colombia. “There is a dissonance here” with the global south, he said. “And if this war prolongs itself, the risk of finding less and less support for it is very real.”

Mr. Santos spoke to The New York Times over the weekend on the sidelines of the Munich Security Conference, where leaders from the United States and other Western nations. He said that he told Ukraine’s president, Volodymyr Zelensky, during a visit to Kyiv in August “that you have to do more outside Europe to find and maintain support in Latin America and Africa,” given the economic costs of the war to the world’spoor.

Mr. Santos said that there is general recognition that Russia is the aggressor in Ukraine. “But realities change theperceptions of people,” he went on. “They’re concerned about the price of oil and lack of food. And when you say that,well, ‘Brazil can invade Colombia,’ they laugh, because it’s a hypothetical. They want their food.”

Other leaders in Munich also expressed worries about perceptions of the war in the global South, but Mr. Santos was considerably blunter about the extent of the problem.

[…]

Read the article written by Steven Erlanger on The New York Times.

Arabs should send a peacekeeping force to Syria

ARTICLE – Following this month’s devastating earthquake, the UAE was the first Arab country to send its foreign minister to Damascus to express support to Bashar Assad. This move was a follow-up to the UAE policy to open up to Assad. Similarly, Turkiye has been warming to the Assad regime. The two countries have different objectives. Turkish President Recep Tayyip Erdogan, who is facing an uphill battle, wants an election stunt, while the UAE wants to contain Iran’s presence in the region. However, Assad is neither willing nor capable of delivering on this objective, hence they need to play it smart.

Erdogan’s rapprochement with Assad is aimed at countering the Turkish opposition parties that state that, if they were to win the election, they would normalize with Assad and ensure that the Syrian refugees in Turkiye go back home. On the other hand, Erdogan and Assad have a common enemy: the Syrian Democratic Forces. The various negotiations between Assad and the SDF have failed. Erdogan sees in Assad a potential partner who can facilitate any potential assault on the northwest of Syria. While Iran publicly praises the potential rapprochement between Syria and Turkiye, in reality it dreads it. Any normalization with Turkiye would mean less influence for Iran.

The Turks are sending mixed signals. They say Erdogan is ready to meet with Assad, while also saying that any normalization would have to abide by UN Security Council Resolution 2254. The opposition criticizes Erdogan by saying that the return of refugees can only be secured through an agreement with Damascus. However, this is illogical, as Assad cannot provide the basic condition for their return, which is a safe environment. There is nothing called the Syrian Arab Army. The army is a loose coalition of warlords; it is not a cohesive structure with clear control and command. The only two real legions are the 4th Armored Division led by Maher Assad, which takes orders from the Iranians, and the Tiger Forces that take orders from the Russian Hmeimim airbase.

Assad’s forces cannot deploy all over Syria and other Arab countries definitely do not trust him enough to give him the funds and equipment to beef up his military. They do not trust him due to the Iranian connection. In order for Gulf countries to fully normalize with Assad, he needs to downgrade his ties with Iran. However, the case of Sudan’s Omar Bashir will send an alert to Assad. Bashir gave up on relations with Iran but he was still deposed. The same could happen with Assad. So, guarantees are needed that he will limit the Iranian presence in Syria.

[…]

Read the article written by Dania Koleilat Khatib on Arab news.

Michel Foucher : « C’est la première fois que l’extension du projet européen est contrée par les armes »

La guerre déclenchée par la Russie en Ukraine est aussi une réponse à la politique d’élargissement et d’influence de l’Union européenne. Pour le géographe Michel Foucher, la menace russe accélère la demande de protection européenne des Etats d’Europe orientale et “l’UE n’a plus le choix, sauf à renoncer à ses valeurs”.

Michel Foucher est un homme occupé et pressé, enchaînant dans la même journée une réunion de travail à , un cours à l’INSP (Institut national du service public, ex-ENA) devant les auditeurs du Cycle des hautes études européennes (CHEE), puis une conférence-débat en soirée. Occupé et pressé, il l’est depuis longtemps, compte tenu de ses nombreuses fonctions et aujourd’hui encore pour délivrer son analyse de la guerre en Ukraine. Docteur d’Etat en géographie, enseignant et essayiste, Michel Foucher fut aussi conseiller d’Hubert Védrine, alors ministre des Affaires étrangères, et ambassadeur de France en Lettonie (2002-2006), au moment où la république balte intégrait l’Union européenne et l’Otan. Fin connaisseur de l’Europe orientale, expert des questions d’Etats et de frontières, ainsi que des représentations géopolitiques, il nous fait part de son analyse de la guerre en Ukraine et de ses implications territoriales.

Toute l’Europe : L’une des justifications de Vladimir Poutine, de l’invasion russe en Ukraine, pose la question de la frontière. La Crimée et le Donbass sont-elles historiquement des régions russes ? A partir de quelle date peut-on tracer une frontière ukrainienne ?

Michel Foucher : L’Ukraine est un Etat-nation tard venu et on peut dire qu’il n’y avait jamais eu d’Etat ukrainien avant 1991 [déclaration d’indépendance de l’Ukraine le 24 août 1991 NDLR], car ce fut une terre de confins contrôlée pendant des siècles par la Pologne, la Russie, l’Empire ottoman et l’Autriche-Hongrie. La péninsule de Crimée a été conquise en 1783, contre les Tatars qui l’habitaient, sous la protection de l’Empire ottoman. Le sud de l’Ukraine actuelle était une terre de steppe dévastée par une succession de 11 guerres russo-ottomanes entre la fin du XVIe siècle et 1878 et repeuplée sous Catherine II [impératrice de Russie, règne de 1762 à 1796 NDLR] avec des agriculteurs étrangers : ce fut la Nova Rossia [Nouvelle Russie NDLR].

La région minière et industrielle du Donbass a été intégrée à l’Ukraine, sous Lénine, lors de la formation de l’Union soviétique, afin d’y incorporer des ouvriers et mineurs bolchéviques pour diminuer le poids de la paysannerie, jugée réactionnaire. La Crimée faisait alors partie de la République fédérative de Russie. Et c’est Nikita Khrouchtchev [premier secrétaire du Parti communiste de l’Union soviétique, NDLR], natif d’Ukraine, qui inclut la Crimée dans la république fédérée d’Ukraine en 1954. Cette réalité a été reconnue par Moscou en 1991 et en 1994, puis annulée par l’annexion de la Crimée en 2014, point de départ du conflit en cours.

En 2005, Vaclav Havel (homme de lettres, président de la République fédérale tchèque et slovaque 1989-1992 et de la République tchèque 1993-2003) déclarait dans Le Monde : “Le jour où nous conviendrons dans le calme, où se termine l’UE et où commence la Russie, la moitié de la tension disparaîtra”. 17 ans plus tard, cette tension mène à la guerre…

Il n’a pas été possible de convenir dans la sérénité de cette limite. Et l’annexion de la Crimée, ainsi que le séparatisme de l’extrême-est du Donbass furent la réponse de Moscou à la révolution pro-européenne de Maïdan (2014). Il ne faut pas se tromper, il s’agit donc bien d’une guerre non déclarée entre l’Union européenne, qui a octroyé le statut de candidat à l’Ukraine, et la Russie. Et c’est bien la première fois que l’extension du projet démocratique européen est contrée par les armes. Mais soulignons qu’avant tout, c’est l’affirmation nationale de l’Ukraine qui est combattue par une Russie impériale. Et là, ce n’est pas la première fois qu’une nation doit s’émanciper par les armes d’un centre impérial dominateur. C’est un trait constant de la formation des Etats-nations européens.

[…]

Retrouvez l’interview de Michel Foucher sur le site de Toute l’Europe.

À Taïwan, faire nation face à la Chine

ENTRETIEN – Les anticipations vont bon train quant aux futurs agissements de Pékin sur Taïwan. Interrogé par le Sénat étasunien, Ely Ratner, chargé des questions d’Asie-Pacifique au ministère de la Défense, affirme que Pékin avait bien “l’intention” d’attaquer l’île. Comment penser le nationalisme à Taïwan ?

Avec
  • Jean-Pierre Cabestan Directeur de recherche au CNRS rattaché à l‘Institut français de recherche sur l’Asie de l’est de l’INALCO

La Chine, a-t-elle l’intention d’attaquer l’île de Taïwan ? Pékin se réarme massivement et ne se cache pas son souhait de faire revenir Taïwan dans le giron chinois. La Chine pourrait être tentée de suivre l’exemple de la Russie et attaquer un voisin longtemps considéré comme illégitime. Mais dans le même temps, Taïwan connaît un regain de nationalisme. En décembre, les autorités ont annoncé un allongement du service militaire obligatoire sur l’île, de manière à rééquilibrer un rapport de force pour le moment nettement à l’avantage de la Chine.

Cette décision est appuyée par la population, qui considère majoritairement que le service militaire est jusqu’à présent trop court. Mais sur quoi se fonde le nationalisme taïwanais ? Et quels sont les ressorts de l’identité nationale de l’île ?

À Taïwan, un nationalisme ambigu et nuancé

Le nationalisme taïwanais est civique. Un sentiment qui s’identifie avant tout à Taïwan comme un bastion insulaire, sans pour autant couper les ponts avec la nation chinoise. Ce nationalisme s’inscrit surtout en opposition à la République populaire de Chine, mais pas à la Chine, et encore moins contre la république de Chine, antérieure à la révolution de 1949. Nuancé, le nationalisme taïwanais recouvre différentes tendances plus ou moins indépendantistes. On retrouve les partisans du Kuomintang qui restent attachés à une certaine idée de la Chine, à sa culture et son Histoire. À l’inverse, les soutiens du parti au pouvoir à Taipei, le Parti démocrate Progressiste, prônent une indépendance nette. Pour autant ces deux tendances convergent autour de la volonté d’autonomie et du rejet de l’autoritarisme de la République populaire de Chine.

“Parmi les jeunes, la pratique du Taïwanais recule et c’est le mandarin qui l’emporte. Cela montre encore plus cette ambiguïté, plus civique que politique et culturelle. Car culturellement, la plupart des Taïwanais se rattachent à la civilisation et à la culture chinoise. Mais le Parti communiste n’a pas le monopole de la culture chinoise.”

Une ambition : détacher l’île de la nation chinoise ?

Le parti au pouvoir développe un récit qui détache Taïwan de la nation chinoise. Toutefois, l’histoire est complexe et la figure de Tchang Kai Chek est peu fertile pour faire émerger des récits nationalistes derrière lesquels s’unir. La figure de ce dernier est associée à la loi martiale, à l’oppression et à la sinisation de l’île lorsqu’il s’y réfugie en compagnie de ses hommes en 1949. Face à cette image autoritaire, PDP puise dans les racines ethniques de l’île et célèbre le caractère austronésien de ses descendants. Une donnée paradoxale dans la mesure où seulement 2 % de la population taïwanaise peut être considérée comme descendante de cette ethnique du Pacifique polynésien, contre 98 % de descendants Han, de Chine.

Le facteur essentiel de cette autonomisation reste la démocratisation, qui représente l’instrument de la singularisation de l’identité propre de Taiwan. Grâce à l’éducation et les réformes de son armée, Taïwan entend élargir le spectre de sa capacité de dissuasion conventionnelle. Aujourd’hui, l’identité taïwanaise domine et continue de s’affirmer…

Retrouvez l’entretien avec Jean-Pierre Cabestan sur France Culture (Radio France).

With Battles Looming, Ukraine’s Allies Meet to Plan Arms Supply

ARTICLE – One of Ukraine’s biggest problems in fighting the Russian invasion is a basic one: It is firing artillery rounds much faster than its Western backers are producing them.

As Ukraine urged its citizens to flee a hotly contested city in the east, the country’s allies worked on Tuesday to come up with ways to provide Kyiv with the basic supplies it will need for the larger battles looming ahead — especially artillery shells.

The allies, meeting in Brussels, discussed ways to ramp up production as stockpiles dwindle, but warned that it is a problem not easily solved.

“The current rate of Ukraine’s ammunition expenditure is many times higher than our current rate of production,” Jens Stoltenberg, the secretary general of the North Atlantic Treaty Organization, said in advance of the meeting. “This puts our defense industries under strain.”

The American defense secretary, Lloyd J. Austin III, speaking to reporters in Brussels after a meeting of the 54-nation Ukraine Defense Contact Group, said it was also critical to train Ukrainian soldiers to use the equipment allies have already agreed to provide, as fighting intensifies. Russia is seen as ramping up a major new offensive in eastern Ukraine, and Mr. Austin said the United States expects Ukraine to conduct a new counteroffensive in the spring.

“That’s just weeks away — so we have a lot to get done,” Mr. Austin said.

He said the military officials meeting in Brussels had decided to focus on training the Ukrainians to fight a coordinated infantry campaign that used less artillery fire, easing the strain on supplies. As it stands now, Ukrainian and Russian troops are firing thousands of howitzer rounds at each other every day, along a front line more than 600 miles long, U.S. officials say.

Whatever plans Ukraine’s allies arrive at by the end of meetings that conclude on Wednesday, it appeared clear that they would be too late to help the city of Bakhmut, where Russian forces appeared close to their first significant victory in months after a drawn-out battle that has cost untold lives on both sides.

On Tuesday, the Ukrainian authorities stepped up efforts to persuade the few thousand remaining civilians to leave Bakhmut, adding to signs that Kyiv may be preparing to retreat from a city it has defended fiercely for months. The city, which had a prewar population of around 70,000, has steadily been emptying as the fighting has intensified. Fewer than 5,000 residents are still there, about 140 of them children, local officials estimate.

Now Ukraine wants them to leave, too.

A spokesman for the armed forces, Col. Serhiy Cherevaty, said on Ukrainian television that soldiers need to keep their focus on building defensive lines. But he also said that part of the reason for the order a day earlier barring civilians, including aid workers, from entering the city was to keep military operations secret.

As a prize, Bakhmut offers little in the way of strategic value for either Moscow or Kyiv. Its significance comes more from the amount of blood spilled to claim it.

“Even if Bakhmut were to fall, it would not have a strategic impact on the overall war,” said the National Security Council spokesman, John Kirby. “I would go so far as to say it won’t even have necessarily a strategic impact on the fighting in that part of the country.”

In Brussels, Western officials deflected questions about whether Ukraine would win its campaign to secure still more powerful weapons to use against its Russian enemy.

[…]

Read the entire article written by Steven Erlanger on The New York Times.

Jean Pisani-Ferry dans Sens Public sur « Le partage des richesses »

Sens public

Encore beaucoup de questions et de mystères autour des ballons et autres Objets volants non identifiés abattus ces derniers jours au-dessus du territoire nord-américain. Qui espionne qui ? Quelles conséquences sur les relations entre la Chine et les Etats-Unis ? Espionnage militaire et économique sont-ils liés ? On tente d’y voir plus clair dans la première partie de Sens Public.

Et puis, pour notre second débat, on parle du partage des richesses, un thème d’actualité, puisque les partenaires sociaux ont annoncé vendredi un accord sur l’intéressement et la participation des salariés aux bénéfices des entreprises. Comment mieux partager la valeur créée par les entreprises ? Faut-il aller plus loin en lançant comme le Crédit Mutuel ou la Maif, un dividende écologique et sociétal pour financer des startups ou des associations ? Réponse avec nos experts.

Les invités :
Jean Pisani-Ferry
Fonction
Jean-François HUCHET
Président de l’INALCO
Jérôme CLECH
Enseignant en prospective et stratégie à Sciences Po Paris
Nicolas THERY
Président du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
Cécile Duflot
Directrice générale d’Oxfam France
Valérie Niquet
Spécialiste de l’Asie à la Fondation pour la Recherche Stratégique
Retrouvez l’émission à laquelle a participé Jean Pisani-Ferry sur le site de Public Sénat.

Entretien avec Jean-Pierre Cabestan sur la situation à Hong Kong

ENTRETIEN. Hong Kong : le régime chinois cadenasse le procès de quarante-sept démocrates

Le plus grand procès intenté contre des opposants politiques par les autorités chinoises à Hong Kong s’est ouvert lundi 6 février et va durer quatre mois. Quarante-sept militants démocrates accusés d’avoir voulu renverser l’exécutif vont comparaître. Entretien avec Jean-Pierre Cabestan, chercheur à Asia Centre à Paris, en résidence à Hong Kong.

Le sort de l’opposition politique semble scellé à Hong Kong, avec l’ouverture du plus grand procès dirigé contre des militants pro-démocratie, lundi 6 février. À la barre, le gouvernement pro-Pékin du territoire ne sera sans doute pas tendre avec ceux qu’il accuse d’avoir essayé de renverser le pouvoir.

Ils sont quarante-sept dans le box du tribunal : des journalistes, des universitaires, des anciens leaders de partis démocrates… Ils ont tous été arrêtés en 2021 au motif d’avoir organisé des élections législatives officieuses, un an auparavant. Piloté par le Parti communiste chinois, le gouvernement hongkongais venait de promulguer la loi sur la sécurité nationale, qui a interdit les scrutins aux formations démocrates locales. Vingt-cinq ans après la rétrocession du territoire à Pékin par les Britanniques (1997), la diversité politique a été balayée par le régime de Xi Jinping.

Entretien avec Jean-Pierre Cabestan, sinologue et chercheur à Asia Centre à Paris, en résidence à Hong Kong depuis vingt ans.

Dans quelle atmosphère s’ouvre ce procès majeur ?

Ce procès politique suscite pas mal de réactions et il est très suivi par les diplomates qui sont en poste ici. Il n’y a pas beaucoup d’espoir, car les procureurs sont très remontés contre les accusés. Ils leur reprochent d’avoir tenté de provoquer un coup d’État alors que l’opposition essayait de rendre son pouvoir le plus visible possible dans les limites légales qui lui sont accordées.

Il y avait des militants socio-démocrates devant le tribunal. L’un d’entre eux a été repoussé par la police parce qu’il tenait une pancarte. Un autre, qui a enlevé son masque, a pris une amende. Aucune manifestation n’a été autorisée, de toute façon, depuis le début de la crise du Covid, en 2020. Apparemment, il y a aussi des personnes qui ont acheté des tickets officiels pour remplir la salle d’audience. Le gouvernement veut empêcher les opposants d’accéder à la salle. Cela a entraîné des réactions négatives de la part des membres de la Ligue des socio-démocrates (LSD), qui ont eu des problèmes avec la police à l’entrée du tribunal.

Qui va juger les quarante-sept accusés ?

Comme c’est une affaire de sécurité nationale, les juges ont été choisis par le chef de l’exécutif. C’est là que se trouve la grande entorse à l’État de droit : il n’y a pas de jury ! Les juges sont des gens qui sont prêts à travailler pour Pékin, on peut le dire franchement. C’est un tribunal politique qui pratique une justice d’exception.

[…]

Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur le site de Ouest France.

Why the world needs Indo-Pacific Charter

COMMENT – Japan must play key role in drawing up new global security framework

TOKYO — Nearly a year has passed since Russia invaded Ukraine. With Moscow continuing its brutal assault on Ukrainian civilians and infrastructure, there is little hope of a cease-fire, let alone a peace agreement.

One thing, however, has become clear: Moscow’s aggression against Ukraine is likely to end in failure, leaving Russia history’s big loser. It is high time for the major powers to begin laying out a vision of a new world order for when the shooting stops.

[…]

Read the article written by Hiroyuki Akita on Nikkei Asia.

« Séisme en Turquie et en Syrie, quelles conséquences géopolitiques ? »

TRIBUNE – Outre leur terrible bilan humain, les séismes auront également de lourdes répercussions géopolitiques, analyse le directeur de la chaire Moyen-Orient Méditerranée à l’École normale supérieure qui rappelle que la région frontalière syro-turque est l’un des principaux foyers de tensions au Moyen-Orient.

Le tremblement de terre qui a ravagé la Turquie orientale et le Nord-Ouest syrien dans les petites heures de lundi 6 février a causé un traumatisme dans la région et une grande inquiétude en Europe.

Le nombre de morts s’élève déjà à 21.000 personnes, et des milliers de bâtiments ont été aplatis comme des châteaux de cartes, car beaucoup ne respectaient pas les normes de construction antisismique, d’autant moins dans la Syrie dévastée par une décennie de guerre civile et de mauvaise gouvernance. De nombreuses équipes de sauveteurs et du matériel ont été envoyés sur place par les gouvernements européens, mais se sont heurtés aux problèmes géopolitiques qui caractérisent la région impactée.

[…]

Retrouvez la tribune écrite par Gilles Kepel sur le site de Figaro Vox.

Understanding Japan’s Approach to Economic Security

ARTICLE – In the past few years, there has been much discussion about economic security. However, it is still not clear what the term means. Is economic security economic or security? This brief examines how the issue of economic security is positioned in Japan’s National Security Strategy (NSS) released in December 2022. Although the National Defense Strategy (NDS) and the Defense Buildup Plan (DBP) were released at the same time, only the NSS addressed the issues related to economic security and therefore only this document will be discussed here.

Defining Economic Security

It is obvious that the goal of economic security is to protect Japan’s peace, safety, and economic prosperity by economic means. However, it is unclear from what threats and by what means Japan will be protected. The NSS identifies the threats as “some nations, not sharing universal values, are making attempts to revise the existing international order” and sees them as problematic because they are “gaining superiorities over those states that have defended academic freedom and market economy principles.” In other words, the NSS recognizes that an international order in which China and other authoritarian states become dominant is a threat.

The NSS also identifies “supply chain vulnerabilities, growing threats to critical infrastructure, and the struggle for control over advanced technologies” as areas of economic security. Furthermore, it states that “some states are attempting to expand their own power by exerting economic coercion on other countries by restricting exports of mineral resources, food, industrial and medical goods, and by providing loans to other countries without regard to their debt sustainability,” thereby pointing to the specific actions taken by other countries and recognizing that these actions threaten their security. It reflects the sentiment in Japan that, while in the past Japan has contributed to a rule-based international economic order that is mutually beneficial and reduces political intervention, these authoritarian states are now disrupting and distorting economic relationships to achieve their political purposes, taking advantage of an increasingly globalized and interdependent world.

Differences from Economic Security in the United States

The definition of economic security in Japan is to secure the stability and safety of its people and society from attempts by major powers to achieve their political objective, such as expanding their own power, by deliberately attacking the types of vulnerabilities identified in the NSS. However, it is worth noting that Japan’s view of economic security and discussion on this issue differs somewhat from the discussion of economic security in the United States.

In the U.S., the concept of economic security is not always well defined. Often, economic security is used in the sense of social security, job security, energy security, food security, and so forth, and it can often have nuances of protectionist policies.

Another difference between the discussion of economic security in the U.S. and Japan is the issue of “intent.” When discussing economic security in Japan, it is assumed that countermeasures are taken against other countries intentionally halting exports of certain goods or embedding malicious software in key infrastructure, etc. In the U.S., discussion of supply chain resilience, for instance, is not limited to intentional supply disruptions by other countries, but also includes measures such as natural disasters or measures such as lockdowns due to pandemic policies. In this sense, economic security in the U.S. means that the supply of goods must always be stable, whether due to intentional attacks by other countries or unintentional disruptions caused by natural disasters.

[…]

Read the entire article on Stimson.

Entretien avec Antoine Flahault sur les anticorps monoclonaux

ENTRETIEN – Covid : cette catégorie de médicaments cruciale dans les débuts de la pandémie qui a perdu son efficacité

Les traitements à base d’anticorps monoclonaux s’avèrent inefficaces face aux nouveaux variants du Covid, selon l’Agence européenne des médicaments.

Atlantico : On a beaucoup parlé des anticorps monoclonaux au début de la pandémie, face aux nouveaux variants, il semblerait qu’ils deviennent inefficaces. Qu’en est-il exactement ?

Antoine Flahault : Les chercheurs et les fabricants courent un peu après l’émergence des nouveaux variants et les anticorps monoclonaux qui sont des médicaments extraordinaires sur bien des indications thérapeutiques, sont justement très efficaces et bien tolérés parce qu’ils sont très précis dans leur mode d’action. Vis-à-vis du coronavirus, ces anticorps monoclonaux ciblent des régions très spécifiques de la protéine Spike du Sarscov2, en l’empêchant de se fixer à nos cellules et les infecter. Le problème c’est que les variants du coronavirus ont muté précisément sur ces sites d’accrochage de la protéine spike rendant ces nouveaux médicaments inefficaces les uns après les autres. On les a vu tomber au champ d’honneur, tour à tour, le dernier en date étant l’Evusheld qui ne présente désormais presque plus d’efficacité contre le sous-variant BQ.1.1, ce sous-variant d’Omicron qui a été à l’origine de la neuvième vague, celle qui se termine actuellement et dont le pic est survenu en décembre dernier en France.

[…]

Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec Antoine Flahault sur Atlantico.

Nardos Bekele Thomas in “Second Dakar Financing Summit for Africa’s Infrastructure…”

ARTICLE – Second Dakar Financing Summit for Africa’s Infrastructure: 65 Billion Dollars in Investments Interests and Concrete Commitments for Sustainable Infrastructure Development on the African Continent

From February 2nd to 3rd, 2023, the second Dakar Financing Summit for Africa’s Infrastructure (DFS-2) was held in CICAD: mobilization of States and the private sector and materialization of financing opportunities for 22 projects in the transport, ICT, energy and water sectors. Africa is taking a positive turn to revive its regional and intra-African economies and regain its place in the global economy.

The second Dakar Financing Summit for Africa’s Infrastructure held at CICAD, included round tables, official speeches and meetings between public and private partners. The Summit aimed to mobilising key stakeholders around the efforts of the African Union and AUDA-NEPAD to accelerate the implementation of priority regional infrastructure projects, the Summit brought together the highest decision-makers from the public and private sectors to find practical ways to improve project preparation and align project needs with existing funding initiatives.

We need to recognize the importance of infrastructure for Africa’s development. We cannot accelerate integration, growth, trade, development, peace and security without infrastructure,” said Nardos Bekele-Thomas, CEO of AUDA-NEPAD.

The two day high-level event was jointly hosted by the Government of Senegal and was attended by several Heads of State and Government including, H.E. Macky Sall, President of the Republic of Senegal and H.E. Paul Kagame, President of the Republic of Rwanda as well as the Prime Ministers of the Democratic and Popular Republic of Algeria, the Arab Republic of Egypt, Republic of Senegal, and more than 18 Ministers of Finance, Economic Planning, Infrastructure and Public Works. The Summit placed emphasis on infrastructure as a cornerstone of the continent’s development and called on participants to commit to concrete actions that will move the continent forward. Towards this end, the Summit allowed for the signing of partnership agreements and expressions of interest to finance the development of integrated intra-African corridors.

It can never be said enough, infrastructure is the heart of development and the common thread of integration, because it supports economic activity and ensures the mobility that is essential to the integration process. However, in Africa, our deficit in physical and digital infrastructure remains high“, Macky Sall, President of the Republic of Senegal.

We encourage all governments to commit at least 5% of their pension funds, sovereign wealth funds and assets to the development of these vital infrastructures for the continent’s development. The support of the private sector is equally key to mobilizing the $8 billion that will enable us to secure bankability the projects carried by PIDA PAP 2 over the next five years.” Nardos Bekele-Thomas, CEO of AUDA-NEPAD.

The outcomes of the Dakar Financing Summit are positive and encouraging, underscoring Africa’s resolve to reach the objectives set out in  Agenda 2063 for world-class infrastructure that will integrate the continent.

Distributed by APO Group on behalf of African Union Development Agency-NEPAD (AUDA-NEPAD).

Read the article originally published on African Business.

Michel Kazatchkine in “Quarter of Ukrainians at risk of severe mental health conditions – adviser”

QUOTE – GENEVA, Feb 9 (Reuters) – A quarter of Ukraine’s population is at risk of developing a severe mental health condition as the country grapples with the year-long Russian invasion, a senior health official said on Thursday.

Michel Kazatchkine, a member of the Eastern and Central European and Central Asian Commission on Drug Policy, said the conflict in Ukraine had not only resulted in a shortage of medical supplies and personnel but had also caused a major threat to mental health.

The World Health Organization “estimates that at this time, one out of four people in Ukraine is at risk of severe mental health conditions,” Kazatchkine, who also serves as special adviser to the WHO’s Regional Office for Europe, said.

Describing a recent visit to the Ukrainian city of Dnipro, Kazatchkine said he had seen dozens of military personnel hospitalised with “acute and tragic anxiety, depression and psychiatric conditions”.

“Mental health is becoming a predominant public health issue in Ukraine,” he told reporters in Geneva. “The war and its consequences have led to an increased use of licit and illicit psychoactive substances.”

[…]

Read the article on Reuters.